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 N O U V E L L E S

La Havane. 7 août 2006

Evo Morales: il s’agit de refonder la Bolivie

SUCRE, Bolivie, 6 août —  Le président bolivien Evo Morales a reconnu aujourd’hui comme autorité suprême l’Assemblée constituante et a appelé à l’unité des secteurs populaires dans ce forum, pour la refondation du pays.

 Dans le discours inaugural de l’Assemblée dans cette ville, capitale juridique de Bolivie, le président a rejeté l’idée que cette Constituante soit seulement réformatrice et il a signalé qu’elle doit «avoir tous les pouvoirs» au delà de la présidence, du parlement,  du pouvoir judiciaire et de toute autre instance.

 Le président a ainsi proposé que cela peut être le premier grand sujet de débat des 255 délégués élus le 2 juillet dernier: si l’assemblée doit avoir des pouvoirs absolus ou doit se limiter à modifier la constitution sans changements de fonds.

 «Nous ne parlons pas d’une simple réforme, nous parlons de refonder la Bolivie», a indiqué le chef d’État tout en signalant que, pour cela, une décision du Congrès et il n’aurait pas été nécessaire d’élire une assemblée constituante.

 Après avoir prévenu que certains secteurs veulent empêcher le développement de l’Assemblée et discréditer ses membres, il a dit que son parti, le Mouvement vers le socialisme (MAS) et tous les secteurs populaires doivent s’unir sans importer de différences partisanes.

 Dans un discours devant les membres de l’Assemblée et des invités internationaux, Morales a exprimé en espagnol, aymara et guarani, que le «grand jour est arrivé» pour la revendication des droits des peuples indigènes.

 Il a dit que les ressources naturelles, saccagés au cours de l’histoire, doivent revenir à l’État pour que jamais plus on ne les privatise de nouveau, et il a signalé que, pour sa part,  il n’était pas partisan de livrer leur exploitation à des concessions temporaires.

 Le président a souligné que les origines majoritairement pauvres des délégués, dont plusieurs proviennent de villages sans électricité ou vivent dans d’humbles chaumières, et il a prévenu la communauté internationale que si l’on ne résout pas le problème économique et social des indigènes, on n’arrivera pas à développer le pays.

 «Je sens qu’ici commence la nouvelle histoire de la Bolivie, où il n’y aura pas de discrimination», a-t-il dit avec optimisme.

 L’inauguration a eu lieu en présence de nombreux invités étrangers parmi lesquels se trouvait le vice-président du Conseil d’État de Cuba, Carlos Lage.

 La cérémonie a eu lieu à l’air libre, sur la place principale de cette localité, face à la Maison de la liberté, où s’est signé l’Acte de l’Indépendance bolivienne en 1825.

 La présidente de l’Assemblée constituante, la dirigeante paysanne Silvia Lazarte, et le premier vice-président, le recteur universitaire Roberto Aguilar, ont été les premiers à prêter serment, avec le poing gauche levé, comme l’a fait Morales quand il a été investi chef de l’État en janvier.

 Dans un discours énergique, avec un fort accent de la campagne bolivienne, Lazarte a eu des mots très durs contre les responsables de la discrimination qu’elle a souffert au cours de sa vie pour avoir appartenu aux classes les plus pauvres de la société.
 

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