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Les Etats-Unis ignorent les propositions de
coopération contre le terrorisme et les drogues

Intensification de la lutte contre les délits pour le 40ème anniversaire de la Police nationale
révolutionnaire
Le gouvernement proposera de rigoureuses sanctions contre proxénètes, trafiquants
de personnes et de stupéfiants, et autres délinquants

FidelLE président Fidel Castro a dénoncé certains trafiquants internationaux d'utiliser l'île comme terre de transit pour le trafic de drogues dures et de stimuler la consommation interne.

Lors de son intervention pour l'anniversaire de la création de la Police nationale révolutionnaire, il a déclaré que l'augmentation des délits et de ses nouvelles formes auxquelles nous n'étions pas habitués sont des questions qui troublent l'ordre interne du pays, essentiellement dans les pôles touristiques.

Il a fait référence à un rapport du ministère de l'Intérieur qui cite les dossiers de 219 accusés de proxénétisme, dont 190 ont été sanctionnés. Pour ce qui est de la prostitution, 277 femmes ont été internées dans des centres de réhabilitation, pour récidive et conduite anti-sociale. D'autres ont reçu un avertissement et ont été renvoyées dans leur lieu de résidence.

Le centre d'accueil, mise en examen et procès des prostituées de la ville de La Havane, a reçu jusqu'à novembre 1998, 6 714 femmes, ce qui équivaut à une moyenne de 610 mensuellement. Il a ajouté que 59% d'entre elles proviennent de l'intérieur du pays.

Le leader de la Révolution a affirmé, en citant le rapport du MININT, que «les trafiquants de drogue persistent à vouloir utiliser notre pays comme transit pour le trafic de drogues dures et à stimuler la consommation interne, ce qui a des incidences complexes et diverses sur le pays».

La détention, en novembre 1998, à La Havane, de 18 étrangers qui avaient introduit par avion plus de 53 kilos de cocaïne et 1 320 grammes de haschisch à destination de l'Angleterre, met en évidence, selon Fidel, le danger de cette réalité, car la drogue est cachée dans des hôtels et des maisons particulières jusqu'à sa destination finale, et son influence négative sur notre propre environnement est bien connue.

Poursuivant sur ce thème, il a parlé de l'enquête concernant les nouvelles diffusées par certaines dépêches internationales quant aux trois tonnes de cocaïne pure découvertes en Colombie et destinées à Cuba. «Si nous avions été informés au préalable, et non par une dépêche officielle, en tenant compte de nos accords de coopération, notre aide aurait pu être plus efficace».

CHEFS D'ENTREPRISE-TRAFIQUANTS

Il a affirmé que deux citoyens espagnols auraient pu être capturés, José Royo Llorca et José Anastasio Herrera Campos, directeurs de l'entreprise de capital mixte cubano-espagnol Artesanía caribeña Poliplast & Royo installée dans l'île, lesquels semblent impliqués dans l'affaire.

Fidel a parlé de l'existence d'éléments révélant la participation probable de Royo et Herrera, tant dans cette affaire que dans des opérations antérieures de trafic international, où ils utilisaient des conteneurs à double fond destinés aux exportations et importations de la dite association économique. En précisant les contacts pris avec les autorités colombiennes à ce sujet, Fidel a déclaré que le colonel Leonardo Gallego, chef de la direction anti-narcotique de la Police nationale de Colombie tout comme le général Rosso José Serrano, chef de la Police nationale de ce pays, se sont déclarés convaincus que la destination finale de la drogue n'était pas Cuba.

Il a informé que les largages de drogue avaient augmenté, car de janvier à novembre 1998, 279 avaient été récupérés (250 de marihuana, 26 de cocaïne, 2 d'huile de haschisch et un de haschisch) pour un total de 3 520 kilos. Les largages ont presque doublé depuis 1996 et 1997, où on en avait enregistré respectivement 111 et 146. Au vu du butin récupéré, la marihuana est toujours la drogue prédominante. Il a informé qu'entre 1995 et 1998, 217 étrangers avaient été arrêtés à la frontière. Jusqu'au 18 décembre de l'an dernier, 165 étrangers se trouvaient détenus pour ce motif, 141 hommes et 24 femmes; 117 avaient été sanctionnés et 48 étaient en attente de jugement.

Dans son analyse, le président cubain a précisé que l'usage de la drogue sous ses différentes formes était en augmentation dans la capitale du pays et que les autorités avaient enregistré 1 216 arrestations pour détention et trafic interne.

LE TRAFIC ILLEGAL DE PERSONNES

Fidel a révélé les activités de ceux qui trafiquent illégalement avec des personnes, qui créent des réseaux internationaux tant dans les pays émetteurs que dans les pays récepteurs. Dans le cas de l'île, ils arrivent en général comme touristes. «Le trafic de personnes qui affecte notre pays, fondamentalement organisé depuis les Etats-Unis et les Bahamas, est en augmentation. De janvier à novembre 1998, 90 plans ou tentatives de plans ont échoué, et compromis 660 personnes», a-t-il assuré, en ajoutant qu'un certain nombre de trafiquants se trouvent aujourd'hui sous les verrous pour ces activités.

Il a rappelé alors qu'en dépit de l'accord migratoire entre les deux nations, lequel oblige de renvoyer les émigrants illégaux cubains, les Etats-Unis maintiennent le privilège d'accepter dans leur pays ceux qui arrivent sur leurs côtes. Cela devient un réel stimulant pour les tentatives de sorties illégales et la contrebande de personnes, ce qui est condamné par ce même accord migratoire et par les lois internationales.

Il a souligné que Cuba a manifesté au gouvernement des Etats-Unis qu'elle était prête à renvoyer dans leur pays de résidence les trafiquants capturés dans l'île. Cuba a également proposé sa coopération dans la lutte contre le terrorisme, le trafic de drogues et celui d'êtres humains: «Nous leur avons parlé, a dit Fidel, de l'indispensable coopération dans les domaines mentionnés. Je crois que l'on ne peut envisager le monde de demain sans des formes de coopération entre les pays... Ils sont au courant. Cette coopération n'a pas été rejetée, par contre elle a été ignorée, mais nous savons que beaucoup de cercles nord-américains, même ceux de gouvernement, sont convaincus que ces formes de coopération sont désormais indispensables».

A un autre moment de son intervention il a mentionné l'augmentation, entre autres, de vols avec agression et appelé à lutter et gagner la bataille contre les activités délictueuses avec organisation, discipline, intelligence et absence de violence. Il a précisé que le policier qui réalise une enquête avec l'emploi de la force, ne développe pas ce qui est le plus important dans la lutte contre le délit, c'est-à-dire l'intelligence. »Il faut gagner le bataille comme nous l'avons gagnée ici contre les 300 organisations contre-révolutionnaires qu'il y avait dans les premières années de la Révolution», s'est-il écrié, en ajoutant à un autre moment de son exposé: «On ne peut jouer avec ce pays ni avec l'avenir de ce pays».

DES SANCTIONS PLUS SEVERES POUR LES DELINQUANTS

Il a également suggéré que le gouvernement propose au Conseil d'Etat d'établir la prison à vie pour ceux qui violent les principes du Droit international, les lois et les accords migratoires en vigueur en se consacrant au répugnant trafic d'êtres humains. Et la peine capitale pour ceux qui commettent le suprême affront, le crime monstrueux contre notre patrie et l'humanité, d'utiliser le territoire de Cuba pour le trafic de drogues.

«Cela ne signifie pas qu'elle sera appliquée systématiquement sans tenir compte de circonstances spécifiques et atténuantes qui pourront exister; mais dans des cas aussi graves que celui dont je vous ai parlé au début de mon intervention, j'ai le ferme espoir que nos juges n'hésiteraient pas à l'appliquer. Quelle alternative pour des cas qui ne soient pas aussi graves?, prison à vie.

«Et dans des circonstances déterminées, 30 ans minimum», a-t-il précisé.

Pour les cambriolages, en l'absence des occupants et plus encore en leur présence, «j'espère que les peines ne descendront pas en-dessous de 20 ans au moins, 30 même s'il le faut, et la prison à vie si ce sont des récidivistes».

Il a souligné que les cas de violeurs et autres sont bien sanctionnés dans le Code pénal, mais que pour ceux qui exploitent les femmes, pour les proxénètes, il espère que les sanctions ne seront pas inférieures à 20 ans. Pour la prostitution il a déclaré qu'il ne croit pas qu'il doive y avoir une sanction pénale à proprement parler, mais qu'«il est vraiment désolant que dans un pays qui a donné à tous, garçons et filles, la possibilité d'étudier; il est désolant que dans un pays qui a tant fait pour en finir avec la discrimination de la femme, bien que le succès ne soit pas encore total; il est désolant que dans un pays où 65% des techniciens sont des femmes, où l'on a tant fait pour redonner à la femme sa dignité, un beau jour se présente un étranger, ou un Cubain, pour la tromper, la soumettre, la débaucher, la corrompre».


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