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Complot de la FNCA et dela
droite aux Etats-Unis pour
annuler les accords migratoires

• Discours du président Fidel Castro sur le sujet de l'émigration illégale encouragée
durant 40 ans, lors de la cérémonie du 26 juillet, à Matanzas

Après avoir consacré quelques minutes aux Jeux panaméricains, j'ai parlé à Cienfuegos de deux thèmes essentiels : la Demande légale présentée contre le gouvernement nord-américain pour dommages humains et la lutte contre le trafic de drogue international. Aujourd'hui, à Matanzas, je dois en aborder un autre, extrêmement important : l'émigration illégale stimulée pendant quarante ans par les Etats-Unis au détriment de Cuba.

Avant la victoire de la Révolution, très rares étaient les visas que l'ambassade des Etats-Unis délivrait à des citoyens cubains souhaitant émigrer pour des raisons économiques, ce à quoi aspiraient des centaines de millions de personnes dans le monde, y compris des millions d'Européens attirés par les ressources matérielles et le standard de vie de la nation qui avait émergé intacte de la seconde guerre mondiale comme la plus riche et la plus puissante, compte tenu des deux grandes conflagrations qui, à deux reprises en moins de vingt-cinq ans, avaient dévasté l'économie des autres pays.

Les démarches légales que devait entreprendre un Cubain, entre 1945 et 1959, pour émigrer aux Etats-Unis étaient prolongées et très strictes. Quiconque entrait dans ce pays-là en violation de ses lois était irrémissiblement expulsé ou emprisonné, et personne ne s'y risquait.

En pleine guerre froide et en plein maccarthysme, quiconque était soupçonné d'être communiste ou même progressiste, une accusation pour laquelle il suffisait d'avoir soutenu à un moment ou un autre des revendications salariales ou l'idée de la réforme agraire, n'obtenait jamais de visa.

Or, tout ceci changea au triomphe révolutionnaire du 1er janvier 1959. Les premiers à partir illégalement du pays furent les assassin, les sbires, les tortionnaires, les concussionnaires et les voleurs de la tyrannie, désormais renversée, de Batista qui trouvèrent un refuge luxueux aux Etats-Unis. Dès lors, l'admission sans obstacle de toute personne partie illégalement de Cuba, sous quelque prétexte que ce soit, devint une norme. Dès qu'il a été évident qu'une révolution pour de bon avait eu lieu à Cuba et que les premières lois révolutionnaires furent promulguées, la haute bourgeoisie commença à émigrer en masse. L'Etat révolutionnaire décida d'occuper les riches villas du Vedado, de Miramar, de Tarará et d'autres quartiers luxueux de la capitale qu'elle avait abandonnées, de les transformer en logements où des dizaines de milliers de jeunes paysannes provenant des régions rurales de tout le pays, puis, après la Campagne d'alphabétisation de 1961, des centaines de milliers d'élèves boursiers d'origine modeste y reçurent une éducation dans les dix premières années de la Révolution jusqu'à ce que celle-ci ait pu construire des milliers d'établissements d'enseignement - internats et semi-internats - des écoles spéciales et des crèches.

Il convient de préciser qu'ucune famille de la haute bourgeoisie, tout le temps qu'elle resta dans le pays, ne fut jamais expulsée de chez elle ni même privée de l'argent déposée dans les banques et se montant parfois à des millions.

La Révolution n'interdit jamais les départs légaux vers les Etats-Unis ou ailleurs. Les administrations nord-américaines, pour leur part, stimulèrent toujours les départs illégaux. Le visa devint quelque chose de périmé pour être reçu dans ce pays-là, il importait peu que la personne en question ait un casier judiciaire chargé ou ait commis des crimes, et ce sans exception. Il lui suffisait de dire qu'elle était opposée à la Révolution ou au socialisme, au communisme, ou qu'elle était persécutée pour ses opinions politiques. De même, la catégorie d'émigrant cessa de faire partie du vocabulaire en ce qui concernait les ressortissants de notre pays : tout Cubain résident dans n'importe quel pays du monde fut dès lors taxé d'exilé. Curieux exilés et persécutés politiques que ceux-là qui voyagent à Cuba, sans presque aucune exception, chaque fois qu'ils le souhaitent ! On usa ou on abusa même à ce point des facilités existantes pour sortir légalement de Cuba dans les premières années de la Révolution que plus de 14 000 enfants furent virtuellement kidnappés par les Etats-Unis quand des groupes contre-révolutionnaires, que les services de renseignements de ce pays-là avaient organisés dès les premiers moments, imprimèrent et distribuèrent clandestinement de faux projets de lois aux termes desquelles la Révolution - ce qui était infâme et criminel - allait censément supprimer la puissance paternelle, ce qui sema la panique chez de nombreuses familles des classes moyennes qui, terrorisées, profitant des lignes aériennes régulières qui fonctionnaient encore tout à fait normalement, se séparèrent de leurs enfants et les envoyèrent sans visas et de façon occulte aux Etats-Unis où ils furent accueillis puis installés dans des orphelinats, voire dans des centres de redressement de mineurs. Ce sont des faits qu'il est indispensable de rappeler.

Un triste jour de fin 1962, le gouvernement des Etats-Unis supprima sans préavis les vols normaux et les départs légaux du pays. Des centaines de milliers de personnes perdirent tout lien avec les proches vivants aux Etats-Unis, entre autres les parents qui y avaient envoyé leurs enfants pour les craintes susmentionnées. Il ne resta plus dès lors que les départs illégaux, stimulés qui plus est par tous les moyens dans le cadre d'une propagande infâme contre la Révolution et le socialisme. Cette politique-là provoqua une série de crises migratoires.

En février 1963, l'administration Kennedy donna un puissant coup de pouce à ces départs illégaux quand elle annonça que les Cubains arrivant directement aux USA de l'île seraient reçus à titre de réfugiés, tandis que ceux qui chercheraient à y entrer par des pays tiers seraient considérés comme des étrangers et seraient sujets à toutes les restrictions en vigueur en matière d'immigration.

La première réponse de la Révolution à cette politique arbitraire et nocive fut, le 28 septembre 1965, d'aménager le port de Camarioca, dans la province de Matanzas, où toute famille cubaine résidant aux Etats-Unis, qu'elle utilise des moyens de transport maritimes à soi ou de tiers, pourrait venir recueillir des proches ayant reçu l'autorisation préalable des autorités cubaines. Environ mille bateaux en provenance des USA, faisant fi des ordres des autorités nord-américaines, se réunirent dans ce petit port.

Malgré l'absence de relations diplomatiques et d'offices d'intérêts, les deux pays engagèrent néanmoins des conversations et signèrent, le 6 décembre, un mémorandum d'entente aux termes duquel un pont aérien fut établi entre Varadero et les USA et resta en vigueur de janvier 1966 à avril 1973. Tous ceux qui souhaitaient émigrer - exception faite de certaines personnes qualifiées considérées indispensables tant que leurs remplaçants ne seraient pas encore formés et des citoyens prêtant service dans les forces armées et dans les institutions d'ordre intérieur, ou qui l'avaient prêté à une date récente - furent autorisés à le faire. Environ 260 000 personnes purent ainsi, dans l'ordre et sans risques, satisfaire leur souhait d'émigrer aux Etats-Unis et des dizaines de milliers de familles se réunifièrent.

Mais les départs illégaux se poursuivirent, parce que les autorités nord-américaines ne délivrèrent pas de visas à tous ceux qui souhaitaient utiliser le pont aérien : elles firent un choix et s'efforcèrent de les délivrer de préférence, dans toute la mesure du possible, à des médecins, aux personnels infirmiers, à des instituteurs, à des professeurs et autres professionnels universitaires, à des titulaires de BTS ou de BT, qui toucheraient les salaires correspondant à leur qualification dans ce pays-là, le plus riche et le plus développé du monde, des salaires sans commune mesure avec ceux que pouvait leur offrir une néocolonie récemment indépendante et sous-développée, pauvre et soumise à un blocus rigoureux de la part du puissant pays avec lequel elle maintenait depuis le début du siècle le gros de ses liens économiques, financiers et commerciaux. Mais Cuba résista de pied ferme à ce pillage de son personnel qualifié, et, consentant un effort éducatif colossal, entreprit de former celui qui devait le remplacer en des quantités plusieurs fois supérieures.

En plus de cette disposition de Kennedy de l'année 1963 qui stimula tant les départs illégaux, le Sénat et la Chambre des représentants des Etats-Unis réunis en Congrès votèrent la loi dite d'Ajustement cubain, signée par le président Johnson le 2 novembre 1966 et établissant un statut spécial et exclusif : «Le statut de tout étranger né à Cuba ou citoyen de ce pays et qui aurait été examiné et admis ou accepté sur parole aux Etats-Unis après le 1er janvier 1959, et qui aurait été présent physiquement au moins pendant deux ans, pourra être ajusté, selon le pouvoir discrétionnaire du ministre de la Justice et conformément aux réglementations qu'il pourrait ordonner, à celui d'un étranger admis légalement à la résidence permanente...»

Il s'agissait d'une nouvelle tentative de déstabiliser et de détruire la Révolution cubaine. C'est en quelque sorte cette loi, tout à fait générale et confuse, qui fonda, avec quelques modifications postérieures, le droit de tout Cubain parti illégalement de Cuba à bénéficier automatiquement, à peine entré aux Etats-Unis, de la résidence permanente un an après, un privilège qui n'est concédé à aucun citoyen d'aucun autre pays du monde. Si on avait appliqué cette mesure au reste de l'Amérique latine et des Caraïbes, les Etats-Unis compteraient aujourd'hui bien plus de citoyens de ces pays-là que de citoyens nés sur place. Mieux vaut ne pas penser à ce qui aurait pu arriver si cette mesure avait été étendue au reste du monde...

Une fois conclu le pont aérien, il était inévitable en de telles circonstances qu'une nouvelle crise migratoire éclate tôt ou tard. Elle eut lieu en 1980, quand une situation similaire à celle de Camarioca se présenta cette fois dans le port de Mariel.

Un second accord migratoire fut signé le 14 décembre 1984 au terme de négociations entre des représentants du gouvernement cubain et de l'administration Reagan : selon le communiqué émis à cette occasion, cet accord visait «à normaliser les procédures migratoires entre les deux pays et à mettre fin à la situation anormale existant depuis 1980». Les points essentiels en étaient les suivants :

« Les Etats-Unis recommenceront à délivrer des visas d'immigration préférentiels à des citoyens cubains vivant à Cuba jusqu'à un chiffre de 20 000 par an, notamment aux proches parents de citoyens nord-américains et de Cubains ayant le statut de résidents permanents aux Etats-Unis.

« La partie nord-américaine a fait état de sa disposition à mettre en oeuvre, en coopération avec les autorités cubaines, toutes les mesures nécessaires pour garantir que les citoyens cubains vivant à Cuba qui souhaiteraient émigrer aux Etats-Unis et seraient qualifiés, aux termes des lois nord-américains, pour recevoir un visa d'immigrant, puissent y entrer, en tirant le meilleur profit de ce chiffre de jusqu'à 20 000 par an ».

Que l'on prête attention au paragraphe suivant du communiqué :

« Les Etats-Unis continueront pour leur part de délivrer des visas d'immigration à des résidents à Cuba qui seraient les parents, les conjoints et les enfants célibataires de moins de vingt et un ans de citoyens nord-américains, ces visas n'étant pas inclus dans le chiffre d'immigrants annuel susmentionné ».

Autrement dit, il était clairement spécifié que ce chiffre de vingt mille pouvait être largement dépassé une fois inclus cette catégorie de proches de Cubains déjà citoyens nord-américains.

« Cuba acceptera le rapatriement des citoyens cubains arrivés aux Etats-Unis en 1980 en provenance du port de Mariel et déclarés inhabilités pour entrer légalement dans le pays. Ces personnes se montent à 2 746 et leurs noms apparaissent sur une liste approuvée.

« [...]Ces rapatriements se réaliseront au prorata de cent par mois.

L'accord comprenait en plus 3 000 visas par an délivrés «aux personnes qui, ayant été libérées après avoir purgé une peine pour des activités que le droit pénal cubain qualifie de `crimes contre la sécurité de l'Etat' souhaiteraient vivre aux Etats-Unis de façon permanente».

C'est Cuba qui avait formulé cette demande, car elle estimait que ces personnes avaient agi sur instructions des Etats-Unis et que ceux-ci avaient donc l'obligation morale de leur délivrer des visas, car il était très difficile de les réinsérer dans la société qui les rejetait du fait de leurs activités contre-révolutionnaires au service d'une puissance étrangère.

Ce chiffre total de visas semblait suffisant. Ainsi, bien qu'aucune limite de temps n'eût été fixée, plus de 300 000 personnes des trois catégories auraient pu émigrer aux Etats-Unis de façon légale et sûre en dix ans.

Qu'est-il advenu de cet accord sans aucun doute positif et incontestablement raisonnable et juste ?

Les Etats-Unis ne délivrèrent que 1 227 visas durant la première année d'entrée en vigueur, 1985, sur ce total de 20 000. Aucun visa ne fut délivré en 1986 et 1987, parce que Cuba suspendit l'application de cet accord par suite d'une mesure intempestive et extrêmement hostile adoptée par l'administration Reagan : la création d'une radio officielle subversive baptisée de façon blessante et outrageante José Martí, l'apôtre de notre indépendance, le penseur politique le plus profond de notre Amérique, le premier à avoir dénoncé d'une façon prophétique la politique expansionniste des Etats-Unis dans le sous-continent au détriment des peuples latino-américains. L'accord suspendu, les représentants des deux pays se réunirent de nouveau pour échanger des vues et entamer des négociations. Nous ne voulions pas que cette provocation entraîne une suspension définitive d'un accord qui, appliqué avec rigueur, pouvait régler le problème migratoire. Il entra de nouveau en vigueur la dernière année de la présidence de Reagan.

En 1988, les Etats-Unis ne délivrèrent pas non plus la quantité de visas prévue : seulement 3 472, soit 5,8 fois moins.

En 1989, 1 631, soit 12,3 fois moins.

En 1990, encore moins : 1 098, soit 18,2 fois moins.

En 1991, légère hausse : 1 376, soit 14,6 fois moins.

En 1992, moins de mille : 910 visas, soit 22 fois moins que prévu.

En 1993, toujours moins de mille : 964, soit X fois moins.

En 1994, jusqu'à la fin juillet, seulement 544 visas en sept mois, soit 77 par mois, un chiffre ridicule.

Voilà à quoi s'était réduit l'engagement de délivrer une moyenne de 1 667 visas par mois !

Aucune des trois administrations nord-américaines qui se sont succédées entre 1984 et 1994 n'a tenu parole. Ainsi, celle de Clinton, légalement contrainte par l'accord du 14 décembre 1984, n'a jamais délivré plus de mille visas : 964 en 1993; 544 en 1994.

La catégorie qui eut le meilleur sort, à la reprise de l'accord, fut celle des contre-révolutionnaires condamnés à des peines de prison et de leurs familles : 71,71 p. 100 d'exécution durant les huit années correspondantes, tandis que celle des 20 000 visas ne fut respectée qu'à 7,01 p. 100. Quant à la troisième catégorie, autrement dit «les résidents à Cuba qui seraient les parents, les conjoints et les enfants célibataires de moins de vingt et un ans de citoyens nord-américains, ces visas n'étant pas inclus dans le chiffre d'immigrants annuel susmentionné», il ne lui fut délivré aucun visa, comme on peut le déduire des chiffres antérieurs.

Les USA auraient dû délivrer, en fonction de ce quota de jusqu'à 20 000 par an, un total de 160 000 visas depuis la signature de l'accord, soit huit années, exception faite des deux années de suspension : or, ils n'en ont délivré que 11 222, soit 14,3 fois moins que prévu.

Selon nos calculs, et bien que nous ne connaissions pas les chiffres exacts de personnes d'origine cubaine devenues citoyens nord-américains en plus de vingt-cinq ans d'émigration légale et illégale aux USA, environ 200 000 personnes n'ont pas reçu les visas attendus depuis la signature de l'accord, et plus de 240 000 si l'on tient compte des deux années de suspension de l'accord par suite de la provocation que constitua la radio subversive.

Les Etats-Unis n'ont respecté l'accord d'une façon étonnante, se sont moqué sans scrupules de leurs engagements et se sont joué de notre pays d'une façon humiliante. Cuba, pour sa part, a tenu ses engagements au pied de la lettre, a facilité les départs et a reçu toutes les personnes renvoyées des Etats-Unis comprises sur la liste des exclus ou les non-admis.

Par ailleurs, bien que l'administration nord-américaine se soit engagée solennellement, aux termes de l'accord, à «mettre en oeuvre, en coopération avec les autorités cubaines, toutes les mesures nécessaires pour garantir que les citoyens cubains vivant à Cuba qui souhaiteraient émigrer aux Etats-Unis et seraient qualifiés, aux termes des lois nord-américains, pour recevoir un visa d'immigrant, puissent y entrer, en tirant le meilleur profit de ce chiffre de jusqu'à 20 000 par an», elle a maintenue dans toute sa vigueur la Loi d'ajustement cubain, qui constitue le stimulant fondamental des départs illégaux.

Reagan, qui disposait de l'autorité suffisante et du soutien total du Congrès et qui aurait pu la déroger une fois signé un accord en vertu duquel l'administration s'engageait à adopter toutes les mesures requises pour que l'entrée aux USA se fasse par des voies légales, ne le fit pas. L'administration Bush, non plus. Et l'administration Clinton, qui disposait d'une large majorité au Congrès jusqu'en janvier 1995, ne s'y intéressa pas le moins du monde.

Le fait est qu'à mesure que les Etats-Unis, au mépris de l'accord, réduisaient toujours plus le nombre de visas d'entrée légale, la quantité de personnes tentant d'y entrer illégalement augmentait d'année en année :

2 060 en 1990;

8 593 en 1991;

9 584 en 1992;

15 772 en 1993;

15 067 durant le premier semestre de 1994,

soit un total de 51 076 en quatre ans et demi.

Sont arrivées aux Etats-Unis :

467 en 1990;

1 997 en 1991;

2 511 en 1992;

4 208 en 1993;

et 4 092 pendant le premier semestre de 1994,

soit un total de 13 275.

Malgré le manque total de coopération de la part du gouvernement nord-américain, les autorités cubaines sont parvenues à empêcher le départ de 3 émigrants illégaux sur 4, ce qui prouve avec quel sérieux nous avions assumé notre engagement de coopérer à la normalisation du flux migratoire. Mais cet effort unilatéral de Cuba n'a pas empêché l'arrivée aux USA, durant le premier semestre de 1994, de 7,5 fois plus d'émigrants illégaux cubains que les 544 arrivés légalement après avoir reçu le visa nord-américain, contre un quota de jusqu'à 20 000 que les autorités s'étaient engagées à délivrer chaque année aux termes de l'accord signé avec Cuba.

L'administration Clinton, loin de décourager les départs illégaux comme l'y oblige l'accord, a très vite durci le blocus contre notre pays, alors que l'effondrement du camp socialiste et la désintégration de l'URSS avaient fait perdre à Cuba ses principaux marchés et ses sources fondamentales de combustibles, de matières premières, d'équipements et d'une bonne part des céréales et d'autres aliments essentiels.

Quelques mois avant son accession à la Maison-Blanche, Clinton avait soutenu la loi présentée par Torricelli, un démocrate, votée par le Congrès en 1992 et entérinée le 23 octobre par le président Bush. Quelque temps plus tard, devenu président, Clinton signait en présence des meneurs les plus notoires de la Fondation nationale cubano-américaine et des meilleurs alliés de celle-ci au Congrès, le 12 mars 1996, la brutale loi Helms-Burton.

Devant plus de 100 000 habitants de Matanzas, Fidel a expliqué dans le détail comment les Administrations nord-américaines ont encouragé dès 1959 l'émigration illégale des Cubains aux Etats-Unis.

Le lanceur José Ariel Contreras remet à Fidel la médaille d'or gagnée face à l'équipe des Etats-Unis aux Jeux panaméricains.


PARTIE II


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