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Pour
forger l’unité
Pedro de la Hoz et Juan Diego Nusa Peñalver
• LES interventions des chefs
d’Etat et des représentants de pays membres de
l’Alliance bolivarienne pour les peuples de Notre
Amérique-Traité de commerce des peuples (ALBA-TCP), à la
session de clôture du Sommet de La Havane, ont démontré
que notre région est plus unie que jamais et que c’est
dans cette union que réside notre force.
Winston Baldwin Spencer, Premier
ministre de Antigua-et-Barbuda, a été le premier à
prendre la parole. Il a affirmé que l’ALBA-TCP est
l’instrument idéal en cette époque où le monde entier
est à la recherche de solutions pour combattre la
récession économique mondiale.
Il a souligné qu’en à peine cinq
ans, l’Alliance a donné des résultats positifs pour des
millions de citoyens des Etats membres.
«Les gens de mon pays, a-t-il
ajouté, ont pu profiter de centaines de bourses
d’études. Nous avons réduit les coûts des services
publics et avons accordé des aides alimentaires aux
personnes nécessiteuses ou handicapées.»
La parole a ensuite été donnée à
Evo Morales, le président de l’Etat plurinational de
Bolivie, que la victoire électorale du 6 décembre
dernier a confirmé comme un leader populaire
indiscutable.
La défense de la souveraineté
des pays latino-américains face à la voracité de
l’empire a été au cœur des préoccupations de Morales. Il
a mis en garde les Etats-Unis contre toute tentative
d’invasion d’un pays qui, a-t-il dit, transformerait la
région en un nouveau Vietnam. «A l’instar de Bolivar,
qui a défendu d’autres peuples frères, nous, les pays
latino-américains, défendrons la dignité des autres
nations si elles sont attaquées», a-t-il précisé. Il a
demandé aux dirigeants de la Maison-Blanche de mettre
fin à leur attitude paternaliste et autoritaire dans
leurs relations avec l’Amérique latine, et il a de
nouveau suggéré d’organiser un référendum à travers
l’Amérique latine sur la présence de bases militaires
yankees.
Le président Morales a salué le
pays hôte, Cuba, qui est une pépinière de
révolutionnaires, et il a qualifié Fidel de grand frère
et d’homme plein de sagesse.
Il a rappelé que Washington
avait tenté de discréditer les processus d’émancipation
en cours, en les classant dans «l’axe du mal», «alors qu’en
réalité, nous sommes en train de construire l’axe d’une
véritable humanité».
Au nom du Commonwealth de la
Dominique, Philbert Aaron, coordonnateur national de
l’ALBA dans ce pays, a ensuite pris la parole. Il a
d’abord transmis les salutations du Premier ministre
Roosevelt Skerrit, avant de souligner que l’Alliance
permettra de retrouver enfin l’unité de notre patrie
ancestrale de l’Amérique latine et des Caraïbes.
Visiblement émue, Patricia Rodas
Barca, la ministre des Affaires étrangères du Honduras,
a ensuite transmis les salutations cordiales du
président constitutionnel du Honduras, Manuel Zelaya. «Il
y a à peine cinq ans, a-t-elle dit, un nouveau jour se
levait pour nos peuples».
Elle a souligné les progrès
enregistrés au niveau social depuis que son pays a
adhéré à l’ALBA, et elle a rappelé que le Honduras a été plongé
dans une grave crise politique depuis le coup d’Etat
militaire, que les Etats-Unis et l’oligarchie locale ont
appuyé et soutenu.
Elle s’est dite convaincue que
les forces réactionnaires qui ont perpétré ce coup
d’Etat à la fois contre le Honduras et contre l’ALBA,
seront un jour vaincues sur cette même terre de
Francisco Morazan. «Nous prenons cet engagement devant
le peuple de Cuba et devant le commandant en chef Fidel
Castro», a-t-elle conclu.
Pour sa part, Fander Falconi,
ministre équatorien des Affaires étrangères, a rappelé
que son pays avait pris, en 2009, deux décisions
importantes: grossir les rangs de l’ALBA et fermer la
base militaire US de Manta.
Il a souligné que son pays était
prêt à faire une contribution considérable en matière
d’environnement, en échange d’une compensation de la
communauté internationale. Il s’agit, a-t-il dit, de
renoncer à l’exploitation du champ pétrolifère Ishpingo-Tambococha-Tiputini
(ITT), situé dans le parc national Yasuni, un des
réservoirs de biodiversité les plus importants au monde.
Le premier ministre de Saint-Vincent-et-les-Grenadines,
Ralph Gonsalves, est intervenu en proposant une idée
originale et passionnante. Il a souligné que les
anciennes puissances coloniales ont une lourde dette
envers les populations africaines, qu’elles ont soumises
à l’esclavage et emmenées de force en Amérique latine et
dans les Caraïbes. «Elles ne se sont jamais acquittées
de cette dette», a-t-il dit, faisant expressément
allusion à la Grande-Bretagne, qui a perpétré un
véritable génocide en décimant plus de la moitié de la
population noire des Caraïbes, les Garifuna, au début du
19e siècle.
Gonsalves a dénoncé
l’acharnement de l’empire contre Cuba, un petit pays
victime d’un blocus depuis 50 ans, de même que contre
d’autres pays de l’ALBA.
Le président du Nicaragua,
Daniel Ortega Saavedra, y est allé d’une dénonciation en
règle contre l’impérialisme nord-américain qui tente de
détruire les processus révolutionnaires en cours. Il a
ensuite énuméré les nombreuses actions terroristes
perpétrées par les Etats-Unis un peu partout dans le
monde: l’invasion de la Grenade et du Panama, la sale
guerre contre son pays, le génocide en Irak et en
Afghanistan, le blocus économique contre Cuba,
l’emprisonnement des cinq héros cubains injustement
détenus dans des prisons nord-américaines, alors que les
vrais terroristes, comme Luis Posada Carriles, jouissent
de leur entière liberté aux Etats-Unis mêmes. «Le
cerveau terroriste est au Nord et non au Sud», a-t-il
conclu.
Le président vénézuélien Hugo
Chavez a pris la parole, juste avant Raul Castro. «Même
si les Etats-Unis installent 1 000 bases militaires,
jamais ils ne réussiront pas à freiner les processus de
transformations sociales en cours en Amérique latine»,
a-t-il déclaré.
«Nous devons continuer de
consolider l’ALBA en insistant sur la nécessité
d’établir un plan d’action pour les cinq prochaines
années. Nous n’avons pas le droit à la défaite, parce
que de notre victoire dépendra, en grande partie, le
l’avenir de l’humanité, qui est le socialisme», a-t-il
conclu. •
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