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Le Sénat adopte le plan de Bush concernant
l’interrogation des détenus
WASHINGTON. – Le Sénat a
soutenu jeudi le plan du président George W. Bush
concernant le jugement et l’interrogation de ceux
qui sont soupçonnés de terrorisme, ce qui a
pratiquement scellé l’approbation du Congrès pour
une loi dont les républicains entendent tirer profit
durant la campagne électorale pour démontrer leur
fermeté contre le terrorisme, annonce AP.
L’adoption de la mesure, par
65 voix pour contre 34 contre, signifie que le
projet de loi pourrait atterrir sur le bureau du
président avant la fin de la semaine. La Chambre des
représentants avait adopté un projet quasi identique
mercredi et on attend que soit adopté celui qui est
déjà passé par le Sénat, après son envoi à la Maison
Blanche.
La loi créerait des
commissions militaires qui instruiraient un procès
contre ceux soupçonnés de terrorisme. De même, elle
interdirait les cas flagrants de sévices envers les
détenus mais elle laisserait au président
suffisamment de souplesse pour décider quelles
techniques d’interrogatoire sont légalement permises.
Le texte adopté par la
majorité républicaine a été très critiqué par des
spécialistes en droit humanitaire et constitutionnel,
car il contredit les principes essentiels de respect
envers les détenus, ce qui a été dénoncé au niveau
international.
La Maison Blanche et ses
sympathisants ont estimé que la mesure était
indispensable pour lutter contre le terrorisme, mais
certains démocrates ont indiqué qu’elle laissait
aussi la porte ouverte à des abus et à la violation
de la Constitution au nom de la protection des
étasuniens.
Les démocrates ont indiqué
que l’empressement des républicains pour faire
adopter la mesure par le Congrès était destiné à
leur donner du grain à moudre durant leurs campagnes
politiques.
Lors des élections du 7
novembre, le contrôle des chambres des représentants
et du sénat sera en jeu.
La chef des congressistes
démocrates à la Chambre des représentants, Nancy
Pelosi, avait indiqué la veille qu’« autoriser la
détention illimitée (de suspects) dans de telles
conditions qu’ils ne peuvent pas contester le
jugement est contraire à notre histoire et à nos
valeurs ». La congressiste a déclaré espérer que le
texte soit invalidé par le Tribunal suprême, qui a
condamné en juin la tentative du gouvernement de
faire juger les prisonniers de Guantanamo par des
tribunaux d’exception.
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