Prisonniers politiques de l'Empire  MIAMI 5     

       

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 C U B A

La Havane. 17 Décembre 2009

En cinq ans d’existence, les succès de notre organisation sont indéniables
Discours prononcé par le général d’armée Raul Castro Ruz, président du Conseil d’Etat et du Conseil des ministres de la République de Cuba, à la clôture du 8e Sommet de l’ALBA-TCP, au Palais des Conventions, le 14 décembre 2009

Chers chefs d’Etat et de gouvernement,

Chers invités,

Camarades,

 

Nous arrivons à la fin de ce 8e Sommet de l’Alliance Bolivarienne pour les peuples de Notre Amérique. Nous avons eu un échange très fructueux dans l’analyse des progrès indéniables que nous avons enregistrés et des défis qui attendent notre Alliance.

La Déclaration que nous avons adoptée comporte des accords d’envergure. De par leur importance au profit de nos peuples, je n’en mentionnerai que deux:

Nous avons décidé de mener à bien, dans tous les pays de l’Alliance, un projet qui aura un grand impact: l’étude clinique, génétique et psychosociale des personnes handicapées, en appliquant les techniques les plus avancées de la science, et dans le but d’atteindre les communautés les plus humbles et vulnérables de la région. Seule l’ALBA a pu concevoir et réaliser un projet d’un humanisme aussi profond et qui a déjà donné des résultats encourageants dans plusieurs pays membres de l’Alliance.

Nous nous sommes également engagés à construire un Réseau de science, technologie et innovation, visant à stimuler la maîtrise du savoir et le transfert des connaissances et des technologies dans des secteurs clés du développement socio-économique.

Par ailleurs, la Déclaration exprime notre vision politique des événements de la région, et elle définit les procédures et les attributions des principaux organes de l’ALBA.

Je dois relever le Communiqué spécial sur le changement climatique que nous avons adopté à ce Sommet, à l’occasion du prochain rendez-vous mondial à Copenhague.

Camarades,

Cette réunion a lieu, comme il a été signalé, au moment même où nous célébrons –aujourd’hui– le 5e anniversaire de la Déclaration du 14 décembre 2004, qui a donné naissance à l’ALBA.

En ces cinq années d’existence, il est impossible de nier les succès de notre organisation, née de la vision d’intégration, claire et audacieuse, du commandant en chef Fidel Castro et du président Hugo Chavez, le 14 décembre 2004. A l’époque, l’ALCA, l’instrument de domination hégémonique créé par Washington, n’avait pas encore reçu de sépulture formelle, et dans notre région naissait, comme alternative, un mouvement d’émancipation fondé sur l’héritage des pères de la véritable indépendance latino-américaine.

La naissance de l’ALBA fut possible à ce moment précis parce que le peuple vénézuélien avait vaincu le putsch d’avril 2002, puis le putsch pétrolier, parce que la Révolution Bolivarienne s’était renforcée et consolidée en tant qu’alternative socialiste novatrice face au modèle néolibéral que l’on prétendait imposer à l’Amérique Latine.

Cet événement fut possible, en outre, parce que la Révolution cubaine avait su résister, défendre sa souveraineté et son système socialiste, et promouvoir un programme de coopération et de solidarité en dépit de la brutale et persistante agression dont elle faisait l’objet.

Ce 14 décembre 2004 marqua aussi le 10e anniversaire de la première visite à Cuba du camarade Hugo Chavez, dont nous célébrons aujourd’hui le 15e anniversaire. Il eut paru extrêmement osé de pouvoir prédire, en 1994, ou même en 2004, combien notre région avancerait dans un laps de temps relativement bref.

L’ALBA a vu le jour en 2004, comme résultat du développement des relations entre le Venezuela et Cuba, des liens originaux et novateurs basés sur la fraternité latino-américaine et caribéenne, au profit de leurs peuples.

L’adhésion ultérieure du Nicaragua, de la Bolivie et de l’Equateur, découlant de décisions conséquentes avec leurs processus révolutionnaires respectifs, et les adhésions importantes de la Dominique, de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, et d’Antigua-et-Barbuda, qui nous enrichissent dans une perspective caribéenne, ont consolidé ce schéma et élargi ses projections.

L’ALBA a aussi eu la fierté de pouvoir compter parmi ses membres le Honduras, et la contribution du président Manuel Zelaya, violemment écarté du pouvoir, d’abord par un coup d’Etat militaire perpétré le 28 juin avec la complicité des cercles les plus réactionnaires des Etats-Unis, et ensuite, le 29 novembre, à l’issue d’élections frauduleuses imposées avec la répression brutale des putschistes et le soutien ouvert ou voilé des forces politiques réactionnaires de la région.

L’exemple du Honduras prouve que le soi-disant «engagement» de Washington et de ses alliés en faveur de la démocratie n’est que pure démagogie et opportunisme. Au Honduras, la volonté politique du peuple a été foulée aux pieds et les responsables ont toujours su qu’ils pouvaient compter sur le soutien de leurs maîtres politiques sur le continent.

En Amérique Latine et dans les Caraïbes, nous assistons à une aggravation des contradictions entre le progrès et la réaction, entre les droits et les revendications des peuples historiquement vilipendés et les intérêts du grand capital transnational et les oligarchies traditionnelles.

C’est une contradiction profonde qui ne se résout pas du jour au lendemain, et que l’on ne saurait envisager avec naïveté ou négligence.

Faire partie de l’ALBA, c’est vouloir édifier des sociétés rationnelles, efficientes, vivant en harmonie avec la nature et assurant la justice sociale à nos peuples. Nous sommes pour la coopération et l’intégration, et un tel effort exige un esprit révolutionnaire.

José Marti nous a appris que, je cite: «Nous recherchons la solidarité non pas comme une fin, mais comme un moyen destiné à permettre à Notre Amérique de s’acquitter de sa mission universelle.» Fin de la citation.

Bolivar, pour sa part, a dit: «Je souhaite, plus que quiconque, voir se constituer en Amérique la plus grande nation du monde, moins par son étendue et ses richesses que par sa liberté et sa gloire.»

Dans cette lutte, nous, les pays membres de cette Alliance, avons fait le pari d’un idéal et d’un engagement communs: un monde meilleur est possible.

Merci beaucoup. •

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