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Des scientifiques de treize pays
rencontrent des centenaires cubains
PAR
JOAQUIN ORAMAS
LA IIIe
rencontre internationale sur la longévité
satisfaisante s'est conclue d'une façon émouvante
quand des spécialistes de treize pays participant
à l'événement se sont entretenus avec un groupe de
centenaires cubains qui leur ont raconté leurs
expériences et leurs motivations.
Ils ont
appris leurs habitudes alimentaires, leur style de
vie, leur environnement familial et les activités
et les soins médicaux dont ont bénéficié ces
personnes d'âge très avancé. Etaient présents des
médecins et des experts d'Argentine, d'Aruba, du
Brésil, du Chili, du Curaçao, d'Espagne,
d'Angleterre, du Mexique, du Nicaragua, du Pérou,
de Russie, des Etats-Unis et de Cuba.
Les
centenaires invités étaient Juana Hernandez Nuñez,
101 ans, Amada Hernandez Fernandez, 102 ans, Ramon
Cordobés, champion mondial de master de natation,
93 ans, Juana Moreno, qui vient d'avoir 110 ans et
qui figure parmi le groupe des super-centenaires,
Eduardo Valdés Hernandez, le professeur, 104 ans,
Caridad Leon Herrera, 103 ans, Juana Hernandez
Fernandez et Mercedes Matilde Nuñez, 102 ans.
Pour des
raisons diverses plusieurs centenaires manquaient
à l'appel, parmi lesquels Agustin Gutiérrez, qui
s'occupait d'un parent malade.
Les brèves
interventions des centenaires ont été très
émouvantes.
Juana
Hernandez Fernandez a demandé aux organisateurs du
Club des 120 ans de l'emmener au sanctuaire de la
vierge de la Caridad del Cobre pour
demander à la Patronne de Cuba une bonne santé
pour tous les Cubains et leur président Fidel
Castro.
Juana, qui
est une amoureuse de la musique a dansé avec le
professeur Eduardo le danzon Almendra,
chanté en chœur par les médecins, les experts et
les parents des centenaires.
A son tour,
Mercedes Matilde Nuñez a chanté la strophe
suivante d'une vieille guaracha... de
Matanzas on m'a donné un message et on m'a dit de
te le donner... je vends un pantalon et une
veste... et des petites chaussures à deux sous.
Amada a
révélé qu'elle aimait déjeuner avec du riz au
poulet, une soupe, des légumes et des fruits. Et
parfois aussi avec un morceau de cochon grillé. Ce
sont ses plats préférés. Assaisonnés avec de l'ail,
des oignons, du poivron et du coriandre. Elle a
l'habitude de bien déjeuner sans exagération. Et
vers sept heures et demi du soir de manger
quelques tranches de pain et de jambon avec du
café. Elle ne fait jamais la sieste, mais elle est
toujours dans la cuisine à faire quelque chose,
car depuis qu'elle a quitté en 1971, pour prendre
sa retraite, l'entreprise de chemises où elle
travaillait, elle accomplit toujours quelques
tâches ménagères à la maison.
La super
centenaire Juana Moreno a l'habitude de venir
visiter régulièrement le quartier havanais de
Santos Suarez pour saluer ses amis. Sa sœur Isabel
a 106 ans. Sa nourriture préférée est le lait -même
si elle mange, selon elle, d'autres aliments du
régime normal.
Juana a subi
récemment avec succès une opération sur le visage
et elle sourit toujours en racontant les
préparatifs sur la table d'opération durant
lesquels elle avait fermé les yeux et que la
chirurgienne inquiète l'avait appelé doucement
Juanita... docteur je suis vivante, lui avait
répondu la centenaire. Elle a été opérée de la
hanche en août de l'année dernière et au bout de
trois mois elle marchait normalement jusqu'à
monter l'escalier de sa maison.
Le professeur
Eduardo, qui s'occupe toujours des écoliers, a été
très impressionné par l'état d'esprit des
centenaires qui l'accompagnent et a déclaré qu'il
était entré ici à 104 ans et qu'il en avait
maintenant 70. Nous devons préserver l'attention
médicale que nous donnent les médecins. Le public
qui comblait le salon Taganana de l'hôtel
National, où se déroulait l'événement, a
ovationné ses propos.
Eduardo fait
partie de ces centenaires qui marchent plusieurs
kilomètres tous les jours et comme il l'a affirmé
il mène une vie très ordonnée, car il ne fume pas
ni ne boit de boisson alcoolisée. Et son régime a
été équilibré. Mon état physique et mental le
démontrent, assure t-il. Amada s'est déclaré très
à l'aise à l'hôtel National où elle n'était jamais
venu avant le triomphe de la Révolution, car cet
endroit n'admettait pas les personnes de race
noire.
Cordobés, le
champion mondial de natation, entre 90 et 95 ans,
a déclaré à GI qu'il voyagera cette année
au Brésil pour participer à une compétition de
personnes âgées. Il a réaffirmé qu'il nageait
depuis plus de 80 ans dans la mer, mais qu'il
devait s'entraîner en piscine pour les
compétitions même s'il trouvait cela ennuyeux.
Répondant à
une question d'un spécialiste espagnol, il a
déclaré qu'il avait pratiqué la natation en
amateur et que c'était seulement aujourd'hui,
après 90 ans, qu'il avait participé à des
compétitions au Costa Rica et en Italie, où il
avait remporté plusieurs médailles et le
championnat du monde.
Comme les
autres centenaires, il a manifesté son admiration
pour les gériatres qui donnent des soins
spécialisés aux centenaires et les personnes âgées
en général.
En dernier
lieu, la représentante de l'Organisation mondiale
de la santé à Cuba, la docteur Guido, a qualifié
la rencontre d'émouvante et que cela la rendait
optimiste. Elle a recommandé de faire l'histoire
de la vie des centenaires et pour cela elle a
offert l'appui de l'OMS. Elle a déclaré que la
façon dont étaient traités les centenaires à Cuba
était un exemple pour le monde.
PRESQUE 400
MILLIONS DE PERSONNES AGEES DE PLUS DE 80 ANS EN
2005
Le docteur
Enrique Vega a lu les conclusions de la première
rencontre internationale des centenaires,
effectuée dans la ville de La Havane en février
dernier, qui réitère que la longévité dépend de
facteurs génétiques et environnementaux, même si
elle est héréditaire dans seulement 1% des cas.
Il est
scientifiquement prouvé que l'augmentation du
nombre des super centenaires (plus de 110 ans)
coïncide avec l'existence de personnes qui ont
dépassé les 120 ans. Ils affirment aussi que la
santé et la fonctionnalité des personnes qui
atteignent exceptionnellement cet âge dépendent
davantage des aspects endogènes du vieillissement
que des facteurs à risques traditionnels.
Ils prévoient
que pour 2050 il y aura presque 400 millions de
personnes âgées de plus de 80 ans, quand ils
étaient seulement 13 millions il y a cent ans.
Ils déclarent
que les recherches sur les centenaires sont peu
nombreuses et qu'il existait dans le monde moins
d'une douzaine d'équipes qui travaillaient sur le
sujet.
Pendant ce
temps, les experts ont affirmé qu'il n'existait
pas de relation confirmée entre un régime spécial
et la prolongation de la vie, mais qu'une
alimentation saine et équilibrée était
indispensable.
Il existe un
consensus sur l'importance de l'activité physique,
mais ils avertissent que concernant les personnes
très âgées, celle-ci devait être individualisée,
que chaque cas devait être soigneusement examiné
préalablement pour éviter des dommages.
La IVe
rencontre internationale de centenaires aura lieu
l'année prochaine entre le 16 et 20 mai 2006.
ON PEUT FAIRE
BEAUCOUP AVEC PEU DE MOYENS
Les
représentants des organismes des Nations Unies et
de l'Organisation panaméricaine pour la santé ont
reconnu les succès du système de santé publique de
Cuba, lors de leurs interventions à l'ouverture de
la 3e rencontre internationale sur la
longévité satisfaisante, à laquelle participent
des scientifiques de dix pays.
Serguey
Zelenev, chef de la branche de l'intégration
sociale (ECOSOC) de l'ONU, a affirmé lors de la
conférence magistrale que l'île caribéenne était
un exemple pour la façon dont on pouvait rattacher
l'économie et les aspects sociaux en faveur de la
longévité. L'orateur a mis l'accent sur les
conditions nécessaires pour assurer les meilleures
conditions de vie aux personnes âgées, parmi
lesquelles une saine alimentation, l'exercice
physique, la culture, l'environnement favorable,
la motivation et les soins médicaux appropriés.
Il a rappelé
que la mauvaise alimentation augmentait le risque
de maladies courantes, une affirmation confirmée
par d'autres orateurs.
En examinant
le thème de la longévité en Amérique latine, la
docteur Martha Pelaez, conseillère régionale pour
le vieillissement et la santé, de l'Organisation
panaméricaine de la santé, a rappelé que l'ONU, il
y a quelques années, avait appelé l'attention sur
la nécessité d'un changement de modèle de société,
pour permettre aux personnes âgées de continuer à
participer à la vie active. Et d'analyser les
moyens pour vivre toutes les années qui nous
restent à vivre.
Elle a
rappelé que dans les années 40 du siècle dernier,
l'espérance de vie ne dépassait pas les 50 ans,
laquelle a notablement augmenté grâce aux progrès
de la science. Elle a aussi déclaré qu'à l'âge de
60, 80 ou 90 ans, il fallait travailler durement
pour rester physiquement et socialement actif
parce que la société n'a pas encore su compenser
et créer des espaces naturels pour que les
personnes âgées puissent continuer de mener une
vie utile.
Après avoir
souligné le travail entrepris à Cuba concernant
les soins aux personnes âgées, elle a signalé qu'«il
nous est indispensable d'examiner les moyens pour
atteindre un âge avancé ou seulement si nous
pouvons y parvenir».
On a appris
par la docteur Pelaez que plus de deux millions
d'habitants avaient dépassé les 90 ans en 2000 et
qu'ils seront, selon des estimations, quelque 14
millions dans les années 20-50 de ce siècle. 689
000 d'entre eux atteindront les 100 ans. Il nous
reste encore beaucoup à faire, a t-elle affirmé.
Le docteur
Ramon Balaguer, ministre de la Santé publique, a
donné un vaste aperçu de la situation sanitaire à
Cuba, et il a mis en avant, dans sa conférence
magistrale, le programme de modernisation des
hôpitaux, des polycliniques et d'autres centres de
soins. Il a affirmé qu'il y avait actuellement à
Cuba 69 713 médecins dont 47,4% sont des médecins
de la famille.
Il a souligné
la condition internationaliste du personnel
médical de l'île et a fait savoir que cette année
plus de 1 500 étudiants sortiront diplômés de
l'école latino-américaine de médecine.
Balaguer a
informé qu'il existait à Cuba 434 groupes multi-disciplinaires
de soins gériatriques et plus de 710 000 personnes
âgées appartenant à des cercles de grands-parents.
Il a ajouté qu'un système de soins primaires, qui
met l'accent sur la prévention des maladies et la
réhabilitation des patients, est en cours de
réalisation.
Cuba est en
train de démontrer qu'on peut faire beaucoup avec
des moyens limités, a t-il déclaré.
Le célèbre
athlète cubain et actuel vice-président de l'INDER,
Alberto Juantorena, a donné une agréable
conférence sur le développement sportif dans la
plus grande des Antilles, qui cherche davantage à
encourager le sport de masse, afin de contribuer à
la santé des Cubains, plutôt qu'à obtenir des
médailles dans les compétitions internationales.
Lors de la
seconde journée, les délégués analyseront les
moyens pour développer l'intelligence depuis le
commencement de la vie, les motivations à travers
le psycho-ballet et le jardinage, et ils
participeront à une table ronde sur entre autres
l'asthme, l'hypertension, l'obésité et les
diabètes.
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