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FENETRE
DE L’EDITEUR
On déplace
des pions à Miami
PAR
GABRIEL MOLINA
LE
conflit interne de la Fondation nationale
cubano-américaine (FNCA) devrait conduire au réexamen
des politiques dépassées des Etats-Unis à
l’encontre de Cuba, considère le quotidien The
New York Times.
L'apparente
modération de la FNCA, groupe qui a influé sur
ce sujet depuis sa création par le président
Ronald Reagan, «reflète le débat plus vaste
et plus sain qui a lieu actuellement»,
explique l’éditorial du 12 août de cet
influent journal libéral.
Ce
qui est appelé la «modération de l’image»
fait référence à la démission, la semaine
dernière, d’une vingtaine des plus anciens et
plus fondamentalistes membres du groupe, en raison
d'une lutte pour le pouvoir et le contrôle des
subventions du gouvernement.
C'est
ainsi que les organes de presse qualifient les récentes
manœuvres de son président récemment élu,
Jorge Mas Santos, héritier du fondateur Mas
Canosa, lequel a confié la responsabilité
d’administration des fonds de la Fondation à
des hommes qui lui sont proches. Ce qui a produit
la rupture.
L’éditorial
a indiqué que le courant de changement à l'égard
de Cuba se fait sentir à Washington. Il cite
comme exemple le soutien à la vente d’aliments
demandé par les politiciens des deux partis et
les producteurs des Etats agricoles.
Il
rappelle comment la Chambre s'est prononcée en
juillet dernier pour la cessation de l'octroi de
ressources destinées à la persécution des
Nord-américains voyageant à Cuba. (Manque
maintenant le débat au Sénat).
Et
il fait aussi référence à la suspension pour
six autres mois du chapitre III de la Loi Helms à
laquelle s’est vu obligé le président George
Bush II, malgré la pression de la FNCA.
Le
journal s’empresse d’éclaircir ses intentions
en signalant que l’objectif commun est «d’accélérer
le départ de Castro du pouvoir puisque les autres
(politiques) ont eu l’effet contraire».
Comme
s’il fallait ne pas laisser place au doute, The
New York Times a signalé le 16 de ce mois,
dans un article signé par William Rogers,
ex-adjoint de la secrétaire d’Etat, que «les
Etats-Unis doivent changer leur politique extérieure
à l'égard de Cuba pour faciliter la transition
vers une économie de marché, une fois le leader
cubain Fidel Castro disparu ». Assumant la même
ligne que l’éditorial du 12 août, Rogers a
ajouté que les Etats-Unis doivent trouver la façon
de «changer l’image de la communauté
cubaine exilée».
Il a
admis tacitement avec cet euphémisme que la FNCA
est considérée comme une menace et que les
Etats-Unis ont décidé de travailler à changer
son image dont la détérioration s’est
rapidement accentuée en raison de l’appui sans
scrupule apporté à la séquestration à Miami du
petit Elian Gonzalez.
De
toutes manières, la tournure des événements
relatifs à Cuba aux Etats-Unis indique, comme
dirait le président espagnol Aznar que «des
pions sont déplacés» et pas précisément
dans le sens où lui-même et son ami Mas Canosa
l'avaient souhaité. Mais plutôt dans le sens où
il se retrouve tout seul au moment où son
ministre des Affaires étrangères Piquer fait en
sorte que l’Union Européenne maintienne sa
position à l'égard de la plus grande des
Antilles. Une position semblable en quelque sorte
à celle assumée par ses coreligionnaires il y a
maintenant 103 ans. Souhaitons qu’elle ne
provoque pas pour son pays une crise semblable à
celle de 1898.
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