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Cuba
est le pays adéquat
pour vivre 120 ans
• L’espérance de vie est
aujourd’hui de 77 ans dans l’île et atteindra 80
ans, affirment des spécialistes présents à un
atelier auquel ont participé des représentants de
plusieurs pays
PAR JOAQUIN ORAMAS
CUBA est un pays dont les
conditions favorisent une longévité satisfaisante,
ont confirmé des experts participants à l’atelier
international sur l’espérance de vie, tenu à La
Havane en présence d’autorités en la matière de
plusieurs pays.
Le professeur Eugenio Selman
Housein, président du Club des 120 ans, a disserté
sur l’attention accordée par le pays à la santé et
au développement culturel et social. Ce à quoi
s’ajoutent les possibilités d’emploi, ainsi que la
sécurité et l’assistance sociales garanties à
toute la population, lesquelles font que les
conditions existent pour l’objectif de vivre 120
ans ne soit pas une utopie.
Il a mentionné, entre autres
aspects, l’attention spéciale dont bénéficient les
personnes du troisième âge et le travail réalisé
dans les Cercles de grands-parents, où plus de
400 000 personnes âgées s’adonnent à l’exercice
physique, selon leurs possibilités et sous
contrôle médical. Ils participent par ailleurs à
des activités culturelles et récréatives,
s’incorporent à l’étude dans le cadre de cours
adaptés et élargissent considérablement leur
communication avec le monde. Le Dr. Selman a
expliqué en détail tout ce qui est fait à Cuba
pour prolonger la vie, mentionnant notamment les
soins médicaux garantis à toute la population, la
préservation de l’environnement, le développement
culturel, une alimentation adéquate, l’exercice
physique et la motivation.
Dans une autre des conférences
organisées dans le cadre de la réunion, l’expert
Juan Carlos Alfonso a relevé l’évolution et le
contexte actuel de l’espérance de vie à Cuba. Il a
informé qu’à l’image des pays développés, il y a
25 ans que l’île ne remplace pas sa population sur
la base de son potentiel de fécondité. Le
spécialiste a encore signalé qu’après le triomphe
de la Révolution la mortalité a commencé à baisser
dans le pays, qui exhibe aujourd’hui le taux de
mortalité infantile le plus faible du
sous-continent: six pour mille naissances
vivantes. Il a d’autre part indiqué que
l’espérance de vie à la naissance est à Cuba de 77
ans et que les conditions existent pour parvenir à
80 ans.
Il a ajouté que dans les
provinces centrales cubaines, en particulier à
Villa Clara, l’espérance de vie est de 78,2 et que
chez les femmes elle dépasse 80 ans.
La transition démographique et une
émigration externe négative se traduisent par un
processus de vieillissement sur lequel influe
aussi une réduction du taux de fécondité à 1,55,
c’est-à-dire moins qu’en France (1,91), a encore
informé le Dr Alfonso, précisant que l’an dernier
l’île, où vivent trois millions de femmes en âge
de procréer, a enregistré moins de 121 000
naissances.
Parmi les principales causes de
mort à Cuba il a cité les maladies
cérébro-vasculaires, les tumeurs, les maladies
chroniques, l’influenza, les pneumonies et les
accidents, qui ensemble sont responsables de 73.%
des décès.
Le cadre socio-démographique dans
lequel a lieu le vieillissement de la population
indique qu’au cours des 15 prochaines années, il y
aura dans le pays près de trois millions de
personnes âgées, dont 500 000 à 600 000 de 80 ans
ou plus, a-t-il conclu.
Le docteur Jean Marie Robin a fait
une brillante intervention et a qualifié
l’espérance de vie en bonne santé d’indicateur
qualitativement supérieur.
Dans son exposé il a déclaré que
l’espérance de vie à la naissance, bien que ce
soit un bon indicateur, n’est peut être pas le
meilleur pour décider de l’état de santé d’une
population. Il a ajouté qu’en augmentant
l’allongement de la vie nous pourrions penser que
la limite n’est pas précisément dans la longévité
mais dans la mortalité.
Il a indiqué que les études
réalisées dans l’Union Européenne ont démontré
qu’il existe, dans les pays, des brèches dans la
relation entre l’espérance de vie à la naissance
et le prolongement de la vie. Il a affirmé qu’il
existe trois possibilités pour que l’espérance de
vie évolue vers le handicap ; si elle augmente ils
diminuent ou se maintiennent au même niveau.
Ensuite le docteur Esther Maria
Léon, a analysé le comportement de l’espérance de
vie à Cuba et dans la région. Dans les
interventions suivantes il est apparu que le
nombre des maladies n’est pas en relation avec la
perception de l’état de santé et le paradoxe du
handicap peut exister. Ce qui veut dire qu’une
personne peut être handicapée et en bonne santé.
On a également examiné, dans cet
atelier, comme il est important d’utiliser le
capital humain en fonction de la science et de la
technique et qu’il existe une politique qui le
garantisse.
Dans le débat sur le prolongement
de la vie et le handicap, dirigé par le docteur
Armando Seuc, on a examiné les années de vies
perdues et les pertes sociales qu’elles
impliquent. Il a également souligné la rupture qui
se produit si l’espérance de vie s’accompagne de
handicap, et cesse d’être un succès.
Dans la discussion sur ce thème
les spécialistes ont développé les différents
composants du handicap (organique, fonctionnel et
social) et la majorité des interventions insistent
sur le social et sur la nécessité que la
prévention de ce mal déborde du cadre des systèmes
de santé. Le docteur Adam Grant a abordé le thème
de l’évolution de l’offre et de la demande dans
l’aide aux personnes âgées handicapées et a
affirmé à ce sujet que Cuba est la preuve qu’il
est possible d’améliorer le système de santé avec
peu de moyens. Il a reconnu qu’en France
l’objectif suprême serait d’arriver à 120 ans,
mais il s’est déclaré certain que la population
tout entière ne sera pas capable d’y parvenir.
Dans la chaleur du débat on a
rappelé qu’il y a eu un baby-boom dans l’île dans
l’année 60, et qu’elle doit se préparer à ses
effets.
Les spécialistes ont indiqué que
les changements au niveau mondial se succèdent de
plus en plus rapidement et que nous passons d’un
modèle ancien dans lequel nous nous occupions
davantage des personnes âgées et où ce soin était
complètement dévolu à la famille, à un autre dans
lequel l’Etat assume toujours plus de
responsabilités.
La docteur Miriam Gran a ouvert le
débat sur la vie et la santé de la femme cubaine
en affirmant qu’il y a une prédominance du sexe
féminin qui se concentre surtout dans les
provinces occidentales et orientales.
Elle a révélé qu’il existe une
surmortalité féminine due à l’hypertension
artérielle, à une forme de diabète, à l’asthme
bronchique et à la cardiopathie ischémique
principalement. |