Prisonniers politiques de l'Empire  MIAMI 5     

       

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N O T R E  A M E R I Q U E

La Havane. 17 Décembre 2009

Pour forger l’unité

Pedro de la Hoz et Juan Diego Nusa Peñalver

• LES interventions des chefs d’Etat et des représentants de pays membres de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de Notre Amérique-Traité de commerce des peuples (ALBA-TCP), à la session de clôture du Sommet de La Havane, ont démontré que notre région est plus unie que jamais et que c’est dans cette union que réside notre force.

Winston Baldwin Spencer, Premier ministre de Antigua-et-Barbuda, a été le premier à prendre la parole. Il a affirmé que l’ALBA-TCP est l’instrument idéal en cette époque où le monde entier est à la recherche de solutions pour combattre la récession économique mondiale.

Il a souligné qu’en à peine cinq ans, l’Alliance a donné des résultats positifs pour des millions de citoyens des Etats membres.

«Les gens de mon pays, a-t-il ajouté, ont pu profiter de centaines de bourses d’études. Nous avons réduit les coûts des services publics et avons accordé des aides alimentaires aux personnes nécessiteuses ou handicapées.»

La parole a ensuite été donnée à Evo Morales, le président de l’Etat plurinational de Bolivie, que la victoire électorale du 6 décembre dernier a confirmé comme un leader populaire indiscutable.

La défense de la souveraineté des pays latino-américains face à la voracité de l’empire a été au cœur des préoccupations de Morales. Il a mis en garde les Etats-Unis contre toute tentative d’invasion d’un pays qui, a-t-il dit, transformerait la région en un nouveau Vietnam. «A l’instar de Bolivar, qui a défendu d’autres peuples frères, nous, les pays latino-américains, défendrons la dignité des autres nations si elles sont attaquées», a-t-il précisé. Il a demandé aux dirigeants de la Maison-Blanche de mettre fin à leur attitude paternaliste et autoritaire dans leurs relations avec l’Amérique latine, et il a de nouveau suggéré d’organiser un référendum à travers l’Amérique latine sur la présence de bases militaires yankees.

Le président Morales a salué le pays hôte, Cuba, qui est une pépinière de révolutionnaires, et il a qualifié Fidel de grand frère et d’homme plein de sagesse.

Il a rappelé que Washington avait tenté de discréditer les processus d’émancipation en cours, en les classant dans «l’axe du mal», «alors qu’en réalité, nous sommes en train de construire l’axe d’une véritable humanité».

Au nom du Commonwealth de la Dominique, Philbert Aaron, coordonnateur national de l’ALBA dans ce pays, a ensuite pris la parole. Il a d’abord transmis les salutations du Premier ministre Roosevelt Skerrit, avant de souligner que l’Alliance permettra de retrouver enfin l’unité de notre patrie ancestrale de l’Amérique latine et des Caraïbes.

Visiblement émue, Patricia Rodas Barca, la ministre des Affaires étrangères du Honduras, a ensuite transmis les salutations cordiales du président constitutionnel du Honduras, Manuel Zelaya. «Il y a à peine cinq ans, a-t-elle dit, un nouveau jour se levait pour nos peuples».

Elle a souligné les progrès enregistrés au niveau social depuis que son pays a adhéré à l’ALBA, et elle a rappelé que le Honduras a été plongé dans une grave crise politique depuis le coup d’Etat militaire, que les Etats-Unis et l’oligarchie locale ont appuyé et soutenu.

Elle s’est dite convaincue que les forces réactionnaires qui ont perpétré ce coup d’Etat à la fois contre le Honduras et contre l’ALBA, seront un jour vaincues sur cette même terre de Francisco Morazan. «Nous prenons cet engagement devant le peuple de Cuba et devant le commandant en chef Fidel Castro», a-t-elle conclu.

Pour sa part, Fander Falconi, ministre équatorien des Affaires étrangères, a rappelé que son pays avait pris, en 2009, deux décisions importantes: grossir les rangs de l’ALBA et fermer la base militaire US de Manta.

Il a souligné que son pays était prêt à faire une contribution considérable en matière d’environnement, en échange d’une compensation de la communauté internationale. Il s’agit, a-t-il dit, de renoncer à l’exploitation du champ pétrolifère Ishpingo-Tambococha-Tiputini (ITT), situé dans le parc national Yasuni, un des réservoirs de biodiversité les plus importants au monde.

Le premier ministre de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Ralph Gonsalves, est intervenu en proposant une idée originale et passionnante. Il a souligné que les anciennes puissances coloniales ont une lourde dette envers les populations africaines, qu’elles ont soumises à l’esclavage et emmenées de force en Amérique latine et dans les Caraïbes. «Elles ne se sont jamais acquittées de cette dette», a-t-il dit, faisant expressément allusion à la Grande-Bretagne, qui a perpétré un véritable génocide en décimant plus de la moitié de la population noire des Caraïbes, les Garifuna, au début du 19e siècle.

Gonsalves a dénoncé l’acharnement de l’empire contre Cuba, un petit pays victime d’un blocus depuis 50 ans, de même que contre d’autres pays de l’ALBA.

Le président du Nicaragua, Daniel Ortega Saavedra, y est allé d’une dénonciation en règle contre l’impérialisme nord-américain qui tente de détruire les processus révolutionnaires en cours. Il a ensuite énuméré les nombreuses actions terroristes perpétrées par les Etats-Unis un peu partout dans le monde: l’invasion de la Grenade et du Panama, la sale guerre contre son pays, le génocide en Irak et en Afghanistan, le blocus économique contre Cuba, l’emprisonnement des cinq héros cubains injustement détenus dans des prisons nord-américaines, alors que les vrais terroristes, comme Luis Posada Carriles, jouissent de leur entière liberté aux Etats-Unis mêmes. «Le cerveau terroriste est au Nord et non au Sud», a-t-il conclu.

Le président vénézuélien Hugo Chavez a pris la parole, juste avant Raul Castro. «Même si les Etats-Unis installent 1 000 bases militaires, jamais ils ne réussiront pas à freiner les processus de transformations sociales en cours en Amérique latine», a-t-il déclaré.

«Nous devons continuer de consolider l’ALBA en insistant sur la nécessité d’établir un plan d’action pour les cinq prochaines années. Nous n’avons pas le droit à la défaite, parce que de notre victoire dépendra, en grande partie, le l’avenir de l’humanité, qui est le socialisme», a-t-il conclu. •
 

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