En plus, les pays riches dépensent chaque année
plus de 300 milliards de dollars pour des
subventions afin d’empêcher l’accès des exportations
des pays pauvres à leurs marchés.
Par ailleurs, il est presque impossible d’évaluer
les dommages provoqués à ces pays par le type de
relations commerciales qui, à travers les démarches
sinueuses de l’OMC et les traités de libre commerce,
sont imposées aux pays pauvres, incapables de
rivaliser avec la technologie sophistiquée, le
monopole quasiment total de la propriété
intellectuelle et les ressources financières
colossales des pays riches.
À ces formes de pillages viennent s’ajouter
d’autres : l’exploitation grossière de la main
d’oeuvre bon marché avec les maquilas, qui
s’installent et partent à la vitesse de la lumière,
la spéculation des monnaies au rythme de millions
des millions de dollars par jour, le commerce
d’armes, l’appropriation des biens du patrimoine
national, l’invasion culturelle et biens d’autres
actions de pillage et de vol impossible de citer. Il
est reste à étudier, car nous ne le trouvons pas
dans la littérature classique économique, le plus
brutal transfert de ressources financières des pays
pauvres aux pays riches : la fuite de capital,
caractéristique obligatoire de l’ordre économique
imposé.
L’argent du monde entier fuit vers les Etats Unis
pour se protéger de l’instabilité monétaire et de la
fièvre spéculative qu’engendre le propre ordre
économique. Sans ce cadeau que les Etats Unis
reçoivent du reste du monde, notamment des pays
pauvres, l’actuelle administration ne pourrait
soutenir les déficits fiscaux et commerciaux qui
ensemble sont de l’ordre de non moins d’un million
de millions de dollars en 2004.
Oserait-on nier les conséquences sociales et
humaines de la mondialisation néolibérale imposée au
monde ?
S’il y a vingt cinq ans 500 millions de
personnes souffraient de faim, maintenant il y en
a 800 millions.
Dans les pays pauvres 150 millions d’enfants
n’ont pas le poids requis à la naissance, ce qui
augmente les risques de mort et de sous-développement
mentale et physique.
Il y a 325 millions d’enfants qui ne vont pas à
l’école.
La mortalité enfantile dans la première année
de vie est douze fois supérieure à celle des pays
riches.
33 mille enfants meurent chaque jour dans le
tiers monde à cause des maladies guérissables.
2 millions de fillettes sont obligées de
pratiquer la prostitution.
85 p. 100 de la population du monde, constituée
par des pays pauvres, ne consomme que 30 p. 100 de
l’énergie, 25 p. 100 de métaux et 15 p. 100 de
bois.
Il y a des milliers d’analphabètes absolus ou
fonctionnels qui vivent dans la planète.
Comment les leaders de l’impérialisme et ceux qui
partagent avec lui le pillage du monde, peuvent-ils
parler de droits de l’homme, ni mentionner les
termes liberté et démocratie dans un monde si
brutalement exploité ?
Ce qui est pratiqué contre l’humanité est un
crime permanent de génocide. Chaque année meurent -
par manque d’aliments, de soins médicaux et faute de
médicaments- autant d’enfants, de mères,
d’adolescents et de jeunes et adultes que l’on
pourrait sauver ; que ceux qui sont morts pendant
n’importe lesquelles des deux guerres mondiales.
Cette situation se répète tous les jours, à tout
moment, sans qu’aucun des grands leaders du monde
développé et riche en ait consacré un traître mot.
Est-ce que cette situation pourrait-elle demeurer
ainsi indéfiniment ? Absolument pas et ce par des
raisons objectives.
L’humanité, après des dizaines de milliers
d’années, a atteint à cette minute et presque
subitement, - dont le chiffre a plus que doublé,
étant donné le rythme accéléré des derniers quarante
cinq ans - les 6,350 milliards d’habitants. Ils
doivent être habillés, chaussés, nourris, logés et
éduqués. Ils seront presque inévitablement 10
milliards dans cinquante ans à peine. Pour cette
datte on n’aura plus les réserves de combustible
prouvées ou prouvables que la planète a mis 300
millions d’années à créer. Elles auraient été émises
à l’atmosphère, versées dans les eaux et les sols
accompagnées d’autres produits chimiques polluants.
Le système impérialiste qui règne aujourd’hui,
vers lequel la société capitaliste développée a
inévitablement évoluée, a atteint un niveau
économique global et néolibéral si impitoyablement
irrationnel et injuste, qu’il s’avère insoutenable
et contre lequel les peuples vont se révolter, ils
ont déjà commencé à le faire. Ceux qui affirment que
cela est le fruit des partis, des idéologies ou des
agents subversifs et des déstabilisateurs cubains ou
vénézuéliens sont vraiment des imbéciles.
Cette évolution a entraîné, d’une manière
également inévitable dans les bases et normes qui
régulent le système régnant, les soi-disant sociétés
de consommation. Celles-ci, avec ses tendances
gaspilleuses et irresponsables ont empoisonnés les
esprits de nombreuses personnes à travers le monde,
qui plongées dans l’ignorance politique et
économique généralisée sont manipulées par la
publicité commerciale et politique des médias
fabuleux que les sciences ont crées.
Ces conditions n’ont pas été les plus favorables
pour l’apparition et l’épanouissement dans les pays
riches et puissants, des leaders compétents et
responsables, dotés des connaissances et des
principes politiques et éthiques que ce monde
extrêmement complexe demande. On n’en peut pas les
responsabiliser, car ils sont eux mêmes résultat et
à la fois instrument aveugle de cette évolution. Est-ce
qu’ils seront en capacité de gérer avec
responsabilité les situations politiques extrêmement
compliquées qu’apparaissent de plus en plus dans le
monde ?
Il y aura bientôt soixante ans de l’explosion de
la première bombe atomique à Hiroshima. À présent,
dans le monde prolifèrent de milliers de ces armes,
dix fois plus puissantes et précises. On en produit
toujours et se perfectionnent. On envisage même dans
le espace des bases de projectiles nucléaires. De
nouveaux systèmes d’armes meurtrières et
sophistiquées voient le jour.
Pour la première fois dans l’histoire l’homme
aurait crée le potentiel technique pour son
autodestruction totale. Par contre, il n’a pas été
en capacité de créer le minimum de garanties pour la
sécurité et l’intégrité de tous les pays sur le même
pied d’égalité. On conçoit et même l’on applique des
théories relatives au recours préventif ou par
surprise des armes plus sophistiquées « à n’importe
quel obscur coin du monde » , « en soixante pays ou
plus », qui pâlissent devant la barbarie proclamée
pendant les jours ténébreux du nazisme. Nous avons
déjà été témoins de guerres de conquêtes et des
méthodes sadiques de torture qui nous rapportent les
images diffusées pendant les dernières journées de
la Deuxième Guerre Mondiale.
Le prestige des Nations unies est en train d’être
miné jusqu’aux assises. Loin d’être améliorée et
démocratisée, l’Institution est devenue un
instrument que la toute puissance et ses alliés
prétendent utiliser uniquement pour masquer ses
aventures de guerres et des crimes effroyables
contre les droits les plus chers des peuples.
Il ne s’agit pas de fantaisies ni des fruits de
l’imagination. Nous sommes devant un fait réel :
deux grands dangers mortels pour la propre survie de
l’espèce ont surgi en à peine un demi siècle. Celui
découlant du développement technique des armes et
celui qui vient de la destruction systématique et
accélérée des conditions naturelles pour la vie de
la planète.
Face à la disjonctive vers laquelle elle a été
entraînée par le système, il n’y a pas d’alternative
pour l’humanité : la situation actuelle du monde
change, ou la espèce courre le risque réel
d’extinction. Pour comprendre cela il ne faut pas
être scientifique ou expert en mathématiques, il
suffit de l’arithmétique qu’on apprend aux enfants
au primaire.
Les peuples seront impossibles à gouverner. Il
n’y a pas de méthodes répressives, de tortures, de
disparitions physiques ni d’assassinats en masse qui
puissent l’empêcher. Et dans la lutte pour la survie,
pour celle de ses enfants et des enfants de ses
enfants, seront non seulement les affamés du tiers
monde ; mais aussi toutes les personnes conscientes
du monde riche, des travailleurs manuels ou des
intellectuels.
De cette crise inévitable, plus tôt que tard,
surgiront des penseurs, des guides, des
organisations sociales et politiques les plus
diverses qui déploieront de gros efforts pour
préserver l’espèce. Tous les cours d’eau s’uniront
vers une seule direction pour effacer les obstacles.
Semons des idées et toutes les armes créées par
cette civilisation barbare seront de trop. Semons
des idées et nous pourrons éviter la destruction
irrémédiable de notre environnement naturel de vie.
L’on pourrait se demander, s’il n’est pas trop
tard. Je suis optimiste et je répondrai que non, et
je partage l’espoir qu’un monde meilleur est
possible.