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SESSION DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE DU POUVOIR
POPULAIRE
Raul Castro pour plus d’efficacité
et de rigueur dans la gestion étatique
• 2006: consolidation économique et
sociale • Dorénavant le nom de chaque année sera
déterminé par le calendrier chronologique des
anniversaires de la Révolution
PAR HAYDÉE LEON MOYA, de Granma international
LA réunion de
bilan sur la situation économique et sociale du pays
pour l’année 2006 ne s’est pas limitée à une simple
prise de connaissance des statistiques, qui révèlent
une croissance graduelle de l’économie, ou encore
des répercussions de cette poussée économique sur
l’individu et la société.
Pendant la
session de l’Assemblée nationale du Pouvoir
populaire, tenue le 22 décembre à La Havane, Raul
Castro, premier vice-président du Conseil d’Etat et
du Conseil des ministres, a exigé davantage
d’efficacité et de rigueur dans la gestion étatique.
Les députés se
sont penchés sur les difficultés internes, des
problèmes qui souvent ne relèvent pas (ou très peu)
des restrictions issues d’une « période spéciale»
pas encore dépassée, ou des effets du blocus
criminel imposé à Cuba par les États-Unis.
Un événement de
cette importance ne pouvait pas non plus omettre de
reconnaître l’effort fourni par le peuple tout au
long de l’année, et qui a accueilli avec fierté
l’accord adopté à l’unanimité par les députés, en
vertu duquel 2007 sera l’«Année du 49e
anniversaire de la Révolution». Ricardo Alarcon,
président de l’Assemblée nationale, a expliqué qu’à
partir de maintenant le nom de chaque année sera
déterminé par le calendrier chronologique des
anniversaires de la Révolution.
«Rien ne
saurait mieux refléter l’ensemble des intérêts de ce
peuple que les années de vie de la Révolution », a
signalé Raul Castro, avant d’ajouter que « le
président Fidel Castro, qui se remet graduellement,
a été consulté à propos de cette initiative et a
donné pleinement son accord».
Dans son
discours de clôture, Ricardo Alarcon a relevé le
degré de maturité, de solidarité et d’unité dont le
peuple cubain a fait montre lors de la Proclamation
faite par Fidel le 31 juillet, ainsi que l’adhésion
de Cubains à la direction historique de la
Révolution.
«2006 a été
marqué par des progrès incontestables aux plans
économique et social, et ce en dépit de la
recrudescence des agressions perpétrées par les
États-Unis contre Cuba», a-t-il dit.
«Nous sommes le
seul pays à avoir été confronté pendant près d’un
siècle à un plan génocide conçu pour détruire sa
nation. Nous sommes donc en droit d’exprimer notre
entière satisfaction et notre fierté pour tout ce
que nous avons réussi à faire jusqu’ici, ainsi que
pour notre capacité de résistance, qui nous a permis
d’édifier une œuvre qui suscite une reconnaissance
croissante dans le monde», a fait remarquer le
président de l’Assemblée nationale.
Et d’ajouter
plus loin: «Quiconque se sentirait découragé ou
amené à penser qu’il a suffisamment donné, se doit
de méditer sur l’exemple des Cinq héros cubains qui
évoluent chacun dans un milieu hostile, en dehors du
cadre de la Révolution et de son commandant en
chef».
«Tous les
acquis réalisés ne peuvent justifier que des erreurs
soient commises par négligence ou par manque de
rigueur», a dit Alarcon.
Encouragés par
plusieurs interventions du ministre des Forces
armées révolutionnaires Raul Castro, les députés se
sont engagés dans un débat des plus animés et
critiques sur les difficultés et les insuffisances
rencontrées dans la réhabilitation et la
construction de logements, la production agricole et
la sphère des transports.
Après avoir
pris note des précisions données par plusieurs
députés sur la baisse actuelle des rendements
agricoles, les prix élevés pratiqués dans les points
de vente, ainsi que sur les engagements non tenus
par les entreprises d’État concernant les paiements
et les contributions à verser aux coopératives et
aux paysans, Raul a procédé à une analyse détaillée
et particulièrement critique, tout en insistant sur
la nécessité impérieuse de renforcer la rigueur et
l’efficacité dans la gestion étatique.
Revenant à la
question houleuse de la dette contractée auprès des
producteurs agricoles, Raul a dit ne pas comprendre
pourquoi les entreprises du ministère de
l’Agriculture n’avaient pas encore versé l’argent
aux paysans et aux coopératives qui avaient remis
leurs produits à l’État.
Le premier
vice-président a qualifié d’inexcusables ces
lourdeurs bureaucratiques. «Comment envisager
d’accroître les disponibilités alimentaires de la
population si nous ne sommes pas capables de tenir
nos engagements vis-à-vis de ceux qui assurent
aujourd’hui 65% de la production agricole du pays?»,
a demandé Raul Castro. Il a rappelé que ce phénomène
n’est pas inconnu ou nouveau, et il a demandé aux
députés qu’un rapport soit présenté à la prochaine
période de sessions de l’Assemblée sur les causes et
les solutions de ce problème récurrent qui, a-t-il
rappelé, profite aux activités des intermédiaires et
des revendeurs.
Maria del
Carmen Pérez, ministre de l’Agriculture, a signalé
dans son rapport que même si en 2006 les récoltes
n’ont pas été affectées par les cyclones ou par
d’autres phénomènes météorologiques, la sphère
agricole a quand même souffert d’un manque de
semences dû, entre autres facteurs, à une sécheresse
prolongée, «ce qui nous a obligés à concentrer
l’essentiel de nos efforts sur le
réapprovisionnement des stocks pendant le premier
semestre de l’année».
«Tirer un
meilleur parti des terres encore incultes est
fondamental dans la perspective la plus immédiate de
ce ministère, et nous poursuivons notre stratégie
fondée sur le remplacement des importations,
conscients du fait que dans le tourisme, par
exemple, l’approvisionnement pourrait être
graduellement assuré par des produits nationaux».
Les actes
d’indiscipline, qu’ils interviennent dans un
contexte social ou administratif, sur les lieux de
travail, dans les transports publics ou dans
d’autres services ou prestations, ont également fait
l’objet de discussions assez vives.
À ce sujet la
députée Alejandra Regla Hernandez s’est prononcée
pour une meilleure organisation dans la distribution
des appareils électroménagers qui a lieu dans le
cadre de la révolution énergétique, les retards dans
les paiements de certaines familles bénéficiaires
ayant entraîné un déficit de plus d’un milliard de
pesos.
Au cours de ses
nombreuses participations aux débats, Raul Castro
s’est également livré à des réflexions plus
générales, comme par exemple sur l’exercice de la
critique et de l’autocritique en tant que pratiques
révolutionnaires, ou sur la nécessité de mener des
études pour dévoiler publiquement les problèmes
actuels de la société cubaine.
Faisant
allusion à la définition de révolution donnée en
2002 par Fidel, il a signalé: «c’est la
quintessence de notre travail politique et
idéologique, car elle stipule que Révolution veut
dire: ne jamais mentir. Les imprécisions, les
données inexactes ou masquées –inconsciemment ou
pas–, ne peuvent plus continuer. Nous nous devons
d’être conséquents avec ce qui est dit, discuté est
adopté dans cette salle».
UNE
AMÉLIORATION GRADUELLE DES TRANSPORTS
• «La solution
destinée à améliorer les transports en commun et le
transport de charges ne passe pas par un
investissement accru dans l’acquisition
d’équipements ou de matériel, mais par une
amélioration de l’organisation, de la discipline, et
une valorisation du capital humain dont nous
disposons. C’est un des problèmes auxquels il nous
faut trouver une issue pour une plus longue
durabilité du matériel», a affirmé Jorge Luis Sierra
Cruz, ministre des Transports.
«Nous sommes
aussi confrontés à une instabilité persistante de
l’emploi du fait de l’attention insuffisante qui est
accordée aux conditions de travail, à des
difficultés d’ordre organisationnel et à des
indisciplines comme celles commises par certains
conducteurs-receveurs indélicats qui refusent de
remettre le ticket de bus ou qui empiètent sur
l’itinéraire dans un esprit de lucre», a souligné le
ministre.
«Cette
situation ira en s’améliorant en 2007, même si les
résultats seront plus concrets et plus palpables en
2008. Il nous faut davantage de discipline,
d’efficacité et d’organisation dans les transports
pour assurer une amélioration progressive et
continue de la qualité», a dit le ministre.
À ce stade des
discussions, Raul Castro a rappelé que les
transports ont été au bord du collapse du fait de
l’état de détérioration provoqué par les dures
années d’austérité de la période spéciale. Il a
averti que leur remise en état demandera encore des
efforts et du temps, et qu’aucun progrès ne sera
possible sans une discipline rigoureuse.
110 000
NOUVEAUX LOGEMENTS
• En 2006 Cuba
a réussi à achever environ 110 00 nouveaux
logements, mettant ainsi un terme à un important
processus d’investissements dans l’industrie des
matériaux de construction. Les capacités ont été
élargies dans 57 lignes de production et 36
nouvelles modalités ont été introduites.
À cet égard
Carlos Lage, secrétaire du Comité exécutif du
Conseil des ministres, a fait observer qu’environ 70
000 habitations seront terminées cette année et que
des ressources matérielles importantes seront en
outre destinées à la réhabilitation et la réparation
de 150 000 nouveaux logements. «Ce programme serait
impensable sans une vaste participation populaire»,
a-t-il dit. •
PROCHAINE
HAUSSE DE LA PRODUCTION DE SUCRE
•
La production de sucre a connu
une croissance de 32% par rapport à la récolte de
2005, ont informé les responsables du ministère de
l’Industrie sucrière (MINAZ), lors des sessions de
l’Assemblée nationale du pouvoir populaire.
«Cette
progression s’est aussi traduite par une
augmentation de 28% des disponibilités de canne à
sucre comparativement à l’exercice précédent», a
précisé José Carlos Santos, vice-ministre du MINAZ,
dans son exposé sur la question.
La récolte a
démarré fin décembre à la sucrerie Paquito
Rosales de Santiago de Cuba, dans l’est de
l’île. Les cinquante sucreries –huit de plus qu’en
2005– qui sont opérationnelles travaillent
actuellement à plein régime.
Ulises Rosales
del Toro, ministre de l’Industrie sucrière, a
signalé dans son exposé que la poursuite des
objectifs se fait dans de meilleures conditions en
ce qui concerne l’attention accordée aux
travailleurs et les approvisionnements en matériel.
«L’amélioration des rendements de fabrication est
l’un de nos principaux défis actuels dans cette
importante activité économique, si l’on sait que le
rendement moyen dans le monde est d’une tonne de
sucre par hectare de terrain, et qu’il nous reste
encore du chemin à faire», a dit le ministre. |