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Cuba garantit le développement intégral et durable
dans les montagnes
PAR NAVIL GARCIA
ALFONSO, de
Granma international
ENTRE l’immense plaine qui
forme la majeure partie du territoire national,
surgissent, dispersés, quatre des principaux massifs
montagneux de la géographie cubaine. La Sierra de
los Organos, dans la partie occidentale,
l’Escambray, au centre, et la Sierra Maestra, dans
la partie orientale, avec les hauteurs de Nipe-Sagua-Baracoa,
constituent le réseau montagneux le plus élevé de
l’île.
Recelant des paysages
splendides et un nombre incalculable de richesses
naturelles, les montagnes du pays comprennent 48
municipalités réparties sur huit provinces, où
vivent quelques 700 000 personnes.
Les habitants des montagnes
— près de 6% de la population totale — vivent en
harmonie avec la nature et ils perpétuent les us et
coutumes apprises du passé, quoique le panorama,
dans ces zones montagneuses, n’a plus rien à voir
avec ce qu’il était plusieurs années auparavant.
Le Plan Turquino — une
allusion à la plus haute élévation de Cuba, le Pico
real du Turquino, avec ses 1974 mètres de hauteur,
dans la région orientale de l’île — est un projet de
développement intégral et durable qui conjugue de
façon harmonieuse production et développement
social, protection de la nature et défense du
territoire national.
Ce programme, dans lequel
interviennent plusieurs organismes du pouvoir
central, a changé complètement la face de ces
régions, historiquement marginalisées. Routes,
électricité, approvisionnement en eau potable,
nourriture, écoles, hôpitaux et centres culturels,
telle est la nouvelle réalité des habitants des
montagnes.
Au plan économique, la
région, et plus précisément la zone de Baracoa,
produit la totalité de la récolte de café et de
cacao du pays, grâce à son climat exceptionnel. Les
montagnes abritent plusieurs espèces d’arbres, qui
contribuent à l’essor de l’industrie du bois. Les
entreprises forestières cubaines couvrent quelque 1
165 000 hectares de forêts. La compagnie nationale
de la flore et de la faune possède, quant à elle,
plus de 670 000 hectares, tandis que les Forces
armées, le ministère de l’Intérieur et l’industrie
sucrière se partagent le reste des régions agricoles.
Dans d’autres provinces
comme celle de Ciego de Avila, située à 434
kilomètres à l’Est de La Havane, on a réussi à
diversifier l’économie locale. On a ainsi créé et
développé des centres d’amélioration génétique
animale, des coopératives de production alimentaire
et des micro-industries.
À Florence, une des
municipalités de cette province, située justement en
montagne, quatre centres de transmission
télévisuelle et radiophonique ont été installés et
un programme de gestion comptable informatisée est
en train d’être implanté dans toutes les entreprises
de la région.
D’autres régions reçoivent
le même type d’aide en vertu du Plan Turquino, qui
comprend également la vaste région de la Ciénaga de
Zapata, autrefois la municipalité la plus pauvre de
Cuba.
Les vieilles maisons
traditionnelles, faites de bois de palme et au toit
de chaume, ont été progressivement remplacées par de
nouvelles unités plus modernes en maçonnerie,
équipées de tous les services de base.
Ce projet, unique dans le
monde, a été reconnu par la FAO, l’Organisation des
Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation,
pour son impact socio-économique bénéfique et pour
son respect du milieu ambiant.
Les montagnes cubaines
offrent la plus grande diversité biologique de
l’archipel, avec 70% d’espèces endémiques. On en
tire un grand nombre de produits divers destinés
aussi bien au marché national qu’à l’exportation,
comme des fruits, des bois précieux, de la viande et
de produits agricoles.
Ces écosystèmes sont en
général très fragiles et vulnérables au
développement économique effréné. C’est pourquoi la
Révolution accorde une grande importance à l’éveil
d’une conscience écologique parmi la population
locale, qui éliminerait les vieilles pratiques
polluantes.
Ce n’est pas un hasard si
une bonne partie de l’histoire sociale, économique
et politique de l’archipel s’est développée dans les
régions élevées. Durant les guerres de libération,
ces zones ont servi d’abri et de fournisseurs de
ressources pour les patriotes.
Un des principaux objectifs
du Plan Turquino consiste à faire de ces montagnes
un bastion de résistance pour défendre le pays en
cas d’une agression militaire. Les habitants des
montagnes se préparent en conséquence, avec l’aide
de l’État: protéger le trésor national de l’île et
garantir son développement durable, dans une
parfaite harmonie entre l’homme et la nature.
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