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N A T I O N A L E S

La Havane. 21 Février 2005

 

LES ÉLECTIONS À CUBA
Le peuple désigne ses candidats et vote

DEPUIS le triomphe de la Révolution, le taux de participation aux élections a toujours dépassé 95%


PAR LILLIAM RIERA, de Granma international

À Cuba, tout citoyen, sans distinction de sexe, de race ou de credo, devient électeur sans avoir à débourser un centime ni à se soumettre à de quelconques démarches administratives. Ceci constitue un des droits acquis avec le triomphe de la Révolution, et voué à une disparition sans appel si les États-Unis venaient à implanter dans l’île leur démocratie de pacotille.

Le peuple désigne ses candidats et voteLe show électoral made in USA a été monté dans la plus grande des Antilles  lors des premières élections  municipales organisées dans le pays en 1900, après l’intervention  tardive et opportuniste  de Washington dans une guerre contre la métropole espagnole que les Cubains avaient déjà gagnée et dont le fruit leur était ainsi confisqué.

Pour ces premières élections néo-coloniales le droit de vote était l’apanage exclusif de tous ceux qui n’étaient  ni Noirs, ni mulâtres, ni femmes, ni pauvres.

Le président du Parlement cubain actuel, Ricardo Alarcón, évoquait récemment ces élections et rappelait que leur  grand artificier, le général Leonard Wood, alors gouverneur militaire de l’île, avait reçu en récompense les félicitations du secrétaire à la Guerre des États-Unis.

Alarcón participait à un débat public sur le système électoral et la démocratie à Cuba qui s’est tenu le 15 février dernier à La Havane.

Latvia Gaspe Alvarez, chercheuse à l’Institut d’histoire, précisait pour sa part à l’hebdomadaire Trabajadores  que dans ces conditions, 14% seulement de l’électorat en âge de voter avait pu exercer ce droit.

Elle ajoute que parmi les conditions  fixées à l’exercice du droit de vote, dont les femmes étaient de toutes manières esclues, figuraient celles-ci : savoir lire et écrire, posséder des biens d’une valeur minimale de 250 dollars ou avoir servi dans l’armée cubaine avant le 18 juillet 1898.

 Dans un pays rongé par l’analphabétisme et ruiné par la guerre, il va de soi que les deux premières conditions permettaient d’éliminer une large majorité d’électeurs potentiels et  bien entendu toute la population de race noire qui, historiquement, n’avait jamais capitalisé que misère et ignorance, tout droit à l’instruction lui ayant été refusé.

 Les Archives nationales conservent des documents du Secrétariat d’État et de l’Intérieur où figurent des dénonciations relatives aux élections en question montrant qu’elles ne furent pas aussi “transparentes” que Wood le laissa entendre.

Parmi toute une série d’actes arbitraires on relève le refus d’enregistrer sur les registres électoraux des personnes réunissant pourtant toutes les conditions requises,  la non-présentation des listes d’électeurs où chacun aurait pu vérifier s’il était ou non dûment inscrit, le changement de noms sur les registres pour que les électeurs concernés ne puissent pas voter, les pressions coercitives au moment de l’exercice du suffrage, l’interdiction faite à des représentants de groupes politiques importants de participer aux collèges électoraux, et le refus pur et simple du droit de vote aux combattants des guerres d’indépendance. •

Curieuse démocratie que celle-ci, la même d’ailleurs qui a construit l’empire, que celui-ci défend et qui reviendrait caracoler dans l’île si ses plans d’annexion se réalisaient.

Mais après le triomphe de la Révolution, cette fausse démocratie  a disparu de la plus grande des Antilles où le droit de chacun au vote est acquis dès la naissance.

Tout Cubain de 16 ans est inscrit automatiquement sur les registres électoraux et peut exercer son droit au suffrage. Les inscriptions sont effectuées à partir des données figurant dans les registres d’état civil, qui incluent la totalité des citoyens.

 Le vote est volontaire, libre et secret. Aucune loi n’oblige personne à voter. Selon les informations données lors de l’audience publique du Parlement, la participation aux élections  après la victoire révolutionnaire a toujours dépassé le taux de 95%.

LES URNES SONT SURVEILLEES PAR DES ENFANTS

L’image  traditionnelle des urnes placées sous la haute surveillance du soldat ou du policier  armé de son fusil a radicalement changé car ce sont maintenant des enfants en uniforme scolaire qui ont reçu cette mission dans les 25 500 collèges électoraux  installés dans les quatorze mille et quelque circonscriptions du territoire national. Dans les collèges se trouvent affichées les listes d’électeurs ainsi que  les biographies et les photos des candidats de la circonscription.

 C’est parmi les délégués de circonscription, présentés et élus par la population du quartier, que sont élus à leur tour les membres des assemblées municipales, puis provinciales, du Pouvoir populaire.

Les députés à l’Assemblée nationale ou Parlement  sont choisis parmi les membres des assemblées provinciales et rejoints dans l’exercice de leurs fonctions  par des représentants  de secteurs scientifiques et administratifs, d’associations paysannes, d’intellectuels et d’organisations de masse.

Le Parlement élit lui-même parmi ses représentants les membres du Conseil d’Etat, et celui-ci élit le Président.

COMPTAGE DES VOIX ET REGISTRES ELECTORAUX A LA VUE DE TOUS

 Ceux qui visiteront l’île  pendant les élections pourront constater que le comptage des voix est un acte public  réalisé par les membres du collège électoral en présence de n’importe quel électeur, voisin du quartier ou même touriste étranger  désireux de s’assurer de la transparence du processus.

La publication des registres primaires d’électeurs  est aussi un signe distinctif du processus électoral cubain.

Affichés depuis le 15 février dernier et jusqu’au 17 mars prochain dans les lieux les plus  fréquentés  du quartier ou du village, ces registres primaires sont sujets à modifications, à la demande de la population. Quiconque détecte une erreur, une omission ou toute autre irrégularité touchant à son inscription  a le droit de demander à la commission électorale de sa circonscription de procéder aux rectifications pertinentes.

 Ainsi, les amendements apportés à la liste ne seront pas secrets  et n’obéiront  qu’à la participation citoyenne et non aux intérêts douteux de partis politiques.

De l’avis d’Alarcón, la publication de ces registres à Cuba devrait être diffusée dans la presse internationale. Mais comme il le fait remarquer lui-même, les grands médias n’en parlent pas, pour la simple raison qu’ils servent les intérêts d’une puissance qui ne reconnaît pas l’existence d’un peuple qui présente et élit ses représentants, sans l’intervention de l’artillerie souvent bien lourde des partis politiques.

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