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Acquérir de nouvelles aptitudes motrices?
PAR
ASTRID BARNET
L’INVOLUTION de la motricité
chez les personnes du troisième âge se manifeste par
la réduction, en vitesse et en qualité, des
mouvements à réaliser et par la difficulté à faire
plusieurs choses à la fois. Lorsque l’activité
devient monotone et accidentée, il convient de
consulter un spécialiste.
Des médecins de divers pays
associent à tort cette involution à des problèmes
psychologiques et sociaux : à cette période de la
vie, les gens cessent de travailler, les femmes
perdent la fécondité, des membres de la famille et
des amis d’un âge similaire tombent malades et
meurent. Et c’est alors que viennent à l’esprit ces
réflexions défaitistes empruntées à la sagesse
populaire: «on ne naît que pour mourir»
Si un vieillard se prive de
toute activité physique et opte en conséquence pour
une vie sédentaire, il omet l’apprentissage de
nouvelles aptitudes et, surtout l’estime de soi
diminue quelqu’un qui a sans aucun doute contribué
activement, pendant des décennies, au développement
de la société qui est la sienne.
Si les capacités physiques
diminuent, l’expérience, au contraire, augmente avec
le passage des ans et, avec elle, l’opportunité,
dont il faut profiter, d’acquérir de nouvelles
aptitudes.
Plusieurs études démontrent
que les changements qui interviennent chez les
personnes adultes ont une incidence directe sur les
stratégies d’apprentissage et la psychologie ; ainsi,
la motricité est malmenée lorsqu’on lui impose un
délai de réalisation, sans tenir compte du
ralentissement des transmissions nerveuses.
Pour compenser cette
situation, les spécialistes utilisent des stratégies
compensatoires, qui consistent notamment à agir (de
manière intelligente) au rythme des personnes
concernées, à anticiper les activités et leurs
conséquences pour y répondre efficacement, à
contrôler les actions avant de les exécuter pour
corriger des erreurs possibles ou réduire le niveau
d’exigence des tâches, même si celles-ci demeurent
inachevées.
A Cuba, les personnes du
troisième âge s’impliquent souvent dans de nouvelles
activités, sportives ou manuelles : menuiserie,
céramique, peinture, couture, entre autres. Il se
peut que l’apprentissage soit difficile, les
mécanismes de contrôle moteur ayant perdu de leur
efficacité, mais les résultats dépendent
essentiellement de l’intérêt, du désir, de la
volonté des intéressés, et aussi des conditions dans
lesquelles les tâches sont réalisées et de
l’efficacité des stratégies utilisées par les
professionnels et techniciens de la santé qui
accompagnent l’apprentissage.
Ceux-ci devront veiller
particulièrement au temps imparti à la formation (réception,
traitement et réponse) qui doit s’adapter à la
capacité de compréhension du vieillard.
L’utilisation de matériels audiovisuels peut être
efficace car elle permet à chacun de suivre son
rythme naturel.
Il ne fait pas de doute que
certains auront besoin de l’aide ou de la vigilance
d’un spécialiste pour réaliser un exercice physique
spécifique, mais il suffira à d’autres de se
redécouvrir pour se sentir de nouveau utiles à la
société, assez réalisés pour continuer de vivre –pourquoi
pas? —jusqu’à 120 ans.
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