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Septembre de terreur
• Une
bénédiction présidentielle pour les assassins de
Letelier
PAR
JEAN-GUY ALLARD, spécialement pour Granma
international
VINGT-ET-UN septembre 1976.
Orlando Letelier, ex-ministre chilien des Affaires
étrangères dans le gouvernement du président chilien
Salvador Allende et ex-ambassadeur du Chili aux
États-Unis, est assassiné à Washington. Dans ce même
attentat, sa collaboratrice, la citoyenne nord-américaine
Ronni Moffit, perd également la vie et son mari,
Michael Moffit, est blessé. Tragique illustration de
la honteuse impunité dont bénificient les
terroristes nord-américains, les individus liés à ce
crime ont été libérés par la justice nord-américaine,
deux d’entre eux grâce à l’intervention personnelle
de George W. Bush.
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En septembre
1976, Orlando Letelier, ex-ministre chilien
des Affaires étrangères dans le gouvernement
du président chilien Salvador Allende et ex-ambassadeur
du Chili aux États-Unis, est assassiné à
Washington, victime d’éléments du CORU, entre
autres Guillermo Novo Sampoll, aujourd’hui
détenu à Panama avec Luis Posada Carriles. |
La chronologie du terrorisme
établie par le Centre d’information de la presse (www.cip.cu)
rapporte ainsi un nombre considérable d’actions
terroristes survenues en septembre au cours des
quatre dernières décennies.
Ce jour de septembre 1976,
une puissante bombe, placée sous la voiture des
victimes, une Chevelle 1975, a été déclenchée par
contrôle à distance, alors que le véhicule circulait
dans le quartier exclusif de Embassy Row.
«Un des pires actes de
terrorisme d’État jamais vu en territoire nord-américain»,
titrait le lendemain un quotidien pour qualifier
le spectaculaire attentat survenu en plein jour et
au coeur de Washington. Au Chili, le général
fasciste Augusto Pinochet sévissait et la répression
politique atteignait des niveaux sans précédents. À
Langley, George Bush dirigeait la CIA avec un
machiavélisme hors du commun.
Après une laborieuse
recherche, des milliers d’entrevues et des centaines
de fausses pistes sémées par la CIA elle-même, cinq
suspects d’origine cubaine ont été arrêtés par le
FBI.
Les cinq individus, les
frères Guillermo et Ignacio Novo, José Dionisio
«Charco de Sangre» Suarez Esquivel, Virgilio Paz
Romero et Alvin Ross Diaz, appartenaient tous à un
groupe terroriste tristement célèbre, le CORU (Coordination
des organisations révolutionnaires unies), créé sous
la direction du pédiatre assassin Orlando Bosch, un
collaborateur actif de la CIA.
En 1979, les frères Novo ont
été finalement inculpés, condamnés à seulement huit
ans de prison, une condamnation qui a été...
révoquée en 1980. Leurs défenseurs ont utilisé
différents artifices pour écarter l’élément clé de
la preuve du ministère public.
Peu après leur libération,
Ignacio et Guillermo Novo ont été engagés par la
Fondation nationale cubano américaine et son chef
Jorge Mas canosa, pour diriger le «Comité
d’information» du groupe mafieux.
Guillermo Novo Sampoll
accompagne aujourd’hui le terroriste international
Luis Posada Carriles ainsi que ses complices Gaspar
Jiménez Escobedo et Pedro Crispin Remon dans la
prison panaméenne de El Renacer où ils sont
détenus depuis une tentative d’attentat contre le
président Fidel Castro, survenu en novembre 2000.
Suarez et Paz sont arrivés à
disparaître durant douze ans jusqu’à ce que les
autorités les détiennent. Accusés, ils ont tous deux
avoué leur participation au double assassinat et ont
été condamnés à seulement douze ans de prison.
Libérés d’un pénitencier
fédéral, «Charco de Sangre» Suarez Esquivel et
Virgilio Paz Romero ont été remis -étant citoyens
cubains- à l’Immigration and naturalization
service (INS), organisme chargé d’expulser du
pays les étrangers en situation irrégulière après
leur détention. Mais le président George W. Bush a
ordonné, au cours de l’été 2001, que les deux
dangereux terroristes soient remis en liberté.
Virgilio Paz a quitté le
Bradenton Detention Center, de l’INS, au sud de
Tampa, le 25 juillet et Dioniso Suarez est aussi
retourné dans la rue le 14 août.
Cela à quelques semaines du
11 septembre.
SABOTAGES ET ASSASSINATS
Le 7 septembre
1959, on signalait un sabotage dans une fabrique de
papier de bagasse à Matanzas qui a causé des
dommages matériels.
Mais le mois de septembre de
l’année suivante, 1960, a été marqué par un niveau
de violence terroriste extrêmement élevé.
Le 14, le paysan Santiago M.
Castañeda Alvarez était assassiné à la ferme La
Pimienta, à Batabano, province de La Havane; le
lendemain, mourait Ricardo Gonzalez Miranda, à Palma
La Cruz, Oriente, victime, lui aussi, d’éléments
terroristes.
Le 18, le commandant Jorge
Paez Sanchez, chef du personnel de la mairie de La
Havane, était blessé par des coups de feu tirés
d’une voiture en marche.
Le 25, un avion Super Crucer,
immatriculé CUE-310, était détourné à Ciego de Avila
et conduit à Key West, en Floride.
Le 29, Juan Guzman
Argüelles, administrateur d’un magasin rural de
Guantanamo était assassiné par une bande terroriste.
Septembre 1961 est aussi une
période de beaucoup de violence en provenance de
Miami. Le premier du mois, trois personnes sont
assassinées et une fillette de six ans est blessée à
Pinar del Rio par une bande terroriste.
Le 6, deux jeunes de 15 et
16 ans sont assassinés à San Antonio de los Baños,
province de La Havane, tandis que le 10, un ouvrier
est exécuté et trois autres blessés par des éléments
terroristes dans une rue de la capitale.
Le 14, un avion agricole
PA-18, immatriculé CUE-706, est séquestré et conduit
aux États-Unis. Ce même mois, l’avion agricole Piper
CUB Aeronca A-7GC, immatriculé CUE-732, est conduit
à Cayo Maraton aux États-Unis; un avion agricole
Piper Super Cub AR-7, immatriculé CUE-691, de Santa
Fe, province de La Havane, est conduit de même aux
États-Unis et un Super Spray Duster, immatriculé CUE-692,
de La Havane, est aussi conduit à Cayo Maraton.
Le 30, un autre travailleur
est assassiné, à Matanzas.
QUATRE CADAVRES DANS UNE
FOSSE COMMUNE
Le premier septembre 1962,
les restes de quatre membres d’une Commission
d’études topographiques enlevés le mois précédent
par une bande terroriste, sont retrouvés dans une
fosse commune.
Le 4, l’avion Trainer Master
Z-326 Curtis immatriculé 578, est détourné de la
base aérienne de Ciudad Libertad et conduit à Key
West, États-Unis.
Le 10, l’embarcation cubaine
San Pascual et le navire anglais New Lane qui
chargeait du sucre farce à Cayo Francés, Sancti
Spiritus, sont mitraillés par un bateau équipé
d’artillerie. Alpha 66 réclame la paternité de cette
agression.
Le 15, deux dirigeants de
l’Association nationale des petits agriculteurs (ANAP)
et un enseignant sont assassinés par une bande
terroriste à Sancti Spiritus.
MASSACRÉS À SANTA CLARA
En 1963, les avions du
Mouvement insurrectionnel de récupération
révolutionnaire (MIRR), dirigé par le pédiatre
assassin Orlando Bosch pour le compte de la CIA,
mène ses incursions terroristes depuis les États-Unis.
C’est ainsi que le 5, meurt
l’enseignant Fabricio Aguilar Noriega et que sont
blessés trois de ses enfants, Francisco (5 ans),
Sofia (3 ans) et Abraham (2 ans), victimes d’une
bombe lancée sur le toit de l’immeuble où ils vivent
alors qu’un bimoteur provenant des États-Unis
bombarde la ville de Santa Clara.
Le 7, un paysan de Sancti
Spiritus est assassiné par une bande terroriste. Son
cadavre n’a été retrouvé que plusieurs mois plus
tard.
Le 8, une deuxième attaque
est menée contre la centrale Jaronu (Brasil),
province de Camagüey, par un avion provenant des
États-Unis qui a lancé cinq bombes de 50 livres.
Le 17, l’organisation
terroriste Mouvement nationaliste cubain (MNC),
dirigée par Guillermo Novo Sampoll, un compère de
Luis Posada, effectue une provocation et une
agression contre la délégation de Cuba à l’Assemblée
générale de l’ONU, à New York.
En septembre 1964, le 8, un
travailleur est assassiné par des terroristes qui
ont incendié un dépôt d’engrais chimiques, à La
Havane.
Le 12, le navire espagnol
Sierra de Aranzazu, qui transportait des
marchandises vers Cuba, est attaqué par des vedettes
armées. L’agression s’est produite à 75 miles au
nord de Maisi, dans Guantanamo, et a coûté la vie au
capitaine et à deux membres de son équipage.
Le mois de septembre 1968
est le témoin de tout une série d’attentats
organisés et revendiqués par l’organisation
terroriste Poder Cubano en territoire nord-américain:
Le 19, Poder Cubano et
l’organisation M-7 placent une bombe à la résidence
du consul du Mexique, à Miami; ce même jour, Poder
Cubano place une bombe dans un local de réunions de
Little Havana, dans cette même ville.
Le 26 septembre 1969, un
avion détourné atterrit d’urgence à Discovery Bay,
en Jamaique.
Ce même mois, les Commandos
libres nationalistes (CLN) placent un engin explosif
dans un cinéma de West Palm Beach, en Floride, où
l’on présentait le film Che.
En 1974, le 11 septembre, le
terroriste Eduardo Arocena et trois autres contre-révolutionnaires
fondent l’organisation terroriste Omega-7, qui sera
qualifiée par le FBI de groupe le plus dangereux aux
États-Unis. Un des criminels les plus identifiés à
Omega-7 est le tueur Pedro Crispin Remon, complice
de Luis Posada Carriles, détenu avec lui au Panama.
En septembre 1976, des
terroristes assassinent l’émigré cubain Eduardo
Pérez en plaçant une bombe dans son auto, à Miami.
Ce 11 septembre, Omega-7
fait détoner une bombe contre le cargo soviétique
Ivan Shepotkov, aux États-Unis.
Le 30, le Front de
libération nationale cubain (FLNC) réalise un
attentat à la bombe contre un autre navire
soviétique aux États-Unis.
En 1977, le 4 septembre, les
Commandos Pedro Luis Boitel (CPLB) revendiquent
l’explosion d’une bombe contre les bureaux de la
ligne aérienne soviétique Aeroflot, à Miami,
en Floride. Le même groupe revendiquera aussi une
bombe à la Maison-Blanche.
Le 11 septembre 1980,
Omega-7 assassine Félix Garcia Rodriguez, un
fonctionnaire cubain à l’ONU, dans le quartier new-yorkais
de Queens.
Le 11 septembre 1981,
Omega-7 revendique une bombe placée au consulat du
Mexique à Miami et une autre au consulat du Mexique
à New York ainsi qu’un incendie à la revue
Réplica de Miami.
Le 3 septembre 1982, Omega-7
revendique une autre bombe, celle-là au consulat du
Venezuela à Miami, pour réclamer la libération du
terroriste Orlando Bosch Avila.
Le 4 septembre 1997, les
mercenaires d’Amérique centrale recrutés par Luis
Posada Carriles provoquent des explosions au
restaurant La Bodeguita del Medio et dans les
hôtels Triton, Chateau Miramar et
Copacabana. Dans ce dernier attentat, meurt le
jeune touriste italien Fabio di Celmo.
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