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La Havane. 13 Mars 2006

 

Néglige-t-on les maladies du cœur
chez la femme?


PAR JOAQUIN ORAMAS

BIEN que le cerveau dirige tout, symboliquement, les cultures ont considéré le cœur comme le siège des sentiments. Ainsi, la poitrine des femmes héberge un chaud refuge pour les émotions¼ mais aussi la dramatique possibilité d’une mort prématurée qui dans de nombreux cas peut être évitée pour leur permettre de vivre encore de longues années.

La Fédération cardiaque mondiale (le signe WHF en anglais), une ONG qui se consacre à la prévention des maladies du cœur et des crises cardiaques, avec des membres dans plus de 100 pays, affirme que la santé du cœur des femmes était sérieusement négligée par les systèmes de santé et par les femmes elles-mêmes. Pourquoi? Quelles sont les raisons qui font qu’on considère que la femme s’occupe moins que l’homme de sa santé cardio-vasculaire? Quelles sont les actions qu’on devrait mener pour promouvoir la protection cardiaque des femmes?

La WHF prévient que plus de 8 millions de femmes dans le monde meurent chaque année des suites d’une maladie ou d’une attaque cardiaque. Ce chiffre prend toute sa dimension quand on le compare aux autres pathologies mortelles:

• il est presque 8 fois supérieur au nombre total de morts du cancer du sein

• il est 6 fois supérieur aux morts causés par le sida

• dans les pays en voie de développement, la moitié des décès de femmes de plus de 50 ans sont dues à une maladie ou une crise cardiaque.

Il faut bien souvent l’intervention d’une personne célèbre et prestigieuse pour que nous nous sentions concernés. En intervenant dans l’affaire l’actrice Jane Seymour, ambassadrice de bonne volonté de la WHF a déclaré: «Les femmes sont le cœur de la famille mais elles négligent leurs propres cœurs. La bonne nouvelle est que quelques changements dans les modes de vie peuvent nous apporter de grandes satisfactions et nous aider à vivre une vive dans sa plénitude». Selon la WHF, on ne prend pas assez soin des femmes qui souffrent d’insuffisance cardiaque. Par exemple, l’angioplastie et la chirurgie des pontages artério-coronariens sont pratiqués moins souvent chez les femmes que chez les hommes qui souffrent de maladies cardiaques chroniques. Et selon les observations les plus récentes, presque six médecins sur dix croient que les hommes sont plus enclins à mourir par crise cardiaque alors que cette maladie provoque plus de morts chez les femmes que chez les hommes (11% contre 8,5%). L’ONG affirme que les méthodes traditionnelles de recherche concernant le danger cardio-vasculaire laissent «échapper» un tiers des femmes qui pourraient développer des maladies coronariennes ou des infarctus car elles ne détectent pas leurs risques vasculaires avec la même exactitude que pour les hommes. Un fait corroboré par un document publié dans le American Heart Journal, élaboré par des chercheurs de l’université Johns Hopkins, aux Etats-Unis.

La communauté cardiologique internationale estime d’une façon unanime que la meilleure façon de prévenir les maladies cardio-vasculaires (angine de poitrine, infarctus du myocarde) exige d’identifier les sujets qui possèdent le plus grand risque de les développer. Avec des changements dans le style de vie comme combattre le surpoids, faire des exercices physiques, arrêter de fumer, et des traitements à l’aide de médicaments (aspirine, réducteurs de la tension et du cholestérol), ces patients diminuent les possibilités de subir une crise cardiaque. Selon l’étude en question, un tiers des femmes malades ne bénéficient pas des mesures préventives contre cette maladie.

Pour le moment, les méthodes pour calculer le risque dans un délai de 10 ans prennent en compte des aspects comme l’âge, le sexe, l’existence ou non de l’hypertension, le taux de cholestérol « bon » et « mauvais » et la nécessité ou non d’un traitement hypotenseur. Le patient est classé à un niveau de risque cardio-vasculaire bas, intermédiaire ou élevé, selon sa situation actuelle.

Mais les scientifiques de la John Hopkins affirment que ce système échoue dans un pourcentage élevé de femmes à risque, ce qui pourrait expliquer la raison pour laquelle la mortalité coronarienne masculine a diminué lors des 20 dernières années, alors que la mortalité féminine s’est à peine modifiée.

Quand les chercheurs ont contrôlé un groupe de femmes jugées à «bas risque» par la méthode traditionnelle, et étudié directement l’état de leur circulation coronarienne d’une façon plus directe, dans de nombreux cas (presqu’un tiers) le risque était élevé. L’examen radiologique au scanner a été la méthode utilisée. Un conseil: devant la présence de certains facteurs comme le surpoids, le tabagisme, l’existence de ce problème dans la famille, il ne faut pas en rester au traditionnel examen, et recourir à des méthodes plus spécifiques. C’est une façon de prolonger la vie et d’encourager ceux qui désirent vivre 120 ans en bonne santé.

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