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NUMERIQUE. La Havane. Cuba
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JEUX PANAMÉRICAINS DE WINNIPEG
Cuba concourt dans des
conditions dures et hostiles
En fait, j'ai été très ému de recevoir cette première médaille d'or cubaine aux Jeux panaméricains de Winnipeg. Je ne la vois plus là où je l'avais mise. L'a-t-on déjà emportée ? (Rires.) Je pense la rendre à ceux qui l'ont gagnée, mais elle va rester ici pendant la durée de ce meeting.
En effet, cette première médaille d'or a beaucoup de mérite, parce que je n'ai jamais vu autant de tricheries et autant de saletés dans le cadre d'une compétition sportive panaméricaine, et tout ça pour harceler Cuba, pour déplacer Cuba de la seconde place qui a été traditionnellement la sienne, pour favoriser le pays siège et pour discréditer notre sport.
Oui, beaucoup de tricheries. Le Comité organisateur a proposé de supprimer une série de disciplines. Comme c'est curieux ! Si le Canada et les États-Unis gagnaient traditionnellement dans ces sports-là, je n'aurais rien à dire, mais il s'avère que ce Comité a supprimé des dizaines de disciplines dans sept sports où Cuba décrochait en moyenne 60 p. 100 des médailles en jeu (applaudissements), et où les États-Unis et le Canada ensemble n'en remportaient que 30 p. 100, selon des informations que nous ont données des experts en la matière. Qui est lésé ? Cuba. Qui en profite ? Les États-Unis et le Canada, en particulier le Canada, le pays siège, qui aspire à déplacer Cuba de cette seconde place traditionnelle. Et en plus, toutes ces suppressions au dernier moment !
Et des saletés dans bien d'autres domaines. On a permis aux gredins de toujours, aux ennemis sempiternels de la Révolution et aux marchands de sport, de disposer de toutes les facilités et de toutes les possibilités pour harceler notre délégation, pour exhorter nos sportifs à déserter, en leur offrant monts et merveilles comme dans les contes Les Mille et Une Nuits ! C'est bourré de chercheurs de talents à l'affût d'athlètes, d'annonces dans la presse, à la télévision et sur d'autres médias pour exhorter nos sportifs subtilement ou carrément, directement ou indirectement, à déserter. Et si cela arrive, vous savez quel battage ils en font aussitôt ! C'est dans ces conditions difficiles et hostiles que nos athlètes doivent intervenir.
C'est surtout en base-ball qu'on veut nous vaincre, parce que c'est notre sport national et parce que notre pays occupe la première place depuis je ne sais combien d'années, et parce qu'il détient un record de victoires impressionnant en compétitions internationales. Et là encore, le Comité a fait des siennes. Ce sport, comme presque tous les sports les plus importants ou les plus attirants, s'est rempli de professionnels, à cause de cette triste tendance à laquelle on a assisté ces dernières années à la commercialisation, à la mercantilisation des activités sportives. L'amateurisme qui, selon notre conception, est le sport comme un droit du peuple et une activité saine et exempte de mercantilisme, offrant des possibilités de loisirs et de santé à toute la population, n'existe quasiment plus. Cette conception si humaine du sport a été totalement abâtardie, dénaturée, prostituée.
En fait, les pays riches sont les seuls à pouvoir être constamment les sièges de grandes compétitions, organiser des Jeux olympiques, acheter des athlètes. Si vous faites attention, vous constaterez que dans bien des pays riches, les sportifs sont des Antillais ou des Latino-Américains importés, dans le cas de notre continent, ou des Africains et des sportifs d'autres nationalités du tiers monde en Europe. Ces pays ne sont même pas capables de former les sportifs qu'il faut dans bien des disciplines et ils privent pourtant les autres pays de l'honneur de gagner une médaille, sans parler du fait qu'ils disposent des ressources économiques, de toutes les installations et de tous les spécialistes qualifiés dont les autres pays ne disposent pas. Et le sport s'est converti à l'échelle internationale en l'étalage de ce privilège humiliant.
Tenez, certains pays, comme la République dominicaine, ou Porto Rico - qui est aussi un pays, même si on en a fait une colonie (applaudissements) - ont réclamé leurs joueurs de première division - puisqu'on admet maintenant des professionnels dans toutes les compétitions amateurs - pour qu'ils fassent partie de leurs équipes nationales à ces Jeux panaméricains. Eh bien, la réponse a été non. Et voilà pourquoi Porto Rico n'y assiste pas. La République dominicaine se retrouve lésée parce qu'elle possède de bons joueurs professionnels qui n'ont pas été autorisés à rejoindre leur équipe. Comme vous le voyez, les pays perdent le droit d'utiliser leurs propres citoyens, ceux qu'ils sont éduqués et formés, pour qu'ils les représentent à des compétitions internationales importantes.
Et puis, encore, d'autres tricheries, d'autres pièges.
En base-ball, comme je vous le disais, les organisateurs ont inventé un drôle de truc. Et ils l'ont imposé. Malgré nos protestations. Nous avons de nouveau protesté lors de la réunion technique préparatoire qui s'est tenue juste avant l'ouverture de la compétition, mais ils n'en ont pas démordu, sous prétexte que toutes les places étaient déjà vendues, que tous les programmes de télévision étaient déjà conçus et qu'on ne pouvait plus changer.
C'est quoi donc, ce truc ? Eh bien, voilà : il n'est resté que neuf équipes, après le retrait de Porto Rico, divisées en deux groupes, un de cinq dont nous faisons partie et un de quatre. Et toute la première série de matchs où vous devez jouer contre tous les autres de votre groupe va juste servir à éliminer une des neuf équipes. Ce sont presque des matchs d'entraînement, qui ne servent absolument à rien pour la suite de la compétition et qui vous ne permettent même pas d'assurer la participation au Jeux olympiques. À supposer que Cuba batte toutes les autres équipes de son groupe, ça ne lui servira strictement à rien pour la suite, parce que, là, à cette seconde étape de matchs dit croisés, on repart à zéro ! Comment ça ? Eh
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