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Écouter sonner les cloches et savoir d’où elles
sonnent
PAR ASTRID BARNET
MÊME s’il y a plusieurs personnes
âgées qui jouissent d’une ouie acceptable, en
général ce sens décline avec l’âge, avec
l’apparition de cette maladie appelée la «presbyacousie»,
mot dérivé du grec presbyte, qui veut dire
vieux, et de acousia, qui veut dire entendre.
Cette maladie peut être d’origine sensorielle ou
nerveuse, elle peut provenir du conduit cochléaire
ou d’une atrophie des tissus vasculaires.
La perte de l’ouie peut débuter
dès l’âge de 40 ans, surtout chez les sujets qui ont
une prédisposition héréditaire. Mais en général,
elle progresse lentement et progressivement, jusqu’à
se manifester ouvertement à partir de 60 ans.
Les origines de cette maladie
sont diverses. Elle peut provenir du milieu ambiant
ou encore elle peut être causée par l’activité
humaine. Entre autres activités, signalons le niveau
élevé de décibels dans certains milieux de travail,
le tapage nocturne, tout comme le bruit démesurément
répétitif des klaxons de voitures.
Les spécialistes s’entendent pour
dire qu’une consommation exagérée d’alcool ou des
produits du tabac pendant de nombreuses années,
l’augmentation du taux de cholestérol, une diète mal
équilibrée et non contrôlée ou encore,
immanquablement, des facteurs héréditaires sont
autant de causes de cette maladie de l’ouie.
Quoi qu’il en soit, il est normal
qu’une diminution des facultés de l’ouie se
produise. Cela se traduit d’abord par une baisse de
la courbe audiométrique qui se manifeste d’abord sur
les sons aigus et, par la suite, sur les sons les
plus graves. Ainsi, les effets nocifs du bruit sur
la santé vont des altérations cardiovasculaires et
des pertes de sommeil, à la diminution de l’appétit
sexuel.
La presbyacousie est une maladie
à deux tranchants. La personne âgée qui en est
atteinte éprouve non seulement des problèmes
auditifs mais également des difficultés à
s’exprimer. Elle risque ainsi de perdre peu à peu
contact avec la réalité et son cercle d’amis
diminuera d’autant. Sans même s’en rendre compte, le
malade sombre dans la solitude, une situation
complexe qui affecte grandement les personnes âgées.
Il s’ensuit, comme on peut le constater dans
certaines sociétés, une baisse de l’estime de soi,
et cela peut conduire à la dépression et même à la
mort.
À Cuba, depuis plus de quatre
décennies, le gouvernement a mis de l’avant une
politique sociale qui est centrée sur le bien-être
de la personne. L’accès universel aux soins de santé
, à l’éducation et à la sécurité sociale a permis
d’éliminer d’importantes maladies qui affectaient
auparavant nombre de personnes, principalement les
gens âgés. Le dépistage de telles maladies commence
dès la grossesse et des soins spécialisés sont
offerts aux patients qui ont des problèmes d’ouie et
de vue, ainsi qu’aux sourds-muets. La télévision
cubaine offre maintenant un système de sous-titrage
appelé close captation (ou sous-titrage
invisible). Cela a permis d’améliorer la qualité de
vie des sourds, qui peuvent maintenant avoir accès
aux différents programmes d’information, d’éducation
et de divertissement, bref aux activités nationales
et internationales. D’autres services s’ajouteront
dans la mesure où nous acquerrons une plus grande
expérience.
Un service de téléphonie
spécialisé pour les sourds et pour ceux dont les
capacités motrices sont déficientes a également été
instauré, leur donnant ainsi accès à des appels
téléphoniques gratuits. Nous disposons d’un plus
grand nombre d’interprètes par signes pour les
sourds et les personnes souffrant d’hypoacousie, de
même que de claviers pour les personnes sourdes et
aveugles.
On dit souvent des personnes âgées qui ont des
problèmes auditifs qu’elles entendent sonner les
cloches mais qu’elles ne savent pas d’où vient le
son. À Cuba, ce n’est certainement pas le cas, car
il s’agit d’écouter sonner les cloches et savoir
d’où elles sonnent. Telle est la politique du
gouvernement révolutionnaire, qui entend intégrer,
par ses programmes sociaux, toute personne qui exige
une attention spéciale, afin d’augmenter son
espérance de vie (avec beaucoup de bonheur) jusqu’à
cent vingt ans.
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