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Allocution prononcée par Fidel
Castro Ruz, président de
la République
de Cuba, le 1er Mai 2006, Fête
internationale du travail, sur la place de
la Révolution
(La
Havane)
Chers compatriotes ;
Chers invités,
Je commencerai cette allocution par où j’ai
conclu la précédente, voilà à peine quelques
heures, le 29 avril, à 22 h 35 : la question
de Bush et du terrorisme.
Les Etats-Unis
ont admis pour la première fois que Posada
Carriles est entré illégalement à Miami à bord
du Santrina, après avoir maintenu
pendant treize mois un silence hermétique aux
questions que nous leur avons posées avec
insistance.
Le journal de
Miami, El Nuevo Herald, a révélé le 22
avril dernier des documents du FBI présentés
par le procureur devant le tribunal fédéral
qui jugeait les terroristes Santiago Álvarez
et Osvaldo Mitat et dans lesquels les
autorités étasuniennes reconnaissent, pour la
première fois, que
l’assassin Luis Posada Carriles était entré
illégalement aux Etats-Unis, fin mars 2005, à
bord du bateau Santrina, propriété de
Santiago Álvarez Fernández Magriñá.
Nous l’avions dénoncé bien des fois et nous
avions sommé monsieur le président des
Etats-Unis de dire ce qu’il savait.
Les faits se sont déroulés exactement de la
manière dont l’avaient affirmé le journal de
Quintana Roo (Mexique), Por Esto ! et
Cuba en mars et en avril 2005.
Mais le plus
insolite, car la présence de Posada Carriles
était presque de notoriété publique, c’est que
le département de
la Sécurité
nationale chargé de protéger les Etats-Unis du
terrorisme ne l’a arrêté que le 17 mai 2005,
après que le terrorisme eut offert une
conférence de presse à des médias nationaux.
Tout ce temps-là, Washington avait nié savoir
où il était.
Gilberto
Abascal, le témoin clef du parquet dans le cas
du procès contre Santiago Álvarez Fernández
Magriñá et Osvaldo Mitat a fait savoir aux
autorités qu’il avait participé à l’opération
illégale visant à introduire clandestinement
Posada Carriles depuis l’île Mujeres (Mexique)
jusqu’à Miami à bord du crevettier Santrina.
Cette
révélation d’Abascal, informateur du FBI, est
attestée dans un document signé le 27 février
2006 par le procureur Alexander Acosta et le
procureur adjoint Randy Hummel, et adressé à
sa requête à l’avocat Arturo Hernández,
défenseur de Santiago Álvarez.
Cette lettre
signale : « Il [Abascal] s’est aussi rendu au
Mexique en compagnie de Santiago Álvarez
Fernández Magriñá à bord de son bateau [Santrina]
durant l’expédition réussie de trafic d’êtres
humains qui a abouti à l’entrée illégale de
Luis Posada aux Etats-Unis. »
Selon El
Nuevo Herald, « c’est la première fois que
le gouvernement reconnaît dans un document
qu’un informateur du FBI était en contact avec
Posada durant son transfert au territoire
étasunien ». Le
gouvernement cubain a soutenu cette version
dès avril de l’an dernier, à partir d’un
reportage du journal mexicain Por Esto !
– dont les autorités cubaines ont établi
ensuite la véracité avec une précision absolue
– ce que Posada Carriles avait constamment
nié, assurant qu’il était entré aux USA en
voiture par la frontière texane et qu’il avait
ensuite gagné Miami en car.
Or, le
gouvernement étasunien le savait dès le
premier jour puisque ses agents avaient voyagé
sur le même bateau.
Abascal,
Álvarez et Mitat faisaient partie des
voyageurs du Santrina, en compagnie du
patron, José Pujol, et de Rubén López Castro.
Le bateau se rendait à l’île Mujeres quand
elle s’est échouée sur des récifs le 14 mars
2005. À la suite de contacts avec les
autorités mexicaines, il a été autorisé à
mettre le cap sur Miami où il est arrivé
quatre jours après.
Analysant les
révélations des documents du FBI, José
Pertierra, avocat bien connu et représentant
légal du gouvernement vénézuélien en vue de
l’extradition du terroriste d’origine cubaine,
Posada Carriles, qui possède la nationalité
vénézuélien, a déclaré au site électronique
CUBADEBATE :
En affirmant que Posada Carriles est entré aux
Etats-Unis à bord du Santrina en
compagnie de Santiago Álvarez Fernández
Magriñá, le parquet étasunien met en doute la
crédibilité de Posada, d’Álvarez, de ses
complices et même de
la Maison-Blanche.
En entrant
illégalement aux Etats-Unis, Posada et ses
complices ont menti pour protéger l’équipage
du Santrina. « Aider un terroriste à
entrer illégalement aux Etats-Unis est un
crime passible de plusieurs années de prison.
Mentir pour occulter un crime est aussi un
crime fédéral », a ajouté l’expert légal.
« Nous
apprenons maintenant qu’une des personnes qui
a aidé Posada à entrer illégalement dans le
pays travaillait pour le FBI. Il est donc
évident que
la Maison-Blanche
a toujours su comment Posada était entré, avec
qui il était entré et où il vivait », a assuré
Pertierra, qui a ajouté : « C’est une bavure
pour tous ».
Si le FBI le
savait – a argumenté Pertierra – alors le
département de
la Sécurité
nationale le savait. « Pourquoi ne l’a-t-on
pas arrêté en mars 2005 ? Pourquoi ne
présente-t-on pas des chefs d’accusation
contra Álvarez et Mitat pour avoir aidé un
terroriste à entrer illégalement aux USA ? »
Un mois avant
les révélations du Herald, le 22 mars
2006, le Service d’immigration et de contrôle
douaniers des Etats-Unis avait adressé une
lettre à Posada Carriles afin de lui expliquer
les raisons pour lesquelles il était toujours
en prison, alors qu’il n’était jugé que comme
simple « immigrant illégal » : « …nous ne
pouvons pas vous libérer parce que, comme nous
le signalons ci-après, vous restez un danger
pour la communauté et un risque pour les vols
aériens ».
Et d’ajouter :
« Votre longue participation à des activités
délictueuses, vos liens avec des personnes
impliquées dans des activités délictueuses et
votre intervention dans des actes de violence
indiquent que vous ne faites aucun cas de la
sécurité du public en général et que vous avez
tendance à participer à des activités
proscrites dans les clauses de
la Loi
de nationalité et d’immigration
(INA)(paragraphe 212a) et constituant un
danger pour la sécurité nationale des
Etats-Unis. »
Et de
poursuivre : « Vous avez fait aussi preuve de
mépris envers les répercussions que vos
actions ont eues pour la sécurité et le
bien-être des personnes et de leurs biens. Les
informations provenant de sources publiques et
vos propres déclarations vous impliquent dans
la planification et la coordination d’une
série de poses de bombes réalisées dans des
hôtels et des restaurants cubains pendant
plusieurs mois de 1997. Par ailleurs, le 20
avril 2004, vous avez été déclaré coupable au
Panama de crimes contre la sécurité nationale
et de falsification de documents, ce pourquoi
vous avez été condamné à sept ans et un an,
respectivement, de privation de liberté. Bien
que la présidente panaméenne vous ait ensuite
gracié, la grâce accordée par une autorité
étrangère n’a aucun effet en soi sur les lois
d’immigration des Etats-Unis. Une analyse de
votre arrestation et de votre casier
judiciaire prouve qu’au terme de votre procès
au Venezuela et de votre acquittement des
chefs d’accusation criminels formulés contre
vous, ledit acquittement a été annulé en appel
et que, dans l’attente d’un nouveau procès en
appel, vous avez fait plusieurs tentatives de
fugue et que vous avez réussi finalement à
vous enfuir de prison. Du fait de votre longue
histoire d’activités délictueuses et d’actes
de violence qui ont causé la mort de civils
innocents, vous relaxer constituerait un
danger pour la communauté et la sécurité
nationale des Etats-Unis. »
Et les services
d’immigration et de contrôle de douane des USA
rappellent au terroriste, à la fin de leur
lettre : « Votre habileté à vous doter de
fausses identités, votre mépris des lois
d’immigration étasuniennes, vos antécédents en
matière de fugue et l’existence d’une demande
internationale d’extradition contre vous
prouvent qu’il existe de grands risques que
vous preniez la fuite si nous vous
libérions. »
Or, malgré tout
ce qu’affirment les Services d’immigration des
Etats-Unis dans leur lettre, Posada Carriles
continue de jouir de privilèges et n’est
absolument pas traité comme un criminel.
Pourquoi ? Alors que, ces jours-ci, des
dizaines de milliers d’émigrants illégaux font
poursuivis, emprisonnés et expulsés, ce qui a
provoqué la plus grande mobilisation politique
de Latinos de ces dernières décennies, le
terroriste Posada Carriles vient d’avoir le
privilège d’une audience légale de presque six
heures pour présenter sa demande de
naturalisation étasunienne.
Par ailleurs,
Por Esto !, le journal de Quintana Roo
qui avait signalé l’échouage du Santrina
à l’île Mujeres, a accusé sans ambages les
autorités mexicaines, dans un article publié
mercredi dernier, d’avoir été au courant de
l’opération ayant permis à Posada Carriles
d’entrer aux USA et de l’avoir appuyée.
Le journaliste
Renán Castro affirme dans cet article intitulé
« Encubrieron al terrorista » :
« Ce que Por Esto ! avait dénoncé dès
mars 2005, les autorités étasuniennes le
reconnaissent maintenant devant les tribunaux,
ce qui met en doute la crédibilité de
la Maison-Blanche.
[A supposer qu’il leur en reste quelque
chose !]
« Dès son arrivée au Mexique en provenance du
Honduras, du Guatemala et du Belize, de son
arrivée à Cancún et à l’île Mujeres après voir
traversé le territoire de Quintana Roo, Posada
Carriles a bénéficié du soutien du
gouvernement mexicain.
« Des fonctionnaires du gouvernement ont
offert aux membres de
la Fondation
nationale cubano-américaine (FNCA) la
protection requise pour garantir la sécurité
du terroriste international durant la semaine
où il est resté caché sur l’île Mujeres, en
attendant l’arrivée du bateau qui devait le
transporter à Miami (Floride).
« Dès le 14 mars 2005, le journal Por Esto !
avait alerté au sujet des manœuvres réalisées
par les membres de
la FNCA
lorsque le bateau cubano-américain Santrina
s’était échoué sur la zone récifale connue
comme "El Farito" après avoir atteint le
littoral de Quintana Roo sous la conduite de
son propriétaire Santiago Álvarez Fernández
Magriñá.
« Le Santrina opérait sous couvert
d’une fondation de protection écologique
bidon, Marina Caribe Viva & Reseach, Inc.,
présidée par un autre terroriste Ernesto Abreu,
qui a joué un rôle clef dans l’opération de
protection et de transfert de Posada Carriles
du Honduras à Miami, en passant par le
territoire mexicain.
« Dès cette époque, Por Esto ! avait
mis en évidence – par des photos et des
témoignages de témoins oculaires – la présence
dans le pays des terroristes José Pujol,
Ernesto Abreu et Santiago Álvarez Fernández
Magriñá, après que leur bateau eut été
renfloué par les services navales mexicains et
conduit à l’île Mujeres pour une inspection de
routine.
« "Ils sont arrivés à trois et ils sont
repartis à quatre", tel avait été un des
titres de notre journal en avril 2005, quand
le gouvernement cubain avait lancé un
avertissement devant la communauté
internationale au sujet de la présence de
Posada Carriles au Mexique et que le président
Fidel Castro Ruz avait demandé au gouvernement
mexicain des éclaircissements sur l’opération
clandestine mise en place pour garantir la
fuite du terroriste international et son
entrée postérieure aux Etats-Unis. »
À cette époque,
les recherches journalistiques avaient indiqué
que les autorités mexicaines avaient protégé
le départ vers Miami (Floride) du bateau qui
était accosté au quai de l’Administration
portuaire intégrale (API) et à bord duquel
Posada Carriles était monté le 15 mars 2005,
en compagnie des trois Cubano-Américains qui
étaient arrivés, eux, à l’île Mujeres depuis
Miami, via les Bahamas.
« Rien de tout ceci n’aurait filtré si le
Santrina ne s’était pas échoué le 14 mars
2005 au petit matin sur les récifs d’ "El
Farito", car la protection des autorités
mexicaines était garantie pour assurer le bon
déroulement de l’opération, dans le cadre des
engagements contractés par le président
Vicente Fox Quesada, qui s’était lié d’amitié
avec des membres distingués de
la Fondation
nationale cubano-américaine de Miami quand il
menait sa campagne électorale qui devait le
conduire à la présidence en juillet 2000 »
Fin de
l’article de Por Esto ! qui a joué un
rôle exceptionnel en dénonçant la façon dont
le monstrueux terroriste Luis Posada Carriles,
ami et protégé des Bush, est entré aux
Etats-Unis dont le département d’Etat a le
front d’accuser cyniquement le président
vénézuélien Hugo Chávez d’affinité avec le
terrorisme et Cuba de pays terroriste !
Mais cela
met-il fin à la kyrielle interminable de
mensonges grossiers du président des
Etats-Unis en matière de terrorisme ?
Impossible !
Le 19 avril
dernier, le jour même où nous commémorions le
quarante-cinquième anniversaire de la victoire
de Playa Girón, on apprenait depuis Los
Angeles (Californie) l’arrestation de Robert
Ferro, quelqu’un qui avait chez lui la
quantité incroyable de mille cinq cent
soixante et onze armes à feu et de grenades,
cachés dans des compartiments secrets et
d’autres pièces.
À peine arrêté,
Ferro déclarait être membre de l’organisation
terroriste anticubaine Alpha 66 et disposer
d’une centaine de membres en Californie et à
Miami entraînés et prêts à réaliser des
actions contre le gouvernement cubain.
Le journal
Los Angeles Times, l’un des plus
importants des Etats-Unis, a publié le 28
avril, soit à peine soixante-douze heures, un
long article dont voici des extraits :
L’habitant d’Upland, accusé de vente d’armes
illégale à domicile, a expliqué dans une
interview en prison, ce jeudi-ci, que
certaines de ces armes lui avaient été
procurées secrètement par le gouvernement
étasunien en vue de renverser Fidel Castro.
La police affirme que Robert Ferro possédait
chez lui mille cinq cent soixante et onze
armes à feu et quelques grenades, dissimulées
dans des caches et des pièces secrètes. Il a
été arrêté la semaine dernière après qu’une
perquisition chez lui pour un autre motif eut
permis de découvrir les armes.
Au cours d’une interview, ce jeudi-ci
[nous sommes lundi, n’est-ce pas ? voilà donc
soixante-douze heures, comme je disais],
Ferro, soixante et un ans, a affirmé que
certaines de ces armes –
dont des fusils d’assaut, des armes équipées
de silencieux et des Uzis [une marque de
mitraillette] – lui ont été fournies par le
gouvernement des Etats-Unis et qu’elles
allaient être utilisées pour tenter de
renverser Castro dans le cadre des manœuvres
navales réalisées par l’armée étasunienne dans
la mer des Caraïbes.
« Evidemment, ça ne sera plus possible, a dit
Ferro. Ce sont des armes très sophistiquées.
Pour une bataille. Je ne faisais que copier ce
que le président Bush a fait en Iraq :
apporter la liberté à mon pays. »
« Je suis né à Cuba. Je veux la libérer.
J’aime la liberté. J’aime les Etats-Unis et je
veux la même chose pour mon pays. »
Des fonctionnaires étasuniens admettent que
six mille cinq cents marins à bord de
plusieurs bâtiments et du porte-avions
George Washington basé en Virginie…
réalisent des manœuvres dans les eaux
internationales de la mer des Caraïbes. Même
s’il est prévu que les exercices se réalisent
parfois à douze milles des eaux territoriales
cubaines, ils affirment qu’ils se dérouleront
surtout à ces centaines de milles de l’île.
Oui, de grandes
petites manœuvres qu’ils sont en train de
réaliser par ici en prétendant intimider Cuba,
le Venezuela et le reste de l’Amérique
latine ; oui, des bâtiments innocents qui se
baladent dans les Caraïbes, l’un de leurs
porte-avions les plus modernes qui emporte des
dizaines d’avions de pointe, des navires de
guerre de toute sorte, un sous-marin atomique
dont on dit qu’il peut tirer je ne sais
combien de missiles et qui est équipé d’une
technologie lui permettant d’intercepter les
communication, etc., etc. Ça fait belle
lurette qu’ils ne nous faisaient plus ce genre
de cochonneries !
[…]
Ferro a été arrêté la semaine dernière par des
policiers en rapport avec L.A. IMPACT, une
équipe spéciale multidisciplinaire du sud de
la Californie,
alors qu’ils enquêtaient sur ses relations
avec Frank Beltrán, trente-six ans, un fugitif
arrêté fin mars alors qu’il vivait dans une
maison de Rancho Cucamonga appartenant à
Ferro.
[L’équipe spéciale en question ne savait pas
où elle se fourrait et n’avait pas eu le temps
de découvrir que Ferro possédait 1 571 armes
de guerre.]
Beltrán était recherché sous l’accusation
d’avoir blessé à la main un policier de
Glendora intervenu après un appel téléphonique
faisant état d’une bagarre de cet individu
avec sa femme. Quelques semaines après,
Beltrán tirait huit coups de feu contre sa
femme à un carrefour de San Dimas après
l’avoir poursuivie en voiture, a affirmé un
fonctionnaire du bureau du sheriff de Los
Angeles. La femme est toujours hospitalisée
[on n’a pas de mal à le supposer], et les
autorités n’ont toujours pas retrouvé l’arme.
Ils
recherchaient l’arme en question et ils sont
tombés sur l’arsenal… Oui, parce que n’allez
pas croire qu’ils ont toujours de la chance,
ils ont parfois des pépins. Hugo Chávez dirait
que ç’a été la main de Dieu ! (Rires.)
Ferro, qui se dit membre d’Alpha 66, un groupe
de Miami qui prône le renversement de Fidel
Castro
[ils ne se lasseront jamais de cette idiotie !
Comme si le peuple n’existait pas, comme si
les masses n’existaient pas, comme si les lois
de la société et de l’histoire n’existaient
pas, et les lois d’une révolution], a dit
jeudi qu’il était prévu que cinquante autres
citoyens étasuniens l’accompagnent à Cuba et
qu’ils recevraient de l’aide à Cuba même.
La porte-parole du FBI, Laura Einmiller, a
affirmé que son bureau enquêtait sur la
possibilité que d’autres sympathisants
anticastristes de manche avec Ferro
dissimulent aussi des armes chez eux.
Elle a affirmé : « Les motifs de M. Ferro et
toutes les questions qu’il soulève dans ses
déclarations – qu’il s’agisse ou non d’actes
de violence prémédités – font l’objet d’une
enquête. Personne d’autre n’a été arrêté. »
Dans les années 90, Ferro avait été condamné à
deux années de privation de liberté pour
possession de cinq livres d’explosif C-4.
À
cette occasion, le procureur avait affirmé que
Ferro était membre de l’Alpha 66 et qu’il
entraînait des Mexicains dans sa ferme avicole
de Pomona en vue de renverser Castro.
Ferro a été militaire et a fini par rejoindre
les forces spéciales de l’armée, y réalisant
des opérations secrètes, dont la recherche et
le sauvetage de disparus au Viet Nam.
« Je prône la même chose que ce que fait le
président Bush avec l’Iraq, c’est tout. Je ne
vois pourquoi on m’embête pour ça. »
Fin des
extraits de l’article du Los Angeles Times.
Bien que des porte-parole militaires aient
tenté de séparer le plan de Ferro des
manœuvres navales dans les Caraïbes, le
gouvernement des Etats-Unis n’a dit mot – pour
ne pas changer, et pour la énième fois – quant
au fait qu’il aurait fourni des armes à ce
terroriste, pourtant condamné en 1992 à deux
années de privation de liberté pour possession
illégale d’explosifs, dont cinq livres de C-4,
après avoir été accusé de diriger un camp
militaire d’Alpha 66 dans une ferme de Pomona
où des Mexicains étaient entraînés pour mener
des opérations contre Cuba.
Au cours de sa
carrière d’anticubain, Robert Ferro, le
possesseur de l’arsenal, a travaillé pour
la CIA. Vous
pouvez constater qu’il possédait autant
d’armes d’infanterie que celles qu’avaient
apportées avec eux les mille cinq cents et
quelque mercenaires qui ont débarqué dans la
baie des Cochons sous la protection de
l’escadre étasunienne, où il y avait là aussi
un porte-avions et un bon nombre de marines
qui ont contemplé les derniers combats à trois
milles nautiques de Playa Girón… À l’époque,
les eaux territoriales s’étendaient jusqu’à
trois milles, ce n’est qu’ensuite qu’elles ont
été repoussées jusqu’à douze milles. Ferro a
été officier des forces spéciales étasuniennes
et a été membre d’Alpha 66.
Bien que le
chef d’Alpha 66 ait nié tout lien de son
organisation terroriste avec Ferro, le juge
d’instruction Oswald Parada a refusé la
caution, car celui-ci « a accès à d’autres
armes et explosifs par l’intermédiaire d’Alpha
66 ». De son côté, l’avocat de la défense,
Wayne M. Rozenberg, a reconnu que les démentis
de l’organisation ne l’étonnaient pas, car il
s’agit d’un groupe paramilitaire qui agit
clandestinement.
Il y a belle
lurette qu’Alpha 66 mène des activités
paramilitaires et planifie des actions
terroristes contre Cuba. Créée en 1961, voilà
donc quarante-cinq ans, elle a participé à
plusieurs des prétendues « opérations
autonomes »… C’est ainsi que
la CIA
les appelait, et c’est pour ça qu’elle a créé
le groupe d’Orlando Bosch et de Posada
Carriles, qu’elle les a formés. Elles étaient
censément autonomes, et publiaient leurs
rapports de guerre à Miami. Et c’est à cette
époque qu’elles ont fait les pires choses. Ils
ont organisé l’Opération Condor ; ils ont
envoyé le sous-chef de
la CIA
à Saint-Domingue quand Bush père était le chef
de
la Company,
et les terroristes ont alors commis l’un de
leurs pires crimes, le sabotage en plein vol
de l’avion cubain à
la Barbade. Oui,
le sous-chef de
la CIA
s’est rendu à Saint-Domingue où il a
rencontré un gang de criminels venus
des Etats-Unis et d’ailleurs pour lancer cette
épouvantable croisade assassine appelé
Opération Condor, que nous avons dénoncée
d’ici il n’y a pas si longtemps, justement
après l’entrée de Posada Carriles aux USA et
les tentatives de l’administration étasunienne
de le protéger. Ces actions épouvantables de
l’Opération Condor ont été décrites par
Estella Calloni, une journaliste argentine
présente ici – ce qui est tout à notre honneur
– sur cette place où règnent la vérité,
l’esprit révolutionnaire et la dignité
(applaudissements).
La kyrielle de
crimes commis dans le cadre de l’Opération
Condor est bien longue : des ministres des
affaires étrangères comme le Chilien Orlando
Letelier, assassiné en plein cœur de
Washington ; des militaires d’honneur comme
Carlos Prats, qui s’était opposé au coup d’Etat
au Chili ; des généraux comme Juan José
Torres, qui représentait l’honneur des
militaires boliviens ; des
personnalités comme Bernardo Leighton,
dirigeant de
la Démocratie-chrétienne
chilienne, que les membres de l’Opération
Condor ont tenté d’assassiner en Italie… Il
n’y avait pas de mers ni de frontières qui
constituaient un obstacle à leurs méfaits, des
méfaits que les peuples commencent à connaître
et à se rappeler toujours plus, parce que ces
crimes n’avaient pas encore été dénoncés à
fond ni dûment écrites.
En tout cas,
l’important – et ce qui lie directement la
famille Bush à Orlando Bosch, à Posada
Carriles et à l’explosion de l’avion qui a
coûté la vie à soixante-treize personnes –
c’est que c’est à Saint-Domingue que cet
attentat a été planifié, que Posada Carriles
participait à cette réunion ; et si Orlando
Bosch, l’autre criminel monstrueux que Bush
père a gracié et qui déambule maintenant en
toute liberté dans les rues de Miami, n’y
participait pas, c’est qu’il se trouvait alors
au Chili en train de préparer des crimes de
concert avec
la DINA
de Pinochet ! Il n’est pas facile d’oublier
les dénonciations qu’ont faites des
personnalités éminentes d’Amérique latine au
palais des Congrès de
La Havane,
lors de
la Rencontre
internationale Contre le terrorisme, pour la
vérité et la justice.
Voyez un peu ce
que cet empire pervers ne cesse de faire
depuis presque un demi-siècle !
Je disais donc
qu’Alpha
66 a
participé à plusieurs des opérations dites
« autonomes » dirigées par
la CIA
depuis sa station de Miami, JM/WAVE. Parmi ses
actions criminelles, on peut citer des
attaques pirates et l’arraisonnement de
bateaux de pêche ; des infiltrations armées
dans notre pays ; des menaces de mort contre
des personnes ayant à voir avec Cuba au
Mexique, aux USA, en Equateur, au Brésil, au
Canada, à Porto Rico, et de nombreuses
tentatives d’assassinat contre moi. Des
documents secrets de la police de Miami ont
signalé, voilà quelques années, que ce groupe
est « l’une des organisations les plus
dangereuses et les plus actives du Miami
terroriste ».
N’oubliez pas
que le gentleman dont j’ai parlé, Santiago
Álvarez Fernández Magriñá, est justement
l’individu – vous l’avez vu et écouté à la
télévision – qui avait ordonné à l’un de ses
hommes infiltré à Cuba avec des explosifs et
des armes à feu de commettre un attentat.
L’infiltré en question avait été capturé, et
son chef, celui qui lui donnait des ordres par
téléphone, était justement ce monsieur
Fernández Magriñá, un bon copain aux Bush, qui
vient d’être arrêté pour je ne sais combien de
crimes aux Etats-Unis. Vous vous souvenez,
n’est-ce pas, de la phrase en question, des
dernières instructions qu’il a données à
l’infiltré par téléphone ? Quand l’infiltré,
déjà arrêté, lui a téléphoné et que l’autre a
voulu savoir s’il avait pu réaliser le plan,
il a lui répondu que c’était difficile et il
lui a demandé s’il devait exécuter le plan
prévu, autrement dit un monstrueux attentat
contre le cabaret Tropicana ; et le gentleman
en question lui a répondu : balance les deux
cannettes – contenant les explosifs – par une
fenêtre du Tropicana et
tout saute. Et bien que ce gentleman ait admis
qu’il avait bel et bien dit cette phrase, il
était pourtant libre comme l’air à Miami,
personne ne l’embêtait, il faisait ce qu’il
lui chantait, protégé par l’administration
étasunienne… À un moment donné, apparemment,
il y a eu des contradictions entre eux, et
l’administration Bush a dû finalement
l’arrêter et l’accuser pour quelques-uns des
dizaines de crimes qu’il a commis.
Et Posada
Carriles était aussi à Miami, où toutes ces
choses se passaient. Eh bien, croyez-le si
vous voulez, mais la super-organisation
destinée à protéger les Etats-Unis du
terrorisme, dirigée par Negroponte, le type
impliqué dans la sale guerre contre le
Nicaragua, le type qui dirige maintenant plus
d’une trentaine d’organisations de
renseignement, ne savait absolument rien ! Pas
plus d’ailleurs que le département d’Etat qui
a déclaré à de nombreuses reprises ne pas
savoir où se trouvait Posada Carriles ; et que
la Maison-Blanche
et que tous les autres qui disaient ne rien
savoir !
Voyez un peu la
morale de ces gens-là ! Voyez un peu à quel
point ils sont tombés au sujet de choses aussi
élémentaires en matière de normes morales !
Après avoir été contrainte finalement
d’arrêter Posada Carriles, l’administration
Bush le protège, ne l’extrade pas au Venezuela
qui a pourtant présenté une requête en bonne
et due forme dans ce sens et à juste titre,
puisque Cuba a renoncé à le faire pour ne pas
donner de prétextes au gouvernement étasunien
à manigancer. Alors que la peine capitale
n’existe pas au Venezuela, et que ceux qui ont
organisé le coup de main, ou plutôt le coup de
griffe, du 11 avril 2002 ne sont même pas en
prison, et ne l’ont jamais été,
l’administration Bush refuse d’extrader Posada
Carriles au nom de
la Convention
internationale contre la torture. Voyez un peu
quels prétextes elle sort pour protéger un
terroriste !
C’est
d’ailleurs l’administration Bush qui l’a fait
sortir de la prison du Panama, lui et ses
complices, parce qu’elle était au courant et
qu’elle était responsable du projet
d’assassinat tramé à l’occasion du Sommet
ibéro-américain réunissant des chefs d’Etat et
de gouvernement, dont votre serviteur, qui
avait prévu de rencontrer les étudiants dans
le grand amphi de l’Université du Panama où
ces messieurs avaient pensé faire exploser une
quarantaine de kilos de TNT. Eh bien,
croyez-le encore si vous voulez, mais
l’administration étasunienne et monsieur Bush
ne savent toujours rien de toutes ces
choses-là ni des plans de faire sauter le
Tropicana où il y aurait sûrement eu des
Etatsuniens parmi les victimes parce qu’à
cette époque elle laissait encore venir ici un
certain nombre de Cubains nationalisés aux USA
ou nés là-bas. Non, non, elle ne sait rien de
rien !
Depuis la mort
de son fondateur, Nazario Sargent, Alpha 66
est dirigée par Ernesto Díaz Rodríguez, qui a
été entraîné en République dominicaine.
Eh bien, le 20
mai 2003, le président Bush a invité à
la Maison-Blanche
onze membres de l’extrême droite
cubano-américaine de Floride, dont cet Ernesto
Díaz Rodríguez, le nouveau chef d’Alpha 66,
l’organisation à laquelle appartiennent sans
doute ces mille cinq cents armes et quelque ou
qui en possède le contrôle, son associé
Eusebio de Jesús Peñalver Mazorra, arrêté le
12 décembre 1995 en Californie à la tête d’un
vrai arsenal alors qu’il participait aux
préparatifs d’une action terroriste contre
Cuba, et un autre terroriste avéré, Ángel
Francisco D’Fana Serrano.
En fait, les
administrations étasuniennes n’ont jamais été
en marge de tous ces plans terroristes et
d’assassinats.
Il y a deux
seules exceptions durant cette longue
période : Ford, qui, après l’enquête menée par
la Commission Church
sur les plans d’attentat contre moi,
apparemment honteux, avait décrété une
résolution interdisant des actions de cette
nature, et Carter, qui était incontestablement
incapable d’ordonner des assassinats – il nous
a rendu visite, il a assisté à ce grand match
de base-ball entre l’équipe de Baltimore et
une équipe cubaine, il a prononcé une
conférence à l’Université de
La Havane,
il a discuté ici ; il ne partage pas nos
idées, bien entendu, nous n’avons absolument
rien de commun avec son idéologie, mais nous
pouvons en tout cas affirmer qu’il s’agit d’un
Etatsunien décent.
Mais après, on
a vu revenir à la présidence des Etats-Unis
ceux qui avaient justement organisé
l’Opération Condor, le sabotage de l’avion
cubain à
La Barbade
et un tas de crimes internationaux. Oui,
c’étaient les mêmes, et ce sont aussi
maintenant les mêmes qui gouvernent les
Etats-Unis, et pis encore, parce que plusieurs
d’entre eux étaient de vieux faucons, tandis
que ceux-ci sont des apprentis faucons qui
veulent dépasser les autres.
Nous verrons
bien s’ils le peuvent, si le peuple étasunien
le leur permettra, s’il est disposé à
supporter plus de crimes de leur part, comme
le génocide et la série interminable des
tortures qu’ils perpètrent aujourd’hui dans le
monde, dans n’importe quel pays du monde,
violant des souverainetés, violant les
frontières et ordonnant de tuer. Ce monsieur
Bush a dit en effet un jour, il n’y a pas si
longtemps, à une séance conjointe du Congrès,
que de nombreux ennemis ne gêneraient plus
jamais les Etats-Unis parce qu’ils étaient
prisonniers ou mort. Il l’a dit plein de
suffisance, il l’a dit tout fier, et ce qu’il
a dit signifiait tout simplement : j’ai
ordonné de tuer tous ceux dont j’ai eu envie
de me débarrasser.
Et il l’a fait. Bush a annulé ce décret de
Ford. Soutenu par le président de la
National Rifle Association (l’Association
étasunienne du fusil) qui était à
la Chambre,
il a supprimé l’interdiction de commettre ces
crimes et ces méfaits. Même les pires
empereurs romains n’ont pas été capables de
proclamer ce genre de droit, de tuer,
d’assassiner par n’importe quel moyen, en
recourant parfois aux moyens les plus
perfectionnés, un patriote dans le monde, un
révolutionnaire, un dirigeant politique qui
s’oppose à la grossière mainmise de l’Empire.
Personne n’a le
droit d’émettre un ordre de ce genre, même
s’il s’agit de terroristes. De quel droit ? Au
nom de quelle loi ? En vertu de quel
tribunal ? Encore que, il faut malheureusement
le reconnaître, certains juges de l’Empire
sont tout aussi répugnants, comme celui qui a
condamné nos cinq Héros à l’issue d’un procès
si injuste que la cour d’appel d’Atlanta,
faisant preuve d’un minimum de liberté et de
dignité, a dû annuler le verdict. Et pourtant,
au lieu de les libérer comme l’exigeait la
loi, le gouvernement a fait quelque chose de
sans précédent dans l’histoire juridique des
Etats-Unis : il a fait appel à son tour de la
décision de cette cour d’appel, convertissant
ainsi nos cinq Héros, dont deux vous ont
adressé aujourd’hui la parole, en otages
légaux ! Et les Cinq sont toujours en prison,
alors que Posada Carriles discute aujourd’hui
de son droit à la naturalisation étasunienne :
sans doute en récompense des crimes qu’il a
commis, sans doute parce que sur le plan
moral, il est de la même farine que l’illustre
personnage qui préside le pouvoir exécutif
dans ce pays…
Et c’est ce
même illustre personnage qui, le 2 juin
2005, a
adressé une lettre de remerciements à
l’organisation terroriste anticubaine et
groupe paramilitaire Alpha 66 pour son
« soutien », lui disant « apprécier » ses
idées.
Les activités
d’Alpha 66 en Californie sont bien connues. En
janvier 1982, l’agence de presse UPI avait
informé que des Cubains et des Nicaraguayens
suivaient un entraînement militaire dans un
camp d’Alpha 66 situé à un endroit désertique
reculé du Sud de
la Californie,
mais que le FBI et les autorités
californiennes de San Bernardino ne
considéraient pas ces actions comme des
actions illégales, dans la mesure où elles ne
violaient pas de lois de la localité ou de l’Etat.
En 1995, un
meneur d’Alpha 66 affirmait en privé que
l’antenne en Californie avait accru son
soutien aux actions violentes et qu’elle
possédait dans ses rangs d’anciens membres de
la Garde
nationale d’origine cubaine disposant
d’armements lourds, tels que des mitrailleuses
et des bazookas, enregistrés en Californie.
En
novembre 1999, on apprenait depuis
la Californie
que René Cruz et Eusebio Peñalver (étroitement
liés à Posada Carriles), et les autres
terroristes Roberto Martín Pérez, Ángel D’Fana
et Ernesto Díaz, actuel chef d’Alpha 66,
étaient impliqués dans un plan d’attentat
contre le président Hugo Chávez, avec le
soutien d’un groupe de riches Vénézuéliens, ce
que Cuba avait dénoncé en temps opportun. Ce
plan devait être exécuté en décembre par un
commando formé de Cubains et de Vénézuéliens
qui devait arriver au Venezuela par un pays
tiers.
INFORMATION ÉCONOMIQUE SÉLECTIONNÉE
L’économie cubaine a, au cours du premier
trimestre de 2006, enregistré un taux de
croissance supérieur aux 11,8 p. 100 de 2005
pour atteindre – écoutez bien ! – plus de 12,5
p. 100 (applaudissements).
Je sais que les
pourcentages sont parfois ennuyeux, qu’on en
use et qu’on en abuse. Certains se demandent :
« S’il y a tant de croissance, pourquoi ça ne
se voit pas ? » Alors, je vais vous expliquer.
Si vous bâtissez des fermes avicoles pour
produire des poulets et des œufs, vous êtes
bel et bien en train de croître, mais vous ne
distribuez pas encore des produits pour le
moment, vous comprenez ?
Si vous bâtissez des silos à céréales à
technologie de pointe, vous faites des
investissements, et donc vous croissez. Si
vous achetez des dizaines et des dizaines de
locomotives et si vous réparez des milliers de
wagons, ou si vous achetez des dizaines de
milliers de camions et de moteurs, si vous
êtes en train de reconstruire, si vous êtes
lancés dans un plan de construction de
logements grandiose après que le cyclone en a
détruit plus de cinquante mille, voire plus si
l’on compte les logements détruits et
endommagés auxquels il faut remettre par
exemple le toit et bien d’autres choses, vous
enregistrez une croissance, même si dans le
dernier exemple les logements ne sont pas
encore conclus. Ou encore, quand un car se
trouve encore en train de traverser
l’Atlantique, il ne prête encore aucun
service ; et quand il arrive, il faut aussi le
roder, ou alors l’utiliser à des besoins
urgents du pays, et non directement au
transport direct de passagers habituels ; et
il faut aussi ensuite analyser d’abord les
lignes sur lesquelles vous allez l’utiliser.
Même si ces cars ne sont pas utilisés
uniquement au transport de passagers, vous
devez absolument rationaliser au maximum
chaque ligne, étudier les coûts, etc., etc.
La croissance,
donc, n’implique que ça se voie tout de suite.
Mais, de toute façon, on peut commencer
à voir quelques petites choses, vous le savez
bien, et nous le savons tous, et ce sont de
petites choses en chiffres croissants et en
chiffres sans précédents. Il ne s’agit pas de
luxe, bien entendu, mais simplement un simple
désir que la population vive mieux, car c’est
notre désir le plus immense, qu’elle vive
mieux dans tous les sens et aussi que nous ne
soyons pas si égoïstes, mais que nous soyons
aussi capables d’aider d’autres peuples, parce
que l’humanité ne fait qu’une. J’en ai parlé
un peu, le 29.
Je vous en
avertis, parce que nous avons bien des choses
à apprendre, vous et nous. Vous, en bonne
logique, dont beaucoup ont une grande
préparation, puisque plus d’un demi-million de
nos concitoyens font des études supérieures,
et nous autres, aussi, parce que nous n’avons
eu un tel privilège, bien que quelques-uns
d’entre nous aient été plus ou moins
privilégiés. Nous avons tous l’obligation de
beaucoup réfléchir et d’apprendre constamment
à partir des leçons de l’histoire, et ce
jusqu'à notre dernier souffle. Personne
maintenant ne pourra supposer avoir conclu ses
études supérieures en cinquième ou sixième
année, et ça se fera de moins en moins dans
notre patrie, même si vous avez fait une
spécialité ou si avez une maîtrise ou un
doctorat. De toute façon, tout le monde ne
décrochera pas un doctorat, car il y a bien
des activités à réaliser dans la société. Bien
que tout le monde ne
pourra pas faire d’études supérieures, ils
seront de plus en plus, et personne ne cessera
pour autant d'étudier.
Donc, le taux
de croissance économique dépasse pour
l’instant 12,5 p. 100 qui se fonde sur l’essor
rapide des services à forte valeur ajoutée.
Le bâtiment a
enregistré une croissance de 15,8 p. 100 ; le
transport, de 4,8 p. 100 – mais il le fera à
un taux bien supérieur ; les communications,
de 12,9 p. 100 ; le commerce, de 30,8 p. 100,
du fait de la vente d’appareils
électroménagers durant cette période.
L’ensemble des
industries a maintenu des niveaux similaires à
ceux de 2005 et a enregistré une croissance
dans sept branches : construction de machines
non électriques : 11,4 p. 100 ;
électrotechnique et électronique : 50,5 p.
100 ; produits
métalliques : 15,8 p. 100 ; confection : 14 p.
100 ; matériaux de construction : 13 p. 100 ;
industrie halieutique : 11 p. 100 ; industrie
chimique : 7,9 p. 100.
Au 30 avril, la
production de sucre non raffiné base 96º est
estimée à 1 100 000 tonnes. On constate les
résultats des efforts engagés depuis la
mi-février au point que les objectifs prévus
sont presque atteints, maintenant que les
cours du sucre sur le marché mondial sont
vraiment bons. Si l’on tient compte des
retards qui s’étaient accumulés pour
différents motifs, ce sont des efforts tout à
fait méritoires, puisque la production qui
était à peine de
200 000
tonnes à
la Saint-Valentin,
le 14 février, a atteint aujourd’hui 1 100 000
tonnes, quasiment 80 p. 100 du but fixé. Il
reste encore quelques semaines de campagne
sucrière, bien que les sucreries fonctionnant
soient en train de diminuer et que les pluies
et les chaleurs augmentent, ce qui réduit les
rendements, de sorte que nous ne serons pas
très loin des objectifs de production prévus.
Nous sommes
satisfaits des efforts consentis par les
ouvriers agricoles et industriels du sucre
(applaudissements), qui sont en train de
planter et de travailler d’arrache-pied pour
assurer une production supérieure en 2007, car
les cours à terme seront élevés aussi l’an
prochain.
Je dois dire,
compañeras et compañeros, que
ces efforts ont signifié pour le pays plus de
200 millions de dollars de plus par rapport à
ce qu’il aurait obtenu au rythme de février
dernier.
Parmi les
productions en hausse, citons :
Fil métallique
(jusqu’à 1 Kv)
14,1 p. 100
Structures
d’acier
44,9 p. 100
Savon de
Marseille
20,1 p. 100
Médicaments
35,7 p. 100
Papier
100 p. 100
Parpaings
33,6 p. 100
Tôle d’asbeste-ciment
69,3 p. 100
Tissus
14,9 p. 100
Vêtements
58,1 p. 100
Œufs
22,7 p. 100
Tôles onudulées
métalliques 9 fois
plus
N’oubliez pas
qu’un cyclone nous a frappé voilà quelques
mois.
Autocuiseurs
9 fois plus
Engrais
1,3 fois plus
Pneus rechapés
50,7 p. 100
Viande de porc
à vif
21,7 p. 100
Lait de vache
15,2 p. 100
La production
de pétrole brut national et de gaz atteint
environ 1 244 000 tonnes équivalent pétrole
dans les quatre premiers mois, soit le
quadruple de celle du début de
la Période
spéciale.
On travaille
d’arrache-pied pour conclure cette année
trente-six nouveaux puits, en plus d’autres
puits en mer peu profonde, dans les
intervalles de montage ou d’arrêt de puits de
prospection. On travaille actuellement sur
onze puits de prospection – très importants
les puits de prospection,
ce sont eux qui indiquent ce qu’il y a et ce
qu’il faut faire aussitôt après – et deux de
développement, cinq de ces nouveaux puits
étant en étape d’évaluation ou de mise en
exploitation.
La consommation
d’énergie dérivée du pétrole, dont l’énergie
électrique exprimée en tonnes équivalent
pétrole, atteint selon les estimations
2 716 000 tonnes, soit une
réduction de 3,7 p. 100 de la consommation
réelle par rapport à avril 2005, soit encore
une différence physique d’environ 105 000
tonnes, du fait, essentiellement, de la
diminution du combustible nécessaire à la
production d’électricité (45 000 tonnes) et du
pétrole lampant et du gaz liquide
(44 000 tonnes) à usage ménager.
La consommation
de diesel a diminué de 7 000 tonnes et celle
d’essence de 1 000 tonnes jusqu’en mars,
malgré la croissance économique enregistrée :
si vous produisez plus de briques, plus de
parpaings, plus de ciment, plus de barres
d’acier de construction, il vous faut
transporter plus, ne l’oubliez pas.
L’intensité énergétique du Produit intérieur
brut au premier trimestre (hormis la
population) a diminué considérablement : plus
de 15 p. 100.
L’énergie
électrique facturée durant les quatre premiers
mois se monte, selon les estimations, à
3 656 000 000 de kW/h, un chiffre très
similaire à celui de la même période de 2005.
Oui, mais avec combien d’appareils d’énergie
électrique ? C’est une bonne question à se
poser, parce qu’elle peut donner la mesure de
la quantité vraiment considérable d’énergie
économisée : plus, bien plus d’un million de
kW/h, que le pays aurait dû dépenser sans
cette économie à l’heure pic.
Dans le secteur
résidentiel, la consommation mensuelle moyenne
par famille a diminué de 130 kW/h à 126,8. Que
vous en semble ? Et il y a encore beaucoup de
choses à faire pour réduire pas mal la
consommation électrique dans notre pays.
Augmentations d’un côté et économies de
l’autre. Toutes ces usines dont je parle et
toutes ces productions en croissance
consomment de l’énergie et consomment surtout
de l’électricité. Le chiffre de nouveaux
consommateurs a été d’environ 43 000. Ce n’est
pas seulement l’économie qui est en
croissance, mais les consommateurs aussi.
Pour répondre à
la demande de consommation d’électricité du
système national, il est prévu de produire
environ 4,66 milliards de kW/h, soit une
croissance de seulement 0,3 p. 100 par rapport
à la même période de l’année précédente.
Jusqu’en avril, la production d’électricité à
ENERGAS, à partir de gaz naturel a augmenté de
5 p. 100...
L’une de ces usines, des plus économiques,
nous a donné un peu de fil à retordre voilà
quelques jours, des vents très puissants qui
ont gêné les livraisons, le gaz
d’accompagnement. Ça n’arrive que très
rarement, et nous espérons que les mesures
prises permettront de régler cette situation
le plus vite possible. Est-elle de nouveau en
fonctionnement ? (Yadira lui répond oui.)
Combien d’heures a-t-elle été arrêtée le
deuxième jour ? (Yadira lui répond : dix
heures.) Dix heures. Et le premier ? (Yadira
lui répond : trois heures.) Yadira,
avertis donc ces usines de ne pas s’amuser
comme ça, hein ! Ce sont 200 000 kilowatts, et
elles produisent l’électricité la plus sûre et
la plus économique. Bon, la plus économique
est celle du Soleil, mais elle n’est pas
facilement utilisable, bien que nous ayons des
milliers de panneaux solaires dans les écoles
de montagnes et autant dans les salles de
vidéo de montagne.
La production à partir du gaz naturel a donc
augmenté de 5 p. 100, tandis que les groupes
électrogènes diesel ont produit dans les
premiers mois de cette année 4,5 p. 100 du
total, de sorte que la production
d’électricité à partir de centrales thermiques
(fioul et pétrole brut) a diminué de 5 p. 100.
Cette
diminution de 45 000 tonnes de fioul + pétrole
brut se doit tant à l’efficacité accrue de
centrales thermiques qu’à la réduction des
intrants de 7,57 p. 100 à 6,91 p. 100 entre
les premiers trimestres de 2005 et de 2006
respectivement, ainsi qu’à celle des pertes
totales de transmission et de distribution, de
17,99 p. 100 à 15,75 p. 100.
Sachez que cet
appareil qui amplifie ma voix travaille à
l’électricité et que l’électricité, d’où
qu’elle vienne, doit passer d’abord par la
transmission, puis par le réseau de
distribution. Dans ce domaine,
La Havane
est une championne olympique, puisque ses
pertes se montent à 17,97 p. 100.
On constate
donc, mathématiquement parlant, une nette
tendance à l’économie d’électricité.
Un programme
est en cours de manière accélérée pour
améliorer les réseaux électriques du pays (au
coût de 262 millions de dollars), ce qui
revient en quelque sorte à construire des
centrales thermiques qui ne consomment pas de
combustible. Une fois conclu, ce programme
permettra d’accroître la qualité du service et
de réduire les pertes totales durant la
distribution à environ 11 p. 100. Voyez donc,
de presque 18 p. 100 à 11 p. 100. Le coût en
est élevé, mais cela permettra de réduire
considérablement les dépenses, d’améliorer la
qualité de l’électricité qui, quand elle n’est
pas bonne, endommagent les appareils
électroménagers et provoquent toute sorte
d’ennuis à la population.
L’installation
de groupes électrogènes pour imprévu et de
groupes électrogènes synchronisés au système
national se poursuit de façon accélérée, mais
j’en parlerai plus tard.
Par ailleurs,
au 28 avril, ont été distribués à la
population : 2 478 300 réchauds électriques –
j’ai déjà dit que nous étions en train
d’améliorer ces réchauds, en optimisant
l’entretien, en les remplaçant aussitôt si le
défaut n’est pas réparable dans le cadre de la
garantie de l’Etat ; mais des réchauds plus
costauds sont en cours de fabrication et sur
le point d’entrer dans le pays, et d’autres
mesures ont été adoptées qui ont beaucoup à
voir avec les économies d’énergie et la
qualité des services après-vente à la
population. En effet, tout le monde possède
des marques d’autocuiseurs différentes, des
marmites de toutes sortes, et il est très
important d’ajuster la forme et les dimensions
des instruments, des ustensiles de cuisine,
des autocuiseurs, etc., à la source d’énergie,
de sorte que la diminution d’énergie à ce
titre peut aller jusqu’à six fois.
Je poursuis le
recensement des appareils distribués :
3 059 926 autocuiseurs à riz ; 2 050 381
autocuiseurs électriques ; 2 401 150
autocuiseurs classiques – qui économisent
beaucoup, jusqu’à 70 p. 100 de l’énergie, que
vous les placiez sur une cuisinière électrique
ou sur une cuisinière à pétrole ou à GLP (gaz
liquide provenant du pétrole). Vous me direz
que les autocuiseurs classiques ne sont pas
des appareils électroménagers. C’est vrai,
mais dans ce cas, en matière d’économie
d’énergie, ils produisent le même effet.
2 314 284 chauffe-eau ; 251 676
réfrigérateurs ; 39 187 téléviseurs… Sur ces
deux derniers articles, je ne veux rien
promettre. Que les camionneurs et ceux qui les
distribuent se préparent à faire face à cette
alluvion, car cela va produire des économies
d’énergie incroyables. L’immense majorité des
réfrigérateurs existant dans le pays dépense
quatre ou cinq fois plus par jour que ces
nouveaux, et certains encore plus, même avec
des joints neufs dont on a distribué des
millions. Ce n’est qu’à la fin que nous
saurons vraiment, avec tous les chiffres en
main, combien nous avons économisé et combien
il reste encore à faire. Presque tous ceux que
nous distribuons maintenant sont des
réfrigérateurs d’une grande capacité
d’économie d’énergie, d’électricité, qui
multiplieront je ne sais combien de fois les
ressources en devises convertibles dont nous
avons besoin pour bien d’autres choses et pour
continuer d’investir et d’améliorer dans la
mesure du possible la consommation de la
population. En tout cas, rien que grâce aux
électroménagers, le pays se libérera de cette
chose qui faisait si peur, le pétrole lampant,
et de tous les détournements qu’il provoquait,
et que tout le monde ici, sauf nos invités
connaît parfaitement. Et 967 056 ventilateurs.
Vous savez aussi combien
les gens ont fabriqué de ventilateurs avec les
moteurs de machines à laver Aurika dont notre
pays a importé des millions et qui sont des
gouffres d’électricité. On en a remplacé à ce
jour près d’un million. Et enfin 9 118 250
ampoules basse consommation. Il reste encore
des ampoules incandescentes qu’il faudra
remplacer pour d'autres d'une meilleure
lumière et bien plus économiques.
À quoi il faut
ajouter plus de 4 400 000 joints de
réfrigérateurs ; environ
650 000
thermostats et 7
000 000
de joints de cafetière, distribués
antérieurement.
Tout ceci s’est
traduit par des économies d’électricité, et
pourtant il reste encore de ces réfrigérateurs
antédiluviens qui dépensent ce que j’ai dit.
Je vous parle
en ce moment de l’économie, pas de la
révolution énergétique. Mais il m’a semblé
toutefois qu’il était préférable d’inclure
certaines de ces données relatives aux
économies d’énergie dans la question de
l’économie dans son ensemble.
Les
investissements réalisés dans l’industrie
pharmaceutique depuis trois ans, pour un total
prévu de 120 millions de dollars, marchent à
très bon rythme. Rappelez-vous l’époque
antérieure, et les choses qui allaient mal,
dont il reste encore une partie à régler. Mais
qu’il est agréable de voir que nous sommes en
train de surmonter les obstacles et que
l’esprit de lutte contre eux se fortifie ! De
ces 120 millions, 52 ont déjà été exécutés
(dont 16 en 2004, 22 en 2005 et 14 au premier
trimestre de 2006, mais il va être bien
supérieur) ont permis d’élever les capacités
dans les formes les plus importantes
(comprimés, ampoules, serviettes hygiéniques,
flacons et gélules de céphalosporine, poudres
en suspension, produits dentaires, liquides
oraux et topiques, crèmes, flacons de
plastique, entre autres) et d’améliorer
sensiblement les bonnes pratiques de
fabrication, ce qui signifie une sécurité et
une efficacité accrues des médicaments.
On a exécuté
depuis 2004 des investissements qui ont permis
d’accroître les capacités jusqu’à 10 milliards
de comprimés par mois et 78 millions
d’ampoules par an, de doubler celles de
poudres en suspension et d’élever celles de
flacons de 27 millions à 32 millions par an.
Mais à partir de maintenant, les rythmes vont
être supérieurs.
Un plan a été
lancé depuis le milieu de 2005 pour accroître
la consommation d’œufs par personne à dix par
mois (distribution par livret
d’approvisionnement). Fin avril, il avait
touché 248 communes du pays, et à la fin de ce
semestre, les 169 communes du pays seront
concernées.
Le pays s’était
fixé un plan pour accroître la production de
viande de porc à 80 000 tonnes poids vif en
2006 – contre seulement 60 000 tonnes l’an
dernier – mais les prévisions sont maintenant
de 100 000 tonnes cette année-ci.
Nous devons
bien entendu accroître la production
d’aliments, mais nous devons aussi tenir
compte des risques d’épidémies comme la grippe
aviaire qui pourrait frapper durement des
productions comme celles d’oeufs et de viande,
par exemple, d’origine avicole. Ce sont des
choses qu’il faut prévoir, ne pas attendre que
nous tombe dessus une de ces catastrophes qui
menacent aujourd’hui le monde et qui le
menaceront toujours plus, parce que les
communications se sont multipliées depuis tous
les coins du monde. Avant, une maladie pouvait
prendre quatre ou cinq ans avant d’arriver
ailleurs, les anticorps se développaient
aussi, mais aujourd’hui les virus arrivent et
bien souvent il n’y a pas d’anticorps. La
durée historique traditionnelle pour que ces
anticorps se produisent n’existe plus.
La production
de viande de porc pour 2007 est de
120 000
tonnes, le double de 2005. Bien que des
difficultés se soient présentées du fait de
l’arrivée tardive d’aliments importés, ce qui
ne devrait pas arriver – et je pense que ce
sera un moindre problème, parce que j’ai
demandé à l’industrie alimentaire et à
d’autres endroits à quoi ça se devait – et de
problèmes de transport terrestre, le chiffre
du premier trimestre a été de presque 15 000
tonnes, mais le programme de l’année exige un
rythme plus élevé. On a continué de réparer
les fermes consacrées à cette production, soit
255 à ce jour. Le programme ne sera pas
réduit, et on s’efforcera d’atteindre les
100 000
tonnes cette année-ci.
La production
prévue de 60 700 tonnes de riz en 2006 sera
atteinte sans difficulté, puisque 20 100
tonnes ont été atteintes au premier trimestre.
C’est une production qui a diminué sur les
grandes rizières à cause de la sécheresse, des
cyclones et des cours élevés des carburants,
de sorte que si nous voulons être rationnel au
maximum, il existe des productions dans
lesquelles il n’est pas raisonnable ni
rentable d’investir, même si on les maintient
pour tout ce qui est économique et possible.
Il existe d’autres choses bien plus
économiques, et aucun pays ne peut prétendre à
l’autarcie totale. De fait, le pays le moins
autarcique au monde est le plus riche de tous,
les Etats-Unis, mais il paie une bonne partie
de ses importations grâce au papier monnaie
qu’il imprime. Mais j’ai déjà parlé de ça et
je ne veux pas m’étendre.
La production
de yaourts de soja marche comme prévue : la
première étape d’augmentation des capacités
pour atteindre un million de litres par jour a
conclu fin 2005. Nous en fournissions déjà à
presque un demi-million d’élèves de secondaire
qui collationnent aujourd’hui à l’école, aux
travailleurs, aux professeurs de des écoles,
etc. Nous en distribuions aussi à la
population, bien que d’une manière limitée,
dans le reste du pays. Nous sommes en train
d’accroître les capacités de production de ce
produit qui est très intéressant par son goût
et ses qualités nutritives, et Pinar del Río
est, comme pour l’électricité, la province qui
nous sert de ballon d’essai. La production
augmente donc de jour en jour dans cette
province, on a créé des chambres frigorifiques
pour ce produit. Voilà tout récemment, on
distribuait environ six millions de litres, et
maintenant ce sont plus de quinze millions par
jour, et j’espère que dans quelques semaines
la distribution en Pinar del Río sera
l’équivalent de
40 000 litres
par jour, indépendamment de la distribution
dans les écoles, etc. Il n’existe pas de
limites : si la consommation atteint cinquante
ou soixante mille litres ou plus, on les
fournira. Ce yaourt de soja a le même prix que
celui qu’on vendait, mais pas si subventionné,
l’équivalent de 20 p. 100 de son coût de
production et de distribution. Ce n’était pas
un produit rationné, mais il n’était pas
abondant. Maintenant, nous allons accroître la
production à un million et demi de litres par
jour d’ici aux six prochains mois, et s’il en
faut plus, on en produira plus.
Vous avez vu
qu’Evo et Hugo sont venus ici, et nous avons
parlé d’acheter le soja bolivien. Un million
et demi de litres de yaourt de soja exige
environ 60 000 tonnes de soja, de sorte que
cet engagement ne nous lèse en rien. Et nous
allons consommer bien plus que celle que nous
achèterons en plus à
la Bolivie.
Au cours du premier trimestre 2006, on a
produit
850 000 litres
par jour de yaourt de soja de différentes
saveurs, soit un total de 47 100 tonnes, soit
encore 34 p. 100 de plus que l’an dernier à la
même époque. Le chiffre est exact. On ne peut
mettre ce produit dans des bouteilles d’un
litre, il faut donc acheter de petits pots de
plastique qui augmente les coûts.
Au premier
trimestre, on a produit 2 800 tonnes de
chocolat en poudre au lait (chocolé) –
la première fois que j’en ai parlé, je l’ai
appelé le chocolatín, et comme
l’habitude est l’habitude, je continue de
l’appeler comme ça – la production étant
adaptée à la demande réelle, afin de garantir
ni pénuries ni excédents.
Le programme
d’investissements en vue d’accroître la
production de pâtes alimentaires a pris du
retard. On s’efforce toutefois de conclure le
montage de deux lignes de l’usine de Santiago
au 30 juin, – le retard est de plusieurs mois,
mais il faudrait essayer au moins de conclure
ces travaux pour le 26 juillet, et je sais
qu’on travaille ardûment à ça – ce qui fera
passer ses capacités de 6 000 tonnes à 21 000.
La nouvelle ligne de l’usine Vita Nuova est
déjà dans le pays, et l’on prévoit de
l’installer aussi d’ici au 30 juin.
Où est le
ministre de l’Industrie alimentaire ? Roca, où
es-tu ? Cette dernière date serait la
meilleure. Calcule très bien et économise
énormément : (signalant Roca) il
maîtrise la technologie de tous ces
équipements, je le respecte beaucoup pour ça.
Tu dis le 30 juin ? As-tu laissé quelques
jours de marge de manœuvre ou non ? Ajoute
donc deux semaines de marge de manœuvre, et
même trois, mais termine-la si tu peux avant
le 30 juin. Je le crois, parce qu’il sait
comment vont les choses. Eh, dis donc,
pourquoi ce retard ? Les livraisons
maritimes ? (Il lui dit que c’est à cause
des livraisons maritimes.) Ce n’est donc
pas nous. Qui alors ? Les fabricants des
équipements ? Bon, alors, tu n’es pas fautif.
Il est donc
prévu de la monter avant le 30 juin dans cette
usine importante, ce qui permettra d’y élever
la production de 10 000 tonnes, pour en
atteindre 24 000.
Avec 21 000
tonnes d’un côté et 24 000 tonnes de l’autre,
on atteint une production de 45 000 tonnes,
soit plus du triple de celle d’aujourd’hui. Et
c’est un produit de qualité, car la qualité de
la pâte alimentaire dépend de celle du blé, et
nous savons quel blé il faut acheter. Ou
sinon, Bonasso nous aidera à l’acheter là-bas
en Argentine. Du blé dur.
Le ministère de
l’Industrie sucrière travaille au programme de
production de vermicelles dans les treize
usines prévues. Il faut définir les terrains.
L’idée est d’utiliser les sucreries qui ont
fermées pour produire différentes choses : des
pâtes, des vermicelles, des bonbons, des
produits alimentaires. Mais il ne faut pas
diviser, mais passer la production à
l’industrie alimentaire. En effet, le
ministère de l’Industrie sucrière, en plus du
sucre, s’occupe de l’agriculture, ce qui veut
dire produire des aliments, des légumes de
bonne qualité et d’autres produits. Le MINAZ
s’est retrouvé avec beaucoup de terres en
trop, et il vaut mieux que ces terres soient
divisées. Mais le concept d’aliments
industriels est autre chose : qu’on aille pas
se retrouver avec les pâtes dans le ministère
de l’Industrie alimentaire et les vermicelles
et les bonbons au chocolat dans le ministère
de l’Industrie sucrière. Le MINAZ n’est pas un
spécialiste en bonbons, tandis que l’Institut
de recherche de l’industrie alimentaire, qui a
fait tant de choses excellentes, ne peut
rester en marge de la qualité et du
développement de bonbons et d’autres produits
qui correspondent à son ministère de tutelle.
Ce n’était
absolument plus une bonne affaire de produire
du sucre. Les cours du sucre sont tout à fait
conjoncturels, à cause de la disparition de
tous les accords qui les protégeaient. De
fait, c’est le chaos qui règne aujourd’hui
dans la production sucrière, comme dans tant
d’autres branches de l’économie mondiale.
Nous, nous tirons parti d’une conjoncture
actuelle favorable et du fait que l’alcool
d’accompagnement de l’essence atteint un cours
aussi élevé qu’elle.
Ces bonbons
dont j’ai parlé exigent un sucre très fin, qui
atteint lui des cours supérieurs, pas comme
l’autre. L’industrie alimentaire va donc avoir
besoin de plus de sucre national de qualité,
mais il existe pour le moment des marchés pour
des quantités limitées de sucre à des prix
raisonnables.
Le climat de
notre pays change, toujours plus de
sécheresse, des cyclones toujours plus
violents et plus fréquents. Ça a eu une
influence, par exemple, sur le riz. Combien de
fois une récolte ne s’est-elle pas perdue
parce que les rizières se sont inondées, que
les digues ont cédé ? Et combien de canne à
sucre ne perd-on pas chaque fois qu’un cyclone
passe sur les plantations, si bien que les
machines doivent se rendre ensuite pour couper
les cannes en morceaux qui se retrouvent par
terre ?
Ce ne sont plus
les esclaves ou les analphabètes sans emploi
qui coupaient la canne à la main par le passé,
comme à l’époque de l’esclavage et au début du
siècle dernier, quand on a vu apparaître les
immenses plantations de canne étasuniennes,
quand on a fait venir des immigrants des
Caraïbes qui vivaient pire que les esclaves,
parce que personne ne veillait sur leur santé
et qu’on leur payait un salaire de misère.
C’est la réalité.
Donc, le
ministère de l’Industrie sucrière travaille au
programme de production de vermicelles dans
les treize usines prévues : quatre en avril,
sept en mai et deux en juin.
On travaille à la conclusion de trois usines
de bonbons au chocolat ; les quatre autres
sont à différentes étapes. Ces sept ne sont
que le début de toutes celles que nous allons
lancer, de très haute qualité. Le prix de ces
bonbons au chocolat-ci ne sera pas
subventionné. Celui du chocolé, qui est
du cacao avec du lait, oui, mais les bonbons
extrafins seront vendus au prix commercial.
L’Institut de recherche de l’industrie
alimentaire a mis au point soixante saveurs.
Quel centre de recherche ! Et il en créera
d’autres, c’est sûr.
L’industrie des
pâtes alimentaires sera en mesure de produire
70 000 tonnes en 2006, ce qui garantira un
volume de distribution bien supérieur.
On a prévu dans
une première étape de bâtir 120 silos pour
emmagasiner
240 000
tonnes de céréales : 58 ont été conclus, et
les 62 restants doivent être finis entre mai
et juin. On a prévu dans une seconde étape (août-septembre)
d’édifier 130 silos, dont 84 sont en cours de
construction, ce qui élèvera les capacités de
silotage de
246 000
tonnes. On travaille déjà à la troisième étape
qui permettra d’ajouter
500 000
tonnes de plus en 2007 aux capacités de
silotage du pays.
En ce qui
concerne le programme de cultures de légumes
protégées sur des terres du ministère de
l’Industrie sucrière, on a d’ores et déjà
conclu 462 des 2 800 potagers hydroponiques,
1 647 sont en cours de mise en place, tandis
que 691 sont toujours en attente. Nous
espérons que, dès que la campagne sucrière
dont j’ai signalé les efforts prendra fin, on
en accélérera la construction ou la
conclusion. La production de légumes est très
importante, surtout dans ces centres qui sont
coûteux et qui produisent des articles de
grande qualité, un grand nombre d’espèces. Je
suis sûr que les haricots et bien d’autres
produits que vous consommerez, vous pourrez
les condimenter bien mieux. Nous avons
beaucoup à apprendre dans ce domaine, bien que
les hydroponiques nous aient beaucoup appris.
Par ailleurs, on a conclu 369 potagers
intensifs – c’est une autre catégorie – des
376 prévus, tandis que les 112 serres prévues
ont été terminées, dont 108 ont déjà été
semées.
Le ministère de
l’Agriculture dispose lui aussi, c’est exact,
de centres de ce genre de cultures. Il prévoit
de construire 666 serre, mais seulement 99 ont
été terminées au 28 avril. Elles seront toutes
conclues d’ici juin.
Les
investissements commencés en 2005 dans
l’industrie des matériaux de construction se
poursuivent : 41 millions de dollars ont été
approuvés pour 2006, ce qui permettra
d’augmenter la production de sable de 9 p.
100, celle de pierres de 26 p. 100, celle de
parpaings de 36 p. 100 et celle d’éléments de
plancher de 44 p. 100.
On a conclu
27 900 logements jusqu’en avril 2006, et l’0n
prévoit d’en conclure d’ici la fin de l’année
82 100 nouveaux pour remplacer une partie de
ceux qui ont été totalement détruits par des
cyclones, et l’on poursuivra les travaux pour
conclure de nouveaux logements.
Il est très
important que le peuple apprenne à bâtir, que
les familles apprennent à bâtir leurs
logements, parce qu’ici, tout le monde sait
manier les armes, sait bâtir, sait couper la
canne, vous comprenez ? C’est très important,
parce qu’il n’y a pas assez d’ouvriers pour
que l’Etat construise tous les logements dont
le pays a besoin. (Exclamations de : Vive
Fidel !)
On a réalisé
jusqu’en avril environ 60 000 réparations et
conservations de logements – un autre front,
une autre tâche importante – soit une
croissance de 63 p. 100 par rapport à la même
époque de 2005. D’ici à la fin de l’année, on
réparera par ailleurs le gros des 90 000
logements touchés en partie par les différents
événements climatologiques. Il y avait aussi
des logements en attente de réparation pour
des cyclones antérieurs, ce qui explique
qu’ils soient si nombreux.
La sécheresse
continue de régner dans notre pays. Les pluies
tombées de novembre 2005 à mars 2006 n’ont
atteint que
140 mm,
soit 54 p. 100 de la moyenne historique de
cette période, les provinces les plus touchées
étant Holguín,
La Havane
– quoique ici, on ne cultive pas grand-chose,
n’est-ce pas, Sáez, il n’y a pas de terres, et
celles qui existent vont être utilisées – et
la Grande-Havane,
Guantánamo et Santiago. Pour faire face aux
conséquences de la sécheresse qui date de
plusieurs années, il a fallu exécuter jusqu’en
2004 des investissements pour 183 500 000
pesos et en 2005 de 58 300 000 pesos, soit un
total de 241 800 000 pesos. Pour cette
année-ci, on a adopté un plan
d’investissements de 144 500 000 pesos, dont
54 300 000 en devises. On travaille
actuellement à un groupe d’ouvrages importants
dans différents endroits du pays, entre autres
les usines de conduits de
La Havane
et d’Holguín, et le canal de transvasement
Est-Ouest dans l’Est du pays.
On a continué
de travailler au programme de redressement du
transport entrepris l’an dernier.
Dans le
transport ferroviaire, on prévoit des
investissements d’environ 157 500 000 pesos en
devises. On a réparé à ce jour 124 wagons de
marchandises pour une valeur de 337 100 pesos
convertibles, soit, de pair avec ceux de l’an
dernier, un total de 1 824 wagons réparés. On
a signé des contrats concernant l’achat de
wagons-silos de ciment pour le transport de
matériaux de construction.
Ici, c’est en
peso convertible. Les achats que nous faisons
en Chine, nous les calculons en devises. Le
peso convertible vaut plus que le dollar.
Tout ceci en
une année. Cet effort
spécial a commencé au début de l’an dernier.
Tous les ateliers ferroviaires en mesure de
réparer des wagons travaillent jour et nuit,
et ils consomment de l’électricité, ne
l’oubliez pas.
On a
réparé 131 plates-formes pour le
transport de conteneurs et on prévoit d’en
acheter 150, ce qui, de pair avec le
réaménagement des centres de chargement et
déchargement, permettra une meilleure
opération de ceux-ci. On a réparé 78
wagons-citernes et on en a acheté 200 ce qui
améliorera le transport de carburant. Tout
ceci sera complété par l’achat en Chine de 100
locomotives pour un montant de 130 millions de
dollars, tandis que de nombreuses autres
locomotives d’autre origine seront réparées en
2006. On analyse aussi des
offres russes, car un bon nombre de nos
locomotives en proviennent et sont en
conditions de fonctionner si on dispose de
l’approvisionnement requis en pièces
détachées. Ce sont des machines que nos
travailleurs connaissent. Je ne dis pas que
nous allons acheter, je parle simplement
d’offres de locomotives.
Dans le
transport routier de marchandises, on prévoit
des investissements pour un montant de 72
millions de pesos convertibles, dont l’achat
de 23 camions pour le transport de ciment, de
127 semi-remorques pour le transport de
céréales – pour les ensiler, il faut d’abord
les décharger et les transporter – de 40
semi-remorques pour le transport de conteneurs
et de 1 000 camions de 20 tonnes d’une valeur
de 65 millions de dollars, en vue de remplacer
des équipements inefficaces – et surtout pour
nettoyer les ports de marchandises, car c’est
un de nos gros problèmes, dans la mesure où
chaque heure de retard par rapport à la
starie, autrement dit le délai de chargement
ou de déchargement d’un navire, nous coûte des
devises, à raison de plusieurs millions par
an. Un an et demi de surestarie nous coûte
autant que ces mille camions.
Il faut
signaler en particulier l’achat d’environ
1 400 appareils électroniques qui seront
installés sur les camions pour en contrôler
l’utilisation et permettre d’économiser du
carburant.
On a signé des
contrats pour l’achat de 20 600 moteurs en vue
de la remotorisation de camions de 3,5 et 6
tonnes, ainsi de milliers de camionnettes et
de véhicules légers en vue d’économiser là
encore toujours plus de carburant. Ils sont
déjà achetés. Dans ce domaine, on peut faire
énormément de choses et on y travaille : en
même temps que la révolution concernant les
économies d’électricité, il y a celle des
économies de carburant.
Un effort
semblable est en cours dans tous les domaines
du transport. Cela touche aussi les cars. Nous
avons acheté des milliers de cars de toute
sorte pour remplacer des engins qui sont
absolument antiéconomiques, comme les cars de
ramassage scolaire, le transport urbains, le
transport intermunicipal. Vous savez aussi
bien que moi que certaines gens qui possèdent
des tacots antédiluviens leur installe des
moteurs diesel dont on ne sait trop comment
ils les ont obtenus ni où, et qui vous font
payer le transport cinq ou six fois, parfois
plus ou parfois un peu moins, le tarif que
coûtera le voyage dans ces nouveaux cars,
surtout les nouveaux cars interprovinciaux que
nous sommes en train de mettre en service, et
dont l’Etat subventionnera 20 p. 100 du
billet. Si nous ne le faisons pas, soit nous
nous ruinons soit il n’y aura jamais plus de
transport de ce type dans le pays.
Nous pensons surmonter les calamités
que nous souffrons aujourd’hui, et absolument,
en utilisant le transport d’une façon
extrêmement rationnelle, organisée et
efficace. Et ce dans tous les domaines, parce
qu’il ne faut pas oublier le transport de
marchandises, des médicaments, des aliments,
des articles industriels, et tout le reste. La
population doit voyager, c’est un fait, mais
quand c’est gratuit, il n’y a jamais de place
pour personne…
Il faut faire
deux choses : être économique et éduquer la
population. Et je n’ai pas le moindre doute du
soutien de la population, et je sais que le
peuple n’a pas le moindre doute non plus que
tout ce qu’a fait
la Révolution
avec plus ou moins de succès, ç’a été pour
lui, et que tout ce que fait
la Révolution
aujourd’hui avec bien plus d’expérience, c’est
absolument pour lui et pour remplir nos
devoirs internationalistes
(applaudissements et vivats).
Ces
investissements lancés durant ce trimestre ont
permis de transporter 173 300 tonnes de
marchandises de plus que l’an dernier à la
même époque, les accroissements prévus pour
2006 étant tout à fait significatifs.
En ce qui
concerne le programme de réparation et de
rénovation totales des polycliniques, dix-neuf
ont été conclus au premier trimestre, ce qui a
porté le total à 167 polycliniques, qui
disposent de vingt nouveaux services.
On travaille actuellement sur 183
polycliniques et aux projets de réparation des
restants. Compte tenu de son grand poids dans
la santé publique, ce programme devra
s’intensifier au maximum parce qu’il s’agit de
446 établissements. Oui, il faudra faire un
effort spécial.
Sáez me donnait
une nouvelle très encourageante : la mortalité
infantile à
La Havane
est à ce jour de moins de 4 décès pour mille
naissances vivantes. C’est ça ? 3,5 ? On
n’avait jamais atteint un chiffre pareil dans
notre capitale, ce qui prouve l’importance de
toutes ces polycliniques, des travaux en
cours, des équipements installés et ce qui
prouve aussi la qualité croissante de notre
personnel médical (applaudissements).
On a construit
durant ce premier trimestre une nouvelle salle
de physiothérapie, ce qui porte le total à 453
dans tout le pays, de sorte que ce programme
concernant les polycliniques est pratiquement
conclu. On en bâtira par ailleurs 52 autres
dans des hôpitaux ruraux à mesure que le
programme de réparation prévu dans ces centres
progressera.
En ce qui
concerne le programme de réaménagement et
d’agrandissement de 52 hôpitaux d’excellence
lancé en 2004, on travaille à conclure, d’ici
le 26 juillet, six hôpitaux de la capitale,
et, dans le cadre de ce programme, on
travaille à 963 ouvrages, dont 254 sont
terminés. À qui s’ajoute l’installation prévue
de 118 équipements médicaux de haute
technologie, dont 59 sont déjà totalement
conclus. Seuls 6 des 52 hôpitaux d’excellence
sont terminés. Ce sont des ouvrages très
difficiles, c’est certain, mais il y a encore
beaucoup de désorganisation dans le secteur du
bâtiment, d’inefficacité, et j’ai vraiment
honte de la lenteur de bien de ces travaux. Ce
secteur doit s’organiser très sérieusement
pour surmonter les points faibles que l’on
constate à bien des endroits. Il s’agit d’une
activité qui a pris assurément du retard, de
sorte qu’il va falloir exiger bien plus des
organismes, des bâtisseurs et des autres
parties impliquées.
Les problèmes
dans le bâtiment ne sont pas tous faciles à
régler. Et l’un d’eux est la force de travail,
qui ne suffit pas. La productivité est basse.
Les bâtisseurs et leurs chefs bien souvent
préfèrent ne pas voir les problèmes. Mais nous
avons pourtant des espoirs ; on travaille au
développement de matériaux de construction, à
tout, dont l’équipement, rien n’a été oublié
en matière de bâtiment.
Nous avons dit
parfois aux responsables de la construction :
« Si vous n’avancez pas, alors il va falloir
engager des entreprises du bâtiment étrangère
pour certains ouvrages. » C’est presque
inconcevable. En fait, il y a bien des choses
qui étaient inconcevables.
Je pense que
nous n’avons pas été très heureux dans les
constructions tout au long de
la Révolution,
que c’est un des secteurs où nous avons eu le
plus de problèmes. Je le connais un peu, parce
que pendant bien des années j’ai prêté une
attention spéciale à la construction de
barrages, de routes, d’écoles, d’installations
agricoles, d’installations d’irrigation
parcellaire dans la canne à sucre, de rizières
en terrasses... Je pourrais en parler pendant
une demi-heure. Des années entières à cette
question. Ramiro Valdés doit s’en souvenir
aussi, quand il a fallu diviser le ministère
en plusieurs branches.
Les
constructions ont été chaotiques tout au long
de
la Révolution
et il faut absolument surmonter ce problème,
c’est un impératif.
Au cours du
second semestre, nous disposerons par exemple
de douze machines de forage de pétrole,
extrêmement modernes, dont plusieurs en
société avec
la Chine. Les
travailleurs pétroliers chinois et cubains
sont déjà réunis sur place, s’entraidant.
Partout où je regarde, je vois des entreprises
chinoises et d’autres pays en train de
construire.
Si les
bâtisseurs ne peuvent pas en réalité face à la
quantité d’ouvrages prévue, après avoir fait
tout leur possible, alors il se peut que nous
ayons besoin d’entreprises du bâtiment
étrangères. Tout ce que nous faisons concerne
assurément des ouvrages de toute première
qualité et des besoins extrêmement importants
de notre peuple qui, à coups d’héroïsme, a
vaincu l’infâme blocus économique de presque
un demi-siècle (applaudissements).
En face, ils
doivent être en train de penser à ce qu’ils
vont faire en mai – je serais curieux de le
savoir – avec leur fameuse période de
transition, leurs petits bateaux de guerre,
leurs porte-avions, leurs sous-marins, leurs
bandes d’assassins, leurs dépôts d’armes,
leurs plans d’assassinats. On va bien voir ce
qu’ils disent maintenant, parce que nous en
sommes en transition… Ah ! Vous ne le saviez
pas ? Oui, je comprends. Mais notre transition
à nous est exactement l’antithèse de la
transition bûchavienne, ou bûchiste ou
bûchonne (rires et applaudissements).
Je n’ai pas l’intention d’offenser qui que ce
soit, mais on voit en face des choses si
curieuse, si étranges qu’elles donnent envie
de rire, de blaguer avec !
Dans
la Grande-Havane,
on a conclu 15 lycées à la campagne, 6 autres
sont en voie d’achèvement et l’on crée les
conditions pour réparer les 19 restants.
On a conclu le
réaménagement total de vingt Ecoles à la
campagne utilisées maintenant pour le nouveau
programme de formation de médecins
latino-américains : Espoir social et Mission
Miracle.
Les écoles
primaires et secondaires du pays disposent de
plus de 109 000 téléviseurs, de 43 000
magnétoscopes et de 36 000 ordinateurs. Tout a
tendance à croître, et on va remplacer cette
année dans le primaire les téléviseurs actuels
de 21’’ par des téléviseurs de 29’’.
Le pays compte
126 Palais de pionniers, 72 centres
d’explorateurs et 16 camps de pionniers.
Dans
l’enseignement secondaire, les 434 000 élèves
bénéficient d’une collation.
Plus de 110 000
jeunes suivent des cours de perfectionnement
intégral, dont 18 600 concluront la terminale
et 16 400 le cours de nivellement de
terminale. Actuellement, plus de 90 000
diplômés de ces cours font des études
universitaires.
Le nombre
d’étudiants s’est élevé cette année à plus de
510 000 et celui de professeurs à 122 000.
Le pays compte maintenant 3 150 Sièges
universitaires municipaux (SUM), si l’on
compte ceux qui sont rattachés aux ministères
de l’Enseignement supérieur, de l’Education et
de
la Santé
publique, à l’Institut national des sports, de
l’éducation physique et des loisirs et à
d’autres organismes.
On poursuit les
travaux à l’Université des sciences
informatiques, qui compte déjà 8 000 places
des 10 000 prévus ; on poursuit le
réaménagement de l’Institut supérieur de
dessin industriel ; on restaure l’IUT
militaire José Martí ; et on réalise des
travaux à l’Institut supérieur polytechnique
José Antonio Echevarría, à l’Université
d’agronomie de
La Havane,
à
la Résidence
universitaire Alamar VI, à
la Maison
de l’étudiant et à la faculté de droit de
l’Université de
La Havane,
ainsi qu’à
la Résidence
universitaire de l’Université d’Oriente à
Santiago.
Venant soutenir
les nouveaux programmes de
la Révolution,
plus de 28 000 travailleurs sociaux
(exclamations) exécutent différentes
tâches d’une grande importance sociale et très
reconnues par la population : prise en charge
des personnes du troisième âge, des
handicapés, des travailleurs sucriers dans le
cadre de la tâche Álvaro Reinoso,
participation à l’Opération Miracle et, de
pair avec les étudiants, à la bataille
énergétique (remise d’appareils
électroménagers), entre autres missions
importantes.
On a inauguré
300 Clubs d’informatique de jeunes, qui sont
venus s’ajouter aux trois cents existant déjà
et où 110 500 personnes suivent des cours et
en consolident le fonctionnement.
Le pays compte
352 vidéo-clubs de jeunes pouvant accueillir
plus de 21 000 personnes et constituant une
option culturelle très appréciée par la
variété de ses offres.
À quoi il faut
ajouter le réaménagement total de vingt-six
écoles techniques d’informatique dans tout le
pays, en train de former presque 40 000
techniciens dans cette branche. Autrement dit,
entre les 8 000 étudiants de l’Université des
sciences informatiques et ceux des facultés
connexes d’autres universités et ces 40 000
techniciens, notre pays est en train de former
plus de 50 000 spécialistes dans cette branche
prometteuse.
Les deux
chaînes de télévision éducative touchent
toutes les provinces et 87,9 p. 100 de la
population.
Le pays compte
89 radios municipales, 8 centres de télévision
provinciale et 1 918 salles de télévision dans
des établissements de population isolés,
alimentées par des panneaux solaires. La
chaîne de télévision Habana, qui touche la
capitale et sa grande banlieue, a été
inaugurée le 28 janvier. Il reste à conclure
encore quelques travaux pour qu’elle
fonctionne totalement.
On constitue de
restaurer les écoles d’art de Cubanacán.
Les écoles
d’animateurs culturels forment actuellement
15 700 jeunes, tandis que les animateurs
diplômés s’occupent de plus de 700 000 enfants
et adolescents à l’école et 130 000 dans les
ateliers de création artistique.
La Foire
du livre 2006, qui s’est déroulée du 2 février
au 7 mars, a touché 35 villes, plus de 25 pays
y ont participé, on y a vendu plus de
3 300 000 exemplaires, et, si l’on ajoute les
livres du Venezuela comme pays invité, plus de
4 millions. L’an prochain, je vous en avertis,
il y en aura bien plus, nous sommes en train
d’acheter le papier requis, parce que la soif
de lecture est très grande. Et nous avons
maintenant deux imprimeries très modernes qui
sont capables de produire quasiment tous les
livres dont nous avons besoin.
La première
Classique mondiale de base-ball s’est déroulée
en mars : Cuba, on le sait, a été
vice-championne, cette compétition ayant
permis d’obtenir des résultats très importants
sur les plans sportif et politique
(applaudissements). Gloire aux membres
fabuleux – je dis fabuleux en raison de leur
conduite, de leur attitude, de leur honnêteté
– de cette équipe qui a bien mérité du sport
cubain et du sport mondial !
(Applaudissements.) En ce moment même,
nous avons les Jeux olympiques nationaux,
auxquels participent un grand nombre
d’athlètes, et ce sont des compétitions qui
prendront toujours plus d’importance.
Les
investissements progressent dans les Écoles
d’initiation au sport (EIDE), ce qui permet la
réparation totale des 15 déjà existantes et la
construction de deux nouvelles en Guantánamo
et Granma. Les réparations de celle de la
capitale ont été conclues, tandis que les
quatorze autres ont continué de fonctionner du
fait que les principaux ouvrages étaient
terminés, le total d’élèves s’étant monté à
environ 12 000.
On continue de
travailler à l’École nationale de gymnastique
et à la seconde étape du Centre national
d’entraînement de volley- ball.
L’Ecole
internationale d’éducation physique et de
sport a accueilli au premier trimestre des
élèves provenant de 79 pays (exclamations).
Le plein-emploi
se maintient (moins de 2 p. 100 de chômage).
J’aimerais bien savoir combien de pays au
monde peuvent en dire autant
(applaudissements).
Dans le cadre
d’une politique économique visant à assurer la
satisfaction des intérêts sociaux et des
priorités fondamentales du pays, le
gouvernement a adopté un train de mesures
monétaires et financières en vue de renforcer
la monnaie nationale.
Certains des
effets pratiques de ces mesures ont été les
suivants : accroissement de 42 p. 100 de
l’épargne en pesos cubains (en mars 2006 par
rapport à février 2005), ce qui indique une
plus grande confiance dans la monnaie
nationale ; augmentation de la proportion des
dépôts en pesos cubains convertibles sur le
total de dépôts en devises, de 20 p. 100 à
65,3 p. 100 fin 2005. (En fait, c’est en 2005
que nous avons interdit la circulation du
dollar dans le pays, non son dépôt sur des
comptes en banque. Tout citoyen peut déposer
une monnaie étrangère sur un compte et l’en
retirer : c’est un droit sacré, cet argent est
intouchable. Avant, les dépôts étaient presque
tous en monnaies étrangères, et maintenant,
vous le voyez, 63,5 p. 100 sont en pesos
convertibles. Ce sont des données d’une grande
valeur économique. Demandez-le pour voir au
Chicago’s Boys, qui n’arrêtent pas de parler
de ça, pour compliquer les choses de façon que
personne n’y comprenne rien et à pouvoir
manipuler l’économie mondiale et exploiter les
peuples moins développés) ; et augmentation
sensible des devises récupérées par
la Banque
centrale.
On est aussi
parvenu à réduire sensiblement la
participation du dollar au total de devises
entrant dans le pays. Ils ont cru pouvoir nous
anéantir avec leurs mesures et leurs
prohibitions cruelles imposées aux Etasuniens
ou aux personnes d’origine cubaine vivant aux
USA qui ne peuvent plus rendre visite à leurs
familles que tous les trois ans. Ils pensaient
pouvoir nous liquider, et les liquidés
aujourd’hui, du point de vue économique, ce
sont eux !
Ils ont beau
parler de croissance, et dire que la bourse de
valeurs va on ne peut mieux, et blablabla et
blablala, leurs comptes courants accusent un
déficit de plus de 800 milliards de dollars.
Et comment va Cuba ? Je viens de vous la
décrire ici même, pour que l’Empire l’écoute
bien, le comprenne bien, pour qu’il fasse
plancher ses spécialistes besogneux sur le cas
cubain, afin qu’ils expliquent pourquoi Cuba a
pu résister autant d’années qu’elle a résisté
et vaincre ce blocus criminel. Presque
cinquante ans de blocus, le plus long de
l’Histoire.
Merci, ô Empire yankee, de nous avoir fait
grandir, de nous avoir fait gagner en hauteur
au fil des ans ! Tout ce que tu as obtenu,
c’est que le sang versé par tous les Cubains
qui se sont battus et sont morts ici et
ailleurs ait fini par infliger une défaite
ignominieuse à ton blocus cynique, à tes
tentatives criminelles de nous détruire !
Aujourd’hui, tu n’as même pas de médecins à
envoyer à
la Nouvelle-Orléans,
et nous, nous sommes en train d’en former des
dizaines de milliers et nous en formerons cent
mille en dix ans, et avec une préparation
généraliste bien meilleure. Je ne dis qu’il
n’existe pas beaucoup de médecins éminents aux
Etats-Unis, mais en matière de formation de
base, celle de nos médecins est bien
supérieure, au point qu’ils peuvent se rendre
partout dans le monde, tout comme les élèves
de médecine en provenance d’autres pays
latino-américains (exclamations), parce
que dans nos universités, on ne leur enseigne
pas seulement la médecine, on leur enseigne
aussi la solidarité, on leur enseigne aussi
l’humanisme ! (Applaudissements.)
Comment pourraient-ils donc envoyer des
médecins en Afrique ? Tout ce qu’ils peuvent,
c’est faire un chèque de vingt milliards de
dollars pour combattre le sida, parce qu’ils
ont tout le capital financier qu’il leur
chante, il leur suffit de l’imprimer. Mais ce
qu’il leur fait défaut, c’est le capital
humain, qu’ils ne trouvent nulle part. Nous,
en revanche, nous pouvons, parce que nous
avons pris les mesures pertinents, après
qu’ils nous ont enlevé, au début de
la Révolution,
la moitié de nos six mille médecins, dont la
moitié était au chômage,
et 70 p. 100 de nos professeurs
universitaires. Et pourtant, aujourd’hui, vous
voyez, nous avons 122 000 professeurs
universitaires, et nos universités se sont
étendues partout, le talent et les
connaissances se sont étendus partout, les
spécialistes de haut niveau se sont étendus
partout, ils ont des connaissances et sont
capables de les transmettre.
Aujourd’hui, Cuba compte huit fois plus de
professeurs universitaires qu’elle n’avait
d’étudiants au début de
la Révolution. C’est
la multiplication du capital humain. La
multiplication des poissons et des pains
convertie en multiplication des connaissances
(applaudissements).
Donc, la participation du dollar dans l’entrée
des devises à Cuba a beaucoup chuté : plus de
90 p. 100 l’an dernier, mais seulement 30 p.
100 actuellement, ce qui diminue sensiblement
les risques découlant des menaces du
gouvernement étasunien.
On a instauré à
compter de 2005 une centralisation rationnelle
des décisions concernant l’emploi des devises.
Les transactions à ce titre doivent faire
l’objet d’une autorisation avant tout
engagement préalable, ce qui a garanti une
plus grande efficacité des contrats et une
sécurité accrue des paiements, tout en
contribuant à la lutte contre le délit et la
corruption.
Ce contrôle a
aussi permis d’exécuter avec rigueur les
obligations découlant des nouveaux engagements
financiers extérieurs et des dettes
renégociées, ce qui a permis au pays d’avoir
accès à de nouveaux financements dans des
conditions plus avantageuses.
L’accord
souscrit entre
la République
bolivarienne du Venezuela et
la République
de Cuba selon les principes de l’Alternative
bolivarienne pour les Amériques (ALBA) a
constitué un pas en avant considérable sur la
voie de l’unité et de la vraie intégration des
peuples latino-américains et caribéens. La
création de PETROCARIBE et la signature
récente d’accords pour le raffinage de pétrole
vénézuélien à Cuba représentent aussi des
mesures extraordinaires et de vrais exemples
de fraternité et de solidarité entre les
peuples.
Les échanges
commerciaux entre le Venezuela et Cuba ont
dépassé
3 670 000 000
dollars en 2005 et 1,2 milliard rien qu’au
premier trimestres de cette année.
J’en arrive
presque à ce que vous souhaitez tant,
maintenant que le soleil tape plus dure et que
mon budget de temps s’est terminé depuis belle
lurette (rires).
TRANSFORMATIONS DU SYSTÈME NATIONAL DE
PRODUCTION ÉLECTRIQUE
Notre peuple
sait que nous sommes lancés dans une grande
révolution énergétique.
Le pays a
consenti de gros efforts pour acheter les
équipements technologiques et autres
nécessaires.
Voilà à peine
trois mois et demi, le 17 janvier, au cours du
meeting organisé à Pinar del Río
(applaudissements et exclamations), la
première province à avoir été dotée d’une
capacité de production électrique installée
suffisante pour s’approvisionner elle-même,
j’ai expliqué à l’opinion publique que le pays
avait installé à ce jour de nouvelles
capacités de production de 253 500 kW/h.
Depuis, un
appel avait été lancé afin que, sous la
conduite du parti, les pouvoirs populaires et
l’ensemble des organismes, des entreprises,
des lieux de travail, des travailleurs
électriques, des bâtisseurs, des transporteurs
et des gens mobilisés redoublent d’efforts et
ne perdent pas une minute dans le terrassement
des endroits et l’installation des équipements
et des réseaux de distribution afin de pouvoir
installer sans retard les moteurs générateurs
qui fonctionneraient en synchronisation avec
le Système de production électrique nationale.
À ce jour, 1er
Mai, des centaines de groupes électrogènes ont
été installées dans tout le pays, capables de
produire 903 000 kW, soit 3,6 fois plus que la
capacité existant lors du meeting du 17
janvier à Pinar del Río (applaudissements).
On a aussi
travaillé d’arrache-pied à un autre
programme : l’installation de groupes
électrogènes d’urgence sur des objectifs
vitaux de l’économie et des services en vue de
garantir la production d’électricité face à
tout imprévu, par exemple un phénomène
météorologique ou une catastrophe naturelle ou
provoquée touchant notre pays.
À cette date,
3 444 groupes électrogènes sont arrivés dans
le pays dans ce but, dont 2 755 ont été déjà
installés, soit une puissance de 296 228 kW.
C’est grâce aux efforts des brigades de
montage et au soutien de la population locale
qu’il a été possible d’exécuter en moins de
temps possible des plans assurément ambitieux.
Les groupes électrogènes d’urgence installés à
ce jour permettent de garantir, entre autres,
le fonctionnement de :
203 hôpitaux.
311
polycliniques
95 cliniques
dentaires
161 banques du sang, foyers de personnes âgées
et d’handicapés moteurs et mentaux, et
principales pharmacies
592 boulangeries
180 lieux de production, de conservation et
d’élaboration d’aliments
200 pompes, relais et stations d’épuration
57 écoles de la mission Miracle et du nouveau
programme de formation de médecins
latino-américains
77 établissements d’enseignement importants
104 centres de communication graphique,
radiophonique et télévisée.
54 stations météorologiques
33 industries chimico-pharmaceutiques et
biotechnologiques
158 hôtels et installations touristiques
Cinquante-quatre de ces groupes électrogènes
ont été installés dans des hôpitaux de
montagne au Pakistan, dans le cadre de la
coopération médicale apportée par notre pays à
la suite du terrible tremblement de terre. Et
vingt ont été envoyés aux hôpitaux boliviens,
pour aider ce peuple frère.
On a continué
d’installer de milliers de ces groupes dans
notre pays dans ce but. Tous absolument neufs,
et disposant de réserves de pièces détachés
pour deux ans. Nouveaux, standardisés et à
consommation minimale. Sept cent cinquante des
groupes d’urgence installés sont d’un minimum
de 120 kvA, d’une puissance de 210 000 kW, si
bien qu’ils peuvent actuellement venir
soutenir la production d’électricité du pays
aux heures pics, libérant le système de la
consommation électrique des centres
susmentionnés.
Pour garantir
le fonctionnement des groupes synchronisés et
d’autres moteurs, dix usines de l’industrie
sidérurgique et mécanique ont dû consentir de
gros efforts, travaillant vingt-quatre heures
sur vingt-quatre, pour produire 2 903 citernes
de carburant d’une contenance de 1,5 à
100 m3.
On peut aussi qualifier de prouesse tout ce
qui a été fait pour assurer le transport des
équipements et des citernes.
Le 17 janvier
2006 à Pinar del Río, j’avais affirmé : « Au 1er
Mai, nous serons en mesure de produire 1
million de kW, l’équivalent de 3,3 centrales
thermiques comme l’Antonio Guiteras. » En
fait, nous avons dépassé ce chiffre
(applaudissements). Aujourd’hui, 1er
Mai, notre puissance installée dépasse
1 100 000 kW si l’on compte les groupes
électrogènes synchronisés au système national
et les groupes d’urgence de plus de 120 kvA.
Soit 100 000 kW, plus de trois fois la
capacité de l’Antonio Guiteras, et ceci en
moins de huit mois. On a
mis de six à sept ans à construire
la Guiteras,
et elle est en panne à tout bout de champ.
Aujourd’hui, par exemple, elle ne marche pas,
nous la maintenons en réserve. Un certain
nombre de centrales sont arrêtées, pour
économiser du carburant. En fait, la plus
grande centrale de toutes, celle qui nous a
coûté je ne sais combien de centaines de
millions de dollars, qu’il a fallu financer
dès que l’ordre d’achat avait été donné, et
qui a causé tant de problèmes au pays, est
tout bonnement arrêtée ! Un certain nombre de
grandes centrales sont arrêtées ou
fonctionnant à moitié, car ce sont des
capacités dont nous avons encore besoin. Notre
programme est un programme en développement,
et nous en aurons encore besoin un peu plus de
temps. Nous verrons bien dans un an. Je ne
peux vous dire tout maintenant en une seule
fois, il faut en laisser pour après.
À
ce meeting de janvier, j’avais signalé
l’importance que revêtait l’utilisation du gaz
accompagnant le pétrole durant son extraction,
source de pollution qui peut pourtant, une
fois purifié d’une manière simple, servir de
carburant pour produire l’électricité la plus
économique du pays. Une fois l’investissement
amorti, on peut produire le kilowatt à moins
de deux centimes.
C’est en vue de
tirer parti au maximum de ce gaz
d’accompagnement qu’on a complété à
La Havane
le remplacement du gaz de ville par le gaz
méthane – on a commencé tout récemment à
utiliser ce gaz d’accompagnement du pétrole ;
avant, on utilisait la naphte, en partie gaz,
en partie naphte, qui noircissait les
casseroles – grâce à l’entrée en service en
février de l’usine de Marianao, ce qui a
permis d’économiser à ce jour 8 650 tonnes de
naphte et 158 tonnes de gaz liquide.
Par ailleurs,
les études, recherches et essais en vue
d’utiliser au plus vite l’énergie éolienne
avancent à bon rythme. Nous avons déjà acheté
les cent premiers équipements, qui sont sur le
point d’arriver, et surtout des tours pour
mesurer la vitesse de l’air dans toutes les
régions fondamentales du pays, dont beaucoup
offrent des perspectives tout à fait
favorables. Quand nous disposerons de toute
l’information, on verra dans quels délais ils
peuvent être construits. Ce système s’adapte
très bien à l’utilisation de l’énergie
éolienne, parce que les vents sont capricieux
et variables. Avec un système comme celui que
nous avions, de grosses centrales, il était
absolument impossible d’incorporer ou de
synchroniser l’électricité produite par l’air.
Avec notre nouveau système, il suffirait de
huit heures et ce serait déjà économique. Il y
a des endroits où le vent est garanti pendant
douze heures, ou quinze ou vingt, et d’autres
où, depuis que les mesures ont commencé, le
vent a constamment soufflé à la vitesse
requise pour produire de l’électricité.
On a toujours
parlé de la nécessité de réparer les réseaux
en vue de réduire les pertes de distribution
importantes et les chutes de tension qui
portent préjudice aux appareils électriques.
Ces questions ont été largement abordées en
janvier dernier au cours de différentes tables
rondes télévisées.
Qu’a-t-on fait
ces derniers mois ?
On a exécuté
85 538 actions d’amélioration en vue de
conclure l’année, ce qui est ambitieux, avec
un programme conclu à 60 p. 100.
Au 30 avril, on
peut signaler les actions suivantes :
-
Changement de 12 719 poteaux électriques.
-
Augmentation de capacité de 3 000
transformateurs.
-
Changement de 49 384 connexions
(alimentation électrique des logements).
-
Installation de 956 781 disjoncteurs en
substitution des vieux interrupteurs, une
action massive qui s’exécute pour la
première fois dans le pays et qui concernera
tous les logements.
-
Fabrication dans l’année de 3 100
transformateurs et création de conditions
pour atteindre 15 000 dans l’année.
-
Cette fabrication nationale et les
importations ont permis d’installer 5 357
nouveaux transformateurs.
On a réalisé une étude toujours plus complète
et intégrale du potentiel d’économie dans le
secteur résidentiel, par la visite de chaque
foyer, cette expérience ayant permis d’étendre
cette étude au secteur public.
Les missions de nos excellents travailleurs
sociaux, avec le soutien des Brigades
universitaires de travail social (BUTS) qui se
sont joints avec beaucoup d’enthousiasme à cet
effort décisif, ont été décisives. Tout notre
peuple le reconnaît, ses organisations de
masse les ayant accueillis avec enthousiasme
dans les quartiers et les communautés en tant
que protagonistes actifs de cette lutte
historique.
Notre peuple sait aussi que nous avons adopté
des mesures importantes pour éliminer les vols
et le gaspillage de carburant dans les
stations-service et les endroits où il est
vendu.
Depuis le 10 octobre 2005, un total de 10 500
travailleurs sociaux sont entrés en action
auprès des stations-service, des raffineries,
des centres de distribution et des
camions-citernes, si bien que, depuis, les
recettes en liquides pour ventes de carburant
ont augmenté en moyenne, chaque jour, de 2,53
fois. Nous sommes entrés dans une nouvelle
étape de réorganisation du système, ce qui a
signifié une victoire importante qui nous
encourage tous dans la bataille que nous
livrons décisivement contre les gaspillages et
les vices, élevant la morale révolutionnaire
là où la routine et l’égoïsme l’avaient
émoussée.
Mais ce n’est que le début. Nous sommes passés
par une étape d’apprentissage. Il faudra
rectifier certaines choses, et nous le ferons,
mais nous avancerons avec la décision la plus
résolue en matière d’économie énergétique,
motivés par la conscientisation croissante de
notre peuple au sujet de ces questions vitales
et par les bénéfices qui découleront
assurément de cet effort.
Si tous les autres pays du monde consentaient
les efforts que consent Cuba aujourd’hui, les
résultats en seraient les suivants :
-
Les réserves prouvées et probables
d’hydrocarbures dureraient deux fois plus.
-
Les nuisances expulsées aujourd’hui dans
l’atmosphère diminueraient de moitié.
-
L’économie mondiale soufflerait, car un
volume énorme de moyens de transport et
d’équipements électriques doit être recyclé.
-
On pourrait instaurer un moratoire de quinze
ans sur la construction de nouvelles
centrales nucléaires.
Rien ne nous arrêtera !
La patrie ou la mort !
Nous vaincrons ! (Ovation.) |