Prisonniers politiques de l'Empire  MIAMI 5    

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I N T E R N A T I O N A L E S

La Havane. 2 septembre  2003

Septembre de terreur
• Une bénédiction présidentielle pour les assassins de Letelier

PAR JEAN-GUY ALLARD, spécialement pour Granma international

VINGT-ET-UN septembre 1976. Orlando Letelier, ex-ministre chilien des Affaires étrangères dans le gouvernement du président chilien Salvador Allende et ex-ambassadeur du Chili aux États-Unis, est assassiné à Washington. Dans ce même attentat, sa collaboratrice, la citoyenne nord-américaine Ronni Moffit, perd également la vie et son mari, Michael Moffit, est blessé. Tragique illustration de la honteuse impunité dont bénificient les terroristes nord-américains, les individus liés à ce crime ont été libérés par la justice nord-américaine, deux d’entre eux grâce à l’intervention personnelle de George W. Bush.


En septembre 1976, Orlando Letelier, ex-ministre chilien des Affaires étrangères dans le gouvernement du président chilien Salvador Allende et ex-ambassadeur du Chili aux États-Unis, est assassiné à Washington, victime d’éléments du CORU, entre autres Guillermo Novo Sampoll, aujourd’hui détenu à Panama avec Luis Posada Carriles.

La chronologie du terrorisme établie par le Centre d’information de la presse (www.cip.cu) rapporte ainsi un nombre considérable d’actions terroristes survenues en septembre au cours des quatre dernières décennies.

Ce jour de septembre 1976, une puissante bombe, placée sous la voiture des victimes, une Chevelle 1975, a été déclenchée par contrôle à distance, alors que le véhicule circulait dans le quartier exclusif de Embassy Row.

«Un des pires actes de terrorisme d’État jamais vu en territoire nord-américain», titrait le lendemain un quotidien pour qualifier le spectaculaire attentat survenu en plein jour et au coeur de Washington. Au Chili, le général fasciste Augusto Pinochet sévissait et la répression politique atteignait des niveaux sans précédents. À Langley, George Bush dirigeait la CIA avec un machiavélisme hors du commun.

Après une laborieuse recherche, des milliers d’entrevues et des centaines de fausses pistes sémées par la CIA elle-même, cinq suspects d’origine cubaine ont été arrêtés par le FBI.

Les cinq individus, les frères Guillermo et Ignacio Novo, José Dionisio «Charco de Sangre» Suarez Esquivel, Virgilio Paz Romero et Alvin Ross Diaz, appartenaient tous à un groupe terroriste tristement célèbre, le CORU (Coordination des organisations révolutionnaires unies), créé sous la direction du pédiatre assassin Orlando Bosch, un collaborateur actif de la CIA.

En 1979, les frères Novo ont été finalement inculpés, condamnés à seulement huit ans de prison, une condamnation qui a été... révoquée en 1980. Leurs défenseurs ont utilisé différents artifices pour écarter l’élément clé de la preuve du ministère public.

Peu après leur libération, Ignacio et Guillermo Novo ont été engagés par la Fondation nationale cubano américaine et son chef Jorge Mas canosa, pour diriger le «Comité d’information» du groupe mafieux.

Guillermo Novo Sampoll accompagne aujourd’hui le terroriste international Luis Posada Carriles ainsi que ses complices Gaspar Jiménez Escobedo et Pedro Crispin Remon dans la prison panaméenne de El Renacer où ils sont détenus depuis une tentative d’attentat contre le président Fidel Castro, survenu en novembre 2000.

Suarez et Paz sont arrivés à disparaître durant douze ans jusqu’à ce que les autorités les détiennent. Accusés, ils ont tous deux avoué leur participation au double assassinat et ont été condamnés à seulement douze ans de prison.

Libérés d’un pénitencier fédéral, «Charco de Sangre» Suarez Esquivel et Virgilio Paz Romero ont été remis -étant citoyens cubains- à l’Immigration and naturalization service (INS), organisme chargé d’expulser du pays les étrangers en situation irrégulière après leur détention. Mais le président George W. Bush a ordonné, au cours de l’été 2001, que les deux dangereux terroristes soient remis en liberté.

Virgilio Paz a quitté le Bradenton Detention Center, de l’INS, au sud de Tampa, le 25 juillet et Dioniso Suarez est aussi retourné dans la rue le 14 août.

Cela à quelques semaines du 11 septembre.

SABOTAGES ET ASSASSINATS

Le 7 septembre 1959, on signalait un sabotage dans une fabrique de papier de bagasse à Matanzas qui a causé des dommages matériels.

Mais le mois de septembre de l’année suivante, 1960, a été marqué par un niveau de violence terroriste extrêmement élevé.

Le 14, le paysan Santiago M. Castañeda Alvarez était assassiné à la ferme La Pimienta, à Batabano, province de La Havane; le lendemain, mourait Ricardo Gonzalez Miranda, à Palma La Cruz, Oriente, victime, lui aussi, d’éléments terroristes.

Le 18, le commandant Jorge Paez Sanchez, chef du personnel de la mairie de La Havane, était blessé par des coups de feu tirés d’une voiture en marche.

Le 25, un avion Super Crucer, immatriculé CUE-310, était détourné à Ciego de Avila et conduit à Key West, en Floride.

Le 29, Juan Guzman Argüelles, administrateur d’un magasin rural de Guantanamo était assassiné par une bande terroriste.

Septembre 1961 est aussi une période de beaucoup de violence en provenance de Miami. Le premier du mois, trois personnes sont assassinées et une fillette de six ans est blessée à Pinar del Rio par une bande terroriste.

Le 6, deux jeunes de 15 et 16 ans sont assassinés à San Antonio de los Baños, province de La Havane, tandis que le 10, un ouvrier est exécuté et trois autres blessés par des éléments terroristes dans une rue de la capitale.

Le 14, un avion agricole PA-18, immatriculé CUE-706, est séquestré et conduit aux États-Unis. Ce même mois, l’avion agricole Piper CUB Aeronca A-7GC, immatriculé CUE-732, est conduit à Cayo Maraton aux États-Unis; un avion agricole Piper Super Cub AR-7, immatriculé CUE-691, de Santa Fe, province de La Havane, est conduit de même aux États-Unis et un Super Spray Duster, immatriculé CUE-692, de La Havane, est aussi conduit à Cayo Maraton.

Le 30, un autre travailleur est assassiné, à Matanzas.

QUATRE CADAVRES DANS UNE FOSSE COMMUNE

Le premier septembre 1962, les restes de quatre membres d’une Commission d’études topographiques enlevés le mois précédent par une bande terroriste, sont retrouvés dans une fosse commune.

Le 4, l’avion Trainer Master Z-326 Curtis immatriculé 578, est détourné de la base aérienne de Ciudad Libertad et conduit à Key West, États-Unis.

Le 10, l’embarcation cubaine San Pascual et le navire anglais New Lane qui chargeait du sucre farce à Cayo Francés, Sancti Spiritus, sont mitraillés par un bateau équipé d’artillerie. Alpha 66 réclame la paternité de cette agression.

Le 15, deux dirigeants de l’Association nationale des petits agriculteurs (ANAP) et un enseignant sont assassinés par une bande terroriste à Sancti Spiritus.

MASSACRÉS À SANTA CLARA

En 1963, les avions du Mouvement insurrectionnel de récupération révolutionnaire (MIRR), dirigé par le pédiatre assassin Orlando Bosch pour le compte de la CIA, mène ses incursions terroristes depuis les États-Unis.

C’est ainsi que le 5, meurt l’enseignant Fabricio Aguilar Noriega et que sont blessés trois de ses enfants, Francisco (5 ans), Sofia (3 ans) et Abraham (2 ans), victimes d’une bombe lancée sur le toit de l’immeuble où ils vivent alors qu’un bimoteur provenant des États-Unis bombarde la ville de Santa Clara.

Le 7, un paysan de Sancti Spiritus est assassiné par une bande terroriste. Son cadavre n’a été retrouvé que plusieurs mois plus tard.

Le 8, une deuxième attaque est menée contre la centrale Jaronu (Brasil), province de Camagüey, par un avion provenant des États-Unis qui a lancé cinq bombes de 50 livres.

Le 17, l’organisation terroriste Mouvement nationaliste cubain (MNC), dirigée par Guillermo Novo Sampoll, un compère de Luis Posada, effectue une provocation et une agression contre la délégation de Cuba à l’Assemblée générale de l’ONU, à New York.

En septembre 1964, le 8, un travailleur est assassiné par des terroristes qui ont incendié un dépôt d’engrais chimiques, à La Havane.

Le 12, le navire espagnol Sierra de Aranzazu, qui transportait des marchandises vers Cuba, est attaqué par des vedettes armées. L’agression s’est produite à 75 miles au nord de Maisi, dans Guantanamo, et a coûté la vie au capitaine et à deux membres de son équipage.

Le mois de septembre 1968 est le témoin de tout une série d’attentats organisés et revendiqués par l’organisation terroriste Poder Cubano en territoire nord-américain:

Le 19, Poder Cubano et l’organisation M-7 placent une bombe à la résidence du consul du Mexique, à Miami; ce même jour, Poder Cubano place une bombe dans un local de réunions de Little Havana, dans cette même ville.

Le 26 septembre 1969, un avion détourné atterrit d’urgence à Discovery Bay, en Jamaique.

Ce même mois, les Commandos libres nationalistes (CLN) placent un engin explosif dans un cinéma de West Palm Beach, en Floride, où l’on présentait le film Che.

En 1974, le 11 septembre, le terroriste Eduardo Arocena et trois autres contre-révolutionnaires fondent l’organisation terroriste Omega-7, qui sera qualifiée par le FBI de groupe le plus dangereux aux États-Unis. Un des criminels les plus identifiés à Omega-7 est le tueur Pedro Crispin Remon, complice de Luis Posada Carriles, détenu avec lui au Panama.

En septembre 1976, des terroristes assassinent l’émigré cubain Eduardo Pérez en plaçant une bombe dans son auto, à Miami.

Ce 11 septembre, Omega-7 fait détoner une bombe contre le cargo soviétique Ivan Shepotkov, aux États-Unis.

Le 30, le Front de libération nationale cubain (FLNC) réalise un attentat à la bombe contre un autre navire soviétique aux États-Unis.

En 1977, le 4 septembre, les Commandos Pedro Luis Boitel (CPLB) revendiquent l’explosion d’une bombe contre les bureaux de la ligne aérienne soviétique Aeroflot, à Miami, en Floride. Le même groupe revendiquera aussi une bombe à la Maison-Blanche.

Le 11 septembre 1980, Omega-7 assassine Félix Garcia Rodriguez, un fonctionnaire cubain à l’ONU, dans le quartier new-yorkais de Queens.

Le 11 septembre 1981, Omega-7 revendique une bombe placée au consulat du Mexique à Miami et une autre au consulat du Mexique à New York ainsi qu’un incendie à la revue Réplica de Miami.

Le 3 septembre 1982, Omega-7 revendique une autre bombe, celle-là au consulat du Venezuela à Miami, pour réclamer la libération du terroriste Orlando Bosch Avila.

Le 4 septembre 1997, les mercenaires d’Amérique centrale recrutés par Luis Posada Carriles provoquent des explosions au restaurant La Bodeguita del Medio et dans les hôtels Triton, Chateau Miramar et Copacabana. Dans ce dernier attentat, meurt le jeune touriste italien Fabio di Celmo.
 

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