|
Le sexe chez les aînés PAR JOAQUIN ORAMAS LES aînés peuvent avoir des rapports sexuels non dépourvus de créativité ni de plaisir, affirme une
étude sur le comportement de la sexualité dans cette couche d’âge, réalisée par Cibeles Lorenzo Viego, du centre universitaire José Martí, de la province cubaine de Sancti Spíritus. La recherche porte sur 90 personnes de soixante ans et plus, suivis à la consultation
du médecin des familles N° 24 de la municipalité de Taguasco. Les caractéristiques du groupe étudié sont l’âge (entre 60 et 74 ans), la stabilité des couples, le statut de retraité (homme ou femme) ou de femme au foyer et les familles nombreuses. La plupart
des sujets indiquent qu’ils ne disposent pas toujours d’un espace privé pour la relation de couple, mais plus de la moitié affirment avoir une vie sexuelle active, agréable et normale. L’auteur de la recherche souligne qu’il est incorrect d’associer la
sexualité et la reproduction, de penser qu’il ne peut y avoir d’activité sexuelle que dans l’étape reproductive et donc que les aînés n’ont pas besoin d’une vie sexuelle. Il existe d’autres idées erronées, selon lesquelles la disparition de l’activité sexuelle
est physiologiquement inévitable et, par conséquent, le désir sexuel ne serait ni naturel, ni moral ni socialement bien vu après 60 ans, signale encore l’auteur. Ceci explique que l’idée de mort sexuelle devient pour de nombreuses personnes vieillissantes des
deux sexes un facteur d’anxiété qui détermine parfois des troubles de la fonction sexuelle d’origine purement psychique. Les recherches actuelles ont montré que l’activité sexuelle des aînés fait l’objet de préjugés qu’il faut connaître parce qu’ils la
menacent de disparition. De l’avis de Lorenzo Viego, c’est même le facteur principal de l’abstinence sexuelle, surtout chez la femme. On le sait: le veuvage est plus fréquent chez la femme que chez l’homme, et l’ensemble de la société désapprouve qu’une veuve
cherche un nouveau partenaire; par conséquent, elle est tacitement invitée à abdiquer sa sexualité. L’auteur souligne aussi que la détérioration de la relation de couple ainsi que les maladiesmentales et physiques ont des effets nocifs sur l’activité sexuelle.
Le vieillissement est un processus physiologique et non une maladie. Une personne qui, dès sa jeunesse, s’abstient de boire et de fumer, conserve un poids normal et fait de l’exercice physique, a d’autant plus de chances de poursuivre sa vie sexuelle tardivement. Si à tous ces
facteurs s'ajoute une pratique fréquente et intense de l’érotisme, on peut arriver à un âge avancé sans inconvénients fonctionnels. La vieillesse s’associe à une expérience sexuelle plus grande, à une meilleure compréhension au sein du couple, à davantage de
tendresse et de sagesse. Avec un sens plus juste des réalités, on prend conscience de ce qu’on peut faire ou ne pas faire dans l’acte sexuel, et l’érotisme en émerge renforcé . Lorsque le souci de la reproduction disparaît, la sexualité n’a plus d’autre sens que de donner et recevoir le plaisir. Lorenzo Viego conclut que parler de sexualité dans la vieillesse n’est pas une utopie mais une vérité indubitable. L’amélioration de la qualité de la vie des aînés, candidats aux 120 ans, va de pair avec une sexualité enrichissante, chargée de plaisir et responsable.
|