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 S P O R T S

La Havane. 9 Août 2012 

ASLEY GONZALEZ
Un argent qui vaut de l'or !

Ariel B. Coya, envoyé spécial

APRÈS sa médaille d’argent à Londres, Asley Gonzalez (Placetas, 1989) ne réalisait toujours pas la portée de son exploit. Grâce à lui, 32 ans après les Jeux de Moscou, en 1980, le judo masculin cubain a pu disputer une finale olympique.

Un argent qui vaut de l'or« C’est vrai, c’est bien… Mais j’ai quelques regrets, car je sais que j’aurais pu gagner la médaille d’or », a-t-il déclaré aux journalistes tandis qu’un groupe de volontaires s’affairaient à préparer la cérémonie de remise des médailles. Comme l’a souligné son entraîneur Justo Noda, le parcours d’Asley au tournoi olympique a été extraordinaire, si l’on sait qu’il s’était retrouvé dans le même tableau que le Grec Ilias Iliadis, double champion du monde chez les 92 kg, et grand favori. Alignant les victoires, le Cubain a avancé, peu à peu.

Il a d’abord dominé l’Argentin Hector Campos sur ippon, en à peine 48 secondes. Il a gagné contre le Serbe Dmitri Gerasimenko (yuko) et contre l’Australien Mark Anthony (shido), et en demi-finale le Russe Kirill Denisov (ippon) qui avait eu raison du Grec Iliadis et qu’il avait battu aux derniers championnats du monde lors de son combat pour la médaille de bronze.

La finale de Londres l’a opposé au rugueux Sud-coréen Dae-Nam Song, qui dans un jour très inspiré s’était imposé aux autres favoris : le Japonais Nishiyama, le Brésilien Camilo, et finalement le Cubain sur une attaque foudroyante pendant les prolongations.

« Nous savions que les Asiatique allaient nous donner du fil à retordre. Surtout parce que nous avons peu combattu contre eux cette saison. Mais le combat a été très serré et s’est décidé dans les prolongations, selon la règle d’or. Asley aurait peut-être dû bouger un peu plus pour éviter de se laisser surprendre », devait signaler l’entraîneur Noda, qui s’est quand même déclaré très satisfait de la prestation de son protégé.

Asley est resté sur sa faim. Ce qui est compréhensible si l’on sait qu’il aurait voulu être l’émule de son illustre compatriote Hector Rodriguez, qui avait décroché le graal avec une médaille d’or aux J.O. de Montréal, en 1976, un exploit sans précédent pour le judo masculin cubain.

Mais une médaille d’argent, c’est déjà prodigieux. Et Asley Gonzalez était tout sourire lorsqu’il est monté sur le podium pour recevoir sa médaille d’argent, devant Iliadis et Nishiyama. Peut-être pensait-il déjà à Rio de Janeiro, en 2016…

Lorsqu’on lui a demandé s’il voulait adresser un message à ses supporters à Cuba, il a déclaré : « Ne vous inquiétez pas, d’autres médailles viendront au cou de mes coéquipiers qui vont combattre demain et après-demain. Et il y aura aussi celles des boxeurs, et des lutteurs… Continuez de nous encourager, car un encouragement n’est jamais de trop ».

Chez les pupilles de l’entraîneur Reinaldo Veitia, une autre de nos représentantes s’est malheureusement arrêtée en huitièmes de finales, subissant le même sort de Dayaris Mestre (48kg) et de Yurisleydis Lupetey (57kg) ; Yaritza Abel (63kg) et Onix Cortés (70kg). Cette dernière s’est inclinée après un combat particulièrement serré devant la Japonaise Haruka Tachimoto sur hantei (décision des juges), dans une catégorie dominée d’une main de maître par la Française Lucie Décosse, l’actuelle double championne du monde et vice-championne à Pékin, qui a survolé sa finale à Londres, terminant devant l’Allemande Kerstin Thiele, la Colombienne Yuri Alvear et la Néerlandaise Edith Bosch.
 

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