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Néglige-t-on les maladies du cœur
chez la femme?
PAR
JOAQUIN ORAMAS
BIEN que
le cerveau dirige tout, symboliquement, les
cultures ont considéré le cœur comme le siège des
sentiments. Ainsi, la poitrine des femmes héberge
un chaud refuge pour les émotions¼ mais aussi la
dramatique possibilité d’une mort prématurée qui
dans de nombreux cas peut être évitée pour leur
permettre de vivre encore de longues années.
La Fédération
cardiaque mondiale (le signe WHF en anglais), une
ONG qui se consacre à la prévention des maladies
du cœur et des crises cardiaques, avec des membres
dans plus de 100 pays, affirme que la santé du
cœur des femmes était sérieusement négligée par
les systèmes de santé et par les femmes elles-mêmes.
Pourquoi? Quelles sont les raisons qui font qu’on
considère que la femme s’occupe moins que l’homme
de sa santé cardio-vasculaire? Quelles sont les
actions qu’on devrait mener pour promouvoir la
protection cardiaque des femmes?
La WHF
prévient que plus de 8 millions de femmes dans le
monde meurent chaque année des suites d’une
maladie ou d’une attaque cardiaque. Ce chiffre
prend toute sa dimension quand on le compare aux
autres pathologies mortelles:
• il est
presque 8 fois supérieur au nombre total de morts
du cancer du sein
• il est 6
fois supérieur aux morts causés par le sida
• dans les
pays en voie de développement, la moitié des décès
de femmes de plus de 50 ans sont dues à une
maladie ou une crise cardiaque.
Il faut bien
souvent l’intervention d’une personne célèbre et
prestigieuse pour que nous nous sentions concernés.
En intervenant dans l’affaire l’actrice Jane
Seymour, ambassadrice de bonne volonté de la WHF a
déclaré: «Les femmes sont le cœur de la famille
mais elles négligent leurs propres cœurs. La bonne
nouvelle est que quelques changements dans les
modes de vie peuvent nous apporter de grandes
satisfactions et nous aider à vivre une vive dans
sa plénitude». Selon la WHF, on ne prend pas assez
soin des femmes qui souffrent d’insuffisance
cardiaque. Par exemple, l’angioplastie et la
chirurgie des pontages artério-coronariens sont
pratiqués moins souvent chez les femmes que chez
les hommes qui souffrent de maladies cardiaques
chroniques. Et selon les observations les plus
récentes, presque six médecins sur dix croient que
les hommes sont plus enclins à mourir par crise
cardiaque alors que cette maladie provoque plus de
morts chez les femmes que chez les hommes (11%
contre 8,5%). L’ONG affirme que les méthodes
traditionnelles de recherche concernant le danger
cardio-vasculaire laissent «échapper» un tiers des
femmes qui pourraient développer des maladies
coronariennes ou des infarctus car elles ne
détectent pas leurs risques vasculaires avec la
même exactitude que pour les hommes. Un fait
corroboré par un document publié dans le
American Heart Journal, élaboré par des
chercheurs de l’université Johns Hopkins, aux
Etats-Unis.
La communauté
cardiologique internationale estime d’une façon
unanime que la meilleure façon de prévenir les
maladies cardio-vasculaires (angine de poitrine,
infarctus du myocarde) exige d’identifier les
sujets qui possèdent le plus grand risque de les
développer. Avec des changements dans le style de
vie comme combattre le surpoids, faire des
exercices physiques, arrêter de fumer, et des
traitements à l’aide de médicaments (aspirine,
réducteurs de la tension et du cholestérol), ces
patients diminuent les possibilités de subir une
crise cardiaque. Selon l’étude en question, un
tiers des femmes malades ne bénéficient pas des
mesures préventives contre cette maladie.
Pour le
moment, les méthodes pour calculer le risque dans
un délai de 10 ans prennent en compte des aspects
comme l’âge, le sexe, l’existence ou non de
l’hypertension, le taux de cholestérol « bon » et
« mauvais » et la nécessité ou non d’un traitement
hypotenseur. Le patient est classé à un niveau de
risque cardio-vasculaire bas, intermédiaire ou
élevé, selon sa situation actuelle.
Mais les
scientifiques de la John Hopkins affirment que ce
système échoue dans un pourcentage élevé de femmes
à risque, ce qui pourrait expliquer la raison pour
laquelle la mortalité coronarienne masculine a
diminué lors des 20 dernières années, alors que la
mortalité féminine s’est à peine modifiée.
Quand les
chercheurs ont contrôlé un groupe de femmes jugées
à «bas risque» par la méthode traditionnelle, et
étudié directement l’état de leur circulation
coronarienne d’une façon plus directe, dans de
nombreux cas (presqu’un tiers) le risque était
élevé. L’examen radiologique au scanner a été la
méthode utilisée. Un conseil: devant la présence
de certains facteurs comme le surpoids, le
tabagisme, l’existence de ce problème dans la
famille, il ne faut pas en rester au traditionnel
examen, et recourir à des méthodes plus
spécifiques. C’est une façon de prolonger la vie
et d’encourager ceux qui désirent vivre 120 ans en
bonne santé.
E-mail:
redac2@granmai.cip.cu
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