|
Le flambeau de l’éducation
Joël Mayor
Loran
L’ALLIANCE bolivarienne pour les peuples de Notre
Amérique (ALBA) brille de plus en plus sur les pays
membres. Son flambeau aujourd’hui est l’éducation, un
outil indispensable pour éradiquer la pauvreté et
l’exclusion sociale.
Elle a recourt au meilleur langage: la solidarité.
Miguel
Diaz-Canel, membre du Bureau politique du Parti
communiste de Cuba et ministre de l’Education
supérieure, explique quel a été le combat de l’ALBA dans
ses efforts pour fonder une société différente.
«Tout a commencé par une série de projets avec la
République bolivarienne du Venezuela. Dès le début, les
programmes éducatifs ont pris une part prépondérante
dans ces projets où l’éducation supérieure a joué un
rôle primordial.»
Depuis lors, plusieurs sommets et ateliers ont insisté
sur la création de mécanismes unificateurs; ils ont
tracé des positions communes, perfectionné les projets
et adopté leur mise en œuvre.
«Au 1er Atelier de l’Education supérieure de
l’ALBA, en 2008, auquel nous avons participé avec le
ministère de l’Education, les participants ont identifié
une priorité: le Projet grand-national d’alphabétisation
et de post-alphabétisation à travers la méthode Yo si
puedo.
«Au cours des rencontres suivantes, dont la première
réunion des ministres de l’Education de l’ALBA, en mars
2009, les objectifs ont été précisés. A cette occasion,
on a mis l’accent sur la nécessité d’unir nos efforts
pour créer des programmes en vue de former des
éducateurs dans des domaines d’intérêt commun.
«Et le 7e Sommet des présidents de l’ALBA, en
octobre, en Bolivie, a adopté le Projet grand-national
ALBA Education, dont l’objectif est de former des
professionnels pré-universitaires de médecine intégrale
communautaire et d’éducation, et de concevoir des
programmes post-universitaires et de recherche.
«L’idée comprend la reconnaissance des titres et des
diplômes; les échanges universitaires de professeurs; le
lancement d’une plate-forme informative pour la gestion
éducative et la formation à distance; la fondation de
l’université pédagogique pour les pays membres; la
création du Réseau d’universités de l’ALBA, en vue
d’exécuter des plans, des programmes et des projets
éducatifs; et la recherche d’un système de contrôle de
la qualité.»
Des millions de personnes sur le continent ont enfin
accès à l’enseignement gratuit: les illettrés
n’apprennent pas seulement à lire, ils accèdent au
savoir, pour aller de plus en plus loin.
Quatre pays de l’ALBA (Venezuela, Bolivie, Equateur et
Nicaragua) se sont déclarés sans analphabétisme.
«Mais les élèves poursuivent leurs études grâce à la
post-alphabétisation, un processus plus complexe dont
l’objectif est de faire en sorte que ceux qui ont été
alphabétisés atteignent le niveau CM2. Le succès de la
méthode cubaine Yo si puedo est tel que d’autres
pays sont prêts à l’appliquer.»
Quant au Conseil ministériel social de l’Alliance, son
rôle, lors de la prochaine réunion, sera de jeter les
bases du Réseau d’universités UNIALBA. Cette idée
révolutionnaire implique que chaque pays choisisse une
ou deux universités où seront enseignées des disciplines
communes à tous les pays membres, en fonction des
besoins de nos nations.
«La Bolivie a demandé des programmes de formation dans
la gestion des hydrocarbures, c’est ainsi que des
experts cubains travaillent conjointement avec le
Venezuela pour organiser des cours et former des
diplômés, qui seront également utiles à d’autres pays
pétroliers comme l’Equateur et le Venezuela. Le
Nicaragua, la Bolivie, le Venezuela et l’Equateur nous
ont aussi demandé de créer une maîtrise en Informatique
éducative.
Et
notre rôle est de répondre aux demandes.
«Cuba est disposée à partager ses expériences dans le
développement des réseaux, à offrir une aide
méthodologique, du personnel et des programmes de
formation pré et post-universitaire.»
«Nous nous proposons, au Sommet de La Havane, de
faciliter la mise en œuvre de l’accord sur la validation
des titres et des diplômes universitaires dans les pays
de l’ALBA; d’avancer dans le développement de la
grand-nationale ALBA Education et le réseau UNIALBA; et
d’accueillir la 2e Rencontre du groupe de
travail pour l’amélioration de la qualité de l’éducation
et de la validation.»
Les 14 et 15 décembre ne constitueront pas seulement une
réunion de plus: l’ALBA a déjà suscité l’espoir; il
s’agit maintenant de faire en sorte que sa lumière
brille encore davantage.
|