Prisonniers politiques de l'Empire  MIAMI 5    

 
  

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 P R E S S E   N A T I O N A L E

La Havane. 13 octobre 2004

 

Assassinats en Irak pour museler la vérité
Javier Couso, frère du cameraman du canal Tele5 assassiné par des militaires nord-américains en avril 2003 en Irak, commente par courrier électronique la rencontre  des correspondants de guerre qui aura lieu prochainement à La Havane

PAR HEDELBERTO LOPEZ BLANCH, de Juventud Rebelde

LA censure à coups de canon est le moyen qu'ont utilisé les envahisseurs étasuniens pour museler, par l'assassinat, les reporters internationaux qui offraient au monde les images de ce qui se passait en Irak. La prétendue liberté de presse, comme cela s'est produit en diverses parties du monde envahies par les États-Unis, ne pouvait être permise et pour la faire taire, un tank Abrams M-1 a pris pour cible l'hôtel Palestina, au centre de Bagdad, et a lancé son projectile meurtrier. Trois reporters internationaux ont été victimes de ce tir: José Couso de Télé5, d'Espagne, Tarek Ayud, correspondant de la télévision qatari Al-Jazeera et Taras Protsyuh de Reuters.


La caméra de José Couso maculée de son sang  sur le balcon d'une chambre de l'hôtel Palestina.

Du 17 au 20 octobre 2004, aura lieu à La Havane la 4e Rencontre mondiale des correspondants de guerre dans le but de partager des réflexions sur le début d'un millénaire marqué par les conflits armés.

 Depuis 1998, la capitale cubaine est le lieu choisi pour servir de tribune à des journalistes, photographes, cameramen, écrivains, cinéastes, universitaires, historiens, éducateurs, parents de collègues tombés en accomplissant leur devoir d'informer, et toutes personne intéressée par le rôle des médias face au drame des guerres dans le monde, sous le thème central: Ceux qui informent au risque de leur vie travaillent pour la paix.

 Javier Couso, frère du cameraman José Couso, livre par courrier électroniques ses impressions sur cette rencontre.

Quelle importance a pour vous cet événement?

Pour ma famille et pour moi, la rencontre revêt une grande importance. En premier lieu, cela nous permettra de donner aux journalistes et cameramen présents notre version de ce qui s'est produit ce 8 avril 2003 à Bagdad et qui est à notre avis est un véritable crime de guerre, commis par l'armée étasunienne dans l'intention évidente de bander les yeux de la communauté internationale puisqu'ils ont attaqué les trois centres de presse existant à Bagdad à ce moment.

 La version que nous apporterons est le fruit d'une analyse douloureuse mais profondément méditée qui nous a permis de sécher nos larmes dans le mouchoir de la lutte pour la reconnaissance et la dignité de mon frère. Nous rendre à un événement où seront présentes des personnes qui exercent ou exerçaient sa profession est une façon d'être avec lui et de partager nos angoisses et nos soucis avec celles et ceux qui risquent leur vie pour informer leurs concitoyens sur la réalité la plus dramatique.

Comment voyez-vous la guerre déclenchée par les États-Unis contre l'Irak?

Comme l’agression d’un pays souverain au mépris de la communauté internationale, malgré l’opposition de la majorité des citoyens du monde et sur la base de preuves qui ne sont que des mensonges éhontés. Il est clair qu'avec l'invasion et l'occupation de l'Irak, les États-Unis ne prétendait pas implanter la démocratie ni améliorer la qualité de vie du peuple irakien mais satisfaire des intérêts géopolitiques qui prétendent déplacer l'axe stratégique étasunien d'Arabie saoudite à l'Irak et à la Jordanie.

Le projet complet est une proposition néo-coloniale qui prétend offrir un nouvel équilibre clairement favorable aux intérêts anglo-israéliens.

Quelle est votre opinion sur les prétendues guerres préventives annoncées par les États-Unis?

Un rejet catégorique et radical à ce qui ne sera rien d'autre que des guerres d'agression. L'aspect préventif n'était pas applicable à ce qui jusqu'à maintenant composait les normes ou dispositions internationales, ce que nous appelons communément la «légalité internationale» et qui envisage les guerres comme un dernier recours, légal lorsqu'on l'exerce pour sa propre défense. Changer cela pour la possibilité de lancer des attaques afin de se défendre de n'importe quel danger, revient à ouvrir la porte à un scénario où les pays puissants peuvent inventer des prétextes ou de prétendues preuves pour implanter, en défense de leur sécurité nationale, des politiques que nous pourrions appeller de coups de canons et qui serviraient (comme nous le voyons et le vivons) non pour se défendre mais bien comme un nouveau pion dont les mouvements l'échiquier mondial seraient ceux d'une reine. •

(La famille de José Couso sera parmi les participants à la 4e Rencontre mondiale des correspondants de guerre qui aura lieu à La Havane).
 

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