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N A T I O N A L E S

La Havane. 13 Janvier 2006

 

Cuba est le pays adéquat
pour vivre 120 ans

• L’espérance de vie est aujourd’hui de 77 ans dans l’île et atteindra 80 ans, affirment des spécialistes présents à un atelier auquel ont participé des représentants de plusieurs pays

PAR JOAQUIN ORAMAS

CUBA  est un pays dont les conditions favorisent une longévité satisfaisante, ont confirmé des experts participants à l’atelier international sur l’espérance de vie, tenu à La Havane en présence d’autorités en la matière de plusieurs pays.

Le professeur Eugenio Selman Housein, président du Club des 120 ans, a disserté sur l’attention accordée par le pays à la santé et au développement culturel et social. Ce à quoi s’ajoutent les possibilités d’emploi, ainsi que la sécurité et l’assistance sociales garanties à toute la population, lesquelles font que les conditions existent pour l’objectif de vivre 120 ans ne soit pas une utopie.

Il a mentionné, entre autres aspects, l’attention spéciale dont bénéficient les personnes du troisième âge et le travail réalisé dans les Cercles de grands-parents, où plus de 400 000 personnes âgées s’adonnent à l’exercice physique, selon leurs possibilités et sous contrôle médical. Ils participent par ailleurs à des activités culturelles et récréatives, s’incorporent à l’étude dans le cadre de cours adaptés et élargissent considérablement leur communication avec le monde. Le Dr. Selman a expliqué en détail tout ce qui est fait à Cuba pour prolonger la vie, mentionnant notamment les soins médicaux garantis à toute la population, la préservation de l’environnement, le développement culturel, une alimentation adéquate, l’exercice physique et la motivation.

Dans une autre des conférences organisées dans le cadre de la réunion, l’expert Juan Carlos Alfonso a relevé l’évolution et le contexte actuel de l’espérance de vie à Cuba. Il a informé qu’à l’image des pays développés, il y a 25 ans que l’île ne remplace pas sa population sur la base de son potentiel de fécondité. Le spécialiste a encore signalé qu’après le triomphe de la Révolution la mortalité a commencé à baisser dans le pays, qui exhibe aujourd’hui le taux de mortalité infantile le plus faible du sous-continent: six pour mille naissances vivantes. Il a d’autre part indiqué que l’espérance de vie à la naissance est à Cuba de 77 ans et que les conditions existent pour parvenir à 80 ans.

 Il  a ajouté que dans les provinces centrales cubaines, en particulier à Villa Clara, l’espérance de vie est de 78,2 et que chez les femmes elle dépasse 80 ans.

La transition démographique et une émigration externe négative se traduisent par un processus de vieillissement sur lequel influe aussi une réduction du taux de fécondité à 1,55, c’est-à-dire moins qu’en France (1,91), a encore informé le Dr Alfonso, précisant que l’an dernier l’île, où vivent trois millions de femmes en âge de procréer, a enregistré moins de 121 000 naissances.

Parmi les principales causes de mort à Cuba il a cité les maladies cérébro-vasculaires, les tumeurs, les maladies chroniques, l’influenza, les pneumonies et les accidents, qui ensemble sont responsables de 73.% des décès.

Le cadre socio-démographique dans lequel a lieu le vieillissement de la population indique qu’au cours des 15 prochaines années, il y aura dans le pays près de trois millions de personnes âgées, dont 500 000 à 600 000 de 80 ans ou plus, a-t-il conclu.

Le docteur Jean Marie Robin a fait une brillante intervention et a qualifié l’espérance de vie en bonne santé d’indicateur qualitativement supérieur.

Dans son exposé il a déclaré que l’espérance de vie à la naissance, bien que ce soit un bon indicateur, n’est peut être pas le meilleur pour décider de l’état de santé d’une  population. Il a ajouté qu’en augmentant l’allongement de la vie nous pourrions penser que la limite n’est pas précisément dans la longévité mais dans la mortalité.

Il a indiqué que les études réalisées dans l’Union Européenne ont démontré qu’il existe, dans les pays, des brèches dans la relation entre l’espérance de vie à la naissance et le prolongement de la vie. Il a affirmé qu’il existe trois possibilités pour que l’espérance de vie évolue vers le handicap ; si elle augmente ils diminuent ou se maintiennent au même niveau.

Ensuite le docteur Esther Maria Léon, a analysé le comportement de l’espérance de vie à Cuba et dans la région. Dans les interventions suivantes il est apparu que le nombre des maladies n’est pas en relation avec la perception de l’état de santé et le paradoxe du handicap peut exister. Ce qui veut dire qu’une personne peut être handicapée et en bonne santé.

On a également examiné, dans cet atelier, comme il est important d’utiliser le capital humain en fonction de la science et de la technique et qu’il existe une politique qui le garantisse.

Dans le débat sur le prolongement de la vie et le handicap, dirigé par le docteur Armando Seuc, on a examiné les années de vies perdues et les pertes sociales qu’elles impliquent. Il a également souligné la rupture qui se produit si l’espérance de vie s’accompagne de handicap, et cesse d’être un succès.

Dans la discussion sur ce thème les spécialistes ont développé les différents composants du handicap (organique, fonctionnel et social) et la majorité des interventions insistent sur le social et sur la nécessité que la prévention de ce mal déborde du cadre des systèmes de santé. Le docteur Adam Grant a abordé  le thème de l’évolution de l’offre et de la demande dans l’aide aux personnes âgées handicapées et a affirmé à ce sujet que Cuba est la preuve qu’il est possible d’améliorer le système de santé avec peu de moyens. Il a reconnu qu’en France l’objectif suprême serait d’arriver à 120 ans, mais il s’est déclaré certain que la population tout entière ne sera pas capable d’y parvenir.

Dans la chaleur du débat on a rappelé qu’il y a eu un baby-boom dans l’île dans l’année 60, et qu’elle doit se préparer à ses effets.

Les spécialistes ont indiqué que les changements au niveau mondial se succèdent de plus en plus rapidement et que nous passons d’un modèle ancien dans lequel nous nous occupions davantage des personnes âgées et où ce soin était complètement dévolu à la famille, à un autre dans lequel l’Etat assume toujours plus de responsabilités.

La docteur Miriam Gran a ouvert le débat sur la vie et la santé de la femme cubaine en affirmant qu’il y a une prédominance du sexe féminin qui se concentre surtout dans les provinces occidentales et orientales.

Elle a révélé qu’il existe une surmortalité féminine due à l’hypertension artérielle, à une forme de diabète, à l’asthme bronchique et à la cardiopathie ischémique principalement.

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