Prisonniers politiques de l'Empire  MIAMI 5     

       

TEXTE seulement       

 C U L T U R E L L E S

La Havane. 15 Décembre 2009

TOMBER DE RIDEAU SUR LE 31e  FESTIVAL DU
NOUVEAU CINEMA LATINO-AMERICAIN
Des prix «Corail» sans surprises
Al sur de la frontera, d’Oliver Stone, projeté en clôture de la fête du cinéma à La Havane

Mireya Castañeda

• LES jurés du Festival de cinéma de La Havane ont été complaisants cette année, en attribuant les prix Corail à des films attendus: les meilleurs films, certes, mais cela ne les avait jamais empêchés de faire des choix plus controversés et audacieux.

Vingt longs-métrages étaient en lice, sous les yeux d’un jury composé de Lucia Murat (Brésil), Arcelia Ramirez (Mexique), Derubin Jacome (Cuba), Juan José Jusid (Argentine) et Pedro Zaratiegui (Espagne).

La teta asustada (Le sein effrayé), ce film prodigieux de la Péruvienne Claudia Llosa, a remporté le Premier Corail de fiction, «pour son portrait poétique de la violence et la sensibilité émouvante avec laquelle il parvient à montrer toute la richesse spirituelle de ce pays».

Ce film, qui raconte l’histoire d’une maladie transmise par le lait maternel des femmes violées ou maltraitées pendant la guerre contre le terrorisme au Pérou, est arrivé à La Havane auréolé de l’Ours d’Or du Festival de Berlin, et sélectionné pour représenter le Pérou aux Oscar 2010.

La teta asustada a également été récompensé du Prix Corail de direction artistique (Susana Torres et Patricia Bueno).

Un second Corail mérité pour La Nana (La bonne), un film chilien de Sebastian Silva, parmi les meilleurs films en compétition, qui brosse un tableau très lucide des conflits sociaux et du personnage principal, magistralement interprété par Catalina Saavedra, qui a déroché le Prix Corail d’interprétation féminine.

Le 3e Prix, le Prix du meilleur son et celui de la FIPRESCI (de la critique), a été attribué à Viajo porque necesito, vuelvo porque te amo (Brésil), de Marcelo Gomes et Karim Aïnouz, une sorte de road-movie dans le rude désert brésilien.

Le Prix spécial du  jury, qui a parfois le goût de lot de consolation - on se souviendra de Yo la peor de todas, de Maria Luisa Bemberg, en 1990 - est revenu cette année à El secreto de sus ojos (Argentine), de Juan José Campanella, un mélange habile de thriller et de mélodrame.

Très apprécié, ce film a raflé également les Prix Corail de réalisation, d’interprétation masculine (Ricardo Darin), de la meilleure musique (Federico Musid) et de la popularité (4 655 points).

El traspatio, d’un des meilleurs réalisateurs mexicains contemporains, Carlos Carrera (El crimen del padre Amaro), un réquisitoire contre les assassinats de femmes à Ciudad Juarez, a obtenu les Prix Corail du meilleur scénario (Sabine Berman), de la meilleure édition (Oscar Figueroa) et le Prix Signis.

A signaler en particulier le Concours des premières œuvres, une section qui réunit les jeunes talents, les nouveaux réalisateurs, où on prend le pouls et où l’on peut dire que la qualité de la relève est assurée dans plusieurs pays.

Le premier Prix Corail a été remporté par Huacho (Chili) d’Alejandro Fernandez Almendras; le 2e Prix à Gigante (Uruguay) d’Adrian Biniez; le 3e à Cinco días sin Nora (Mexique) de Mariana Chenillo. Le Prix spécial du jury est allé à El vuelco del cangrejo (Colombie) d’Oscar Ruiz Navia, et une mention spéciale a été attribuée à La Yuma (Nicaragua), de Florence Jaugey.

Le Festival de La Havane récompense également les courts métrages: Para pedir perdon (Brésil) de Iberê Carvalho; les documentaires: Premier prix pour La perdida (Argentine), de Enrique Gabriel et Javier Angulo; 2e Prix pour Garapa (Brasil), de José Padilla; 3e pour El General (Mexique-Etats-Unis), de Natalia Almada. Le Prix spécial du jury a été octroyé à Fragmentos rebelados (Argentine) de David Blaustein, et la catégorie des films d’animation a été remportée par 31 minutos, la película (Chili) de Pedro Peirano et Alvaro DiazAni.

Dans la catégorie Scénario inédit, le Corail a été décerné à Infancia clandestina (Argentine) de Benjamin Avila et Marcello Muller, et le Prix de la meilleure œuvre sur l’Amérique latine d’un réalisateur non latino-américain est revenu à Hijos de Cuba (Grande-Bretagne), d’Andrew Lang.
PEU DE LAURIERS POUR CUBA

Bien que présente dans toutes les catégories, la cinématographie cubaine, en compétition avec les histoires très crues racontées par la plupart des 42 films en lice, pour ne parler que de ce seul aspect, n’a pas réussi à conquérir le jury.

Ainsi, un seul Corail pour l’île: la meilleure affiche et une mention spéciale pour le documentaire La Marea, d’Eloy Ramon Hernandez Dubrosky et Liset Vidal de la Cruz.

D’autres mentions, certainement. Dans la catégorie court métrage pour Los minutos, las horas (Brésil-Cuba), de Janaina Marques Ribeiro; film d’animation: Prix spécial du jury pour 20 años de Barbaro Joel Ortiz, et dans le genre Scénario inédit pour Sobreviviendo, d’Alejandro Brugués. Le public cubain a soutenu El premio flaco, de Juan Carlos Cremata, film qui arrive en deuxième place en popularité (4 500 points).

A l’issue de la remise des Prix, Alfredo Guevara, président et fondateur du  Festival, a déclaré dans son allocution de clôture que le concours «démontre par le seul fait d’exister la possibilité et l’obligation d’articuler la justice, le regard tendu vers elle et la beauté […] Le devoir de l’artiste est d’inonder le monde de justice. Sans justice, il est impossible d’atteindre la beauté dans toute sa splendeur […] Les cinéastes latino-américains ont prouvé qu’il n’y a ni aveugles ni sourds dans nos rangs».

AU SUD DE LA FRONTIERE

Pour clôturer le Festival, le choix s’est porté sur le documentaire Au sud de la frontière, du réalisateur Oliver Stone. Un entretien réalisé en janvier de cette année à Caracas avec le président Hugo Chavez.

Oliver Stone a signalé dans de plusieurs conférences de presse et d’interviewes qu’il avait voulu analyser la manière dont les médias de son pays avaient présenté Chavez, «et si le président vénézuélien était réellement une "force anti-américaine"».

Le réalisateur de Platoon, W – l’improbable président, Looking for Fidel, Comandante, Tueurs nés, JFK, Né le 4 juillet, Wall Street et Salvador, entre beaucoup d’autres, s’est rendu ailleurs au Venezuela pour peaufiner l’histoire. A ce propos, il a rencontré les présidents Evo Morales, Lula da Silva, Fernando Lugo, Cristina Fernandez, Rafael Correa et Raul Castro.

Le 12 décembre, le 31e Festival international du cinéma latino-américain a tiré sa révérence après neuf jours de projections, de rencontres, de séminaires, et un hommage à l’ICAIC pour son cinquantenaire.

Une tradition à La Havane: les spectateurs, en cinéphiles convaincus, ont soutenu et apprécié ce qui se fait dans leur région. •
 

                                                                                                IMPRIMER CET ARTICLE


Directeur général: Lazaro Barredo Medina / Directeur éditorial: Gabriel Molina Franchossi
HÔTE: Teledatos-ICCC. Internet Cubaweb Communications Corporations. http://www.cubaweb.cu/
SUR CUBAWEB: http://www.granma.cu/

Egalement a: http://granmai.cubaweb.com/
http://www.granmai.cubasi.cu/

E-mail | Index | Español | English | Português | Deutsch | Italiano | MAGAZINE
TEXTE seulement /
Souscription pour l’édition imprimée de Granma International
© Copyright. 1996-2008.
GRANMA INTERNATIONAL. Tous droits réservés. / Edition numérique. Cuba.

Retour en haut de la page