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La Havane. 5 Octobre 2005

 

Avantages et dangers du fer

PAR JOAQUIN ORAMAS

LA carence en fer constitue l’un des troubles nutritionnels les plus répandus dans le monde. Surtout dans les pays en voie de développement et au sein des populations les plus démunies, bien qu’elle se manifeste dans toutes les nations.

Il n’est donc pas superflu que tous, des plus jeunes aux moins jeunes, s’occupent en priorité de combler cette déficience lorsqu’elle existe.

La diminution de cet élément dans l’alimentation quotidienne entraîne une réduction progressive de ses niveaux dans l’organisme, avec comme conséquence l’apparition d’une anémie de type pernicieux. Si l’on n’intervient pas rapidement, celle-ci compromet le développement psychomoteur de l’individu et sa capacité cognitive durant la croissance.

Dans l’organisme le fer fait partie de divers éléments ou substances, dont l’hémoglobine possède 65 à 70%. Il s’entrepose sous diverses formes, notamment la ferritine et l’hémosidérine. Dans un premier temps il se produit une diminution des dépôts, sans que celle-ci soit encore associée à des manifestations cliniques d’anémie, l’organisme augmentant l’absorption de cet élément si l’apport en fer des aliments le permet.

Dans le cas contraire, le déficit s’accentue, avec la diminution consécutive de divers composés chargés de son transport dans l’organisme.

Finalement, lorsque le déficit de fer entraîne une réduction de la production d’hémoglobine apparaît un type d’anémie qui se manifeste par la pâleur de la peau et des muqueuses, une fatigue inhabituelle et la diminution de la capacité ou du rendement dans les études ou le travail. L’organisme a besoin de fer pour générer l’hémoglobine, le complexe protéinique qui transporte l’oxygène dans le sang, et pour construire des enzymes telles que les cytochromes, qui agissent comme catalyseurs pour produire de l’énergie dans les cellules.

Le fer est si important que l’organisme humain a développé des stratégies destinées à sa conservation. L’excédent est enfermé par une protéine appelée ferritine et emmagasiné dans la moelle osseuse, le foie et la rate. Pendant les périodes de pénurie, l’organisme recourt à cette réserve. D’autre part, sauf quand nous saignons, le fer est éliminé de l’organisme en quantités minuscules. C’est ce qui explique que les femmes soient plus exposées aux anémies au moment de la menstruation. Les hommes sont quant à eux plus exposés à une surcharge de fer, laquelle peut entraîner des troubles tels que diabète, arthrite et cancer du foie, ainsi que des irrégularités cardiaques et des troubles au niveau d’autres organes.

Les spécialistes s’inquiètent de la théorie selon laquelle le fer a une action oxydante sur les tissus et les organes, générant des produits chimiques fortement radioactifs appelés radicaux libres.

On sait qu’au niveau du tube d’essai ce minerai est un catalyseur puissant puisqu’il donne lieu à des réactions chimiques en enlevant des électrons à une molécule pour les donner à une autre.

Cette propriété en fait un composant précieux des enzymes. En revanche, si le fer s’emparait au hasard des électrons de l’organisme, les radicaux libres qui se produiraient pourraient endommager les protéines vitales, les lipides et l’ADN, détruisant les cellules ou les rendant cancéreuses. Il est raisonnable de s’attendre à ce qu’il ait des effets oxydants sur l’organisme; il est très improbable qu’il n’en ait pas, affirme Lawrence Loeb, directeur du Laboratoire Joseph Gottstein sur le cancer, de l’Université de Washington, à Seattle.

D’autres scientifiques nord-américains reconnaissent qu’il existe de bonnes raisons théoriques pour étudier les relations entre le fer et le cancer, aussi est-il procédé à une réévaluation des effets de la déficience et de la surcharge de ce minerai dans les aliments.

Le fer est un élément largement distribué dans la nature et qui s’acquitte de fonctions vitales dans notre organisme. La plus importante est le transport de l’oxygène provenant de la respiration vers les divers tissus de l’organisme. Il assume cette fonction en se combinant avec des protéines pour former l’hémoglobine, incorporée aux cellules sanguines qui transportent l’oxygène. Il est aussi un composant de la myoglobine, responsable de la couleur rouge des muscles et du stockage dans ceux-ci de l’oxygène.

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