Prisonniers politiques de l'Empire  MIAMI 5     

       

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I N T E R N A T I O N A L

La Havane. 17 octobre 2006

En 2003, le FBI de Miami a détruit le dossier de Posada
Des centaines de preuves sont disparues des voûtes du FBI de Hector Pesquera tandis que le ministère public panaméen réclamait des États-Unis des documents pour étoffer son dossier contre le terroriste


PAR JEAN-GUY ALLARD, de Granma international

TOUS les documents originaux du dossier de Luis Posada Carriles conservés durant des années dans les voûtes du FBI de Miami ont été détruits en 2003, sur l’ordre de Hector Pesquera, alors capo du FBI local, et de procureurs fédéraux du sud de la Floride, tandis que la justice panaméenne cherchait à réunir des preuves du passé criminel du terroriste en vue de son procès.

Ann Louise Bardach: «Condoleezza Rice et Gonzales sont prêts de la famille Bush» et, pour cela, ils n’appliqueront pas à Posada le Patriot Act..
Ann Louise Bardach: «Condoleezza Rice et Gonzales sont prêts de la famille Bush» et, pour cela, ils n’appliqueront pas à Posada le Patriot Act..

 

 C’est ce que vient de révéler la journaliste nord-américaine Ann Louise Bardach, en répondant aux question de Amy Goodman, qui l’interviewait dans le cadre de son émission de radio sur Democracy Now!

 Auteure d’une importante investigation sur la Miami mafieuse publiée en 2003 sous le titre Cuba Confidential, Bardach dispose de sources exclusives parmi les mafieux et dans le FBI de Miami.

 Voici, textuellement, ces propos:

 «Mes sources dans le FBI — en fait, j’ai plusieurs sources dans le FBI et je dois être prudente avec cette situation mais ce sont des sources de première main — ont été abasourdies quand à un certain moment, après 2002, les preuves gardées dans la salle des exhibits du FBI de Miami ont été détruites — selon ce que j’ai compris, elles ont été déchiquetées (shredded) — et cela comprend des messages originaux de la Western Union, des faxes, des preuves originales. Et la majorité des tribunaux exigent des preuves originales et non, comme vous le savez, des copies ou des fac-similés. Et cela se serait produit en 2003 quand Posada faisait les manchettes. Nous croyons que c’est l’année  ou cela s’est produit».

Bardach a ensuite expliqué que l’on ne peut détruire des preuves sans qu’un dossier soit fermé et que pour cela il faut les signatures tant du ministère public que du chef du FBI.

Elle a également raconté comment elle a pris contact avec le FBI pour obtenir plus d’explications et que le porte-parole lui a répondu que la salle des exhibits était pleine d’objets et qu’il fallait parfois libérer de l’espace. Bardach a alors commenté: «La salle des preuves contient aussi des choses comme des mitrailleuses ou des drogues qui ont été saisies. Dans le cas de Posada, il s’agissait seulement de papiers. On se demande alors quel espace cela occupait réellement».

 «Réellement, je pense qu’il faudrait une enquête là-dessus», a-t-elle conclu.

UN MAFIEUX COMME CHEF DU FBI

 Dans son livre Cuba Confidencial, publié en 2003 (Vintage Books), Bardach a raconté comment le portoricain Hector Pesquera est arrivé à Miami en 1998 comme nouveau chef (Special Agent in Charge) du FBI du sud de la Floride. C’est lui qui ordonnera la destruction du dossier Pesquera et poursuivra sauvagement les Cinq.

 «Les espoirs des agents et officiers de police ont été rapidement annihilés. Pesquera, ont-ils dit, a commencé à fraterniser avec des membres clefs de la direction de groupes cubains tels que: Alberto Hernandez (antérieurement de la FNCA), Ileana Ros-Lehtinen, Domingo Otero (un autre ex  élément dur de la FNCA) et Roberto Martin Pérez dont le père et lui-même ont été des sbires de la police de Batista à La Havane. Pesquera, a dit un agent de son bureau, a vite fait un brusque virage à droite et on a abandonné TOUTES les enquêtes sur le terrorisme», écrivait Bardach dans ce livre.

C’est précisément en 2003, alors qu’on détruit ces preuves à Miami, que la justice panaméenne se préparait à juger Luis Posada Carriles et ses complices pour l’attentat manqué du Paraninfo universitaire qui aurait fait des milliers de morts.

Le juge d’instruction avait déjà réclamé de l’ambassade des États-Unis, en vertu d’un traité bilatéral, le dossier de Posada et des cubano-américains impliqués dans cette affaire.

Après une longue attente, il n’avait rien reçu d’autre qu’un dossier constitué de documents obsolètes et insignifiants sans impact réel dans cette cause.

Quant au rapport constitué à Miami par le FBI du sud de la Floride, personne à Panama n’a jamais eu connaissance de son existence.

BUSH, POWELL ET OTTO REICH, AU SERVICE DE LA MAFIA

En 2003, le cas de Posada et de ses complices était l’objet d’une intense campagne menée par la mafia terroriste, avec tous les moyens dont dispose tant dans la presse que dans son réseau de contacts politiques.

Roberto Martin Pérez, Feliciano Foyo et Horacio Garcia, tous ex directeurs de la Fondation nationale Cubano Américaine (FNCA) que Posada a désigné publiquement comme étant les «financiers» de ses activités terroristes, ont été reçus par le sous-secrétaire Roger Noriega, le 2 mai 2003, au Département d’État.

Le 20 de ce même mois, le président nord-américain George W. Bush, invitait à la Maison Blanche, onze membres de l’extrême-droite cubano-américaine du sud de la Floride. Parmi eux se trouvait Ernesto Diaz Rodriguez, aujourd’hui chef du groupe terroriste Alpha 66.

Le 3 septembre, s’ouvrait à Panama l’audience préliminaire qui,  en deux sessions, allait envoyer Posada à son procès.

Le vendredi 10 octobre 2003, George W. Bush, accompagné de son secrétaire d’État, Colin Powell, a offert un cocktail dans le Rose Garden de la Maison Blanche où se sont présentés Ninoska Pérez-Castellon, la diva de la radio terroriste miamienne, et Luis Zuñiga Rey, ex chef de la section paramilitaire de la FNCA, tous deux fondateurs du Cuban Liberty Council.

La rencontre a fait en sorte, entre autres choses, que Powell, durant sa visite à Panama en décembre de la même année, a abordé le sujet Posada avec la présidente mafieuse Mireya Moscoso.

Le 21 janvier 2004, Otto Reich, secrétaire d’État adjoint aux Affaires de l’hémisphère occidental, s’est réuni avec Moscoso. Au cours des jours suivants, une information circulait à Miami selon laquelle Otto Reich «avait tout arrangé».

Le 18 mars, s’est terminé le procès éclair contre Posada Carriles et autres accusés qui ont reçu des sentences de complaisance¼ et le 26 août suivant, à quelques heures de son départ de la présidence, la Moscoso signait la grâce qui permettait aux quatre assassins de fuir le pays à toute vitesse.

«ILS NE VEULENT PAS QUE LEURS EMPREINTES DIGITALES APPARAISSENT¼»

En terminant l’entrevue avec Democracy Now!, Ann Louise Bardach raconte comment les avocats de Posada eux-mêmes ont dit que tout ce qu’il faut pour emprisonner de terroriste «est que Alberto Gonzales et Condoleezza Rice le placent sous le Patriot Act et ils pourraient ainsi le détenir aussi longtemps qu’ils le voudraient¼»

«Mais cela Condoleezza Rice et Gonzales ne le feront pas parce qu’ils sont prêts de la famille Bush. Ils ne veulent pas que leurs empreintes digitales apparaissent là-dessus. (¼) Ils m’ont dit qu’absolument rien ne se produira avant l’élection et que — je l’ai entendu des deux côtés, tous les côtés, qu’il y a pas mal de politique qui détermine chaque élément de l’affaire», a confirmé l’auteure de Cuba Confidential.

La destruction des documents du FBI de Miami s’ajoute à une autre effronterie: il y a quelque jours, les Archives nationales de sécurité de l’Université George Washington annonçaient avoir reçu du gouvernement des États-Unis une liste de centaines de documents secrets sur Orlando Bosch et Luis Posada Carriles qu’il se refuse à déclassifier.

À tout cela s’ajoute un autre fait qui confirme l’extension de cet énorme réseau criminel.

Cette même année 2003, tandis que le dossier du «Bin Laden d’Amérique» finissait au déchiqueteur, Cinq anti-terroristes cubains tentaient de préparer leur Appel. Ils le faisaient dans les cellules d’isolement de leurs cinq prisons respectives où les maintenaient ces mêmes personnages de cette même conspiration mafieuse qui s’étend depuis Hialeah jusqu’à la Maison Blanche.

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