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N O U V E L L E S

La Havane. 7 Août 2009

Cuba: plus que jamais, l’USAID continue d’entretenir la subversion

Jean-Guy Allard

• L’OFFENSIVE impériale contre l’Amérique latine progressiste, et notamment les pays de l’ALBA, est aujourd’hui en pleine recrudescence. A Cuba, le soutien à la subversion de la part de Washington, loin de diminuer, s’est accru, avec des cibles beaucoup plus précises grâce aux nouvelles technologies.

Eva Golinger signale que de nombreuses ONG reçoivent de l’argent pour promouvoir la déstabilisation.
Eva Golinger signale que de
 nombreuses ONG reçoivent de
 l’argent pour promouvoir la
 déstabilisation.
 

C’est la conclusion d’une étude menée par la chercheuse vénézuélienne Eva Golinger, qui précise, dans un entretien, comment l’administration nord-américaine actuelle continue d’« entretenir la déstabilisation de la Révolution cubaine » par le biais de l’USAID et de la National Endowment for Democracy (NED).

« L’USAID entretient la déstabilisation de la Révolution cubaine au moyen de deux canaux », explique la spécialiste, qui s’est consacrée, lors des dix dernières années, à étudier et à démasquer les mécanismes nord-américains d’ingérence et de subversion en Amérique latine.

« Son principal financement provient du Fonds d’appui économique (Economic Support Fund), une section financière du Département d’Etat », précise-t-elle. « Ce fonds a accordé 330 000 dollars à la soi-disant transition à la démocratie à Cuba durant les dernières années. Pour 2010, 20 millions de dollars de plus sont prévus ».

Selon la terminologie de l’USAID, l’argent déjà déboursé durant les années 2008 et 2009, 10 millions de dollars, a été destiné au secteur des « droits de l’Homme », 7 millions sont allés à la « concurrence politique » et presque 49 millions de dollars pour la « société civile ».

« L’USAID a aussi ouvert un Bureau des initiatives vers une transition (OTI) pour Cuba fin 2007, afin d’effectuer un travail parmi les jeunes et envers les ‘initiatives indépendantes’ de médias », signale la chercheuse.

« Dans ce but, elle a prévu un fonds supplémentaire de 8 millions 383 000 dollars depuis 2008. Les OTI sont des secteurs de l’USAID consacrés à profiter rapidement des crises politiques, pour les ‘résoudre’ en faveur des intérêts étasuniens ».

Les OTI gèrent des fonds en liquide de dollars « en grande quantité sans avoir à faire face à des contrôles ou des audits au Congrès étasunien ».

Au Venezuela une OTI a été établie en août 2002 pour promouvoir et consolider les forces d’opposition à la Révolution bolivarienne. Depuis lors, l’OTI a financé et aidé à créer plus de 450 ONG et groupes politiques avec des fonds qui dépassent les 60 millions de dollars.

Cet argent sert principalement à susciter des conflits et à promouvoir les intérêts étasuniens de façon secrète.

L’USAID, EN PREMIERE LIGNE DE LA GUERRE IRRÉGULIÈRE

L’USAID, l’agence qui a fait ses débuts comme bras financier du Département d’Etat en 1962 pour prendre en charge les affaires dites « humanitaires », est devenue au 21e siècle un des acteurs principaux de la soi-disant « contre-insurrection » sous la nouvelle doctrine de la Guerre irrégulière de Washington.

« Au début de 2009, cette doctrine a été ratifiée par le nouveau

président des Etats-Unis, Barack Obama, comme partie intégrante de sa nouvelle politique de "smart power"(pouvoir intelligent), censée allier la force militaire à la diplomatie, la culture, la communication, le pouvoir économique et la politique ».

Il y a deux grandes différences entre la Guerre irrégulière et la « Guerre traditionnelle » : l’objectif et la tactique, signale l’avocate

vénézolano-étasunienne.

« La Guerre traditionnelle a comme objectif la défaite des forces armées de l’adversaire, et sa tactique principale est le recours au pouvoir militaire dans sa forme la plus traditionnelle, le combat et le bombardement. La Guerre irrégulière a comme but le contrôle de la population civile et la neutralisation de l’Etat, et sa tactique principale est la « contre-insurrection », c’est à dire l’utilisation de techniques indirectes et variées, comme la subversion, l’infiltration, les opérations psychologiques, la pénétration culturelle et le subterfuge militaire".

Durant le début de ce siècle, l’USAID a développé des secteurs dans l’agence qui fonctionnent avec le Pentagone, tels que les bureaux de Gestion de conflits, transition et reconstruction, Démocratie et gouvernabilité, Initiatives vers une transition, dont le travail est orienté vers les efforts de « contre-insurrection ».

« Ainsi, l’USAID est devenue le principal acteur financier de la déstabilisation et de la pénétration de la « société civile » dans des pays stratégiquement importants pour les intérêts étasuniens ».

Dans le dossier de l’Amérique latine, les sommes investies par l’USAID dans des groupes politiques et dans la « promotion de la démocratie » dépassent l’entendement.

LA NED ET SA CHAINE D’ONG MERCENAIRES

D’autre part, la NED, l’agence considérée comme une façade de la CIA - elle a été fondée pour faire le travail que réalisait la CIA dans les années 60 et 70, pour se donner une image plus respectable - a fourni 1 million 435 329 dollars pour promouvoir la déstabilisation de Cuba cette année, signale Golinger en énumérant les groupes bénéficiaires de ce fonds nord-américain.

- Afro-Cuban Alliance (ACA): 82 080 dollars.

- Asociación Encuentro de la Cultura Cubana: 225 000 dollars.

- Cuban Freedom Center (Frank Calzon): 54 222 dollars.

- Centro para la Empresa Privada Internacional (CIPE): 157 526 dollars.

- Comité para el sindicalismo de Libre Comercio (CFTU): 150 000 dollars.

- Directorio Democrático de Cuba: 275 000 dollars.

- CubaNet News.: 42 000 dollars.

- "Disidente Universal de Puerto Rico": 40 000 dollars.

- Grupo Internacional para la Responsabilidad Social Corporativa en Cuba: 236 730 dollars.

- People in Need (PIN):
129 451dollars.

- People in Peril Association (PIPA): 43 320dollars.

La grande majorité de cet amas hétéroclite d’organisations, groupes et groupuscules ont été lies dans le passé à des activités de l’Agence centrale de renseignement (CIA).

Malgré les promesses, changement d’administration ou pas, Washington n’a pas cessé de gaspiller annuellement des centaines de millions de dollars de l’argent du contribuable dans sa sale guerre contre l’Amérique latine.

« Il y a une offensive impériale en marche contre l’Amérique latine qui s’intensifie en ce moment contre les pays de l’ALBA », indique Golinger.

« Une des manifestations de cette agression est cette dénommée contre-insurrection comme tactique pour pénétrer et infiltrer les communautés et promouvoir la déstabilisation », souligne l’auteure de livres tels que Le code Chavez et La toile d’araignée impériale, véritable répertoire des activités de renseignement de Washington sur le continent et dans le monde. •
 

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