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 E C O N O M I E

La Havane. 8 Janvier 2007

SESSION DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE DU POUVOIR POPULAIRE
Raul Castro pour plus d’efficacité et de rigueur dans la gestion étatique

• 2006: consolidation économique et sociale • Dorénavant le nom de chaque année sera déterminé par le calendrier chronologique des anniversaires de la Révolution

PAR HAYDÉE LEON MOYA, de Granma international

LA réunion de bilan sur la situation économique et sociale du pays pour l’année 2006 ne s’est pas limitée à une simple prise de connaissance des statistiques, qui révèlent une croissance graduelle de l’économie, ou encore des répercussions de cette poussée économique sur l’individu et la société.

Pendant la session de l’Assemblée nationale du Pouvoir populaire, tenue le 22 décembre à La Havane, Raul Castro, premier vice-président du Conseil d’Etat et du Conseil des ministres, a exigé davantage d’efficacité et de rigueur dans la gestion étatique.

Les députés se sont penchés sur les difficultés internes, des problèmes qui souvent ne relèvent pas (ou très peu) des restrictions issues d’une « période spéciale» pas encore dépassée, ou des effets du blocus criminel imposé à Cuba par les États-Unis.

Un événement de cette importance ne pouvait pas non plus omettre de reconnaître l’effort fourni par le peuple tout au long de l’année, et qui a accueilli avec fierté l’accord adopté à l’unanimité par les députés, en vertu duquel 2007 sera l’«Année du 49e anniversaire de la Révolution». Ricardo Alarcon, président de l’Assemblée nationale, a expliqué qu’à partir de maintenant le nom de chaque année sera déterminé par le calendrier chronologique des anniversaires de la Révolution.

«Rien ne saurait mieux refléter l’ensemble des intérêts de ce peuple que les années de vie de la Révolution », a signalé Raul Castro, avant d’ajouter que « le président Fidel Castro, qui se remet graduellement, a été consulté à propos de cette initiative et a donné pleinement son accord».

Dans son discours de clôture, Ricardo Alarcon a relevé le degré de maturité, de solidarité et d’unité dont le peuple cubain a fait montre lors de la Proclamation faite par Fidel le 31 juillet, ainsi que l’adhésion de Cubains à la direction historique de la Révolution.

«2006 a été marqué par des progrès incontestables aux plans économique et social, et ce en dépit de la recrudescence des agressions perpétrées par les États-Unis contre Cuba», a-t-il dit.

«Nous sommes le seul pays à avoir été confronté pendant près d’un siècle à un plan génocide conçu pour détruire sa nation. Nous sommes donc en droit d’exprimer notre entière satisfaction et notre fierté pour tout ce que nous avons réussi à faire jusqu’ici, ainsi que pour notre capacité de résistance, qui nous a permis d’édifier une œuvre qui suscite une reconnaissance croissante dans le monde», a fait remarquer le président de l’Assemblée nationale.

Et d’ajouter plus loin: «Quiconque se sentirait découragé ou amené à penser qu’il a suffisamment donné, se doit de méditer sur l’exemple des Cinq héros cubains qui évoluent chacun dans un milieu hostile, en dehors du cadre de la Révolution et de son commandant en chef».

«Tous les acquis réalisés ne peuvent justifier que des erreurs soient commises par négligence ou par manque de rigueur», a dit Alarcon.

Encouragés par plusieurs interventions du ministre des Forces armées révolutionnaires Raul Castro, les députés se sont engagés dans un débat des plus animés et critiques sur les difficultés et les insuffisances rencontrées dans la réhabilitation et la construction de logements, la production agricole et la sphère des transports.

Après avoir pris note des précisions données par plusieurs députés sur la baisse actuelle des rendements agricoles, les prix élevés pratiqués dans les points de vente, ainsi que sur les engagements non tenus par les entreprises d’État concernant les paiements et les contributions à verser aux coopératives et aux paysans, Raul a procédé à une analyse détaillée et particulièrement critique, tout en insistant sur la nécessité impérieuse de renforcer la rigueur et l’efficacité dans la gestion étatique.

Revenant à la question houleuse de la dette contractée auprès des producteurs agricoles, Raul a dit ne pas comprendre pourquoi les entreprises du ministère de l’Agriculture n’avaient pas encore versé l’argent aux paysans et aux coopératives qui avaient remis leurs produits à l’État.

Le premier vice-président a qualifié d’inexcusables ces lourdeurs bureaucratiques. «Comment envisager d’accroître les disponibilités alimentaires de la population si nous ne sommes pas capables de tenir nos engagements vis-à-vis de ceux qui assurent aujourd’hui 65% de la production agricole du pays?», a demandé Raul Castro. Il a rappelé que ce phénomène n’est pas inconnu ou nouveau, et il a demandé aux députés qu’un rapport soit présenté à la prochaine période de sessions de l’Assemblée sur les causes et les solutions de ce problème récurrent qui, a-t-il rappelé, profite aux activités des intermédiaires et des revendeurs.

Maria del Carmen Pérez, ministre de l’Agriculture, a signalé dans son rapport que même si en 2006 les récoltes n’ont pas été affectées par les cyclones ou par d’autres phénomènes météorologiques, la sphère agricole a quand même souffert d’un manque de semences dû, entre autres facteurs, à une sécheresse prolongée, «ce qui nous a obligés à concentrer l’essentiel de nos efforts sur le réapprovisionnement des stocks pendant le premier semestre de l’année».

«Tirer un meilleur parti des terres encore incultes est fondamental dans la perspective la plus immédiate de ce ministère, et nous poursuivons notre stratégie fondée sur le remplacement des importations, conscients du fait que dans le tourisme, par exemple, l’approvisionnement pourrait être graduellement assuré par des produits nationaux».

Les actes d’indiscipline, qu’ils interviennent dans un contexte social ou administratif, sur les lieux de travail, dans les transports publics ou dans d’autres services ou prestations, ont également fait l’objet de discussions assez vives.

À ce sujet la députée Alejandra Regla Hernandez s’est prononcée pour une meilleure organisation dans la distribution des appareils électroménagers qui a lieu dans le cadre de la révolution énergétique, les retards dans les paiements de certaines familles bénéficiaires ayant entraîné un déficit de plus d’un milliard de pesos.

Au cours de ses nombreuses participations aux débats, Raul Castro s’est également livré à des réflexions plus générales, comme par exemple sur l’exercice de la critique et de l’autocritique en tant que pratiques révolutionnaires, ou sur la nécessité de mener des études pour dévoiler publiquement les problèmes actuels de la société cubaine.

Faisant allusion à la définition de révolution donnée en 2002  par Fidel, il a signalé: «c’est la quintessence de notre travail politique et idéologique, car elle stipule que Révolution veut dire: ne jamais mentir. Les imprécisions, les données inexactes ou masquées –inconsciemment ou pas–, ne peuvent plus continuer. Nous nous devons d’être conséquents avec ce qui est dit, discuté est adopté dans cette salle».

UNE AMÉLIORATION GRADUELLE DES TRANSPORTS

• «La solution destinée à améliorer les transports en commun et le transport de charges ne passe pas par un investissement accru dans l’acquisition d’équipements ou de matériel, mais par une amélioration de l’organisation, de la discipline, et une valorisation du capital humain dont nous disposons. C’est un des problèmes auxquels il nous faut trouver une issue pour une plus longue durabilité du matériel», a affirmé Jorge Luis Sierra Cruz, ministre des Transports.  

«Nous sommes aussi confrontés à une instabilité persistante de l’emploi du fait de l’attention insuffisante qui est accordée aux conditions de travail, à des difficultés d’ordre organisationnel et à des indisciplines comme celles commises par certains conducteurs-receveurs indélicats qui refusent de remettre le ticket de bus ou qui empiètent sur l’itinéraire dans un esprit de lucre», a souligné le ministre.

«Cette situation ira en s’améliorant en 2007, même si les résultats seront plus concrets et plus palpables en 2008. Il nous faut davantage de discipline, d’efficacité et d’organisation dans les transports pour assurer une amélioration progressive et continue de la qualité», a dit le ministre.

À ce stade des discussions, Raul Castro a rappelé que les transports ont été au bord du collapse du fait de l’état de détérioration provoqué par les dures années d’austérité de la période spéciale. Il a averti que leur remise en état demandera encore des efforts et du temps, et qu’aucun progrès ne sera possible sans une discipline rigoureuse. 

110 000 NOUVEAUX LOGEMENTS

• En 2006 Cuba a réussi à achever environ 110 00 nouveaux logements, mettant ainsi un terme à un important processus d’investissements dans l’industrie des matériaux de construction. Les capacités ont été élargies dans 57 lignes de production et 36 nouvelles modalités ont été introduites.

À cet égard Carlos Lage, secrétaire du Comité exécutif du Conseil des ministres, a fait observer qu’environ 70 000 habitations seront terminées cette année et que des ressources matérielles importantes seront en outre destinées à la réhabilitation et la réparation de 150 000 nouveaux logements. «Ce programme serait impensable sans une vaste participation populaire», a-t-il dit. •

PROCHAINE HAUSSE DE LA PRODUCTION DE SUCRE

 La production de sucre a connu une croissance de 32% par rapport à la récolte de 2005, ont informé les responsables du ministère de l’Industrie sucrière (MINAZ), lors des sessions de l’Assemblée nationale du pouvoir populaire.

«Cette progression s’est aussi traduite par une augmentation de 28% des disponibilités de canne à sucre comparativement à l’exercice précédent», a précisé José Carlos Santos, vice-ministre du MINAZ, dans son exposé sur la question.

La récolte a démarré fin décembre à la sucrerie Paquito Rosales de Santiago de Cuba, dans l’est de l’île. Les cinquante sucreries –huit de plus qu’en 2005– qui sont opérationnelles travaillent actuellement à plein régime.

Ulises Rosales del Toro, ministre de l’Industrie sucrière, a signalé dans son exposé que la poursuite des objectifs se fait dans de meilleures conditions en ce qui concerne l’attention accordée aux travailleurs et les approvisionnements en matériel. «L’amélioration des rendements de fabrication est l’un de nos principaux défis actuels dans cette importante activité économique, si l’on sait que le rendement moyen dans le monde est d’une tonne de sucre par hectare de terrain, et qu’il nous reste encore du chemin à faire», a dit le ministre.

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