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Un bilan positif après seulement
cinq ans d'existence
Nidia Diaz
• CINQ ans
se sont écoulés depuis la signature des accords
constitutifs de ce qui s’appela, dans un premier temps,
l’Alternative bolivarienne pour les Amériques. Ce qui
naissait alors était rien moins qu’une nouvelle manière
d’exercer la solidarité, l’égalité des droits et des
devoirs ainsi que le respect mutuel entre pays frères
d’Amérique latine et des Caraïbes, enfin libérés de
l’hégémonie impériale et de l’emprise des oligarchies.
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Quelque 7300 médecins, en
provenance de 45 pays et de près de 84 nations
autochtones, ont été formés à l’Ecole
latino-américaine de médecine. |
Cuba et le
Venezuela sont les fondateurs de cette nouvelle
expérience, précédée de deux processus d’émancipation,
la Révolution cubaine et la Révolution bolivarienne, qui
ont permis aux deux nations d’avancer sur la voie de la
souveraineté et de la dignité. Des expériences passées
avaient montré à l’évidence qu’il n’y avait pas
d’intégration possible dans la région tant que les
classes capitalistes dominantes, dans chaque pays,
subordonnaient leurs propres intérêts à ceux des
Etats-Unis.
Au fil des
vingt dernières années, le néolibéralisme s’est emparé
des économies nationales en tournant le dos aux
problèmes sociaux pourtant cruciaux auxquels les
populations étaient confrontées. Les privatisations ont
dépouillé les Etats de tout contrôle sur les richesses
naturelles, les moyens de production et les chaînes de
distribution. Dans un tel contexte, tout projet
d’intégration était voué à l’échec, parce qu’il y
manquait les ingrédients fondamentaux de la coopération
et de la solidarité: Les mécanismes créés ne servaient
qu’à masquer les vieux objectifs d’exploitation et de
pillage en les harnachant d’oripeaux plus séduisants.
Le meilleur
exemple en est sans doute l’Accord de libre commerce
pour les Amériques (ALCA), aujourd’hui totalement
discrédité: les gouvernements les plus conséquents
d’Amérique latine et des Caraïbes ont refusé
catégoriquement d’y entrer, ayant constaté qu’il
s’agissait ni plus ni moins que d’une grossière
escroquerie, d’un énorme mensonge qui ne ferait
qu’imposer sous une forme encore plus crue le
néolibéralisme et la dépendance vis-à-vis des
Etats-Unis. L’ALCA aurait signifié le retour à
l’annexion.
L’ALBA naît
sous un signe contraire à celui de l’ALCA, celui de
l’intégration véritable d’un type nouveau, juste et
solidaire, répondant aux besoins concrets des pays de la
région.
Cinq années
de travail incessant, d’idées fécondes et de projets
audacieux, conduits avec intelligence et habileté,
inspirés par une vocation ouvertement internationaliste
ont permis aux pays membres de ce qui est devenu
l’Alliance bolivarienne d’atteindre des résultats
tangibles. Les bienfaits de l’ALBA se sont étendus non
seulement aux pays membres mais à d’autres Etats
d’Amérique latine et des Caraïbes qui, d’une manière ou
d’une autre, se sont associés à des projets et à des
programmes qui concernent pratiquement toute la région.
Pour y
parvenir, l’Alliance a été régie, dès sa création, par
des principes qui orientent et déterminent son action
quotidienne dans tous ses aspects. C’est ainsi qu’a
surgi le concept de «grand-national», un qualificatif
qui s’applique à tous les projets mis en œuvre et qui
s’inspire, historiquement, de la vision bolivarienne de
l’union de toutes les républiques latino-américaines et
caribéennes. L’ALBA a tracé ses grandes lignes d’action,
répondant aux besoins d’Etats qui partagent la même
conception de l’exercice de la souveraineté nationale et
régionale, défendent énergiquement leur identité sociale
et politique et franchissent les barrières locales pour
renforcer les capacités permettant de relever les défis
dans l’union.
Ainsi sont
nés les projets grands-nationaux et les entreprises
grand-nationales qui concrétisent les projets sociaux et
économiques d’intégration. Tout projet grand-national ne
donne pas lieu à la création d’une entreprise
grand-nationale, mais toute entreprise grand-nationale
devra s’inscrire dans un projet grand-national qui
guidera son action.
Les projets
sociaux et culturels peuvent être mis en œuvre par les
structures nationales existantes dans chaque pays. Ils
peuvent concerner deux pays ou plus, et même la totalité
des pays membres de l’Alliance. Les entreprises, quant à
elles, s’inscrivent dans la nouvelle logique d’union qui
est celle de l’ALBA, c’est-à-dire dans sa stratégie
d’intégration, et elles peuvent assumer diverses formes
d’association de capitaux à condition que l’efficacité
productive soit garantie, selon les documents signés à
cet effet.
Synthétiser, en quelques lignes, les acquis de l’ALBA
n’est pas tâche facile.
La première
des grandes actions sociales entreprises conjointement
est l’ «Opération Miracle», dont l’initiative revient à
Cuba et au Venezuela. Ce programme qui a permis à des
millions de Latino-américains et de Caribéens de faire
soigner des troubles de la vision et de récupérer la vue
s’est ensuite étendu à d’autres pays.
Elle fut
suivie de plusieurs autres, dans le domaine de
l’éducation: Cuba apportait son savoir-faire au
Venezuela dans le cadre des missions Robinson I et II,
Sucre, Rivas et Vuelvan Caras, qui instauraient une
véritable révolution éducationnelle dans la terre du
Libertador.
L’autre
domaine d’action considéré simultanément comme
prioritaire était, bien entendu, la santé publique: le
programme Barrio Adentro, les hôpitaux et les centres de
diagnostic ouverts par la mission cubaine au Venezuela.
Bientôt suivaient les instructeurs de sports (Barrio
Adentro deportivo) et les instructeurs d’art (Barrio
Adentro cultural). Par ailleurs, des milliers de jeunes
Vénézuéliens ont fait leurs études de médecine, aussi
bien à Cuba qu’au Venezuela, sous la direction de
spécialistes cubains.
On ne
saurait passer sous silence la création des missions
médicales cubaines parties dans plusieurs pays de l’ALBA
pour procéder au dépistage de diverses maladies
génétiques, jusque dans les régions les plus reculées.
Ces missions portent les noms de Moto Méndez (en
Bolivie), Manuela Espejo (en Equateur) et Todos con Voz
(au Nicaragua). Ce travail a déjà été achevé au
Venezuela.
L’intégration solidaire des pays de l’ALBA ne se réduit
pas au seul domaine de l’assistance sociale, économique
ou commerciale, mais elle va bien au-delà: elle comprend
aussi l’important secteur culturel avec le développement
des formes les plus diverses d’expression artistiques et
de la littérature à travers le programme ALBA-Culturel,
qui décerne chaque année les prix ALBA des lettres et de
littérature.
L’excellente chaîne de télévision multinationale TeleSur
est devenue un point de référence pour l’opinion
publique latino-américaine et mondiale, avec un taux
d’audience de plus en plus élevé et un niveau de
compétence reconnu par tous. Prochainement va commencer
à émettre Radio Sur.
Sous
l’égide du Traité de commerce des peuples (TCP),
plusieurs traités et projets grand-nationaux dans le
domaine du commerce ont été adoptés; elles ont donné le
jour à des entreprises de ce type comme celle concernant
les fournitures industrielles, d’importations et
d’exportations, les magasins de l’ALBA, la foire de
l’ALBA et des centres de formation pour améliorer la
capacité de production, la création et l’innovation
technologique.
Très
importants aussi sont les accords établis à l’intérieur
d’ALBA-Financier, comme celui du Fonds de coopération et
d’investissements, la Banque de l’ALBA et l’émission du
Bon ALBA pour un montant qui devrait s’élever à un
milliard de dollars. Pour sa part, le projet
ALBA-Alimentation a des caractéristiques stratégiques
car il consiste dans le partage de
l’auto-approvisionnement et la garantie de la sécurité
alimentaire, sans oublier aussi une Banque alimentaire
et une entreprise grand-nationale de production
alimentaire.
Dans les
domaines des télécommunications et du tourisme, des
efforts communs sont déployés pour les développer avec
la création d’une entreprise grand-nationale de
télécommunications, d’un projet de tourisme social et de
l’Université touristique de l’ALBA.
D’autres
initiatives de grande ampleur sont prévues dans les
secteurs des mines, de l’industrie et de l’énergie, avec
la création d’entreprises d’aluminium,
géologico-minières, de ciment et de bois.
Concernant
les industries lourde et légère, il existe des accords
pour la création d’entreprises de fabrication d’acier
inoxydable des dénommés produits de «ligne blanche» en
association avec la Biélorussie, l’Iran et la Chine.
Les projets
les plus importants pour les pays de l’ALBA concernent
le secteur énergétique, liés au Traité énergétique de
l’organisation: on envisage ainsi la création d’une
entreprise grand-nationale d’énergie qui embrasse les
secteurs du pétrole et du gaz, du raffinage et de la
pétrochimie, du transport et du stockage, de
l’électricité, de l’énergie alternative et du transport
maritime.
Dans ce
sens, cinq projets sont en cours pour la Bolivie, deux
au Nicaragua, deux à Cuba et trois à Haïti: ils
comprennent des raffineries, des usines électriques, de
regazéification et d’asphalte.
Pour en
revenir au secteur financier, qui contribue à la
réalisation des projets, accords et traités signés par
l’Alliance, il est nécessaire de mettre l’accent sur la
constitution de la Banque de l’ALBA, un organisme
économique dont le siège est à Caracas, et qui aura des
filiales dans tous les pays membres. Cette banque est
chargée de financer les projets, d’octroyer les crédits
et de trouver une solution aux litiges de nature
économique. Son capital initial est d’un milliard de
dollars apporté par les pays membres selon les
possibilités de chaque nation.
Un autre
fait important dans le domaine économique: la création
du SUCRE (Système unique de compensation régionale), qui
dans une première phase agira comme monnaie virtuelle,
jusqu’au jour où elle deviendra une monnaie réelle à
l’intérieur de l’union de la zone monétaire adoptée,
ainsi que la création d’une chambre de compensation de
paiements et un fonds de réserves financés par les
nations membres.
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Les programmes d’alphabétisation de
l’ALBA, un gage pour l’indépendance de nos
peuples. |
Ce sont,
sommairement, les plus importantes réalisations de
l’ALBA durant cette courte période de cinq ans. Elles
montrent, en premier lieu, la volonté politique
émancipatrice des pays qui composent cette puissante
alliance dont les gouvernements et les peuples ont su,
en peu de temps, apporter une réponse solide et durable
aux ambitions impériales inscrites dans l’ALCA, une
organisation moribonde.
Le
processus de transformations et de souveraineté qui a
commencé à voir le jour en Amérique latine et dans les
Caraïbes a entraîné la création de ces conditions et il
a permis à l’Alliance bolivarienne pour les peuples de
Notre Amérique, qui incarne et promeut les idéaux de
Bolivar et de Marti, de devenir réalité. Cela prouve
qu’il est possible d’œuvrer en faveur des peuples malgré
les difficultés d’un monde où l’égoïsme et
l’individualisme sont toujours les atouts de l’empire
pour maintenir son hégémonie. •
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