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La Havane. 9 Septembre 2005

 

Vieux maux, solutions nouvelles

PAR JOAQUIN ORAMAS

DANS les champs fertiles de la génétique, la quête du prolongement de l’existence peut faire surgir de nouvelles solutions pour des maux anciens. Ou, tout au moins stimuler la recherche scientifique pour que cette détérioration progressive appelée vieillissement dure un peu plus longtemps, assortie d’une meilleure qualité de vie.

De nombreux chercheurs sont convaincus que l’être humain peut vivre 120 ans, mais ils savent aussi que ce soit possible doivent converger des facteurs de nutrition, soins médicaux, environnement, culture, exercice physique, motivation et génétique, entre autres.

L’espérance de vie de l’être humain augmente graduellement avec le passage des âges historiques. Mais c’est au siècle dernier et pendant les premières années du nouveau millénaire que les possibilités moyennes de vivre plus de 75 ans sont devenues une réalité. En dépit de l’inégalité qui règne sur la planète, la connaissance des causes de la plupart des maladies, les vaccins, les antibiotiques, l’évolution des techniques de diagnostic, les progrès de la chirurgie, le développement de la pharmacie et de la diététique figurent parmi les facteurs qui déterminent la possibilité d’une espérance de vie bien plus élevée que celle de nos ancêtres.

Paradoxalement, les scientifiques affirment que l’organisme des personnes qui vivent plus longtemps a plus de possibilités de développer des maladies dont l’origine a à voir avec des phénomènes dégénératifs des cellules.

Beaucoup de ceux qui se consacrent à développer la connaissance dans l’espoir de prolonger la vie et la santé ont centré leurs études sur le domaine cellulaire. On peut présumer que freiner la détérioration du tout peut s’obtenir en freinant le vieillissement des parties, en particulier les plus minuscules. Les spécialistes considèrent que les grands signes du vieillissement ont leur base microscopique dans le vieillissement cellulaire. Lorsqu’une cellule se divise elle doit doubler tous ses composants, y compris les chromosomes. Pour ensuite donner lieu à deux cellules filles identiques.

Aux extrémités des chromosomes se trouve une pièce ou séquence fondamentale, qui contrôle la vie de toutes les cellules de l’organisme: le télomère. A chaque division subie par la cellule pour en donner une nouvelle, ce segment s’écourte. Ce raccourcissement marque, comme une implacable horloge biologique, le temps maximum de vie d’une cellule. En moyenne, on calcule que chaque cellule pourra se diviser au plus 50 fois. Ensuite les chromosomes se seront suffisamment raccourcis pour parvenir à un point critique, activant le processus de la mort cellulaire.

La taille du télomère est en rapport avec le nombre de divisions de la cellule. Ce processus se produit dans les cellules somatiques normales; cependant, dans les cellules germinales et également les cellules embryonnaires, la présence d’un enzyme appelé télomérase empêche ce raccourcissement en copiant et en collant les séquences télomériques. Il restaure la séquence du télomère pour prolonger la vie de la cellule, en maintenant sa capacité de multiplication.

La mort des cellules peut sembler un événement malheureux mais, comme tout dans l’organisme, elle répond à un système synchronisé délicat et complexe. Quand quelque chose se détraque dans le système et qu’une cellule appelée à mourir continue à vivre, des défauts mutationnels peuvent apparaître, ainsi que des altérations dans les multiplications futures. De nombreux scientifiques acceptent la théorie selon laquelle la plupart des cancers et autres maladies dégénératives sont produits par la persistance de cellules qui «sautent» ce point critique du raccourcissement télomérique, continuent de vivre et dégénèrent.

Il a été démontré que cet enzyme s’exprime dans les cellules tumorales, leur permettant de ne pas perdre de télomère, de ne pas devenir instables et de ne pas mourir. Dans ce cas, l’assurance vie de la cellule cancéreuse devient une menace pour l’organisme car la fatidique longévité de ces cellules fait qu’elles engendrent un nombre illimité de nouvelles cellules tumorales.

On pense qu’en développant des inhibiteurs de télomérase on pourrait combattre la tumeur, étant donné que ces cellules deviendraient instables du fait de la longueur de leurs télomères, et mourraient

La différence dans l’activité de la télomérase dans le processus de division des cellules somatiques normales et le comportement des cellules tumorales est ce qui place la télomérase au centre des recherches.

D’un côté celles destinées à déterminer leurs bénéfices —puisque leur activité empêche la mort cellulaire—, et de l’autre les immenses possibilités qui s’ouvrent dans le domaine de la recherche de thérapies contre le cancer qui utilisent l’inhibition de la télomérase pour empêcher la multiplication de cellules tumorales.

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