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Une nouvelle croisade
éducative
PAR SUNDRED SUZARTE MEDINA, de Granma international
LE nouveau millénaire impose ses
défis. Il propose un regard différent sur les
questions historiques demeurées en suspens pour
l’humanité. Les défis d’antan sont une réalité qui
demeure vivante et sur laquelle les protagonistes de
cette nouvelle étape sont appelés à se pencher.
L’éducation des peuples, moteur du
progrès humain, est demeurée pour le Sommet du
millénaire de l’an 2000 une des tâches prioritaires
de chacun des pays participants. Dans ce sens, Cuba
s’est signalée, pour son propre bien et celui de
tous les autres, comme une des nations qui a assumé
pleinement la reconnaissance de la dignité humaine
en la défendant avec tout le sérieux possible.
Depuis cette réunion historique à
laquelle participèrent des représentants de 189
pays, l’île a mis au point de nouvelles stratégies
qui lui ont permis de s’affirmer comme leader dans
ce domaine, en garantissant à tous l’accès à l’école
et des chances de faire des études, sans distinction
de race, de sexe ou d’âge.
Pour continuer de mériter le respect
international, Cuba a introduit dernièrement de
nouvelles méthodes d’enseignement qui contribuaient
à une meilleure mise à profit des connaissances,
tant pour les enseignants que pour les apprenants.
Ainsi, la formation et le recyclage des enseignants
sont plus étroitement liés à la pratique scolaire,
ceci dès les premières années de la formation
professionnelle. En outre, de nouvelles conditions
ont été mises en place pour assurer un suivi
efficace, individuel et différencié de tous les
enfants, adolescents et jeunes, notamment en
améliorant l’environnement scolaire, en dotant les
écoles de matériel d’informatique et audiovisuel et
en réduisant le nombre d’élèves par classe.
Signalons aussi que l’accès aux études
universitaires est maintenant garanti dans toutes
les régions du pays, et que de nouvelles
technologies de communication permettent à chaque
citoyen d’acquérir une culture générale et
intégrale.
Cuba peut aujourd’hui se flatter
d’avoir atteint et largement dépassé les objectifs
figurant au Programme d’éducation pour tous
de l’Organisation des Nations unies pour
l’éducation, la science et la culture (UNESCO) à
l’horizon 2015. C’est ce qui ressort du Rapport
de suivi de l’éducation pour tous dans le monde,
paru en novembre 2005, où il est précisé que Cuba
est le pays d’Amérique latine et des Caraïbes qui a
obtenu les meilleurs résultats dans ce domaine.
L’éducation va même à Cuba au-delà
des niveaux conventionnels en permettant à des
professionnels déjà titulaires de diplômes
universitaires d’enrichir leurs connaissances et de
parfaire leur formation. Ainsi, tous les
enseignants qui ont achevé leurs études
universitaires ont aujourd’hui la possibilité de
faire une maîtrise de sciences de l’éducation, afin
d’élever le niveau de leur pratique pédagogique et
scientifique. Ceci montre que les autorités du pays
se proposent non seulement de rendre l’enseignement
massif mais aussi de doter ceux qui le transmettent
d’outils efficaces.
Selon le Schéma du Rapport
spécial sur Cuba pour le Sommet des non alignés
d’avril 2006, 58,8%de la population de 11 ans et
plus a terminé le premier cycle d’études
secondaires, et 7,3% a achevé des études
supérieures. Les indices d’efficacité scolaire tels
que l’inscription, la rétention scolaire, le
redoublement et la continuité des études des
apprenants en fin d’études primaire ou de premier
cycle du secondaire affichent une tendance
favorable pour la période 1991-2005, ce qui implique
d’avoir atteint les objectifs des programmes
Éducation pour tous et Objectifs du millénaire.
Selon le document, les élèves du
primaire apprennent aujourd’hui 2,2 fois plus de
mathématiques et 1,5 fois plus d’espagnol qu’il y a
cinq ans. Plus de 2 800 000 apprenants sont
actuellement inscrits à tous les niveaux du système
éducationnel, dont 500 000 dans l’enseignement
supérieur. Il existe dans tout le territoire
national 13 400 centres d’études, dont 1 200
comptent de un à cinq élèves dans les zones rurales.
Dans tous les cas, ces petites écoles rurales
disposent des enseignants et du matériel
audiovisuel et informatique qui leur permettent de
dispenser un enseignement analogue à celui qui est
assuré dans les écoles des villes.
Par ailleurs et malgré des
conditions économiques difficiles, le gouvernement a
approuvé une hausse des salaires des enseignants qui
illustre en premier lieu la reconnaissance de
l’importance que concède toute la société au labeur
pédagogique. Les ressources financières destinées à
l’enseignement ont considérablement augmenté depuis
le triomphe de la Révolution: de 79,4 millions de
pesos pour l’année 1957-58 à 4,989 milliards en
2006. Le premier chiffre a donc été multiplié par
63. Plus de 24% des dépenses budgétisées par l’État
cubain en 2006 ont servi à financer des activités
programmées dans la sphère de l’éducation.
L’éducation progresse dans le pays
au rythme des nouveaux défis mondiaux. Le
gouvernement cubain s’est engagé à élever le niveau
culturel de ses citoyens et à les préparer de mieux
en mieux à affronter une réalité où la concurrence
se fait de plus en plus ardue. Cuba se situe en tête
de cette nouvelle croisade pour le développement.
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