Prisonniers politiques de l'Empire  MIAMI 5     

       

TEXTE seulement       

 N O U V E L L E S

La Havane. 29 Octobre 2009

Réplique du chef de la diplomatie cubaine au discours de l’ambassadrice des USA

Je me sens dans l’obligation de répondre aux interventions des Etats-Unis, de l’Union européenne et de la Norvège.

Je dois dire à l’Union européenne que Cuba ne lui reconnaît absolument autorité morale pour dicter des modèles ou donner des conseils en matière de démocratie. J’aimerais lui rappeler sa complicité dans les actes de torture commis à Abu Ghraïb et Guantanamo, et réaffirmer que tant qu’elle persistera dans sa politique de deux poids deux mesures et d’hypocrisie, elle ne jouira d’aucune crédibilité.

Mme Susan Rice, qui n’est malheureusement pas dans cette salle en ce moment, a commencé par dire: «Nous y sommes une nouvelle fois», reconnaissant par cette phrase être venue faire ce que 17 représentants des Etats-Unis ont fait par le passé.

Je respecte ses opinions et je reconnais que son parcours est complètement différent de celui d’un néo-conservateur comme Bolton; mais c’est elle qui a eu la triste tâche de défendre ici la politique de blocus qui débuta, d’après un mémorandum classifié, le 6 avril 1960, avec le but déclaré de répandre la famine et le désespoir au sein de la population cubaine.

La seule réminiscence de la guerre froide dont il a été question ici, c’est précisément le blocus. Que l’on lève le blocus et cette réminiscence aura disparu.

M. le président:

Cuba est une démocratie davantage conforme aux principes de Lincoln d’un gouvernement du peuple, avec le peuple et pour le peuple, que la ploutocratie ou le gouvernement des riches qui fonctionne dans ce pays.

Ici, l’ambassadrice des Etats-Unis a qualifié de dissidents ou de prisonniers politiques ceux qui en réalité ne sont que des agents au service d’une puissance étrangère, des mercenaires à la solde des Etats-Unis. S’il nous faut parler de prisonniers politiques, il faut alors libérer les cinq héros antiterroristes cubains, soumis à un traitement cruel, inhumain et dégradant dans des prisons étasuniennes.

M. le président:

Mme Rice a signalé qu’elle trouvait le mot génocide un peu exagéré pour qualifier le blocus. Je cite l’Article 2, alinéas b et c de la Convention de Genève contre le crime de génocide, de 1948.  

Alinéa b) «Génocide est une atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale des membres du groupe», en allusion à un groupe humain.

Alinéa c) «Génocide est la soumission intentionnelle du groupe à des conditions d'existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle.»

Je recommande au Département d’Etat de mieux étudier cette Convention.

Le blocus exercé contre Cuba est une politique unilatérale et criminelle, qui doit être levée tout aussi unilatéralement. Il n’est ni raisonnable, ni juste, ni possible d’attendre de la part de Cuba des gestes pour que cesse l’application criminelle de ces mesures contre le peuple cubain, y compris contre ses enfants et ses vieillards, à partir des exemples que j’ai décrits ici.

Les Etats-Unis doivent lever le blocus, et doivent le lever maintenant; d’abord parce que Cuba n’impose pas de blocus aux Etats-Unis, ni n’occupe aucune portion de son territoire avec une base militaire, ni ne discrimine ses citoyens et des entreprises, et, en second lieu, ils doivent le faire car c’est dans leur propre intérêt et c’est la volonté du peuple nord-américain.

On a parlé de libre circulation de l’information. Levez l’interdiction aux citoyens nord-américains de voyager librement à Cuba, respectez leur droit à la liberté de voyager. Levez le blocus contre Cuba dans le domaine des technologies et de l’information; permettez une meilleure connectivité de notre pays; exportez logiciels et technologies de l’information à Cuba et on pourra avancer sur ce terrain.

Mme Rice a mentionné des avancées constructives. Il est vrai que des pas ont été faits dans la bonne voie, strictement limités aux relations des Cubains qui résident aux Etats-Unis avec leur pays d’origine, mais ils n’ont rien à voir et ne constituent aucun assouplissement du blocus. Ce sont des pas corrects, mais extrêmement limités et insuffisants.

Le blocus n’est pas une question bilatérale, les nombreux exemples présentés de son application extraterritoriale le prouvent clairement.

Mme Rice a mentionné la proposition de continuer de maintenir les échanges ou le dialogue entre les deux pays, ce qui a déjà été proposé il y a de nombreuses années par le commandant en chef Fidel Castro, et réaffirmé plusieurs fois publiquement par le président Raul Castro. Si les Etats-Unis veulent le faire, ils doivent répondre à la proposition d’un calendrier pour le dialogue bilatéral, présenté par Cuba à ce gouvernement le 17 juillet 2009.

Monsieur le président :

Mme Rice, à l’Université de New York, au mois d’août dernier, déclarait: «Les Etats-Unis exercent leur leadership en donnant l’exemple, ils reconnaissent leurs erreurs, corrigent le tir quand c’est nécessaire, traitent les autres avec respect, établissent des stratégies de coopération».

Elle disait aussi dans ce discours: «Nous démontrons que les Etats-Unis sont prêts à écouter, à respecter les différences et à prendre en considération des idées novatrices». Je suis profondément surpris que Mme Rice ait dû affirmer ce matin tout le contraire.

Je vous remercie.

                                                                                                IMPRIMER CET ARTICLE


Directeur général: Lazaro Barredo Medina / Directeur éditorial: Gabriel Molina Franchossi
HÔTE: Teledatos-ICCC. Internet Cubaweb Communications Corporations. http://www.cubaweb.cu/
SUR CUBAWEB: http://www.granma.cu/

Egalement a: http://granmai.cubaweb.com/
http://www.granmai.cubasi.cu/

E-mail | Index | Español | English | Português | Deutsch | Italiano | MAGAZINE
TEXTE seulement /
Souscription pour l’édition imprimée de Granma International
© Copyright. 1996-2008.
GRANMA INTERNATIONAL. Tous droits réservés. / Edition numérique. Cuba.

Retour en haut de la page