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Evo Morales: il s’agit de refonder la Bolivie
SUCRE, Bolivie, 6 août — Le
président bolivien Evo Morales a reconnu aujourd’hui
comme autorité suprême l’Assemblée constituante et a
appelé à l’unité des secteurs populaires dans ce
forum, pour la refondation du pays.
Dans le discours inaugural de
l’Assemblée dans cette ville, capitale juridique de
Bolivie, le président a rejeté l’idée que cette
Constituante soit seulement réformatrice et il a
signalé qu’elle doit «avoir tous les pouvoirs»
au delà de la présidence, du parlement, du pouvoir
judiciaire et de toute autre instance.
Le président a ainsi proposé que
cela peut être le premier grand sujet de débat des
255 délégués élus le 2 juillet dernier: si
l’assemblée doit avoir des pouvoirs absolus ou doit
se limiter à modifier la constitution sans
changements de fonds.
«Nous ne parlons pas d’une
simple réforme, nous parlons de refonder la Bolivie»,
a indiqué le chef d’État tout en signalant que, pour
cela, une décision du Congrès et il n’aurait pas été
nécessaire d’élire une assemblée constituante.
Après avoir prévenu que certains
secteurs veulent empêcher le développement de
l’Assemblée et discréditer ses membres, il a dit que
son parti, le Mouvement vers le socialisme (MAS) et
tous les secteurs populaires doivent s’unir sans
importer de différences partisanes.
Dans un discours devant les
membres de l’Assemblée et des invités
internationaux, Morales a exprimé en espagnol,
aymara et guarani, que le «grand jour est arrivé»
pour la revendication des droits des peuples
indigènes.
Il a dit que les ressources
naturelles, saccagés au cours de l’histoire, doivent
revenir à l’État pour que jamais plus on ne les
privatise de nouveau, et il a signalé que, pour sa
part, il n’était pas partisan de livrer leur
exploitation à des concessions temporaires.
Le président a souligné que les
origines majoritairement pauvres des délégués, dont
plusieurs proviennent de villages sans électricité
ou vivent dans d’humbles chaumières, et il a prévenu
la communauté internationale que si l’on ne résout
pas le problème économique et social des indigènes,
on n’arrivera pas à développer le pays.
«Je sens qu’ici commence la
nouvelle histoire de la Bolivie, où il n’y aura pas
de discrimination», a-t-il dit avec optimisme.
L’inauguration a eu lieu en
présence de nombreux invités étrangers parmi
lesquels se trouvait le vice-président du Conseil
d’État de Cuba, Carlos Lage.
La cérémonie a eu lieu à l’air
libre, sur la place principale de cette localité,
face à la Maison de la liberté, où s’est signé
l’Acte de l’Indépendance bolivienne en 1825.
La présidente de l’Assemblée
constituante, la dirigeante paysanne Silvia Lazarte,
et le premier vice-président, le recteur
universitaire Roberto Aguilar, ont été les premiers
à prêter serment, avec le poing gauche levé, comme
l’a fait Morales quand il a été investi chef de
l’État en janvier.
Dans un discours énergique, avec un fort accent de
la campagne bolivienne, Lazarte a eu des mots très
durs contre les responsables de la discrimination
qu’elle a souffert au cours de sa vie pour avoir
appartenu aux classes les plus pauvres de la
société.
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