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Vieux maux, solutions nouvelles
PAR
JOAQUIN ORAMAS
DANS les
champs fertiles de la génétique, la quête du
prolongement de l’existence peut faire surgir de
nouvelles solutions pour des maux anciens. Ou,
tout au moins stimuler la recherche scientifique
pour que cette détérioration progressive appelée
vieillissement dure un peu plus longtemps,
assortie d’une meilleure qualité de vie.
De nombreux
chercheurs sont convaincus que l’être humain peut
vivre 120 ans, mais ils savent aussi que ce soit
possible doivent converger des facteurs de
nutrition, soins médicaux, environnement, culture,
exercice physique, motivation et génétique, entre
autres.
L’espérance
de vie de l’être humain augmente graduellement
avec le passage des âges historiques. Mais c’est
au siècle dernier et pendant les premières années
du nouveau millénaire que les possibilités
moyennes de vivre plus de 75 ans sont devenues une
réalité. En dépit de l’inégalité qui règne sur la
planète, la connaissance des causes de la plupart
des maladies, les vaccins, les antibiotiques,
l’évolution des techniques de diagnostic, les
progrès de la chirurgie, le développement de la
pharmacie et de la diététique figurent parmi les
facteurs qui déterminent la possibilité d’une
espérance de vie bien plus élevée que celle de nos
ancêtres.
Paradoxalement, les scientifiques affirment que
l’organisme des personnes qui vivent plus
longtemps a plus de possibilités de développer des
maladies dont l’origine a à voir avec des
phénomènes dégénératifs des cellules.
Beaucoup de
ceux qui se consacrent à développer la
connaissance dans l’espoir de prolonger la vie et
la santé ont centré leurs études sur le domaine
cellulaire. On peut présumer que freiner la
détérioration du tout peut s’obtenir en freinant
le vieillissement des parties, en particulier les
plus minuscules. Les spécialistes considèrent que
les grands signes du vieillissement ont leur base
microscopique dans le vieillissement cellulaire.
Lorsqu’une cellule se divise elle doit doubler
tous ses composants, y compris les chromosomes.
Pour ensuite donner lieu à deux cellules filles
identiques.
Aux
extrémités des chromosomes se trouve une pièce ou
séquence fondamentale, qui contrôle la vie de
toutes les cellules de l’organisme: le télomère. A
chaque division subie par la cellule pour en
donner une nouvelle, ce segment s’écourte. Ce
raccourcissement marque, comme une implacable
horloge biologique, le temps maximum de vie d’une
cellule. En moyenne, on calcule que chaque cellule
pourra se diviser au plus 50 fois. Ensuite les
chromosomes se seront suffisamment raccourcis pour
parvenir à un point critique, activant le
processus de la mort cellulaire.
La taille du
télomère est en rapport avec le nombre de
divisions de la cellule. Ce processus se produit
dans les cellules somatiques normales; cependant,
dans les cellules germinales et également les
cellules embryonnaires, la présence d’un enzyme
appelé télomérase empêche ce raccourcissement en
copiant et en collant les séquences télomériques.
Il restaure la séquence du télomère pour prolonger
la vie de la cellule, en maintenant sa capacité de
multiplication.
La mort des
cellules peut sembler un événement malheureux mais,
comme tout dans l’organisme, elle répond à un
système synchronisé délicat et complexe. Quand
quelque chose se détraque dans le système et qu’une
cellule appelée à mourir continue à vivre, des
défauts mutationnels peuvent apparaître, ainsi que
des altérations dans les multiplications futures.
De nombreux scientifiques acceptent la théorie
selon laquelle la plupart des cancers et autres
maladies dégénératives sont produits par la
persistance de cellules qui «sautent» ce
point critique du raccourcissement télomérique,
continuent de vivre et dégénèrent.
Il a été
démontré que cet enzyme s’exprime dans les
cellules tumorales, leur permettant de ne pas
perdre de télomère, de ne pas devenir instables et
de ne pas mourir. Dans ce cas, l’assurance vie de
la cellule cancéreuse devient une menace pour
l’organisme car la fatidique longévité de ces
cellules fait qu’elles engendrent un nombre
illimité de nouvelles cellules tumorales.
On pense qu’en
développant des inhibiteurs de télomérase on
pourrait combattre la tumeur, étant donné que ces
cellules deviendraient instables du fait de la
longueur de leurs télomères, et mourraient
La différence
dans l’activité de la télomérase dans le processus
de division des cellules somatiques normales et le
comportement des cellules tumorales est ce qui
place la télomérase au centre des recherches.
D’un côté
celles destinées à déterminer leurs bénéfices —puisque
leur activité empêche la mort cellulaire—, et de
l’autre les immenses possibilités qui s’ouvrent
dans le domaine de la recherche de thérapies
contre le cancer qui utilisent l’inhibition de la
télomérase pour empêcher la multiplication de
cellules tumorales.
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