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 C U L T U R E L L E S

La Havane. 5 Juillet 2012

Le culte des orishas au Musée
de Guanabacoa

Reina Magdariaga Larduet

Une exposition passionnante sur le syncrétisme religieux populaire, très enraciné dans la population cubaine, se tient au Musée de Guanabacoa, une commune à l’est de la capitale.


Le babalao.

Dans cette localité fondée en 1554, appelée populairement « la terre du babalao » (prêtre de cette religion), de nombreuses implantations d’esclaves ont vu le jour, à la suite de la traite négrière démarrée au 16e siècle.

C’est l’Afrique occidentale subsaharienne qui a fourni la plupart de la population esclave de l’île, surtout des jeunes, selon des informations de l’anthropologue cubain Miguel Barnet dans un document présenté à l’exposition.

« Les esclaves venaient de pays qui sont aujourd’hui le Sénégal, la Sierra Leone, le Liberia, le Ghana, le Togo, le Burkina Faso, le Cameroun, le Mali, la Guinée, le Bénin et le Nigeria », souligne le président de l’Union des écrivains et des artistes de Cuba (UNEAC). « Dans leur émigration forcée, ils n’avaient pour seuls bagages que leurs mémoires, leurs mythes, leurs chants, leurs danses, et leurs langues. Le croisement entre les cultures des différents groupes africains et de la culture espagnole dominante a donné naissance à diverses expressions culturelles d’origine africaine.»

On retrouve un portrait de cette réalité dans les salles ethnologiques du musée à travers l’exposition permanente des différents cultes afrocubains : la Règle d’Ocha ou Santeria, le culte d’Ifa, les Règles congas, ainsi qu’une exposition sur les sociétés Abakua.

Selon des informations fournies à Prensa latina par la muséographe Grisel Martinez, cinq salles sur les sept que compte le musée sont consacrées au syncrétisme religieux.

« Le visiteur s’intéresse d’abord à la Règle de Ocha ou Santeria, la religion apportée par les Africains du Nigeria occidental, qui s’est unie au catholicisme imposé par les Espagnols à cette époque », a signalé Grisel Martinez.

« Ce phénomène est connu sous le nom de syncrétisme religieux : ne pouvant adorer librement leurs dieux, les esclaves africains ont recherché des ressemblances entre leur propres divinités (les orishas) et les saint catholiques, puis les ont associés un à un. Cependant, la santeria n’ayant pas d’images saintes, ce qu’adorent réellement les pratiquants, ce sont des pierres ou des objets », précise la muséologue

LA SOCIÉTÉ SECRÈTE ABAKUA

Le Musée de Guanabacoa propose également une exposition sur la Société secrète Abakua, une confrérie d’aide mutuelle, composée d’hommes uniquement, dont les origines se trouvent dans le sud du Nigeria, dans l’ancien Calabar.

Tout homme désirant en faire partie, a signalé Grisel Martinez, doit respecter des règles de conduite : être bon fils, bon père, bon frère, mais surtout défendre le secret de sa religion, même au prix de sa vie, si nécessaire, a expliqué Grisel Martinez.

Cette fraternité est la seule arrivée d’Afrique qui dispose de temples et qui se pratique hors des lieux d’habitation. Elle n’existe qu’à Cuba, en dehors du continent africain, spécialement à Matanzas, et dans cinq communes de La Havane : Regla, Marianao, San Miguel, Arroyo Naranjo et Guanabacoa).

LA RÈGLE CONGA OU PALO MONTE

C’est la plus primitive de toutes. D’origine africaine bantoue, elle a pour origine les esclaves congos et elle est liée à la nature et à ses éléments. On la pratique à travers un récipient de fer sacré : la Nganga

À Cuba, le Palo Monte se divise en trois branches : la Briyumba, la Kimbisa et la Mayombe, peut-on lire dans le dépliant d’information du musée. Les initiés prennent le nom de « palero » ou « palera », et le Tata Nganga est la hiérarchie la plus haute.

UNE INVITATION POUR L’ÉTÉ

Parmi toutes les options proposées pour les vacances d’été, les amateurs de culture yoruba pourront faire plus ample connaissance avec la ville de Guanabacoa.

Cette année, la commune se joint au projet de balades dans la ville Rutas y andares, que dirige le Bureau de l’historien de La Havane. La visite débute à l’Hermitage de Potosi et elle inclut un temple abakua, l’atelier de l’artiste plasticien Arturo Montoto, la Maison des artistes, inaugurée récemment, et le Musée municipal, où les visiteurs peuvent assister à un spectacle folklorique. (PL)
 

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