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Cuba: un vivier inépuisable de
baseballeurs
Anne-Marie Garcia
CLAUDIO Jérez y met toute la vigueur de ses 14 ans à
l’échauffement sur un modeste terrain de la commune de
Playa, dans la capitale cubaine.
Ces jeunes baseballeurs de 13 et 14 ans rêvent de suivre
les traces de leurs idoles qu’ils ont vu évoluer il n’y
a pas longtemps à la Classique mondiale.
Des noms de légendes comme German Mesa et Omar Linares,
ou encore de stars en activité comme Frederich Cepeda et
Yulieski Gourriel, ou du Japonais Ichiro Suzuki et du
Nord-Américain Derek Jetter fusent sur le terrain.
Le jeune Claudio Jerez nous confie qu’il avait toutes
les qualités pour devenir un bon lanceur. Il tient
cependant à ajouter: «Je préfère jouer en attaque, à la
position de batteur. J’admire Suzuki, sa technique. Il
m’a beaucoup impressionné quand je l’ai vu à la
Classique.»
Le soleil tape plutôt fort en ce printemps havanais,
mais il ne fait pas encore trop chaud lorsque cette
vingtaine d’adolescent débutent leur entraînement.
Voici quatre ans qu’Orlando Amador évolue au poste
d’arrêt-court, tout comme Derek Jetter. Mais il aimerait
plutôt s’engager dans le sillage de German Mesa avec
l’équipe phare havanaise des Industriales. «Cuba
a le meilleur baseball du monde», ajoute-t-il.
Claudio Jérez a commencé à jouer au baseball à l’âge de
7 ans avec ses petits copains, dans un parc non loin de
chez lui. Un jour, quelqu’un lui a suggéré de s’inscrire
dans ce sport, et il l’a fait.
A Cuba, le baseball est le sport national, et la
plupart des enfants commencent à le pratiquer dans la
rue en rêvant d’imiter un jour leurs idoles.
Tony Castillo, chef du Département scolaire de la
Fédération cubaine de baseball, a expliqué lors d’un
entretien avec Granma international que «dans ce
pays la base est très vaste dans tous les sports, mais
le baseball se distingue par sa massivité».
Amador et Jérez sont membres de la sélection 13-14 ans
de la municipalité Playa, et participent à un
championnat opposant les équipes des quinze
municipalités de la ville de La Havane.
Au terme du championnat sera composée la sélection qui
représentera la province au championnat national.
Castillo nous explique qu’environ 46 000 enfants
pratiquent le baseball dans chacune des installations
sportives qui existent dans les 169 municipalités, dans
les catégories 7-8 ans, 11-12, 13-14, 15-16 ans, et
junior.
Adelio Garcia, président de la Commission de baseball
dans la commune de Playa, précise que les enfants ont
l’autorisation de leur école pour jouer les après-midi
dans le cadre du championnat. Et d’ajouter: «les petits
sont infatigables, car le Cubain a le baseball dans le
sang».
Cet entraîneur expérimenté signale que jusqu’à l’âge de
16 ans ces enfants jouent à différents postes, et qu’ils
s’entraînent deux ou trois fois par semaine lorsqu’il
n’y a pas de compétition.
L’Institut national des sports (INDER) leur fournit du
matériel, et certains l’héritent de leurs aînés ou les
parents le leur achètent.
Les meilleurs joueurs sont admis à l’Ecole d’initiation
au sport (EIDE). Il en existe une dans chacune des
provinces du pays, et on dénombre actuellement 752
joueurs âgés de 13 à 16 ans dans ces établissements. Le
vivier de joueurs est énorme, et la qualité du baseball
cubain se reflète dans son impressionnant palmarès
international.
Cuba a remporté trois médailles d’or olympiques (1992,
1996 et 2004), et a terminé deuxième et cinquième aux
deux éditions de la Classique mondiale, pour ne citer
que deux grands rendez-vous.
La liste des grands joueurs cubains est longue: Mesa,
Linares, Orestes Kindelan et Antonio Pacheco sont
considérés comme des icônes. La Classique a également vu
briller des joueurs comme Frederich Cepeda et le
voltigeur Yohenis Cespedes, entre autres.
C’est non sans fierté que Garcia nous dit qu’Alexander
Malleta, première base de Cuba à la Classique, et Carlos
Tabares, voltigeur des Industriales, se sont formés à
Playa. Huit joueurs des équipes havanaises
Industriales et Metropolitanos qui
participent à l’actuelle Série nationale se sont formés
dans cette même municipalité.
«Le niveau atteint par notre baseball n’est pas le fruit
du hasard, c’est le résultat d’une organisation massive.
La base est très vaste et peu de talents nous
échappent», a-t-il conclu.
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