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La Havane. 28 Mars 2006

 

Obésité: mythes et réalités

PAR JOAQUIN ORAMAS

L’OBESITE est bien plus qu’un problème esthétique puisqu’elle implique des risques pour la santé. Il est donc recommandable que les jeunes générations apprennent à prévenir ce mal.

La stratégie consiste d’une part à s’alimenter correctement et de l’autre à faire fréquemment de l’exercice physique; dans certains cas, ceci doit s’accompagner de la prise de médicaments. Il est aussi important de contrôler les altérations de la tension artérielle, en particulier l’hypertension, et l’excès de graisses (cholestérol et triglycérides) dans le sang.

L’action contre l’obésité a donné lieu à des mythes sur lesquels in convient ici d’apporter des précisions scientifiques.

On dit ainsi que l’obésité n’a pas pour cause exclusive une suralimentation mais obéit aussi à des facteurs génétiques et environnementaux. Selon certains chercheurs, le tiers des cas d’obésité obéit à des facteurs génétiques. Dans ce cas, la maladie n’est pas à proprement parler curable. Il s’agit d’une condition chronique, d’une tendance naturelle de l’individu. Les mesures prises pour la combattre doivent alors être maintenues à très long terme.

Dans d’autres cas, qui constituent une minorité, il s’agit d’une maladie de la glande thyroïde, mais les médecins s’accordent à affirmer que la déficience thyroïdienne, quand elle existe, est davantage un facteur favorable que la cause de l’obésité.

C’est une erreur de penser que les nouveaux médicaments conçus pour cette maladie ne présentent aucun risque et peuvent être consommés en dehors de toute prescription médicale. Les médecins affirment que certains produits destinés à faire perdre du poids peuvent occasionner des troubles secondaires, qui risquent de passer inaperçus. Il faut donc consulter un expert avant d’y recourir.

De nombreux problèmes provoqués par l’obésité  commencent dès l’enfance: il faut donc la prévenir ou la traiter dès le plus jeune âge.

Un pédiatre expérimenté, le Dr Santiago Valdés Martin, estime qu’une alimentation adéquate administrée dès les premières années de vie constitue la graine de la longévité.

Les pédiatres ne manquent jamais de conseiller les parents sur l’alimentation des enfants.

«Malheureusement, les siècles passés nous ont légué un préjugé selon lequel la corpulence est synonyme de bonne santé. Beaucoup de jeunes mamans préfèrent voir leur nouveau né grassouillet, avec de mignons bourrelets aux bras et aux cuisses.

Valdés Martin assure que l’excès de poids fait du mal à un nourrisson, car il produit une quantité de cellules grasses qu’il est pratiquement impossible d’éliminer: adultes, pour une raison ou pour une autre ils perdent du poids mais récupèrent rapidement ce qu’on peut appeler leur biotype, et vous disent qu’un rien les fait grossir.

Il faut absolument, conseille le Dr Valdés Martin, éviter les repas trop riches en graisses, en sucres et en protéines. Certains croient que les enfants doivent manger de la viande tous les jours. C’est une erreur car les légumes contiennent aussi des protéines, de même que les céréales, les haricots secs et le riz. Il est démontré que la consommation excessive de viande favorise la néoplasie du tube digestif. Le lait aussi est un aliment complet, mais ce n’est pas le seul.

On croit parfois que si une personne obèse s’abstient de manger du sucre, elle n’aura jamais de diabète. C’est faux; tant qu’il y a excès de poids, le risque de diabète de type 2 existe. De plus, on ne trouve pas le sucre seulement dans les sucreries.

D’autres se plaisent à penser que l’exercice physique à lui seul suffit pour perdre du poids.

En fait, il est indispensable de combiner l’exercice avec la surveillance alimentaire et des changements au niveau de la conduite. Ce que l’on doit à coup sûr à l’exercice physique, c’est le maintien du poids et la réduction des risques de diabète.

Toutes les personnes souffrant d’une déficience thyroïdienne sont obèses, entend-on dire souvent. Non, les spécialistes savent que ce n’est vrai que dans certains cas, prédisposés à l’excès de poids.

Il est erroné de penser qu’il est impossible de modifier la conduite alimentaire d’un adulte. Avec le soutien professionnel adéquat, cet objectif peut être atteint par tous. Pour améliorer les résultats à long terme, il convient d’adapter le régime alimentaire aux conditions de vie. On peut ainsi prolonger la vie, même jusqu’à 120 ans.
 

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