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Des
essais cliniques seront réalisés
aux États-Unis sur des enfants atteints
du cancer
• Le
nimotuzumab, connu commercialement sous le nom de
CIMAher ou TheraCIM et destiné à combattre le cancer
de la tête et du cou est actuellement dans sa phase
IV d’essais cliniques dans l’île
PAR LILLIAM RIERA, de Granma international
DANS le but de mener des essais
cliniques sur des enfants malades, les États-Unis
importeront un médicament cubain qui a été testé
avec succès dans le traitement des tumeurs de la
tête et du cou, en alternance avec la radiothérapie.
L’organisation mondiale de la santé
a attribué le nom de Nimotuzumab à ce médicament
découvert par des spécialistes du Centre
d’immunologie moléculaire (CIM) du Complexe
scientifique de l’Ouest de La Havane, et que Cuba
commercialise sous l’appellation de CIMAher ou
TheraCIM.
Daniel Alvarez et Gretel Montiel,
les responsables du volet commercialisation de la
compagnie cubaine CIMAB S.A. — une entité qui a
l’exclusivité de la vente et de la commercialisation
des médicaments du CIM auprès d’une vingtaine de
pays —, a rapporté au Granma international
qu’en septembre dernier, le Bureau du contrôle des
avoirs étrangers (OFAC) a approuvé une licence à la
compagnie YM BioSciences USA pour importer cet
anticorps monoclonal aux États-Unis aux fins
d’essais cliniques chez des patients pédiatriques.
Alvarez et Montiel ont expliqué que
même si le CIMAher n’a pas encore été expédié aux
États-Unis, un petit groupe d’enfants états-uniens
l’ont tout de même expérimenté avec de bons
résultats. Une de ces enfants, qui a sa propre page
Web, raconte même sur son site comment sa situation
s’est améliorée depuis qu’on lui administre ce
médicament dont elle vante les vertus.
Le CIMAher, enregistré en 2002 et
ayant des licences dans 17 pays, a reçu la Médaille
d’or de l’Organisation mondiale de la propriété
intellectuelle. Ce médicament en est à sa phase IV
d’essais cliniques pour soigner les tumeurs de la
tête et du cou dans tous les hôpitaux du pays qui
possèdent un département d’oncologie.
Selon des données fournies par
Alvarez et Montiel à partir d’études provenant des
phases I et II du traitement des tumeurs de la tête
et du cou, 86% des patients ont réagi favorablement
au traitement. Les chances de survie sont de 65%
après deux ans, et de 67% après trois ans.
Neuf essais cliniques ont été
réalisés avec ce médicament, et plus de 400 patients
y ont participé. Ces personnes étaient atteintes de
cancer épithélial de la tête et du cou et de
glioblastome multiforme (une tumeur du cerveau très
agressive). Le médicament a été utilisé seul ou en
alternance avec des traitements de radiothérapie et
de chimiothérapie.
Selon les spécialistes, le CIMAher
est bien toléré chaque fois qu’il est administré,
quel que soit le mode d’application. Aucune
manifestation d’éruption cutanée n’a été observée
lors de son application. Son efficacité a été
démontrée dans le traitement des tumeurs à la tête,
au cou et au cerveau, mais cette efficacité augmente
lorsque le traitement s’accompagne de traitements de
chimiothérapie et de radiothérapie.
En Chine, en Inde et au Canada,
l’anticorps monoclonal humanisé a été testé en
clinique dans sa phase I et II pour guérir le cancer
de la tête et du cou, tandis qu’en Allemagne le même
médicament dans sa phase I et II a été utilisé pour
soigner le glioblastome multiforme chez les enfants.
En Chine, par exemple, 137 patients
ont reçu le médicament tout en ayant recours à la
radiothérapie. Les résultats ont été jugés
«efficaces de façon significative». Ce traitement
s’annonce «prometteur» dans la lutte aux tumeurs
d’origine épithéliale, selon ce qu’a révélé et
publié GI, en octobre 2005.
L’an passé, le géant asiatique a
construit une usine de fabrication et de
commercialisation de ce médicament. Elle est située
dans la zone industrielle de Beijing et appartient
au complexe Biotech Pharmaceutique, une entreprise
mixte chinoise-cubaine.
De son côté, la compagnie
biotechnologique allemande Oncoscience AG a
présenté, lors du 37e Congrès de la
Société internationale de pédiatrie oncologique,
tenu en septembre 2005, les résultats encourageants
de ses essais cliniques dans leur phase II, réalisés
sur un groupe d’enfants atteints de tumeurs au
cerveau.
Selon les informations fournies
alors à l’hebdomadaire Granma international
par Rafael Magadán, gérant du marketing de la firme
CIMAB S.A., parmi les 27 enfants ayant fait l’objets
de ces essais cliniques, 9 avaient une tumeur très
résistante et malgré tout, le médicament CIMAher a
agi. Cinq ont démontré d’excellents résultats ; chez
trois autres enfants, la maladie s’était stabilisée,
tandis qu’un seul cas affichait une réponse
partielle.
En même temps que le Congrès
international de biotechnologie de La Havane 2006,
se tenait un Atelier d’immunothérapie où le docteur
Agustin Lage, directeur du CIM, a expliqué que les
résultats des tests effectués avec ce traitement,
aussi bien à Cuba qu’en Inde, en Chine et en
Allemagne, étaient très concluants puisqu’on avait
obtenu une rémission significative de la lésion
maligne sur un certain nombre de tumeurs cérébrales
(presque toutes inopérables) et dans des cas de
cancer du pharynx. |