Prisonniers politiques de l'Empire  MIAMI 5     

       

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 N O U V E L L E S

La Havane. 9 Septembre 2009

L’histoire non racontée des Cinq (3e partie)
Le visage de l'impunite

Comme ils l’ont reconnu au cours de leur audition de sélection du jury, la séquestration d’Elian Gonzalez et ses conséquences pour la communauté de Miami étaient présentes à l’esprit des personnes choisies comme membres du jury dans le procès des Cinq Cubains. Un procès qui s’est tenu, à peine quelques mois après la libération de l’enfant par la police fédérale.

Comme toute la communauté, ils avaient suivi les événements concernant Elian. Des événements rebattus par la presse. Les visages des ravisseurs, de leurs commanditaires et de leurs partisans, de même que les portraits d’autres personnes impliquées dans ce scandale, étaient très familiers aux membres du jury. Les visages, et deux détails importants du drame d’Elian, en lien direct avec le procès des Cinq Cubains.

D’abord, la conduite déconcertante de tous les fonctionnaires publics de Miami, depuis les congressistes fédéraux, le maire et les élus jusqu’aux pompiers et les membres de la police, qui ont refusé ouvertement d’obéir à la loi et n’ont rien fait pour mettre fin à l’affaire la plus médiatisée d’abus de mineur jamais survenue. Et ensuite, mais pas incroyable pour autant, aucune poursuite n’a été engagée contre les individus qui avaient violé si ouvertement la loi, en séquestrant un enfant et en provoquant des troubles violents dans toute la ville, lors de la libération de celui-ci par le gouvernement fédéral. Personne n’a été arrêté, ni jugé, ni sanctionné. Aucune autorité locale n’a été destituée, remplacée, ni engagée à démissionner. L’affaire d’Elian a démontré comment l’impunité anti-castriste règne à Miami.

Quand les membres du jury se sont assis pour la première fois dans la salle du tribunal pour accomplir leur devoir de citoyen, ils ont très certainement été surpris. Là, face à eux, se pavanaient toutes les « célébrités de Miami », celles qu’ils avaient l’habitude de voir, jour et nuit, a la télévision locale. Et ils étaient tous ensemble, parfois souriant et s’embrassant, comme de vieux compères. Les ravisseurs et les personnes chargées de « faire respecter la loi », de connivence avec les juges (ces courageuses personnes qui ne sont jamais apparues quand un petit garçon était malmené devant les medias).

Les membres du jury ont passé sept mois dans cette salle, à regarder et à être observés par ces mêmes personnes qui leur étaient si familières et qui maintenant se trouvaient sur le banc des témoins, dans le public ou dans l’espace réservé à la presse. Ces mêmes personnes qu’ils rencontraient fréquemment sur le parking, à l’entrée du tribunal ou dans les couloirs, certains arborant, avec fierté, la tenue qu’ils portaient lors de leur dernière incursion militaire à Cuba.

Les membres du jury les ont entendus expliquer en détails leurs exploits criminels, et répéter régulièrement qu’ils ne parlaient pas du passé. Ce fut un étrange défilé d’individus qui comparaissaient devant une Cour de justice, en reconnaissant leurs actes de violences contre Cuba : des actions planifiées, préparées, et mises en œuvre depuis leur propre quartier.

Ils étaient là, à faire des discours, exigeant le pire des châtiments, diffamant, menaçant les avocats de la défense. La juge a fait tout son possible pour tenter de préserver le calme et la dignité. Elle a réellement ordonné au jury, à plusieurs reprises, de ne pas tenir compte de ces commentaires déplacés, mais, tout simplement, cela n’était pas suffisant pour pouvoir effacer de l’esprit du jury les conséquences préjudiciables et effrayantes de ces déclarations.

Les conséquences ont été évidentes. La décision du panel de la Cour d’Appel l’a expliqué en termes très clairs : « Les preuves ont mis en évidence, non seulement les activités clandestines des accusés, mais aussi celles de plusieurs groupes d’exilés cubains et des camps paramilitaires qui sont toujours actifs dans le secteur de Miami… La perception que ces groupes pouvaient s’en prendre aux membres du jury qui émettraient un verdict défavorable à leurs points de vue, était palpable ». (11e Circuit de la Cour d’Appel, No. 01-17176, 03-11087)

Mais ce n’était pas tout. Après avoir vu et entendu les preuves abondantes des actes terroristes que les accusés avaient tenté d’empêcher, le gouvernement est parvenu à prendre la défense des terroristes en convainquant le tribunal d’enlever au jury la possibilité de prendre en compte l’état de nécessité, ce qui était la base juridique de leur défense. Le fond du problème réside dans la nécessité pour Cuba de protéger son peuple des tentatives criminelles de terroristes qui jouissent d’une impunité totale sur le territoire des Etats-Unis. La loi étasunienne est claire : si on agit pour prévenir un danger majeur, même si on viole la loi pour cela, on sera exempt de toute sanction, parce que la société reconnaît la nécessité, y compris les bénéfices, d’accomplir cette action.

Les Etats-Unis, seule superpuissance mondiale, ont invoqué ce principe universel pour justifier la légalité de guerres sur des terres lointaines au nom de la lutte contre le terrorisme. Cependant, ils refusent de le reconnaître pour cinq hommes désarmés, pacifiques, non violents qui, au nom d’un petit pays, sans causer de préjudice à personne, ont essayé d’empêcher les actions illégales de certains criminels qui bénéficient de l’asile et du soutien aux Etats-Unis.

Le gouvernement des Etats-unis, par le biais des juges de Miami, est allé encore plus loin, jusqu’à l’extrême, pour aider les terroristes. Il l’a fait très ouvertement, par écrit, et avec des discours passionnés qui, curieusement, n’ont pas semblé avoir d’intérêt journalistique.

Cela s’est passé en 2001. Alors que les magistrats du Sud de la Floride et le bureau local du FBI étaient très occupés à punir durement les Cinq, tout en protégeant « leurs » terroristes, les criminels qui allaient commettre l’attentat du 11 septembre, s’entraînaient, sans être dérangés, et cela depuis fort longtemps, à Miami. Ils avaient sans doute une raison pour préférer ce lieu. (Tiré de CubaDebate)

 

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