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Les parlementaires associés à la FNCA sont objectivement
les principaux alliés du trafic de drogues

· A déclaré le président Fidel Castro à Cienfuegos · Il dénonce les pièges tendus pour
entacher les triomphes des sportifs de l'île à Winnipeg

Comme vous le savez, notre pays a dû ouvrir en juin 1989 un procès douloureux, la cause nº 1, par suite de la conduite irresponsable et inconcevable de plusieurs compagnons, dont certains avaient accumulé des mérites et des antécédents révolutionnaires incontestables, mais qui ont mis en danger non seulement le prestige et l'énorme autorité morale acquis pendant des décennies de luttes héroïques par des institutions aussi vitales pour la Révolution que les Forces armées révolutionnaires et le ministère de l'Intérieur, mais jusqu'à la sécurité même du pays.  C'était un fait sans précédent.  Le procès, public et absolument transparent, s'est déroulé en présence des médias.  Jamais un procès n'avait reçu une telle publicité. Au point que le Conseil d'État a discuté du recours en grâce devant les caméras de télévision, sous les yeux du pays et du monde. Ses vingt-neuf membres ont exposé leurs vues et leurs raisonnements. L'accord a été unanime. La sanction devait être exemplaire et elle l'a été.

Le procès a permis d'analyser la situation qui découlait des violations incessantes de l'espace aérien cubain.  Notre pays, long et étroit, est traversé par trois couloirs qu'empruntent chaque jour en moyenne deux cent soixante-dix-sept avions de lignes régulières et autres, autorisés normalement sur demande préalable. Mais on détectait pourtant, fréquemment, des avions volant à des altitudes basses et moyennes sans préavis ni autorisation. Ce qui est justement la façon de faire des appareils de trafiquants de drogues qui désobéissaient en règle générale aux ordres des autorités aériennes et se moquaient en plein jour de n'importe quel avion d'interception en faisant des balancements d'ailes typiques pendant les quelques minutes qui suffisent à traverser notre île du sud au nord.  Une fois en mer, ces avions larguaient leurs cargaisons de poison, dans les douze milles d'eaux territoriales ou à l'extérieur. Il fallait donc lancer un avertissement énergique.

Aussi, le ministère des Forces armées révolutionnaire a-t-il émis, le 24 juin 1989, une note informant que tout avion pénétrant illégalement dans notre espace aérien et refusant d'obéir aux sommations d'atterrissage à des fins d'inspection, serait abattu.

Le chef de la Section d'intérêts des États-Unis (SINA) à La Havane a, dès le lendemain, remis un message - sous forme de document officieux - au ministère des Relations extérieures dont la teneur était la suivante : le gouvernement nord-américain se félicitait de n'importe quelle action légitime entreprise par le gouvernement cubain en vue d'empêcher le trafic de drogues dans son territoire, dans ses eaux juridictionnelles et dans son espace aérien, mais s'inquiétait de la décision de tirer sur des avions, car il se pouvait que certains d'entre eux ne puissent pas répondre à nos sommations par erreur ou par manque de communication ou pour une difficulté d'une autre nature, et demandait donc aux autorités pertinentes de la modération.

Ce même jour, 25 juin, l'administration fédérale de l'aviation des États-Unis faisait état devant nos autorités de l'aéronautique civile de leur préoccupation devant la politique annoncée la veille de tirer sur des avions suspects ne répondant pas aux sommations d'atterrissage.

Le lendemain, 26 juin, Richard Boucher, porte-parole du département d'État, tout en se félicitant de «n'importe quelle action légitime visant à empêcher le trafic de drogues» invitait le gouvernement cubain à prendre les précautions requises et à faire preuve de modération pour éviter des pertes de vies innocentes.

Le 27 juin, notre ministère des Relations extérieures remettait à la Section d'intérêts des États-Unis la note nº 1268 dans laquelle il ratifiait la détermination résolue de Cuba de renforcer par tous les moyens possibles sa lutte contre le trafic de drogues à proximité de son territoire, y compris en faisant observer strictement le régime de survol international de l'espace aérien dont elle est responsable.

Le 28 juin, le président Bush déclarait au El Nuevo Herald qu'il jugeait comme positive la décision du gouvernement cubain de juger des officiers impliqués dans du trafic de drogues.

En fin de compte, l'ordre n'a jamais pu s'exécuter, même pas à titre de leçon. En effet, découvrir la violation de l'espace aérien sur les radars, transmettre l'information à une base aérienne, faire décoller un avion d'interception, l'orienter ensuite sur le point lointain où se déplace un petit objectif, même de jour, attendre que le pilote le découvre et en informe, puis lui faire parvenir des instructions, prend plus de temps qu'il n'en faut à un avion en infraction pour traverser notre territoire étroit et sortir en eaux internationales. De plus, pour éviter les risques, les trafiquants de drogues volent généralement de nuit à faible altitude, même au-dessus de terrains irréguliers.  Les centaines de milliers de dollars qu'il touche par vol fait de chaque pilote un pilote-suicide. Nos forces de l'air ont perdu des appareils de combat et des vies en tentant de repérer des violations de ce genre.  Une garde intensive et permanente, de jour et de nuit, en temps de paix, serait ruineuse et éreintante pour les hommes et les équipements. Qui plus est, le risque d'abattre un avion d'aventuriers sans rapport avec le trafic de drogues était réel.

Les États-Unis possèdent, eux, des avions dotés de moyens techniques et d'appareils de communication excellents, spécialement conçus pour repérer un avion, le suivre en eaux internationales ou sur toute l'étendue de leur immense territoire s'il y pénètre, et ce jusqu'à ce qu'il se débarrasse de sa cargaison ou se trouve en panne de combustible et doive atterrir.

Les intrigues n'ont pas tardé à commencer.

Le 11 juillet, notre ministère des Relations extérieures convoque le chef de la Section d'intérêts pour lui remettre la note nº 1376, dans laquelle Cuba rejette énergiquement des déclarations de fonctionnaires nord-américains relatives à de prétendus largages de drogue en eaux territoriales cubaines non réprimées par les autorités pertinentes. La note éclaircit les détails des largages survenus les 7 et 8 juillet et les efforts consentis par nos forces pour les repérer et les contrôler.  Elle affirme que, faute d'une position sérieuse et constructive des États-Unis, aucune coopération sincère et efficace ne sera possible. Elle réitère la disposition de Cuba à coopérer et son attente de propositions précises de la part du gouvernement nord-américain.

Le 20 juillet, la presse informe que quatre sénateurs ont adressé une lettre à Fidel Castro pour lui demander des informations sur le cas Ochoa.

Le 24 juillet, Richard Chaney, secrétaire de la Défense, affirme que ce qu'il se passe à Cuba est plus qu'une lutte contre la corruption et le trafic de drogues.

Les 25 et 26 juillet, le groupe de travail de la Chambre des représentants sur le Contrôle international du trafic de drogues et la sous-commission du Sénat  sur le Terrorisme, le Trafic de drogues et les Opérations internationales se réunissent en audience, le représentant du gouvernement indiquant que la Maison-Blanche avait demandé à Cuba de l'informer du résultat de l'investigation et réitérant à plusieurs reprises l'intérêt de Washington de "mettre Cuba à l'épreuve" dans ce domaine.

Le 26 juillet, Ricardo Alarcón, vice-ministre des Relations extérieures, nie que les États-Unis aient fourni desrenseignements à Cuba ces dix-huit derniers mois au sujet de la participation de fonctionnaires cubains au trafic de drogues.

Le 2 août, Richard Thornburgh, l'Attorney General, doute devant la commission des Relations extérieures du Sénat des possibilités de coopérer avec Cuba dans la lutte contre le trafic de drogues, dans la mesure où La Havane a ignoré les efforts de Washington dans ce sens.

Toujours le 2 août, le vice-président Dan Quayle se dit intrigué de l'annonce de Fidel Castro selon qui Cuba adopterait des mesures sévères contre le trafic de drogues.

Le 7 août, Granma publie un éditorial dénonçant la campagne de mensonges orchestrée aux États-Unis relative à une prétendue participation de Cuba au trafic de drogues et fixe clairement la position du gouvernement et son offre de coopération avec les États-Unis en la matière.

Le 17 août, un trafiquant de drogues colombien, déclarant devant le Comité d'Affaires judiciaires du Sénat, prétend lier Cuba à ses activités illégales.

Le 1er septembre, le ministère des Relations extérieures, en réponse à la note nº 357 de la Section d'intérêts où celle-ci demandait une coopération en vue d'arrêter et d'expulser douze trafiquants de drogues d'origine colombienne recherchés aux États-Unis, lui remet la note nº 1694 dans laquelle le gouvernement cubain se félicite et sait gré de l'information transmise, tout en réitérant que Cuba ne sera jamais un refuge de trafiquants de drogues, mais qu'elle resterait de toute façon vigilante, et réaffirmant sa disposition de se joindre aux efforts de la communauté continentale dans la lutte contre le trafic de drogues.

Je parle, vous le voyez, de faits survenus en 1989. Pourtant, les différentes administrations nord-américaines n'ont jamais accepté, depuis, d'envisager un accord de coopération entre nos deux pays pour lutter contre le trafic de drogues, alors que nous avons souscrit des accords fructueux avec vingt-trois pays importants d'Amérique latine, d'Europe, d'Afrique, du Moyen-Orient et d'Asie, et que nous coopérons avec les services antidrogues de treize autres pays avec lesquels nous n'en avons pas encore signé.

Dix ans plus tard, le 25 mai 1999, The Washington Post, qui n'est pas souvent  amical envers la Révolution cubaine et qui est bien plutôt critique, publie deux articles sur les efforts que consent Cuba dans la lutte contre le trafic de drogues, signé du journaliste Douglas Farah.

Le premier article s'intitule : «Cuba lutte en cavalier seul contre les drogues», accompagné d'un sous-titre qui affirme : «La position du Congrès entrave le rôle des États-Unis».  Voilà ce qu'il dit :

«re, ces faits se sont produits avant ce durcissement des sanctions.


PARTIE II


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