Anne-Marie Garcia
YARGELIS Savigne et Mabel Gay ont offert à Cuba un
doublé historique au triple saut féminin aux
Championnats du monde de Berlin.
Savigne, avec un bond de 14,95 m, a conservé le titre
qu’elle avait remporté il y a deux ans à Osaka, tandis
que Gay a décroché la médaille d’argent avec un saut de
14,61 m.
«Je suis très satisfaite», a déclaré Yargelis à la
presse à l’issue de l’épreuve. «En réalité j’aurais pu
sauter 15 mètres, mais je tenais avant tout à gagner
cette compétition».
Elle dit avoir eu un début de compétition difficile.
«J’étais anxieuse et angoissée, à tel point que j’ai dû
m’asseoir pour me détendre et me dire à moi-même: du
calme».
La sauteuse cubaine de 24 ans a dû reprendre sa
concentration pour effacer le mauvais souvenir des J.O.
de l’année dernière, lorsqu’elle avait été écartée du
podium. «J’ai réussi à effacer le cauchemar de Pékin»,
devait-elle déclarer à la presse.
«Mon entraîneur Milan Matos a également Mabel Gay
sous sa houlette depuis le début de la saison, et je
dois dire qu’elle a amélioré son niveau», a expliqué
Savigne.
Les 14,61 m réussis par Mabel, 26 ans, constituent sa
meilleure prestation de la saison. Elle devait signaler:
«Cette médaille a été une surprise, je suis
supercontente, très heureuse, car j’ai pensé que ce saut
ne suffirait pas pour remporter une médaille».
«A présent je suis encore plus motivée pour continuer
de m’améliorer et de m’attaquer au cap des 15 mètres»,
a-t-elle ajouté.
Après leur victoire, les deux sauteuses ont fait un
tour d’honneur du Stade olympique de Berlin, enveloppées
dans le drapeau cubain.
USAIN BOLT L’EXTRATERRESTRE
Le Jamaïcain Usain Bolt a pulvérisé le record du
monde du 100 mètres avec un spectaculaire 9,58 secondes.
Le 16 août une année exactement s’était écoulée
depuis qu’il avait remporté son titre olympique avec un
record du monde de 9,69 secondes.
Mais cette fois Bolt a réussi son exploit dans le
même stade où une légende de l’athlétisme comme le Nord-Américain
Jesse Owens avait gagné quatre médailles d’or, y compris
au 100 mètres, aux Jeux olympiques de Berlin de 1936.
Le bolide jamaïcain de 22 ans s’est nettement imposé
face à son grand rival Tyson Gray, des Etats-Unis,
(9.71) et à son compatriote Asafa Powell (9.84).
«J’ai fait un très bon départ», a dit Bolt à la
presse. «J’étais en tête au 20 premiers mètres et ça a
suffit».
«Je m’en rapproche (au fait de devenir une légende),
mais pour ce faire je dois rééditer ce genre de
prestation chaque année», a-t-il dit.
«A la ligne d’arrivée Bolt s’est frappé la poitrine
pour montrer qu’il est aujourd’hui le roi absolu de la
vitesse.
«Je ne pense pas trop aux records du monde, mais aux
titres», a-t-il indiqué. «Je cours pour gagner et c’est
ainsi que le record du monde tombe».
Tyson Gay a admis que le Jamaïcain a fait une course
fabuleuse. «J’ai tout donné, mais je n’ai pas pu le
rejoindre».
«Incroyable», tel a été le seul commentaire de Asafa
Powell.
Au moment de mettre cette édition sous presse, Bolt
revenait en piste pour participer à l’épreuve du 200 m,
mais cette fois sans l’opposition de son adversaire
Tyson Gay, qui a déclaré forfait en raison de problèmes
musculaires.
N’IMPORTE QUI A UN MAUVAIS JOUR
N’importe quel champion peut se trouver dans un
mauvais jour. L’année dernière la chance avait tournée
le dos à Yargelis Savigne. A ces Championnats du monde
ce fut au tour de à la spécialiste russe du saut à la
perche Yelena Isinbayeva.
Non seulement Isinbayeva a perdu son titre de
championne du monde, mais elle raté ses trois premier
essais.
Ainsi prenaient fin cinq ans de domination absolue
dans cette spécialité.
«Je n’ai aucune explication à ce qui est arrivé.
C’est peut-être le destin», a-t-elle dit.
On dit que le malheur de certain fait le bonheur
d’autres, et la Polonaise Anna Rogowska, avec un saut de
4,75 mètres, a empoché une médaille d’or qui semblait
promise à Isinbayeva, la détentrice du record du monde
et actuelle championne olympique.
LA JAMAIQUE EST BIEN LA REINE DU SPRINT
Les Jamaïcaines Shelly-Ann Fraser et Kerron Stewart
ont remporté l’or et l’argent en finale du 100 mètres,
devant l’Etasunienne Carmelita Jeter.
Fraser, qui a réussi la meilleure performance de
l’année (10’’73), avait déjà obtenu la médaille d’or aux
Jeux olympiques de Pékin.
« Je savais que je devais réaliser un bon départ pour
remporter la course », a expliqué la sprinteuse
jamaïcaine. « Je ne suis pas surprise de ma victoire ».
L’Ethiopien Kenenisa Bekele n’a pas connu la même
mésaventure qu’Isinbayyeva : il a en effet remporté son
4e titre mondial au 10 000 mètres.
« C’est génial de gagner pour la 4e fois »,
a déclaré Bekele, qui n’a pas encore décidé s’il allait
courir le 5 000 mètres.
L’Espagnole Marta Dominguez a offert à son pays une
médaille d’or après dix ans de disette, en s’imposant au
3 000 m steeple.
« J’ai réalisé une course parfaite, en haussant mon
rythme », a-t-elle déclaré émue. « Je réalise le rêve de
toute ma vie ».
LA MARCHE : UNE TRADITION AU MEXIQUE
Le Mexicain Eder Sanchez a remporté la médaille de
bronze au 20 km marche lors de la journée d’ouverture
des championnats du monde.
« Je suis très satisfait, content d’avoir terminé
l’épreuve et d’être monté sur le podium », a déclaré
Sanchez à l’agence AP après avoir reçu sa médaille.
Pour y parvenir il a réalisé le parcours dans un
temps d’une heure, 19 minutes et 22 secondes, son
meilleur temps de l’année.
Le Russe Valery Borchin, 22 ans, champion olympique à
Pékin, est arrivé 41 secondes avant Sanchez pour
décrocher le titre olympique, et le Chinois Hao Wang a
remporté la médaille d’argent.
Le jeune athlète mexicain de 23 ans a déclaré à la
presse : « J’ai fait ma course. J’ai du conserver mon
rythme » avant d’ajouter « ça été très dur à partir du
14e km, quand Borchin a imposé un rythme
assez fort ».
Le marcheur mexicain est venu au mondial pour une
médaille après une 4e place obtenue il y a
deux ans à Osaka, et il a expliqué : « plus la course
avançait plus je me sentais fort, alors que d’autres
athlètes se réservaient. J’ai alors attaqué pour assurer
ma place ».
L’Equatorien Jefferson Pérez, champion olympique en
2004, et vainqueur de l’épreuve il y a deux ans à Osaka,
était absent : il a abandonné toute compétition après
les Jeux olympiques de Pékin où il avait obtenu la
médaille d’argent.
Sanchez a maintenu la tradition mexicaine à la
marche, mais il espère encore faire mieux. C’est
pourquoi, indique-t-il « je dois continuer à aller de
l’avant, en travaillant et en m’entraînant ».