Prisonniers politiques de l'Empire  MIAMI 5     

       

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 S C I E N C E   E T   T E C H N O L O G I E

La Havane. 15 Février 2007

CHANGEMENT CLIMATIQUE
Le gouvernement de Bush censure les scientifiques

LE gouvernement Bush use de procédés déloyaux pour leurrer les citoyens sur un sujet qui concerne l’humanité dans son ensemble: celui des variations climatiques et du réchauffement der la planète. Des centaines de scientifiques interrogés ont admis avoir subi des pressions ou des interférences dans leur travail sur ce thème.

Il leur a été demandé d’éliminer de leurs déclarations toute expression pouvant suggérer que des actions humaines menacent notre habitat, et, surtout, toute allusion au fait que les dégâts peuvent se généraliser. Certains chercheurs affirment que leurs communications ont été manipulées dans le seul but de diminuer l’inquiétude à laquelle donnaient lieu leurs recherches.

Le problème a acquis de l’ampleur puisque le Comité de supervision et de réforme gouvernementale du Sénat a tenu des audiences pour interroger plusieurs experts. L’un d’eux, le Dr Drew Shindell, a déclaré:

«À l’automne 2004, une équipe que je dirigeais à la NASA publiait un document expliquant comment l’épuisement de la couche d’ozone sur l’Antarctique et l’augmentation des gaz à effet de serre pouvaient provoquer ensemble le refroidissement, puis le réchauffement de l’Antarctique, tel que cela a pu être observé. Cette étude a été la première à montrer que les deux facteurs agissent ensemble pour modifier les températures de l’Antarctique. Non seulement elle a expliqué le refroidissement constaté, mais elle a prévu un réchauffement ultérieur à partir de l’augmentation en continu des gaz à effet de serre. Ceci a des implications évidentes sur le débat autour du réchauffement global et sur l’élévation potentielle du niveau de la mer, puisque les plaques de glace de l’Antarctique constituent d’immenses réserves d’eau.»

Lorsque les travaux de l’équipe furent bien avancés, Shindell fit parvenir ses résultats au département de presse de la NASA pour publication du communiqué correspondant. Toutes les notes précédentes de son équipe avaient été publiées sans délais, mais celle-ci dut attendre et sortit finalement avec d’importantes modifications de contenu. «Lorsqu’à l’Institut Goddard des études spatiales, nous avons consulté nos chefs de la NASA, ils nous ont dit que la publication de la note tarderait parce que deux politiques de la Maison Blanche révisaient tous les communiqués de presse portant sur le climat.»

À cela s’ajouta qu’un fonctionnaire devait obligatoirement être présent à toute interview, personnelle ou téléphonique, des chercheurs travaillant sur le climat, «une mesure que la plupart d’entre nous estiment contraire aux principes d’une société démocratique», commente le chercheur, pour qui «les scientifiques informent ceux qui tracent les politiques ainsi que le public sur des questions qui concernent l’ensemble de la société. Le changement climatique en est une, de toute évidence¼ » et ne doit donc pas tomber sous le secret.

Ces informations ont filtré à Paris, à l’occasion des conclusions de l’Équipe intergouvernementale sur le changement climatique, un groupe constitué par l’ONU avec la participation de 2 500 chercheurs de 131 pays, qui affirment que l’augmentation du dioxyde de carbone résultant de la consommation incontrôlée de combustibles fossiles réchauffe la planète, ce qui implique la fonte des glaces des pôles, l’élévation du niveau de la mer et, par conséquent, l’inondation de nombreuses zones côtières, entre autres catastrophes.

Si l’administration Bush s’entête à mentir sur les résultats de recherches scientifiques, c’est en raison d’intérêts liés aux sources d’approvisionnement des finances de la famille Bush, de ses proches collaborateurs et autres complices.

Parmi les opinions exprimées sur ce sujet figure celle de Zbigniew Jaworowski, du Laboratoire central pour la protection radioactive de Varsovie et conseiller du gouvernement des États-Unis: «Washington utilise la question du changement climatique comme arme psychologique dans les deux cas –le réchauffement et le refroidissement--; tous deux servent de prétexte aux militaires pour demander plus d’argent pour protéger la «douce terre de liberté » de toutes sortes de maux.»

Dès son accession au pouvoir, Bush est monté sur le devant de la scène pour se retirer du Protocole de Kyoto, que beaucoup jugent insuffisant et que Clinton avait signé au dernier moment. Par la suite, outre les pressions déjà citées, il a utilisé des personnes sans scrupules qui niaient les preuves apportées sur le changement climatique. L’objectif est de ne rien changer au modèle de production et de consommation existant  et en particulier d’éviter que les grandes industries ne dépensent des fortunes pour mettre en place des moyens atténuant les dommages causés à l’atmosphère.

Parallèlement, d’autres projets ont prospéré pour contrôler le climat, mais pas dans le but d’éviter des catastrophes comme les grands ouragans qui, comme Katrina, ravagent des zones du territoire des États-Unis. Non. L’objectif recherché jusqu’à présent est d’exercer une influence malsaine sur le climat d’autres pays.

Jusqu’à maintenant, la manipulation des facteurs climatiques a obéi à des fins bellicistes. Pendant les guerres du Vietnam et du Cambodge, la CIA a procédé à des expériences tendant à provoquer des pluies intenses et prolongées pour détruire récoltes et chemins. Ces épisodes sont bien connus et ont donné lieu à une convention des Nations unies qui interdit d’« utiliser des techniques de modification climatique à des fins militaires ou autres fins hostiles». Les États-Unis signent ou ne signent pas, c’est selon, mais ils ne manquent jamais de faire ensuite ce qui leur convient le mieux. Leurs projets dans ce domaine continuent d’avancer et ils persistent à bâillonner ceux qui donnent l’alerte.

Bush reçoit d’ailleurs de l‘aide à ces fins: Exxon Mobile offre dix mille dollars, frais de voyages payés et autres petits bénéfices à ceux qui se prêtent à susciter des doutes autour du rapport récemment publié dans la capitale française.

Selon le journal britannique The Guardian, la transnationale pétrolière a fondé l’American Enterprise Institute auquel sont rattachés plusieurs think tanks disposés à mettre en valeur ou, le cas échéant, à inventer des défauts au texte émis par l’Équipe internationale sur le changement climatique.

Autrement dit, on constate que le pays qui se dit le plus ouvert, le plus libre et le plus démocratique bâillonne ses chercheurs ou les censure. Il déforme les réalités et les preuves, non sur la base d’autres critères scientifiques mais pour servir des objectifs sordides. (Elsa Claro)
 

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