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CUBA,
VENEZUELA…
Yankees, remember avril…
Nidia Díaz
L’histoire a ses caprices que le temps peut changer
en symboles : le 19 avril 1961, les Cubains tenaient en
échec, sur les sables de Playa Giron, l’invasion
mercenaire patronnée et financée par le gouvernement des
Etats-Unis qui prétendait ainsi renverser la Révolution
cubaine triomphante et couper la voie à notre socialisme.
Lorsque nous fêtions la victoire, le Venezuela célébrait
le 150ème anniversaire d’un événement
marquant de sa propre histoire : le début de l’épopée
indépendantiste dont l’initiative revient aux habitants
de la province de Caracas et qui devait trouver son
aboutissement dans la Révolution bolivarienne
triomphante.
Mais l’empire, qui a fait de sa guerre contre Cuba et
le Venezuela une sorte de croisade dans le pire style
médiéval, semble avoir la mémoire courte : en cette
année, celle du bicentenaire de l’indépendance du
Venezuela et du 50ème anniversaire de sa plus cuisante
défaite en Amérique latine, l’Institut George W. Bush
s‘est mis d’accord avec ce rejeton de la CIA qu’est la
Freedom House pour organiser, le 19 avril, une rencontre
d’ « activistes pour la liberté et les droits de l’homme
et d’experts d’Internet » dans le but de coordonner la
stratégie de la guerre cybernétique contre Cuba et le
Venezuela, sans oublier, tant qu’à faire, l’Iran, la
Russie, la Chine et la Syrie.
Ils ne veulent rien laisser au hasard. Pour sa part,
l’administration Obama s’est lancée, avec le vieil
arsenal de la guerre froide, dans une campagne
démentielle contre les deux nations, avec pour objectif
d’éviter le surgissement d’une organisation régionale
dont les Etats-Unis seraient exclus et où ils ne
pourraient donc pas exercer leur influence malsaine
contre le mouvement national libérateur qui tend à se
consolider et à progresser dans ce qui fut leur arrière-cour
.
Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Telle est leur
toute première priorité : redonner vie à leur OEA
discréditée, mais surtout faire obstacle à la naissance
de la nouvelle organisation régionale. Comme l’histoire
l’a largement prouvé, tous les moyens leur seront bons,
y compris la force brute, pour tuer dans l’œuf la
créature dont ils devinent la robustesse –et c’est là
justement ce qui les inquiète--, laissant aux bons soins
de leurs amis du pouvoir médiatique la justification de
cet acte d’ « euthanasie ».
Leur cible immédiate est donc la nouvelle
organisation régionale, dont la naissance n’est pas
étrangère à l’incapacité et à la soumission de l’OEA,
mais sans doute y associent-ils un objectif de plus
longue portée : en finir avec le cauchemar ou les
insomnies que leur vaut la Révolution cubaine dont
l’exemple n’a fait que se multiplier depuis l’aube du 1er
Janvier 1959. Et en finir avant tout avec Chavez, le
leader de la Révolution bolivarienne, de cette
Révolution qui surgit avec ses particularités propres et
qui mise sur un socialisme nouveau. L’enjeu est de
taille, car le Venezuela est un pays riche d’importantes
ressources naturelles : hydrocarbures, gaz et eau, dont
Washington a besoin comme le vampire de sang.
Au moment où nous rédigeons ces lignes, dans l’île
indomptable et rebelle, de jeunes artistes et des
intellectuels chantent la Patrie, toutes générations
confondues, parce qu’à Cuba, l’indépendance est
indissolublement liée à la culture qui vient à la
rescousse lorsqu’il s’agit de défendre nos principes
socialistes, solidaires et internationalistes.
Pendant ce temps, dans la République soeur du
Venezuela où les tribunaux jugent huit agents colombiens
payés pour espionner à des fins de sabotage le système
de distribution d’électricité de la nation, on s’apprête
à célébrer comme il se doit le bicentenaire de
l’indépendance : son Parlement tiendra une séance
spéciale et solennelle où la présidente d’Argentine,
Cristina Fernandez, prononcera un discours, pour
participer ensuite à un nouveau Sommet de l’ALBA. Les
présidents de la région accompagneront ainsi leurs
frères vénézuéliens dans la commémoration d’un grand
événement passé et dans la recherche de nouveaux
objectifs de coopération multilatérale.
Pour sa part, la secrétaire d’Etat étasunienne,
Hillary Clinton, a dépêché un de ses pions dans la
région, avec mission d’intimider les quelques timorés qu’il
y reste et d’en faire des têtes de pont contre le
processus de libération qui s’affirme en Bolivie, en
Equateur, au Nicaragua, au Venezuela et dans d’autres
nations.
Le sous-secrétaire pour les affaires de l’hémisphère
occidental, Arturo Valenzuela, est donc parti en tournée
et n’a eu de cesse de lancer ses flèches empoisonnées
contre le Venezuela. Prenant la parole dans une
université colombienne, il a diabolisé les accords de
défense passés par le président Hugo Chavez Frias et le
premier ministre russe, Vladimir Poutine.
« On ne peut que s’inquiéter, a dit Valenzuela, d’une
logique de course aux armements qui risque de violer la
paix du continent (…) La question dépasse largement le
Venezuela. Nous devrions commencer par de trouver le
moyen faire reculer la course aux armements. »
On pourrait rire d’un tel discours s’il n’était pas
chargé de cynisme et d’infamie : le représentant de
Washington s’inquiète de la course aux armements de la
nation bolivarienne et il le dit précisément dans le
pays où les Etats-Unis viennent d’installer sept bases
militaires pointées directement sur les nation voisines,
celles qui ne se plient pas à leurs diktats. Il le dit
au moment où un de ses porte-avions manœuvre avec les
Forces armées du Pérou et où sa Quatrième Flotte
multiplie les provocations dans le bassin des Caraïbes.
L’agence anglaise Reuters y ajoute son grain de sel
médiatique avec une dépêche selon laquelle l’objectif du
premier ministre russe est de tenir des réunions avec
les « ennemis des Etats-Unis », à savoir Chavez et le
président bolivien Evo Morales.
Reuters n’a évidemment rien à dire du refus opposé
par les Etats-Unis à la vente de ses traditionnels
avions Hercules, que le Venezuela utilise pour le
transport et les opérations de sauvetage. Le pays andin
ne peut plus non plus acheter des avions de chasse à
l’Espagne, Washington exerçant des pressions sur ce pays,
ni les Tucanos du Brésil, dont certaines pièces sont
fabriquées aux Etats-Unis. Ce scénario d’embargo est si
bien connu que Reuters ne se donne pas la peine d’en
parler.
L’empire continue de miser sur l’assassinat des
dirigeants politiques, la guerre sale, le renversement
de l’ordre institutionnel, la recherche de nouveaux
Ponce Pilate dans les rangs des Forces armées
vénézuéliennes, voulant à tout prix instaurer
l’ingouvernabilité. Ce qu’il ne supporte pas, c’est que
le prestige de la Révolution bolivarienne continue de
grandir et qu’elle dirige une intégration régionale d’un
type nouveau qui se construit sans conditions politiques
ni idéologiques, sur la base de la solidarité entre les
peuples.
La rencontre organisée par l’Institut George W. Bush
contre le Venezuela et autres contradicteurs aura lieu
le 19 avril à Dallas, Texas. On y attend des membres du
gouvernement des Etats-Unis et d’autres organisations
liées à la communauté du renseignement de Washington. Il
n’est pas vain de rappeler ici que Dallas est aussi la
ville où ces mêmes tristes sires ont payé des
représentants de la mafia cubano-américaine pour
assassiner le président John F. Kennedy lorsque celui-ci
envisageait discrètement un rapprochement avec la
Révolution cubaine. Dallas a déjà sa place dans
l’histoire.
Attention, les auspices ne sont pas propices à
l’empire, à ses laquais et aux reliefs dérisoires du
colonialisme européen : c’es au mois d’avril qu’ils ont
essuyé leurs pires revers face à ceux qui ne se
lasseront jamais de combattre et de défendre
l’indépendance, l’honneur et la dignité de l’Amérique
latine.
Un conseil : Yankees, méfiez-vous d’avril !•
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