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Liberté de presse et d’expression.
Où? En Espagne?
PAR
PATRICIO MONTESINOS*
MADRID.— L’écrivain et Prix
Nobel de littérature, José Saramago, vient de
déclarer: «je n’ai pas rompu avec Cuba», et
en Espagne très peu de citoyens en ont été informés,
simplement parce que dans ce pays européen on a
préféré taire la nouvelle.
Contrairement à ce qui s’est
produit il y a quelques mois, lorsque la phrase de
Saramago: «je ne vais pas plus loin avec Cuba»
a parcouru tout le vieux continent, et spécialement
la péninsule ibérique, ces mots prononcés il y a
quelques jours par le prix Nobel de littérature n’a
eu droit à aucun commentaire.
Mais il y a plus. Certains
viennent encore de citer «je ne vais pas plus
loin avec Cuba», en omettant la dernière
déclaration de Saramago disant qui n’a pas rompu
avec l’île caribéenne.
Par contre, tous mes
compatriotes savent que le président du gouvernement,
José Maria Aznar sera bientôt grand-père et qu’il a
reçu un prix à New York pour sa «défense de la
démocratie, des droits de l’homme et de la liberté
de presse et d’expression». Oui, une trilogie
répétée maintes et maintes fois par ceux qui ont
fait la guerre en Afghanistan et en Irak, et qui ne
disent rien des prisonniers de la base —illégale—
nord-américaine de Guantanamo à Cuba, sans aucune
garantie de jugement.
Où se trouve la liberté
d’expression, si on ne respecte pas les déclarations
d’un Prix Nobel de littérature, faites précisément à
Lanzarote, une île de l’archipel espagnol des
Canaries, alors qu’elles ont été divulguées au
Mexique, à Cuba et dans d’autres pays d’Amérique
latine?
Ah! Bien sûr! Les dits
dissidents cubains, encouragés et payés par les
États-Unis et certains pays européens sont très
connus en Espagne, parce que, comme l’on dit ici, «ils
luttent pour la liberté de presse et d’expression».
Pendant ce temps, cinq
Cubains incarcérés aux États-Unis après avoir été
victimes de jugements truqués à Miami, uniquement
pour avoir défendu leur pays contre les continuelles
agressions terroristes planifiées en territoire nord-américain,
n’ont pas le droit d’avoir de droits humains ni de
liberté de presse et d’expression. Sur ces patriotes
cubains on ne dit rien ou quasiment rien dans les
médias du vieux continent.
Alors, qu’est-ce que la
liberté de presse et d’expression et où est-elle?
Est-ce que seuls peuvent y avoir droit ceux qui ont
été choisis par les États-Unis et le vieux continent?
Et les autres, à quoi ont-ils droit? À être
manipulés ou ignorés? •
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Journaliste espagnol
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