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La Havane. 15 Décembre 2005

 

Les secrets millénaires de la méditation

PAR JOAQUIN ORAMAS

• IL y a deux ans, une information scientifique retenait l’attention du monde de la santé, en particulier de ceux qui croient aux thérapies alternatives et se laissent guider par une vision intégratrice de l’être humain. Selon une étude, la méditation améliorerait l’état de santé en exerçant une influence positive sur le système immunitaire. On a beaucoup parlé, bien que de manière informelle, des bénéfices de la méditation et de la qualité de vie atteinte par ceux qui la pratiquent avec persévérance. Mais les recherches réalisées par le professeur Richard Davidson, de l’Université du Wisconsin, aux Etats-Unis, entre autres scientifiques de renommée mondiale, semblent apporter des données concrètes. L’objet de ces études a été le système nerveux de personnes que nous pourrions qualifier d’experts en méditation: les moines tibétains, dont les chercheurs sont allés analyser le cerveau dans leurs propres monastères.

Il est probable que le choix des moines pour cette recherche avait pour but de démontrer que la méditation a un effet salutaire au sens le plus large puisqu’elle englobe le corps, le cerveau et l’esprit.

Notre capacité à désirer ne touche pas seulement ce dont nous avons besoin aujourd’hui, mais également ce que nous regrettons d’hier et ce que nous voulons pour demain¼ Pour le bouddhisme, la coupable est notre capacité de discerner, de nous souvenir et de désirer, c’est-à-dire notre cerveau. Les plus grands maîtres du Yoga du discernement disent la même chose en affirmant que la grande majorité des personnes ne disposent pas de leur cerveau, mais que leur cerveau disposent d’elles; elles ne pensent pas mais sont pensées par leurs pensées. La méditation est un processus par lequel le cerveau perçoit complètement un objet, au point de s’unir à cet objet, affirment des analystes. Ils ajoutent que, en général, notre esprit est sans cesse diversifié par une infinité de pensées en constante ébullition.

Et ils affirment que pour pouvoir absorber notre pensée dans l’objet choisi, il faut d’abord discipliner l’esprit. Lui apprendre à se fixer sur un point, ce qui n’est rien d’autre que la concentration, très difficile, disent-ils, pour l’homme actuel dont l’esprit est plus que jamais diversifié par des stimuli extérieurs et intérieurs. Selon certains, l’incapacité à les assumer tous constitue le début des processus de stress.

Précisément parmi les résultats des études effectuées sur les moines qui s’adonnent à la méditation on observe une meilleure médiation des processus de stress grâce à une meilleure mise à profit des fonctions du lobe cérébral gauche. Les émotions négatives sont plus facilement rejetées et les positives surgissent plus naturellement.

L’objectif de la méditation n’est pas de guérir ou de prévenir des maladies. Ni les moines tibétains ni les milliers de personnes qui suivent d’autres écoles et traditions orientales millénaires ne se proposent cela lorsqu’ils s’assoient pour méditer. L’objectif de la méditation est d’atteindre à l’illumination, à la conscience de l’Absolu, et pour cela il est nécessaire de faire taire les voix convulsées de l’esprit. Ces voix, selon l’enseignement de Bouddha, sont les vibrations que provoquent les innombrables désirs qui nous harcèlent et qui dans leur majorité ne conduisent pas au véritable bonheur.

Mais il se trouve que pour ces personnes ce processus se traduit par de nombreux bénéfices secondaires. Leur anxiété diminue, leur état d’esprit devient moins turbulent, ils acquièrent une autre perspective des problèmes. Pour pouvoir soutenir la pratique, leur organisme doit se discipliner dans plusieurs directions: ajustements alimentaires, techniques de respiration adéquates, exercices qui préparent le corps à adopter une position déterminée¼

«La méditation ne se propose pas, en première instance, d’atténuer la souffrance, mais de voir la Réalité telle quelle est et, donc, de supprimer les désirs, qui sont la racine de la souffrance.» Les scientifiques constatent qu’au sein des groupes de patients atteints de diverses maladies (le cancer, par exemple), ceux qui se livrent à la méditation présentent une meilleure évolution de leur état. Ils en déduisent que c’est là le résultat d’un certain style de vie, que la personne qui médite adopte presque naturellement.

La pratique régulière de techniques de méditation dans le style oriental améliorerait l’état de santé car elle a une influence positive sur le système immunitaire, selon les études menées par Richard Davidson. L’étude avait pour objet le cerveau des moines tibétains, que les scientifiques sont allés examiner dans leurs monastères.

Il y a quelques décennies, Herbert Benson, de l’Université de Harvard, est arrivé à la conclusion que la méditation freine les mécanismes cérébraux associés au stress. Et qu’ils contribuent par conséquent à améliorer la qualité de vie.
 

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