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 N A T I O N A L E S

La Havane. 3 novembre 2006

Cuba garantit le développement intégral et durable dans les montagnes

PAR NAVIL GARCIA ALFONSO, de Granma international

ENTRE l’immense plaine qui forme la majeure partie du territoire national, surgissent, dispersés, quatre des principaux massifs montagneux de la géographie cubaine. La Sierra de los Organos, dans la partie occidentale, l’Escambray, au centre, et la Sierra Maestra, dans la partie orientale, avec les hauteurs de Nipe-Sagua-Baracoa, constituent le réseau montagneux le plus élevé de l’île.

Recelant des paysages splendides et un nombre incalculable de richesses naturelles, les montagnes du pays comprennent 48 municipalités réparties sur huit provinces, où vivent quelques 700 000 personnes.

Les habitants des montagnes — près de 6% de la population totale — vivent en harmonie avec la nature et ils perpétuent les us et coutumes apprises du passé, quoique le panorama, dans ces zones montagneuses, n’a plus rien à voir avec ce qu’il était plusieurs années auparavant.

Le Plan Turquino — une allusion à la plus haute élévation de Cuba, le Pico real du Turquino, avec ses 1974 mètres de hauteur, dans la région orientale de l’île — est un projet de développement intégral et durable qui conjugue de façon harmonieuse production et développement social, protection de la nature et défense du territoire national.

Ce programme, dans lequel interviennent plusieurs organismes du pouvoir central, a changé complètement la face de ces régions, historiquement marginalisées. Routes, électricité, approvisionnement en eau potable, nourriture, écoles, hôpitaux et centres culturels, telle est la nouvelle réalité des habitants des montagnes.

Au plan économique, la région, et plus précisément la zone de Baracoa, produit la totalité de la récolte de café et de cacao du pays, grâce à son climat exceptionnel. Les montagnes abritent plusieurs espèces d’arbres, qui contribuent à l’essor de l’industrie du bois. Les entreprises forestières cubaines couvrent quelque 1 165 000 hectares de forêts. La compagnie nationale de la flore et de la faune possède, quant à elle, plus de 670 000 hectares, tandis que les Forces armées, le ministère de l’Intérieur et l’industrie sucrière se partagent le reste des régions agricoles.

Dans d’autres provinces comme celle de Ciego de Avila, située à 434 kilomètres à l’Est de La Havane, on a réussi à diversifier l’économie locale. On a ainsi créé et développé des centres d’amélioration génétique animale, des coopératives de production alimentaire et des micro-industries.

À Florence, une des municipalités de cette province, située justement en montagne, quatre centres de transmission télévisuelle et radiophonique ont été installés et un programme de gestion comptable informatisée est en train d’être implanté dans toutes les entreprises de la région.

D’autres régions reçoivent le même type d’aide en vertu du Plan Turquino, qui comprend également la vaste région de la Ciénaga de Zapata, autrefois la municipalité la plus pauvre de Cuba.

Les vieilles maisons traditionnelles, faites de bois de palme et au toit de chaume, ont été progressivement remplacées par de nouvelles unités plus modernes en maçonnerie, équipées de tous les services de base.

Ce projet, unique dans le monde, a été reconnu par la FAO, l’Organisation des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation, pour son impact socio-économique bénéfique et pour son respect du milieu ambiant.

Les montagnes cubaines offrent la plus grande diversité biologique de l’archipel, avec 70% d’espèces endémiques. On en tire un grand nombre de produits divers destinés aussi bien au marché national qu’à l’exportation, comme des fruits, des bois précieux, de la viande et de produits agricoles.

Ces écosystèmes sont en général très fragiles et vulnérables au développement économique effréné. C’est pourquoi la Révolution accorde une grande importance à l’éveil d’une conscience écologique parmi la population locale, qui éliminerait les vieilles pratiques polluantes.

Ce n’est pas un hasard si une bonne partie de l’histoire sociale, économique et politique de l’archipel s’est développée dans les régions élevées. Durant les guerres de libération, ces zones ont servi d’abri et de fournisseurs de ressources pour les patriotes.

Un des principaux objectifs du Plan Turquino consiste à faire de ces montagnes un bastion de résistance pour défendre le pays en cas d’une agression militaire. Les habitants des montagnes se préparent en conséquence, avec l’aide de l’État: protéger le trésor national de l’île et garantir son développement durable, dans une parfaite harmonie entre l’homme et la nature.
 

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