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La Havane. 2 Décembre 2009

BASTION 2009
L’organisation inspire plus de
respect que les armes
• Raul commente les manœuvres militaires stratégiques Bastion 2009, qui se sont déroulés fin novembre dans tout le pays

Lisanka Gonzalez Suarez

La vérité est aussi puissante qu’une balle de fusil, a affirmé Raul après avoir visité le poste de commandement de l’Armée occidentale lors des manœuvres militaires Bastion 2009. Notre capacité d’organisation pour faire face aussi bien à une agression militaire qu’à un ouragan, a poursuivi le président du Conseil national de défense, inspire plus de respect que n’importe quel type d’armement.

L’organisation inspire plus de respect que les armes
Il ne s’agit pas seulement de dissuader
l’ennemi, mais aussi d’être bien entraînés au maniement des armes, et de montrer que notre niveau d’organisation est adéquat.

Pendant trois jours, les manœuvres militaires se sont déroulées à travers tout le pays. Le but : former les organismes de direction et de commandement en fonction des différentes structures de responsabilité dans l’organisation de la défense nationale et territoriale. Le niveau d’organisation auquel faisait allusion Raul est la preuve la plus évidente que le peuple cubain, qui a participé à ces exercices, est prêt à faire face à n’importe quelle agression provenant de l’empire nord-américain.

Nous sommes un petit pays sans grandes ressources financières et, malheureusement, les menaces qu’on fait planer sur la réalisation de nos rêves les plus chers nous obligent à investir temps et argent pour nous préparer et nous défendre efficacement.

APPRENDRE LA LEÇON

Les tentatives de renverser la Révolution cubaine ont été fort nombreuses sous n’importe quelle administration qui a occupé la Maison-Blanche depuis 1959, mais elles ont toutes échoué. Et même si l’empire a subi sa première défaite sur le continent américain en 1961, lorsqu’il a foulé les plages de notre pays, il n’a cessé, depuis, de tenter de reprendre le contrôle de notre île.

Les différents présidents qui se sont succédés à Washington jusqu’à George W. Bush n’ont fait que suivre la voie ouverte en 1959 par Eisenhower. Ils se sont tous lancés dans des actions terroristes contre Cuba: agressions de toutes sortes, tentatives d’assassiner nos dirigeants, introduction de maladies contagieuses, etc. Il leur fallait à tout prix empêcher les autres peuples d’Amérique qui étaient encore sous leur gouverne de suivre notre exemple. Ce qu’ont tout de même fait par la suite plusieurs pays latino-américains, dont le Venezuela, la Bolivie et l’Equateur, entre autres.

Dans les années 1980, avec l’arrivée à la Maison-Blanche de Ronald Reagan (1981-1989), le niveau de tension entre Cuba et les Etats-Unis a monté d’un cran. Reagan, cet ancien comédien, élabora un programme des plus agressifs contre notre pays, appelé Santa Fe. Ce fut la phase 1.

Les gouvernements qui lui succédèrent poursuivirent ce même programme qui connut quatre phases, la dernière ayant été mise au point lors de la campagne électorale de Bush. Cuba et son plus haut dirigeant étaient désormais considérés comme une menace pour la sécurité des Etats-Unis.

Mais pour beaucoup de citoyens nord-américains, et même pour certains fonctionnaires du Pentagone, Cuba n’a jamais représenté et ne représente toujours pas une menace pour la sécurité de leur pays.

Etant donné cette attitude agressive, notre pays décida de modifier substantiellement ses propres plans de défense. Cuba adopta donc une stratégie défensive, avec la mise en œuvre du concept de «la guerre de tout le peuple». Les événements qui se produisirent par la suite sur la scène internationale, comme la chute du camp socialiste, confirmèrent la justesse de cette stratégie. Cuba ne pouvait compter que sur ses propres moyens.

L’HISTOIRE NOUS A DONNÉ RAISON

En Amérique latine, nous devons affronter actuellement un empire en difficulté, démoralisé, qui est impliqué dans des guerres génocides. En Irak, il a perdu beaucoup de soldats et ceux qui en reviennent souffrent de graves problèmes psychologiques ou désertent tout simplement pour ne pas avoir à revivre ce cauchemar. En Afghanistan où il s’embourbe un peu plus, les agences de presse rapportent qu’un soldat afghan sur quatre a déserté l’armée au cours des douze derniers mois, ce qui rend la situation de l’armée étasunienne de plus en plus critique. Les Etats-Unis, par ailleurs, sont plongés dans une grave crise économique, même s’ils veulent nous faire croire que la reprise est à leur porte.

Malgré cette situation, ils continuent de soutenir des putschs contre des gouvernements démocratiquement élus, comme au Honduras, et ils font étalage de leur puissance en créant de nouvelles bases militaires sur notre continent afin de remplacer la perte de certaines autres bases stratégiques comme celle de Manta, en Equateur.

Ce sont autant de raisons de se méfier des «bonnes intentions» de l’empire, d’autant plus que certaines promesses avancées durant la campagne électorale de Barack Obama ont été abandonnées. Et surtout, ne jamais oublier que peu importe qui se trouve assis dans le salon ovale de la Maison-Blanche, l’industrie de l’armement et les grandes corporations sont les vrais détenteurs du pouvoir dans ce pays. Ce sont eux qui s’arrogent le droit d’intervenir dans n’importe quelle partie du monde, en inventant tous les prétextes, en faisant fi du Droit international et de tout autre texte juridique.

C’est ainsi qu’ils ont toujours agi à ce jour.

Les problèmes internes semblent miner la première étape du mandat de Barack Obama. Notre pays, si petit soit-il, a toujours été, depuis les siècles passés, l’objet de convoitise des Nord-américains pour qui Cuba, en raison de sa position stratégique, semblait détenir la «clé du golfe». C’est la raison pour laquelle nous nous protégeons, peu importe qui gouverne à Washington.

Cuba continue d’être une épine dans le pied de l’impérialisme yankee. Et l’impérialisme étant ce qu’il est, nous devons continuer de nous préparer avec la même efficacité que si nous devions affronter le plus puissant des cyclones.

Voilà pourquoi nous demeurons vigilants à travers tout le territoire. Nous continuerons d’entraîner nos forces armées, de former nos soldats, de bien entretenir nos armes, de revoir régulièrement nos systèmes de défense et de vérifier assidûment la combativité de nos troupes, en joignant la théorie à la pratique, comme si nous étions en guerre.

Les différentes régions du pays ont pris les mesures qui s’imposaient et elles ont fourni la réponse appropriée face à chaque situation donnée, dans le cadre des manœuvres Bastion 2009.

Les endroits susceptibles d’être attaqués, par voie aérienne, terrestre ou maritime, ont été inspectés et évalués. Nous avons vérifié les principales voies d’accès, nos capacités combatives et notre savoir-faire, sans oublier l’évacuation des blessés, l’entreposage de la nourriture et le ravitaillement, les zones de résistance, le transfert des blessés, le maintien de la production en temps de guerre de même que la poursuite des affaires de l’Etat en situation extraordinaire.

Bastion 2009 figure parmi les meilleurs exercices militaires que nous ayons effectués jusqu’à maintenant, avec des troupes solidement entraînées.

La meilleure maniÈre d’Éviter la guerre est de s’y prÉparer

Il ne s’agit pas seulement de dissuader, mais d’être bien entraîné au maniement des armes comme à l’organisation. Cuba a toujours voulu la paix et rejeté la guerre, et c’est précisément la raison pour laquelle elle se livre à des exercices nationaux et stratégiques comme celui-ci, car elle applique au pied de la lettre la maxime de Raul selon laquelle la meilleure manière d’éviter la guerre est de bien se préparer pour la gagner, si l’ennemi nous l’impose.

C’est pourquoi il est important que Bastion 2009 ait démontré le niveau élevé de perfectionnement de nos troupes, sa maîtrise d’un armement de pointe et, mieux encore, l’aptitude de son peuple à faire face, à chaque moment, à toute situation créée par l’agresseur.

Il a insisté sur le mérite et l’efficacité des jeunes officiers, supérieurs ou non, qui ont montré qu’ils étaient les continuateurs de l’invincible Armée rebelle. Le général d’armée a tenu à leur exprimer «notre reconnaissance pour le rôle important qu’ils assument dans le système défensif de notre pays. Ce sont des jeunes bien préparés, discrets et simples, les dignes enfants de ce peuple qui les a forgés pour qu’ils puissent jouer leur rôle».

Raul a aussi rappelé que le tiers des généraux cubains étaient issus des écoles militaires Camilo Cienfuegos, créées par la Révolution.

Le président du Conseil d’Etat et du Conseil des ministres a informé qu’une évaluation préliminaire permet de relever des progrès sensibles au niveau des résultats par rapport aux exercices de 2004, mais, a-t-il souligné, «tout ce que nous faisons est susceptible de perfectionnement, et cette attitude est essentielle face à un phénomène aussi complexe que la guerre, qui évolue constamment et rapidement».

Bastion 2009 a montré que le peuple était bien décidé à veiller de près sur sa souveraineté et sa Révolution, et il a permis de constater le niveau d’organisation et de professionnalisme de la défense, aussi bien pour les troupes régulières que parmi la population.
Bastion se distingue des manœuvres militaires qui ont lieu un peu partout dans le monde en ce sens qu’il s’agit d’un exercice purement défensif. Cuba ne teste ni ne testera jamais des stratégies d’agression contre aucune région du monde, mais elle saura défendre jusqu’à la dernière goutte de sang son indépendance et sa souveraineté, qui sont les filles d’une Révolution qui ne connaît pas la défaite.
 

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