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L’accompagnement des personnes âgées
PAR
ASTRID BARNET, spécialement pour Granma
international
LA vieillesse peut
représenter le déclin de plusieurs ou de nombreuses
fonctions et expectatives qui contribuent fortement
à alimenter la flamme du désir, mais ce déclin peut
aussi être vécu comme un processus naturel. Tout
dépend du mode de vie de la personne, de son état
physique et du niveau psychosocial dans lequel elle
se situe.
Existe-t-il des raisons pour
associer la vieillesse à l’état dépressif? On sait
que le syndrome dépressif se caractérise par une
profonde tristesse qui affecte la totalité de la vie
psychique, physique et sociale et s’accompagne
souvent d’inhibition, d’angoisses et même de
sensations physiques inconfortables.
Les personnes qui souffrent
de dépression y sont généralement prédisposées, et
la crise est provoquée par une perte: celle de
personnes, de biens, de statut social, de santé. Le
patient retourne contre lui-même la frustration ou
l’hostilité associée à cette perte. Cette
insatisfaction de soi engendre facilement des
sentiments de culpabilité et de diminution de
l’estime de soi.
Si les changements
caractéristiques du vieillissement sont perçus comme
une perte par des personnes prédisposées à la
dépression, celle-ci peut faire ses premières
apparitions à cette étape de la vie. Parmi les «déclencheurs»
les plus courants figurent la retraite, le fait de
disposer de moins de revenus, une dépendance
associée à des problèmes physiques et, bien entendu,
la perte d’un être cher.
On constatera alors que les
personnes ne manifestent plus d’intérêt pour des
questions qui normalement le passionnaient, qu’elles
ont du mal à «démarrer» la journée, qu’elles se
sentent fatiguées bien qu’elles ne se livrent à
aucune occupation, qu’elles dorment mal, qu’elles
éprouvent le besoin d’être seules, qu’elles sont aux
prises avec une inquiétude dont elles ne peuvent
identifier la cause, que leur auto-estime dégringole
alors que le sentiment de culpabilité s’exacerbe.
Dans le pire des cas le
patient envisage de mettre un terme à sa vie. En
effet, 70% des personnes qui se suicident présentent
des symptômes de dépression.
Comment aider?
Les personnes âgées doivent
d’abord être conscientes du fait que ces risques
existent et qu’elles y sont exposées, mais aussi qu’il
existe une infinité de mécanismes permettant de les
combattre, qui vont d’une simple décision –changer
d’environnement, se lancer dans une activité
nouvelle— à la demande d’aide auprès d’un médecin ou,
éventuellement, d’un psychologue.
Cette dernière alternative
ne convient pas à certains patients qui restent
attachés au mythe selon lequel il faut être fou pour
s’adresser à un psychologue.
Il arrive que les personnes
âgées ne veuillent pas ou ne puissent pas formuler
leurs problèmes émotionnels, mais qu’elles aillent
trouver leur médecin. Celui-ci, derrière les
symptômes physiques, décèlera des signes de
dépression et peut prescrire un traitement qui
donnera d’excellents résultats.
C’est à cette phase que
devient nécessaire le conseil des proches: famille,
amis, voisins, qui se doivent donc d’être attentifs
à l’état d’esprit de mamie ou papi et de ne pas
minimiser des symptômes en les attribuant à l’âge.
Certaines maladies propres à
cette étape de la vie peuvent être confondues avec
des états dépressifs. Les troubles du sommeil, la
perte de l’appétit ou la fatigue chronique
correspondent parfois à une cardiopathie. La
distraction et la perte de mémoire peuvent être des
signes avant-coureurs de démence sénile. En outre,
le syndrome dépressif s’associe souvent à d’autres
pathologies, d’où la difficulté du diagnostic.
L’accompagnement des
personnes âgées est indispensable car elles
souffrent souvent de solitude. Le problème est connu
des médecins qui mettent au centre de leurs
préoccupations le bien-être de l’homme, son plein
épanouissement et son intégration harmonieuse à la
société.
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