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La Havane. 13 Janvier 2006

 

Quand les aliments ne passent plus

PAR JOAQUIN ORAMAS

IL y a des personnes qui affirment ne pas pouvoir avaler les aliments, car ceux-ci restent coincés dans l’oesophage, empêchant leur passage vers l’estomac.

Ceux-ci souffrent de la dysphagie, qui n’est pas une maladie un soi, mais un symptôme caractérisé par la sensation consciente et non douloureuse du passage difficile des aliments par l’œsophage. Elle se différencie de l’odynophagie où la déglutition est douloureuse.

Beaucoup de personnes qui en souffrent la décrivent comme une difficulté à déglutir les aliments car la nourriture reste coincée au niveau du cou ou du sternum.

La déglutition dépend d’une parfaite coordination des diverses structures musculaires volontaires et involontaires de la langue, du pharynx et de l’œsophage. On peut distinguer trois phases : orale, pharyngienne et oesophagique. La première est volontaire et commence quand le bol alimentaire est poussé vers l’arrière par la langue qui le presse contre le palais.

En arrivant à la partie postérieure de la langue débute la phase pharyngienne où le bol alimentaire se déplace vers l’œsophage à travers le sphincter oesophagique supérieur. Lors de cette phase se produit la fermeture du larynx pour empêcher le passage des aliments vers les voies respiratoires. En arrivant à l’œsophage, troisième phase, le transport des aliments s’accomplit de forme involontaire à travers les contractions rythmiques des muscles oesophagiens. De là il atteint l’estomac en traversant le sphincter oesophagien inférieur. Tout facteur qui altère ce mécanisme pourra déclencher un cas de dysphagie.   

Diverses maladies générales peuvent aussi avoir des répercussions sur l’œsophage en produisant une dysphagie, comme c’est le cas de la myasthénie grave, où l’on observe des troubles au niveau des muscles striés de l’organisme ce qui affecte principalement les deux premières phases de la déglutition.

On peut distinguer deux types de dysphagie, fonctionnels ou moteurs et organiques ou mécaniques.

Les dysphagies fonctionnelles se présentent brusquement sous la forme d’une ingestion difficile des aliments aussi bien solides que liquides, à la localisation non spécifique, qui n’affecte pas l’état général de la personne et qui dure durant un temps déterminé pour se présenter ensuite sous forme spontanée. Elle s’observe lors des troubles de la contraction des muscles de l’œsophage, comme dans l’achalasie et le spasme oesophagien diffus.

Les dysphagies organiques, en revanche, apparaissent de forme insidieuse et progressive. Elles sont sélectives, la première difficulté concerne les aliments solides, ensuite les semi solides et enfin les liquides. Il est très courant que les personnes se réfèrent à un endroit fixe où « sont bloqués » les aliments. Ce type de dysphagie est celle qui s’observe par exemple dans le cancer de l’œsophage. 

UNE NOUVELLE MALADIE

Des vomissements fréquents, une difficulté pour avaler ou des troubles dans l’alimentation. Si vous souffrez de certains de ces symptômes vous êtes menacés par une nouvelle maladie : l’oesophagite éosinophile. La revue The new England Journal of Medecine a publié une étude sur son incidence aux Etats-Unis. Des cas ont été aussi enregistrés en Espagne.     

Détectée à la fin du siècle dernier, cette maladie atteint plus de personnes que prévu. Selon l’étude étasunienne, le nombre de cas pourrait être plus élevé que celui des troubles inflammatoires gastro-intestinaux plus connus sous le nom de Crohn ou de colite ulcéreuse.

L’oesophagite éosinophile (EE) est une maladie récente. En Suisse, en Australie, en Italie, en Espagne et aux Etats-Unis des personnes ont été diagnostiquées avec cette maladie. Cependant, à cause du peu d’information existante sur ces troubles, nombreux sont les médecins qui ne la détectent pas et qui méconnaissent l’ampleur du problème.

Selon la médecin Lourdes Ruiz-Rebollo, du Département de gastroentérologie de l’Hôpital Cormarcal de Medina del Campo (Valladolid), il s’agit d’une maladie rare.

Cependant, il est probable qu’on ne la diagnostique pas toujours. « L’un de ses symptômes est la dysphagie (difficulté pour avaler) qui est elle un trouble fréquent qui pourrait naître de cette pathologie dans plus de cas qu’on le pense », explique-t-elle.

On a publié récemment un article sur un cas qui s’est produit dans ce même hôpital. C’était une femme de 45 ans qui souffrait depuis un certain temps de douleur thoraciques et qui éprouvait des difficultés pour avaler. « Je n’ai pas tout de suite pensé à cette maladie, mais ensuite, après avoir réalisé la biopsie et fait des recherches nous avons trouvé le diagnostic », déclare la docteur Ruiz-Rebollo qui a publié ce cas dans la revue « Diseases of the Esophagus ».         

L’équipe de l’Hôpital infantile de Cincinnati, dans l’Ohio (Etats-Unis), a examiné les patients possédant les symptômes de la EE pour déterminer l’incidence de la maladie entre 1991 et 2003. Les résultats, à partir de 315 cas, démontrent une incidence plus élevée que prévu.

Ces personnes ont répondu aux critères de diagnostic qui révèlent la présence de la nouvelle maladie dont s’occupent divers médecins dans plusieurs pays, et dont la préoccupation pour prolonger la vie jusqu’à 120 ans avec une qualité de vie, est une réalité.

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