Prisonniers politiques de l'Empire  MIAMI 5     

       

TEXTE seulement       

 I N T E R N A T I O N A L E S

La Havane. 31 août 2006

Bosch se vante de ses exploits
terroristes à Miami

PAR GABRIEL MOLINA

ORLANDO Bosch, l’auteur du sabotage en vol de l’avion cubain parti de la Barbade, a reconnu qu’il bénéficiait en 1971 de la complicité active du chef des renseignements de Pinochet, le général Manuel Contreras, pour tenter d’assassiner le président Fidel Castro au Chili.

Le ténébreux pédiatre, complice de Luis Posada Carriles, a raconté au quotidien La Vanguardia, de Barcelone, le 16 août dernier, quelques-uns de ses exploits terroristes, même si « le mot terroriste fait maintenant mauvais effet».

--Nous sommes allés à Buenos Aires et, par l’intermédiaire du journaliste Manuel Fuentes, j’ai pris contact avec la Triple A, la plus puissante organisation anticommuniste de l’époque, et nous avons organisé un attentat contre l’ambassadeur cubain. Après, on a fait mille choses…

« Sous la présidence de Salvador Allende, Fidel passa un mois au Chili. Deux de nos hommes entrèrent dans ce pays avec des papiers de journalistes de la chaîne de télévision vénézuelienne Venevision, révèle Bosch. Ils avaient caché dans un appareil photo un pistolet de calibre 45. Le plan bénéficiait du soutien du chef des renseignements chiliens, Manuel Contreras. Ses agents ont dit à nos hommes de se jeter au sol après avoir tiré et qu’on ferait semblant de les arrêter. Ils étaient à deux mètres de Castro. »

--Et que se passa-t-il ? demande le journaliste Andy Robinson à Miami.

-- Celui qui devait tirer ne l’a pas fait… par peur !

Bosch se flatte aussi d’avoir envoyé les frères Novo en Espagne en 1992, avec de faux passeports. Eux aussi avaient pour mission d’assassiner le président cubain.

Les frères Ignacio et Guillermo Novo Sampoll ont comme Bosch de brillants états de service en matière de terrorisme, des hauts faits « qui font mauvais effet », et pas seulement maintenant. Ce 21 septembre est la date du 30ème anniversaire de l’assassinat de l’ancien ministre chilien des Relations extérieures et ambassadeur Orlando Letelier et de sa secrétaire, Ronny Moffit, en plein centre de Washington. Lorsque Bosch et Posada préparaient le sabotage de l’avion cubain un mois plus tard, en octobre 1976, ils se félicitaient bruyamment, selon des documents du FBI, du succès de l’attentat contre Letelier. Ces attentats du gang de Bosch et Posada, préparés dès juin 1976 à Saint-Domingue, faisaient partie de ce qu’ils appelaient « la guerre sur les chemins du monde », considérée comme l’antécédent du Plan Condor : des assassinats orchestrés par la CIA dans n’importe quel pays, y compris à Washington… Et aujourd’hui, les cinq Cubains qui essayaient de couper la voie au terrorisme « sur les chemins du monde » sont condamnés à de lourdes peines ou même à la prison à vie.

Outre Bosch et les frères Novo, une bonne partie du gang avait trempé dans la pose d’explosifs dans la voiture de Letelier : Alvin Ross, Virgilio Paz Romero, José Dionisio Suarez Esquivel, Michael Townsend et Juan Manuel Diaz, tous sous les ordres de Manuel Contreras et de Pedro Espinosa, qui était chef des opérations du général Pinochet.

Plus grave encore : les enquêtes menées par le Comité sélect du Congrès des Etats-Unis indiquent que le groupe, secondé par des membres de la fameuse Opération 40 de la CIA, Frank Sturgis et Pedro Diaz Lanz, est soupçonné de participation à l’assassinat du président John F. Kennedy.

Deux fois condamné à perpétuité, Guillermo Novo est actuellement en liberté. Bosch ne méritait pas moins. Bush père lui accorda son pardon et l’autorisation de s’installer à Miami à partir de juillet 1990, malgré un dossier qui en faisait le plus dangereux terroriste du monde terroriste. Mais Bush Sr fut un des cerveaux de l’Opération 40*.

Tandis que Bosch se rengorgeait de son passé, on apprenait à Miami que des groupes de l’extrême droite, mal remis de leur déception après l’opération chirurgicale du président Fidel Castro, ourdissent actuellement des plans contre le Sommet du Mouvement des pays non alignés (MNOAL) qui aura lieu à La Havane du 11 au 16 septembre prochain.

Des représentants de deux groupes accompagnés d’activistes cubains et vénézueliens voyagent au Costa Rica, au Nicaragua, au Pérou et en République dominicaine pour orchestrer une campagne de soutien à leurs plans contre le Sommet du MNOAL auprès des délégations de ces pays, selon le porte-parole Martia Eugenia Cosculluela.

La Vanguardia note que Bosch a fait cinq ans de prison aux Etats-Unis pour avoir tiré au bazooka contre un bateau polonais ancré au port de Miami en 1968. Le journal ajoute qu’« il a passé sept ans dans une prison vénézuelienne sous l’accusation d’avoir organisé l’attentat contre le vol de Cubana 455 (l’appareil qui explosa dans les airs au large des côtes de la Barbade) en octobre 1976, causant la mort de 73 personnes à bord »… Bosch fut remis en liberté en 1987 suite à des démarches d’Otto Reich.

Bosch prétend que la CIA et la Fondation nationale cubano-américaine ont participé à ces plans, mais seulement à des périodes déterminées.

Il a reconnu indirectement sa participation à l’attentat contre l’avion, dans sa réponse à La Vanguardia : « Pour moi, c’est une cible de guerre. Il y a beaucoup de choses que je ne peux pas dire. Mais il s’agissait bien d’actes de guerre… Nous avions convenu à Saint-Domingue (lors de la constitution du Commandement des organisations révolutionnaires, en 1976) que tout ce qui sortait de Cuba pour servir la gloire de Fidel devait courir les mêmes risques que ceux qui, comme nous, combattaient la tyrannie. »

Interrogé sur la situation actuelle à Cuba, il affirme qu’il n’y a rien à faire « parce que la répression est puissante. On peut tout juste faire un graffiti. » Il n’a pas précisé s’il entendait par graffiti les annonces lumineuses de la Section des intérêts des Etats-Unis, sur l’avenue du bord de mer ce La Havane. Par contre, il se rappelle très bien qu’il y a une dizaine d’années, « il y a eu des attentats contre des hôtels de La Havane ».

-- Ça, c’est Luis Posada. Il a payé un Salvadorien. Un Centre-américain. Pensez donc, ils ont tellement faim que vous leur donnez cent dollars et ils font n’importe quoi… Celui-ci est entré à Cuba. Il transportait son matériel dans un téléviseur. Il a posé trois bombes : une dans un hôtel où un Italien est mort, et une autre au restaurant La Bodeguita del Medio.

Bosch reconnaît qu’on a alors laissé entendre que les attentats avaient été effectués par des membres de l’armée de Cuba, « pour la propagande ».

-- Mais aujourd’hui, il est devenu difficile de trouver quelqu’un de disposé à faire quelque chose. On a envoyé un type, et au lieu de s’acquitter de sa mission il a pris l’argent et il est allé voir une pute à Saint-Domingue. Aujourd’hui, ça va vraiment mal.

-- Acceptez-vous d’être catalogué comme terroriste ? demande Robinson.

-- Depuis le 11 Septembre, le mot « terroriste » fait mauvais effet. Mais les Nord-Américains tuent des milliers de femmes et d’enfants en Irak. On ne gagne rien à lancer des fleurs à Fidel.

También reconoció que ha atentado contra buques españoles:

Il reconnaît aussi avoir attenté contre des bateaux espagnols :

-- Oui, en 1968. Nous avions onze hommes grenouille. Ce sont eux qui ont miné le Santurce. A Miami, les Cubains étaient très en colère contre l’Espagne… parce que l’Espagne s’installait à Cuba avec le groupe Melia, ses hôtels, etc… (Légère erreur : le groupe Melia n’entra à Cuba qu’une vingtaine d’années plus tard… Mais notre homme n’est pas à un mensonge près !)

Il vaudrait sans doute la peine d’avoir l’avis d’Aznar et de ceux qui prétendent encore sanctionner Cuba au sein de l’Union européenne.

Et si c’était à refaire ? lui demande le journaliste.

Bosch savoure son impunité…

-- Oui, je referais exactement la même chose.

NOTE

LE New York Times du 17 août 1989 rapportait que la congressiste Lliana Lehtinen s’était entretenue avec le président George Bush (père) pour lui demander la grâce d’Orlando Bosch.

La réunion était organisée par Jeb Bush, fils du président, qui exerçait alors les fonctions de chef de campagne électorale de Ros Lehtinen. Quand, le 20 juillet de cette même année, le président a gracié Bosch, le New York Times a été le seul média à dénoncer cette décision dans un éditorial. Manuel Contreras Sepulveda, le célèbre assassin, chef de la direction des Renseignements de Pinochet, déclara que Bush père avait été l’un des organisateurs de la clique de Bosch.

Pour Pedro Escalona Carullo, citoyen cubain né à Miami, qui avait infiltré les principales organisations terroristes cubaines aux Etats-Unis, la grâce n’avait rien d’étrange. Escalona a témoigné devant des tribunaux judiciaires que l’ancien président George Bush, quand il était directeur général de la CIA, en 1976, avait organisé un commando d’action, le CORE, pour faire la « guerre sur les chemins du monde », à la tête duquel il avait nommé le fameux terroriste Orlando Bosch.

Depuis déjà 1968, alors qu’il dirigeait le groupe Poder Cubano, Bosch s’était fait remarquer par des attentats contre des bateaux, dont le Polonika, qui battait pavillon polonais. Jugé et condamné aux Etats-Unis à 10 ans de prison, il n’a purgé que 4 ans de sa peine.

Il a organisé au Venezuela avec Luis Posada Carriles l’explosion de l’avion de la Barbade en 1976. Escalona a déclaré que Ricardo el Mono Morales avait transporté l’explosif et que Luis Posada Carriles avait fabriqué la bombe. Tous deux ont été condamnés, mais Bosch a pu sortir de prison avec l’aide d’Otto Reich, et Posada s’est enfui.

Bosch s’est réfugié à Miami en 1988 mais les Services d’immigration ont refusé de légaliser son entrée dans le pays car le Département de la Justice le qualifiait de plus grand terroriste des Etats-Unis et spécifiait qu’il s’était enfui des Etats-Unis après avoir été libéré sur parole, alors qu’il lui restait encore à purger 6 ans de prison.

Bosch a alors instruit Adriana, son épouse, de chercher des avocats et lui a annoncé qu’il menacerait d’avouer tout ce qu’il savait de l’explosion de l’avion cubain qui venait de la Barbade, où 73 personnes ont trouvé la mort.

En mai, les services d’Immigration lui ont annoncé son expulsion, ce qui a provoqué une mobilisation de ses partisans. Pour mettre en oeuvre sa menace, l’auteur du crime de la Barbade a écrit une lettre relatant tous les faits, qu’il a remise à Pedro Corzo.

En novembre se sont déroulées les élections présidentielles et elles furent remportées par Bush. Rien d’étonnant donc à ce que Bush lui ait «accordé sa grâce».
 

                                                                                                IMPRIMER CET ARTICLE


Directeur général: Lazaro Barredo Medina / Directeur éditorial: Gabriel Molina Franchossi
HÔTE: Teledatos-ICCC. Internet Cubaweb Communications Corporations. http://www.cubaweb.cu/
SUR CUBAWEB: http://www.granma.cu/

Egalement a: http://granmai.cubaweb.com/
http://www.granmai.cubasi.cu/

E-mail | Index | Español | English | Português | Deutsch | Italiano | MAGAZINE
TEXTE seulement /
Souscription pour l’édition imprimée de Granma International
© Copyright. 1996-2006.
GRANMA INTERNATIONAL. Tous droits réservés. / Edition numérique. Cuba.

Retour en haut de la page