Prisonniers politiques de l'Empire  MIAMI 5     

       

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 N O U V E L L E S

La Havane. 14 Avril 2010

CUBA, VENEZUELA…
Yankees, remember avril…

Nidia Díaz

L’histoire a ses caprices que le temps peut changer en symboles : le 19 avril 1961, les Cubains tenaient en échec, sur les sables de Playa Giron, l’invasion mercenaire patronnée et financée par le gouvernement des Etats-Unis qui prétendait ainsi renverser la Révolution cubaine triomphante et couper la voie à notre socialisme. Lorsque nous fêtions la victoire, le Venezuela célébrait le 150ème anniversaire d’un événement marquant de sa propre histoire : le début de l’épopée indépendantiste dont l’initiative revient aux habitants de la province de Caracas et qui devait trouver son aboutissement dans la Révolution bolivarienne triomphante.

Mais l’empire, qui a fait de sa guerre contre Cuba et le Venezuela une sorte de croisade dans le pire style médiéval, semble avoir la mémoire courte : en cette année, celle du bicentenaire de l’indépendance du Venezuela et du 50ème anniversaire de sa plus cuisante défaite en Amérique latine, l’Institut George W. Bush s‘est mis d’accord avec ce rejeton de la CIA qu’est la Freedom House pour organiser, le 19 avril, une rencontre d’ « activistes pour la liberté et les droits de l’homme et d’experts d’Internet » dans le but de coordonner la stratégie de la guerre cybernétique contre Cuba et le Venezuela, sans oublier, tant qu’à faire, l’Iran, la Russie, la Chine et la Syrie.

Ils ne veulent rien laisser au hasard. Pour sa part, l’administration Obama s’est lancée, avec le vieil arsenal de la guerre froide, dans une campagne démentielle contre les deux nations, avec pour objectif d’éviter le surgissement d’une organisation régionale dont les Etats-Unis seraient exclus et où ils ne pourraient donc pas exercer leur influence malsaine contre le mouvement national libérateur qui tend à se consolider et à progresser dans ce qui fut leur arrière-cour .

Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Telle est leur toute première priorité : redonner vie à leur OEA discréditée, mais surtout faire obstacle à la naissance de la nouvelle organisation régionale. Comme l’histoire l’a largement prouvé, tous les moyens leur seront bons, y compris la force brute, pour tuer dans l’œuf la créature dont ils devinent la robustesse –et c’est là justement ce qui les inquiète--, laissant aux bons soins de leurs amis du pouvoir médiatique la justification de cet acte d’ « euthanasie ».

Leur cible immédiate est donc la nouvelle organisation régionale, dont la naissance n’est pas étrangère à l’incapacité et à la soumission de l’OEA, mais sans doute y associent-ils un objectif de plus longue portée : en finir avec le cauchemar ou les insomnies que leur vaut la Révolution cubaine dont l’exemple n’a fait que se multiplier depuis l’aube du 1er Janvier 1959. Et en finir avant tout avec Chavez, le leader de la Révolution bolivarienne, de cette Révolution qui surgit avec ses particularités propres et qui mise sur un socialisme nouveau. L’enjeu est de taille, car le Venezuela est un pays riche d’importantes ressources naturelles : hydrocarbures, gaz et eau, dont Washington a besoin comme le vampire de sang.

Au moment où nous rédigeons ces lignes, dans l’île indomptable et rebelle, de jeunes artistes et des intellectuels chantent la Patrie, toutes générations confondues, parce qu’à Cuba, l’indépendance est indissolublement liée à la culture qui vient à la rescousse lorsqu’il s’agit de défendre nos principes socialistes, solidaires et internationalistes.

Pendant ce temps, dans la République soeur du Venezuela où les tribunaux jugent huit agents colombiens payés pour espionner à des fins de sabotage le système de distribution d’électricité de la nation, on s’apprête à célébrer comme il se doit le bicentenaire de l’indépendance : son Parlement tiendra une séance spéciale et solennelle où la présidente d’Argentine, Cristina Fernandez, prononcera un discours, pour participer ensuite à un nouveau Sommet de l’ALBA. Les présidents de la région accompagneront ainsi leurs frères vénézuéliens dans la commémoration d’un grand événement passé et dans la recherche de nouveaux objectifs de coopération multilatérale.

Pour sa part, la secrétaire d’Etat étasunienne, Hillary Clinton, a dépêché un de ses pions dans la région, avec mission d’intimider les quelques timorés qu’il y reste et d’en faire des têtes de pont contre le processus de libération qui s’affirme en Bolivie, en Equateur, au Nicaragua, au Venezuela et dans d’autres nations.

Le sous-secrétaire pour les affaires de l’hémisphère occidental, Arturo Valenzuela, est donc parti en tournée et n’a eu de cesse de lancer ses flèches empoisonnées contre le Venezuela. Prenant la parole dans une université colombienne, il a diabolisé les accords de défense passés par le président Hugo Chavez Frias et le premier ministre russe, Vladimir Poutine.
« On ne peut que s’inquiéter, a dit Valenzuela, d’une logique de course aux armements qui risque de violer la paix du continent (…) La question dépasse largement le Venezuela. Nous devrions commencer par de trouver le moyen faire reculer la course aux armements. »

On pourrait rire d’un tel discours s’il n’était pas chargé de cynisme et d’infamie : le représentant de Washington s’inquiète de la course aux armements de la nation bolivarienne et il le dit précisément dans le pays où les Etats-Unis viennent d’installer sept bases militaires pointées directement sur les nation voisines, celles qui ne se plient pas à leurs diktats. Il le dit au moment où un de ses porte-avions manœuvre avec les Forces armées du Pérou et où sa Quatrième Flotte multiplie les provocations dans le bassin des Caraïbes.

L’agence anglaise Reuters y ajoute son grain de sel médiatique avec une dépêche selon laquelle l’objectif du premier ministre russe est de tenir des réunions avec les « ennemis des Etats-Unis », à savoir Chavez et le président bolivien Evo Morales.

Reuters n’a évidemment rien à dire du refus opposé par les Etats-Unis à la vente de ses traditionnels avions Hercules, que le Venezuela utilise pour le transport et les opérations de sauvetage. Le pays andin ne peut plus non plus acheter des avions de chasse à l’Espagne, Washington exerçant des pressions sur ce pays, ni les Tucanos du Brésil, dont certaines pièces sont fabriquées aux Etats-Unis. Ce scénario d’embargo est si bien connu que Reuters ne se donne pas la peine d’en parler.

L’empire continue de miser sur l’assassinat des dirigeants politiques, la guerre sale, le renversement de l’ordre institutionnel, la recherche de nouveaux Ponce Pilate dans les rangs des Forces armées vénézuéliennes, voulant à tout prix instaurer l’ingouvernabilité. Ce qu’il ne supporte pas, c’est que le prestige de la Révolution bolivarienne continue de grandir et qu’elle dirige une intégration régionale d’un type nouveau qui se construit sans conditions politiques ni idéologiques, sur la base de la solidarité entre les peuples.

La rencontre organisée par l’Institut George W. Bush contre le Venezuela et autres contradicteurs aura lieu le 19 avril à Dallas, Texas. On y attend des membres du gouvernement des Etats-Unis et d’autres organisations liées à la communauté du renseignement de Washington. Il n’est pas vain de rappeler ici que Dallas est aussi la ville où ces mêmes tristes sires ont payé des représentants de la mafia cubano-américaine pour assassiner le président John F. Kennedy lorsque celui-ci envisageait discrètement un rapprochement avec la Révolution cubaine. Dallas a déjà sa place dans l’histoire.

Attention, les auspices ne sont pas propices à l’empire, à ses laquais et aux reliefs dérisoires du colonialisme européen : c’es au mois d’avril qu’ils ont essuyé leurs pires revers face à ceux qui ne se lasseront jamais de combattre et de défendre l’indépendance, l’honneur et la dignité de l’Amérique latine.

Un conseil : Yankees, méfiez-vous d’avril !•
 

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