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L’Alzheimer menace
les Latinos
PAR
JOAQUIN ORAMAS
D’APRES des
recherches réalisées aux Etats-Unis, dans ce pays
les Latinos sont les principales victimes de la
maladie d’Alzheimer, une affection neurologique
progressive et incurable, et l’on craint que
durant les premières décennies de ce siècle elle
cause la mort de plus d’un million de personnes au
sein de cette communauté.
L’Alzheimer
est un mal qui attaque les cellules cérébrales, ou
neurones, en général de personnes de plus de 65
ans.
Le résultat
de cette agression est une perte de la mémoire,
des troubles de la pensée et du langage, ainsi que
des difficultés de conduite, la démence et
finalement la mort.
Stephanie
Johnson, neuropsychologue du Centre de recherches
sur la maladie d’Alzheimer de l’Université de Duke,
a déclaré récemment que l’on craint de voir le
taux de cette maladie augmenter de 600% au cours
des prochaines décennies.
«Si nous
ne trouvons pas rapidement un traitement efficace,
1,3 million de Latinos contracteront la maladie
d’Alzheimer avant 2050», a signalé le docteur
Johnson, ajoutant que les symptômes du mal
apparaissent en moyenne sept ans plus tôt chez les
Latinos que dans d’autres secteurs de la
population.
L’éducation
et la disponibilité de services de santé publique
sont essentiels pour prévenir et traiter cette
maladie chronique, qui représente un danger
spécial pour les Latinos, a déclaré la spécialiste.
De l’avis de
Stephanie Johnson, l’un des grands problèmes des
membres de cette communauté est la barrière
culturelle qu’ils trouvent à leur arrivée aux
Etats-Unis, barrière que beaucoup n’osent pas
franchir. «De nombreux Latinos qui arrivent
dans ce pays ne connaissent pas l’anglais. C’est
un obstacle qui leur ferme l’accès et
l’utilisation des services de santé publique»,
a-t-elle indiqué.
Face à cette
situation, l’Association de l’Alzheimer a mis en
marche un plan pour promouvoir l’éducation et la
prise de conscience de la population latino
concernant les dangers de la maladie.
A ce
programme participent la Fondation MetLife,
qui a donné 250 000 dollars, et le Conseil
national de la Race (NCLR), une des principales
organisations hispaniques du pays.
Parallèlement,
l’Institut Karolinka recommande de
promouvoir la pratique modérée de l’exercice
physique à l’âge mûr, une activité qui semble
favoriser une diminution des risques de démence du
type Alzheimer pendant la vieillesse.
La recherche
qui a donné lieu à l’affirmation commentée dans
cet article, publiée par la revue The Lancet
Neurology, a été menée par des scientifiques
dudit institut et constitue l’une des premières
expérimentations à long terme sur l’exercice et
les risques de démence du type Alzheimer. D’autres
études récentes ont montré que l’activité physique
est associée à une meilleure fonction cognitive,
ou à la protection contre la détérioration des
capacités cognitives et de la mémoire.
Certes, si à
priori les données épidémiologiques et
expérimentales suggèrent que l’exercice physique
aide à prévenir la détérioration cognitive, cette
affirmation n’était pas jusque-là scientifiquement
concluante car le suivi était en général très
court (de trois à sept ans dans la plupart des
recherches). L’expérience de l’Institut
Karolinska semble avoir surmonté cet obstacle
en obtenant un échantillon durable qui a permis
l’étude à long terme. La recherche a en effet été
réalisée à partir de l’âge moyen sur des individus
qui avaient fait l’objet d’analyses antérieures.
Les données recueillies sur ces personnes
concernaient notamment leur activité physique
pendant leurs loisirs en 1972, 1977, 1982 y 1987.
Les chercheurs ont conclu que ceux qui avaient
pratiqué un certain type d’activité physique au
minimum deux fois par semaine avaient 60% de moins
de possibilités de développer l’Alzheimer par
rapport à ceux qui menaient une vie sédentaire. En
général, l’expérience a montré que les personnes
sédentaires avaient 50% de plus de chances de
contracter la maladie.
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